La première fois c’était quand même plus marrant

La première fois c’était quand même plus marrant

Cela fait trois ans que Daisy est en rémission. Alors qu’elle commence à faire des projets sur le long terme avec Jack, son mari, elle apprend qu’elle est atteinte d’un nouveau cancer… en phase terminale. Si la mort reste une perspective effrayante, celle de laisser l’amour de sa vie l’est encore davantage. Daisy se met donc en quête de trouver la femme idéale pour Jack, quitte à oublier le peu de temps qu’il lui reste en sa compagnie.

Il m’a fallu quelques pages tout de même pour me rendre compte que « La première fois c’était quand même plus marrant » n’était pas du tout une suite à « La première fois qu’on m’a embrassée je suis morte ». Cela m’a rassurée sur d’éventuels problèmes de mémoire. Colleen Oakley, l’auteure, fait en réalité un clin d’œil à son premier ouvrage, en indiquant au lecteur que le sujet qui sera traité ici sera beaucoup plus lourd. Et en effet, quoi de plus tragique que la fin d’une vie, que d’apprendre qu’il ne nous reste plus que quelques mois, que les rêves que l’on voulait réaliser vont devoir être abandonnés. Malgré la tristesse, la colère, le désespoir, Colleen Oakley a inséré dans son roman quelques touches d’humour. Authentique, salvateur, le livre nous interroge sur notre rapport à la vie et à la mort. On n’est pas loin de verser sa petite larme.

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Soif

Soif

« Soif », c’est l’histoire de Jesus, ou plutôt de sa dernière nuit parmi les vivants, à la première personne. Après un procès des plus expéditifs, voilà que le Christ est envoyé dans sa cellule, où il passera sa toute dernière nuit. Mais au lieu de dormir, ce dernier va réfléchir à la vie qu’il a menée, à ceux qui l’ont trahi et à ce qui l’attend le lendemain. Au lever du jour, c’est le début du calvaire. Outre le fait de devoir porter sa croix, Jesus s’apprête à vivre des souffrances inimaginables. Ses amis, sa mère et Marie-Madeleine sont présents pour lui dire au-revoir.

A chaque rentrée littéraire, le nouveau roman d’Amélie Nothomb est attendu comme le Messie. Mauvais jeu de mots diront certains, mais l’auteure a décidé cette année de se mettre dans la peau du Christ.
Je ne suis pas une grande fan de l’écrivaine, j’ai peut-être lu deux, voire trois ouvrages, mais celui-ci m’a interpellée de par son contenu. Se mettre dans la peau de Jesus, pour un écrivain, c’est un exercice risqué. Pourtant, Amélie Nothomb s’en sort très bien, en prenant tout le recul nécessaire. La plupart des réflexions portent sur les émotions et les pensées qui traversent l’homme à quelques heures de sa mort. L’auteure démontre avant tout que Jésus est un être humain comme les autres. Elle n’en oublie pas pour autant d’y mettre une touche d’humour et de faire sourire ainsi le lecteur. Dommage que le sujet ne soit pas creusé davantage.

Je l’aime

Je l’aime

Lorsqu’elle le voit pour la première fois à l’université, elle craque pour lui. Ses fines boucles, sa chemise avec ses trois boutons ouverts la font fondre. Elle en est persuadée : elle et lui, c’est pour la vie. Tout comme elle, son prénom commence par un M. Mais M. semble avoir déjà quelqu’un dans sa vie et des projets plein la tête. Peu importe, elle va changer la donne, et consacrer sa vie à l’aimer. Elle le suit à Paris. Il devient journaliste. Elle reste à la maison, à s’occuper des tâches ménagères et à lui concocter de bons petits plats le soir. Le problème, c’est qu’elle l’aime. A la folie.

Le dernier roman de Loulou Robert est sorti à l’occasion de la rentrée littéraire. Intitulé « Je l’aime », il raconte l’histoire d’une femme passionnée, jalouse, dangereuse, prête à tous les excès. C’est le récit d’un amour à la fois tragique et sublime. Un amour dévoué. A coups de phrases courtes et percutantes, Loulou Robert aborde les sentiments, la déraison, mais aussi la solitude, la vie de couple, la maternité et la vieillesse. L’écriture est parfois violente, mais toujours juste. Le ton est rapide, donne tantôt le tournis. Une chose est sûre : on est embarqué dans une histoire d’amour pas comme les autres. « Je l’aime » est un récit intimiste, captivant, qui montre que par amour, on est souvent prêt à tout.

Les sept maris d’Evelyn Hugo

Les sept maris d’Evelyn Hugo

Elle était belle, sexy, scandaleuse. Elle était une actrice incontournable sa génération, une véritable icône à Hollywood. Elle a été une mère, une épouse aimante et mariée sept fois ! Elle, c’est Evelyn Hugo, le personnage principal du dernier roman de Taylor Jenkins Reid, « Les sept maris d’Evelyn Hugo ».

A l’aube de ses 80 ans, la comédienne se sépare de ses robes les plus mythiques en les vendant aux enchères. Il semblerait qu’Evelyn Hugo soit en train de passer un cap. La voilà qui sollicite Monique, une journaliste du très réputé magazine Vivants, pour écrire sa biographie. Cette dernière a pour objectif de lever le voile sur son histoire.  Aussi bien passionnante que passionnée, l’actrice avoue tout, sans filtre. Prête à faire la paix avec son passé, elle tient une dernière fois à remercier celui sans qui elle serait restée dans l’anonymat : le public.

Ce roman, très axé 7e art, ne raconte pas seulement sept histoires d’amour différentes. Il parle avant tout d’une femme qui a marqué le cinéma et toute une génération. Un récit sensible, tantôt drôle, tantôt triste, qui pourrait très bien être attribué à une actrice contemporaine. Je ne m’attendais pas à avoir un coup de cœur pour ce conte hollywoodien, et pourtant, le voilà sagement rangé dans ma bibliothèque parmi les autres livres que je chéris tant.

Opalescence – Le secret de Pripyat

Opalescence – Le secret de Pripyat

Le narrateur nous embarque dans une aventure peu ordinaire, sur les terres ukrainiennes, au plus près de Tchernobyl. Ancien réfugié, l’homme décide de retourner dans la zone d’exclusion pour voir ce qu’elle est devenue, mais également pour se confronter à son passé. Sur place, la « Zone » comme on l’appelle, n’est pas si abandonnée que cela. De nombreuses agences touristiques organisent des visites guidées ; certains agriculteurs n’ont jamais renoncé à leur maison ; d’autres ont décidé de s’y installer, peu importe le danger des radiations. Et aux hommes, s’ajoutent les animaux. Beaucoup de légendes circulent autour du site de Tchernobyl et de la ville de Pripyat. Il paraît que les bêtes sont transformées, que les loups règnent en maître et que là où se situait autrefois le réacteur n°4, il y aurait un trésor. Mais pour notre héros, il n’est pas question de faire machine arrière.

« Opalescence – Le secret de Pripyat » est le premier roman que je lis dans le cadre de mon inscription au site Simplement.Pro, un outil permettant entre autres de mettre en relation des chroniqueurs avec des éditeurs et des auteurs. L’ouvrage d’Amaury Dreher a particulièrement retenu mon attention car Tchernobyl est un sujet qui me fascine. Après avoir vu la série phare et lu « La supplication » de Svetlana Alexievitch (dont je parlerai prochainement sur le blog), je ne pouvais pas passer à côté de « Opalescence ».

L’auteur, Amaury Dreher nous immerge complètement dans ce no man’s land. L’atmosphère est froide, tendue. On sent que l’on erre dans un endroit interdit, contaminé, où notre survie dépend de nos décisions, de nos gestes. On découvre des lieux mythiques : la cité de Pripyat où les travailleurs de la centrale logeaient, le Pont de la Mort, la fête foraine, mais aussi des personnages propres aux lieux, comme les Babushkas, ces grands-mères qui sont nées et qui ont vécu ici, et les Stalkers, ces personnes qui envahissent l’endroit, complètement passionnées ou dérangées.

L’histoire s’apparente davantage à un témoignage qu’à un thriller et est tout bonnement captivante ! Outre le fait de nous interroger sur l’une des plus grandes catastrophes nucléraires, elle nous amène à nous faire réfléchir sur la manière dont le gouvernement se comporte vis-à-vis de cette zone d’exclusion. Une quête identitaire qui ne pourra que plaire aux lecteurs qui, comme moi, vouent une véritable curiosité à cet épisode tragique de 1986.