Quand souffle le vent du nord

femme cheveux au vent

Quand souffle le vent du nord

Pour résilier l’abonnement à une revue, Emma Rothner s’empresse d’écrire un mail au service client. Sauf que le mail atterrit chez Leo Leike par erreur. Après de brèves excuses, les deux protagonistes se mettent à dialoguer. Au fil du temps, une relation se tisse. Alors qu’Emmi est mariée et mère de deux enfants, Leo se remet péniblement d’un chagrin d’amour. Les deux internautes s’écrivent plusieurs fois par jour, tentent de percer les secrets de l’autre, le tout avec beaucoup d’ironie et de sarcasme. Un jour, ils décident de se donner rendez-vous dans un café, mais s’imposent une règle : reconnaître l’autre mais ne pas aller lui parler.

« Quand souffle le vent du nord » est l’un des rares livres que j’ai lu deux fois ! J’aime tellement le sens de la répartie des deux personnages que sont Leo et Emmy que je ne me lasse pas de leur correspondance. La première fois que je l’ai lu, je l’ai dévoré en l’espace de quelques heures. J’avais l’impression d’être une petite souris pénétrant par effraction dans une boite mail, assistant à la naissance d’un amour qui ne devait pas avoir lieu. Car oui, cette passion naissante entre les deux personnages est plutôt malsaine quand on sait qu’Emmi est déjà prise, et heureuse qui plus est. On peut trouver cette dernière agaçante, du fait qu’elle prenne la mouche facilement, qu’elle essaie toujours de tout savoir et qu’elle tourne autour de Leo malgré sa situation. Mais ces caractéristiques font aussi le charme d’Emmi, et l’on peut comprendre que Leo ait du mal à s’en détacher.

En lisant « Quand souffle le vent du nord », vous allez rire, vous émouvoir, être étonné, peut-être même parfois sceptique. Il se peut aussi que vous ayez envie dans la foulée de vous mettre à écrire des lettres, mais ça c’est normal. Si vous aimez ce roman, sachez que Daniel Glattauer a écrit une suite. Ça s’appelle « La septième vague ». Mais si la fin de l’histoire vous convient, vous pouvez aussi en rester là.

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Une mer si froide

enfant dans la tourmente

Une mer si froide

Par une belle journée d’été, Maggie, son mari et ses deux enfants, décident de passer une journée à la plage. Mais en quelques secondes à peine, Livvy, 3 ans, disparaît. Les enquêteurs concluent rapidement à une noyade et les recherches sont stoppées. Au sein du couple, plus rien n’est comme avant. A quelques kilomètres de là, Jennifer prépare Hailey pour sa rentrée des classes. La petite fille est distante, craintive et Jennifer ne la ménage pas. Enceinte jusqu’aux yeux de jumeaux, elle attend également que son mari rentre à la maison pour lui annoncer la bonne nouvelle. Le lecteur ne le sait pas encore mais les deux histoires sont profondément liées…

Merci tout d’abord aux éditions Charleston pour m’avoir permise de découvrir leur collection de thrillers à travers le roman de Linda Huber, intitulé « Une mer si froide ». Construite de la même façon qu’un thriller, l’histoire démarre assez lentement avant que le suspense ne prenne place. En tant que lecteur, on sent tout de suite qu’il y a quelque chose qui cloche. La petite Hailey ne serait-elle tout simplement pas Ivvy, la fillette disparue ? Mais au-delà de cette hypothèse se pose une autre question beaucoup plus pertinente : comment en est-on arrivé à ce cas de figure ? Et c’est là tout l’intérêt du roman. Du deuil à la résilience, en passant par le désir de maternité et la vie de famille, Linda Huber aborde plusieurs thèmes qui lui sont chers en tant que thérapeute. Son premier livre s’avère très réussi.

Fallait pas l’inviter !

pièce montée

Fallait pas l’inviter !

Agathe a 30 ans et un caractère bien trempé. Si elle se plaît dans son célibat, sa famille désespère qu’elle trouve un jour quelqu’un de bien. Alors lorsque son frère Philippe réunit ses proches pour préparer son mariage, la fameuse question tombe : « Agathe, viendras-tu accompagnée ? » Comme pour clouer le bec à ses parents, la jeune femme affirme qu’elle viendra avec son fiancé, Bertrand, un publicitaire en vogue. Le seul hic, c’est que Bertrand n’existe que dans son imagination, et qu’il va vite falloir lui donner vie !

Au début de ma lecture du roman « Fallait pas l’inviter ! », j’étais bien sceptique. Agathe me semblait lourde ; je trouvais qu’elle en faisait des caisses tant dans son comportement que dans ses réparties et je me suis dit : « Ça semble mal parti ». Et puis retournement de situation au bout d’une cinquantaine de pages (d’où l’intérêt de dépasser parfois la cinquantième page), j’ai commencé à accroché, à rire, à m’amuser des situations, et c’est peut-être grâce au fameux Bertrand justement. Si le scénario est totalement prévisible et le contexte un peu loufoque, Aloyssius Chabossot nous divertit grandement grâce à son humour féroce. Merci aux éditions Eyrolles pour cette parenthèse comique dans mon quotidien.

Une position inconfortable

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Une position inconfortable

Fabio a toujours rêvé de devenir un grand réalisateur de films. Pour ce faire, il a mis toutes les chances de son côté en effectuant les études qu’il fallait. Mais le jeune rêveur a laissé passer des occasions en or de se faire connaître en Italie. Aujourd’hui, pour subvenir à ses besoins, Fabio est devenu scénariste, mais de films X. C’est ainsi qu’il a écrit « Quand Harry ramone Sally », « Vingt mille queues sous les mers » ou encore « Bitanic » et qu’il se retrouve primé à Cannes. Lui qui pensais rester discret vis-à-vis de sa famille et de ses anciens camarades de classe, c’est raté !

Cette comédie à l’italienne a été écrite par Francesco Muzzopappa et m’a été offerte par les éditions J’ai Lu. C’est l’originalité de l’histoire qui m’a séduite en premier. Voilà qu’un scénariste qui ne rêvait que de strass et de paillettes se retrouve propulsé sur le devant de la scène grâce à l’histoire d’un film pornographique. La catastrophe ! Tout le monde est désormais au courant de son job dans cette industrie, y compris Papa et Maman qui étaient si fiers de leur fils avant d’apprendre la vérité. Malgré ce coup d’état, Fabio va tenter le tout pour le tout pour que son propre film voie enfin le jour. Autant dire que ce n’est pas gagné d’avance et c’est ça qui nous fait rire et qui nous désole en même temps. J’ai beaucoup apprécié le style d’écriture très fluide de l’auteur et cette façon de mettre le personnage en auto-dérision. Je vous conseille vivement cette lecture si vous avez envie de quelque chose de léger, qui se situe à des années-lumière de votre quotidien.

Alice au pays des casseroles

foodtruck

Alice au pays des casseroles

Alice, 30 ans, célibataire et passionnée de cuisine, réside dans le Berry où elle tient un restaurant familial, en compagnie de sa maman, Constance, qui lui a passé la main. Les clients ne se bousculent pas au portillon mais cela pourrait être pire. En fait, c’est pire depuis qu’elle reçoit des lettres de menace et qu’un food-truck s’est installé juste en face de l’établissement. Et ce n’est pas parce que le propriétaire est à tomber que c’est une excuse valable pour marc sur es plates-bandes !

Mention spéciale pour commencer pour le titre du roman, « Alice au pays des casseroles » qui fait référence à « Alice au pays des merveilles » et à la couverture un peu vintage que j’ai adorée ! Mention ensuite pour la palette de personnages tous plus sympathiques les uns que les autres. On a de l’empathie en premier lieu pour Alice, qui a du mal à s’affirmer, et on apprécie Gabriel, le propriétaire du food-truck qui s’avère tout sauf un concurrent.

A la différence de bon nombre de comédies, le roman de Maud Brunaud se démarque par le côté un peu polar qui lui est conféré de par les menaces que reçoit Alice. Ajoutez à ce petit suspense une pointe de romantisme, une bonne dose de famille et vous obtiendrez « Alice au pays des casseroles », ou le roman qui vous donnera envie de tenir une auberge à la campagne. Merci aux éditions Marivole pour leur confiance et surtout pour cette lecture.