Une ville si parfaite

Une ville si parfaite

Parfaite-Ville semble être un endroit utopique. En effet, tout a été pensé pour que tout le monde y vive heureux et serein. Des écrans sont installés un peu partout, sur lesquels sont diffusés des films et des programmes de propagande. Les habitants résident tous dans un seul et même immeuble de plus de 400 étages et visent un objectif : celui d’être promu à l’étage supérieur pour bénéficier d’un niveau de vie encore meilleur. Néanmoins, quelques règles doivent être respectées : interdiction de se plaindre du maire ou de quitter la ville. Alors, résidence de rêve ou véritable cauchemar ?

« Une ville si parfaite » est le second roman de Raphaël Cuvier après « L’antipapillon » (j’en profite pour remercier l’auteur pour sa confiance). Publié aux éditions 5 sens, cette nouvelle histoire s’avère assez courte (55 pages seulement) et j’aurais bien aimé une bonne centaine de pages en plus pour creuser l’idée de la ville parfaite. Illustré par Simone Clément, l’ouvrage plaira sans aucun doute aux adolescents qui sont généralement très fans des dystopies. Ici, nous sommes à contre-courant puisqu’à première vue, il s’agit d’une utopie. Mais cela n’est qu’un leurre, car derrière la façade d’un immeuble pas comme les autres, se cache une des plus grandes supercheries. Non loin du très connu Truman Show, « Une ville si parfaite » est un récit facile, qui se lit vite et qui est plaisant à découvrir. Peut-être serait-ce une idée de lecture pour ceux qui aimeraient se mettre à la lecture ?!

Five feet apart

Five feet apart

A 17 ans, Stella est atteinte de fibrose kystique. Ses jours à l’hôpital sont réguliers et l’adolescente s’est créée une chaîne YouTube pour parler de la maladie. Non loin de sa chambre, elle rencontre Will, atteint lui aussi de mucoviscidose et d’une infection chronique. Le protocole médical leur force à maintenir une distance constante entre eux de cinq pieds. Mais lorsqu’on tombe amoureux, comment fait-on pour résister à l’attraction de l’autre ?

« A cinq pieds de toi » est aussi connu sous son titre original, « Five feet apart ». J’ai d’abord vu le film, que j’ai beaucoup aimé, et si vous me connaissez, vous devez savoir que quand le long-métrage m’a plu et que j’apprends qu’il y a un livre à la base, je me jette dessus. J’ai donc fait l’acquisition de l’ouvrage à l’occasion du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, à Montreuil, histoire de prolonger le plaisir.

Ecrit par Rachael Lippincott, Marie Chivot-Buhler, Mikki Daughtry et Tobias Iaconis, le récit m’a fait penser à « Nos étoiles contraires » de John Green, puisqu’il a pour héros deux adolescents qui s’aiment et qui sont condamnés. On sait dès le départ qu’on va être confronté à des émotions fortes, mais c’est aussi l’occasion d’en savoir plus sur la mucoviscidose qui toucherait environ 6500 personnes en France.  Simple mais touchant, le récit est un hymne à la vie et à l’amour.  Vous y trouverez peut-être quelques clichés, pas assez de rebondissements à votre goût, mais rassurez-vous : l’histoire est loin d’être ennuyeuse, bien au contraire !

Et les vivants autour

Et les vivants autour

Depuis 4 ans, Jeanne est dans le coma. A 29 ans, elle ne donne plus aucun signe de vie et se situe dans un état d’éveil non répondant selon les médecins. Ces derniers préconisent depuis plusieurs mois déjà l’arrêt des soins, mais la famille Mercier ne veut pas l’entendre. Les parents, la sœur et le mari de Jeanne tiennent à ce qu’elle reste en vie. Mais lorsque le professeur Goossens convie tout ce petit monde pour un nouvel entretien, la tension est palpable.

Je m’arrête là pour le résumé, car « Et les vivants autour » se situant entre le roman noir et le thriller, je ne voudrai surtout pas spoiler la suite. Après « Je ne sais pas », je me suis donc attaquée à un nouveau roman de Barbara Abel.

Alors que les apparences nous dévoilent une famille soudée, la réalité s’avère bien différente. Après l’annonce faite par le médecin, les liens se déchirent, y compris entre les parents.

Le fait qu’il y ait assez peu de personnages permet de bien se repérer dans l’histoire, notamment lorsque le passé refait surface. Le suspense quant à lui, est présent durant une bonne partie du livre. Outre la tension qui règne dans le roman, on appréciera les diverses thématiques d’actualité abordées par l’auteure, à savoir l’euthanasie, les convictions religieuses, l’avortement, les violences faites aux femmes. Dur dur de lâcher ce roman tant l’on a envie de connaître la vérité et les conséquences…

La part des anges

La part des anges

Suite à la mort accidentelle de son fils, Lisa, son mari et sa fille quittent Paris pour s’installer dans le Périgord. C’est dans une ferme isolée, répondant au nom de « La Part des Anges » qu’ils déposent leurs valises. Mais sur place, alors que son époux devient le médecin du village et que sa fille se fait rapidement des amis, Lisa peine à se reconstruire. En rangeant ses affaires, elle tombe dans le grenier sur le journal intime d’Alice, l’une des anciennes propriétaires des lieux. Page après page, cette dernière y raconte ses souvenirs et ses souffrances datant de la Seconde Guerre mondiale.

Avant de vous dévoiler mon avis, savez-vous à quoi fait référence « La part des anges » ? C’est une expression qui est surtout connue par ceux qui côtoient l’univers du vin. « La part des anges », c’est une manière poétique pour parler du phénomène d’évaporation qui se produit lorsque l’alcool vieillit dans un fut. La partie du spiritueux qui s’évapore est donc celle attribuée aux anges.  Voilà pour le savoir inutile du jour ! Passons maintenant aux choses sérieuses : « La part des anges » est sans doute mon roman chouchou de Bruno Combes. J’ai été véritablement embarquée par cette histoire qui se trame au fin fond de la campagne, par le deuil qu’a du mal à faire Lisa, et par la découverte d’une correspondance datant des années 1940. Un échange de lettres assez succinct mais qui a l’avantage de changer les idées à l’héroïne.

J’ai dévoré le livre en deux jours tellement j’avais du mal à le lâcher. Ce voyage entre deux époques constitue un aller-simple pour s’évader de sa routine. Avec Gilles Legardinier, Bruno Combes fait partie de ces écrivains qui parviennent parfaitement à se glisser dans la peau d’une femme pour exprimer des émotions qui lui sont propres. Une belle histoire aux tons dramatiques et porteuse d’espoir.

Et ne durent que les moments doux

Et ne durent que les moments doux

Lily est à l’hôpital. Elle vient de donner la vie prématurément à une petite fille. Le personnel, comme la maman, est sur le qui-vive. Sa survie ne tient qu’à un fil. De son côté, Elise, 50 ans, se retrouve seule dans son appartement, en tête-à-tête avec Edouard le chien, alors que son dernier enfant vient de quitter le nid.

Ce roman autour de la parentalité parlera aussi bien à ceux dont les enfants viennent de quitter le domicile qu’à ceux qui s’apprêtent ou qui viennent de devenir parents. Un rôle pour le moins pas évident à tenir et que chacun découvre sur le tas.

« Et ne durant que les moments doux » est un roman que Virginie Grimaldi n’avait pas prévu d’écrire à la base. Et puis les aléas de la vie, la venue d’un enfant dans la tribu a changé la donne. Avec cet ouvrage, l’auteure remercie le personnel soignant de manière générale pour leur dévouement. Elle fait également connaître aux lecteurs ces bénévoles qui œuvrent dans l’ombre et qui ont en charge de dorloter les nouveaux-nés hospitalisés. A travers le personnage de Lili, Virginie Grimaldi raconte son propre combat, celui d’une mère qui a peur pour son enfant venu un peu trop tôt au monde. Avec beaucoup d’émotions, elle dépeint les longues heures de stress, la culpabilité et la tristesse. Elle évoque aussi la solitude et le renouveau. Difficile de ne pas ressortir bouleversée de cette lecture, tant les héroïnes sont de belles personnes. Un roman tout doux, un coup de cœur, une belle leçon de vie à mettre entre toutes les mains