
1973, Alabama : Civil Townsend sort diplômée de l’école, la voici officiellement infirmière ! Et c’est au sein de la clinique de planification familiale à Birmingham qu’elle est embauchée. La clinique, financée par le gouvernement, reçoit une clientèle assez pauvre, dont beaucoup de personnes noires. Parmi les femmes dont elle s’occupe, Civil rencontre deux adolescentes, Erica et India Williams. Elles sont analphabètes et vivent dans une cabane encrassée à l’arrière d’une maison, en compagnie de leur père et de leur grand-mère. Mais lorsqu’elle apprend qu’elle doit leur faire des injections contraceptives qui pourraient les rendre malades, Civil commence à se rebeller.
De mémoire, j’avais gagné ce livre il y a quelques années et je l’ai enfin sorti de ma PAL (ne jamais dire « jamais »). A travers son roman, Dolen Perkins-Valdez relate des faits réels. Dans les années 1970, des centaines de milliers de femmes américaines sont victimes de stérilisation forcée. Parce qu’elles sont déjà mères de trois enfants, parce qu’elles sont afro-américaines ou amérindiennes, pauvres ou considérées comme « débiles ». Cet acte fait partie d’un programme dit d’intérêt public. Problème : les femmes visées ne sont pas au courant de l’action car elles ou leur famille signent des papiers sans savoir ce qu’ils relatent OU pensent que la stérilisation est réversible. Dans « Prends ma main », l’écrivaine raconte cet épisode historique avec une double temporalité : lorsque Civil devient infirmière en 1973 et au présent, en 2016, quand elle s’apprête à rendre visite à India.
Touchant, émouvant, repoussant, les adjectifs ne manquent pas pour décrire l’histoire qui nous est contée ici. « Prends ma main » m’a permis de découvrir une tragédie qui résonne encore aujourd’hui aux Etats-Unis. Malgré quelques lenteurs, le récit nous offre un portrait bien triste et bien révoltant de l’Amérique de l’époque.
