Les sales gosses

Les sales gosses

Contre son gré, Jeanne, 81 ans, est placée en maison de retraite par ses enfants. Chacun d’eux se renvoie d’ailleurs la balle pour savoir qui a été l’initiateur. En attendant, Jeanne ne compte pas se laisser faire ; pis : elle va simuler la démence. A chaque nouvelle visite de la famille, la vieille dame fait semblant de perdre la tête, devient vulgaire et frappe là où ça fait mal. En parallèle, son nouveau lieu de vie commence à lui plaire, contre toute attente. Sur place, Jeanne se fait des amis, continue à écrire ses mémoires et réalise des projets inédits.

Située entre « Tatie Danielle » et « Un Duplex pour 3 », la comédie « Les Sales Gosses » est une lecture savoureuse dans laquelle on rit à gorge déployée. Il faut dire que notre chère Jeanne a plus d’un tour dans son sac pour rendre fou ses enfants, et même ses petits-enfants. Les diverses situations sont tordantes et on se prend d’affection pour cette Mamie espiègle encore valide contrainte d’aller en maison de retraite. Mais grâce à elle et ses nouveaux copains, l’EHPAD prend des allures de colonies de vacances. Jeanne va même y trouver l’amour en la personne de Paddy.

Bien que le sujet soit à la base sensible et délicat, Charlye Ménétrier-McGrath prouve que maison de retraite ne signifie pas forcément fin de vie. Celle qui menait une vie lisse et plutôt banale va profiter du temps qui lui reste. Avec bienveillance et pas mal de légèreté, l’auteure nous fait passer un agréable moment, avec une première partie très décadente  et une suite peut-être un peu moins réaliste mais qui reste pétillante.

La sirène et le scaphandrier

La sirène et le scaphandrier

Dans une cellule de prison new-yorkaise, Zach paie sa dette à la société. Il en a pris pour plusieurs années à Rikers. De l’autre côté de l’Atlantique, Hanna est elle aussi enfermée. Mais dans son cas, c’est volontaire. Depuis un grave accident, la jeune femme souffre d’agoraphobie et vit recluse dans son appartement. Poussée par son psy, Hannah s’inscrire à un programme pour correspondre avec des prisonniers et tombe alors sur Zach. Dès les premiers échanges, une complicité s’installe.

Je ne sais pas pourquoi, j’avais en tête que ce roman était une histoire de science-fiction… Peut-être à cause du titre, « La sirène et le scaphandrier ». Bref, toujours est-il qu’en me lançant dans ce premier roman de Samuelle Barbier, je ne pensais pas que j’allais autant kiffer ma lecture ! Dès le départ, je me suis prise d’affection pour Hannah, qui essaie comme elle peut de combattre son isolement. Grâce à sa correspondance et aux défis que Zach va lui lancer, elle va réussir peut à petit à reprendre sa vie en main, en commençant par se promener sur les bords de la Tamise, jusqu’à entamer un road-trip aux USA.

Ce roman épistolaire est bourré de messages positifs et d’espoir. Si on pourrait reprocher un peu de naïveté à l’histoire, la magie opère tout de même et l’on hâte d’arriver au fameux jour où les deux correspondants pourront enfin se rencontrer. Dans le texte, on trouve par ailleurs quelques références littéraires qui ne sont pas pour nous déplaire, comme Le Petit Prince ou encore Victor Hugo. On a beau savoir que dans « la vraie vie », tout ne serait pas aussi facile, ce récit permet de nous évader (ah, ah) et de voyager depuis notre canapé. Bravo à Samuelle Barbier son premier ouvrage !

Les délices de Tokyo

Les délices de Tokyo

Sentarô gère une échoppe dans laquelle il vend à emporter des dorayaki, des pâtisseries japonaises. Un jour, Tokue, une dame âgée aux doigts déformés, lui propose son aide, elle qui sait faire la pâte de haricots rouges comme personne. D’abord réticent, Sentarô se laisse finalement convaincre. Du jour au lendemain, il voit sa clientèle doubler ; une clientèle conquise par la nouvelle recette et la personnalité de Tokue.

« Les délices de Tokyo », c’est un livre que je n’avais pas prévu de lire à la base ! J’en avais entendu beaucoup de bien sur les blogs et je comptais l’offrir. Et puis ça n’a plus été possible et j’ai conservé l’exemplaire. C’est une lecture savoureuse, facile, qui nous plonger dans l’univers culinaire japonais. L’ouvrage au format poche n’est vraiment pas épais (je crois qu’on n’atteint pas les 200 pages) et il s’avère vite lu. Au-delà de la simple échoppe, on découvre des personnages attachants, au passé parfois très sombre. Derrière les drôles de mains de Tokue se cache en fait une maladie connue de tous et qui, une fois révélée, va tout faire basculer.

Le roman de Durian Sukegawa a par ailleurs été adapté au cinéma par le Naomi Kawase et a été primé à Cannes. Il ne fait nul doute qu’à l’occasion je le regarderai !

 

Prends ma main

Prends ma main

Céleste et Danaé sont sœurs. Proches lorsqu’elles étaient enfants, les deux femmes ne se parlent quasiment plus aujourd’hui. La jalousie et la rancœur les ont éloignées l’une de l’autre. Et puis un jour, Danaé appelle Céleste pour lui annoncer son cancer, lui dire qu’elle a besoin d’elle. Les anciennes disputes s’envolent. Céleste va prendre la vie de sa sœur en main, en accomplissant une liste de rêves jamais réalisés jusqu’à présent, comme passer une nuit sur une île déserte ou s’inviter dans un mariage sélect.

« Prends ma main » est le tout premier roman de Virginie Gouchet, professeur des écoles. Beaucoup d’émotions dans ce récit à travers des séquences de rires et de larmes. Le lecteur découvre les deux sœurs à travers leurs journaux intimes respectifs, ce qui aide à bien les connaître et à comprend comment elles en sont arrivées à ne plus faire partie de la vie de l’autre. L’histoire du cancer invasif et du diagnostic « plus que quelques mois à vivre » n’est pas nouveau en littérature, pas plus que la Bucket List, mais les personnages sont novateurs. L’une est infirmière, l’autre reporter ; et chacune a eu son lot d’aventures et de blessures. « Prends ma main » n’est pas seulement axé sur la famille et la maladie. Il y est aussi question d’indépendance et de procréation médicalement assistée. A aucun moment nous ne tombons dans le pathos ou dans le larmoyant. Virginie Gouchet a bien dosé son écriture. On regrettera peut-être les allers et venues dans le passé et le présent qui peuvent nous faire perdre un peu nos repères, mais cela reste anecdotique.

L’accro du shopping fête Noël

L’accro du shopping fête Noël

Noël, c’est bientôt ! Et cette année, les festivités se dérouleront chez Becky. Si toute la famille semble plutôt sceptique quant à son organisation, la jeune femme ne s’avoue pas vaincue pour autant. Reste à convaincre les parents qui viennent d’emménager dans le quartier branché de Shoreditch à Londres de venir à la campagne, à trouver un repas vegan pour sa demi-sœur et à faire en sorte que Luke s’investisse davantage dans les préparatifs.

L’accro du shopping, c’est une saga que je suis depuis le début ! Il y a eu d’excellents tomes, à mourir de rire (comme « L’accro du shopping dit oui »), d’autres moins rigolos. Toujours est-il qu’avec « L’accro du shopping fête Noël », Sophie Kinsella revient en force, avec une fête qui dépote. Bien avant d’ouvrir le roman, on imagine déjà la galère pour l’héroïne à préparer Noël, elle qui dépense facilement et qui a tant de mal à choisir…

Cette nouvelle aventure nous plonge en plein dans la magie des fêtes de fin d’année avec la préparation du repas, l’achat du sapin, les invités à réunir, mais aussi dans des thèmes encore inédits dans la série, tels que l’adoption, les parents retraités qui changent de vie, le divorce, la pauvreté, etc. L’histoire est en elle-même le cadeau de Noël pour les fans de la saga, car on y retrouve tous nos personnages préférés dans des situations aussi bien embarrassantes qu’amusantes. On se demande même comment Sophie Kinsella a fait pour ne pas penser plus tôt à immerger Becky dans toute cette féérie ! Voilà un roman qui nous permet de tout oublier et qui fait travailler nos zygomatiques. A consommer sans modération, avec un chocolat chaud, des marshmallows… et des biscuits de Noël bien évidemment !