Les deux vies de Lady Bird

Lydia et Freddie se connaissent depuis l’adolescence et sont en couple depuis plus d’une dizaine d’années. Alors qu’ils avaient des projets de mariage et de bébé, Freddie décède brutalement dans un accident de voiture. Lydia est inconsolable et ce, malgré la présence de ses parents, de sa sœur et de son meilleur ami, Jonah. Pour parvenir à passer des nuits plus sereines dans le lit qu’ils partageaient, Lydia a recourt aux médicaments. Des médicaments qui, bizarrement, la font se réveiller aux côtés de Freddie, encore bien vivant. Grâce à eux, elle vit des moments inédits l’espace de quelques heures, mais elle s’éloigne aussi du monde des vivants…

Après avoir dévoré « Un jour en décembre », me voici replongée dans un roman de Josie Silver, paru lui aussi aux éditions Charleston. « Les deux vies de Lady Bird » porte bien son nom. L’héroïne, Lydia, mène deux vies parallèles de par les somnifères qui l’aident à trouver le sommeil. Il y a la vie sans son fiancé, son deuil qu’elle ne parvient pas à surmonter, et une vie parallèle lorsqu’elle dort, où Freddie est toujours présent, et dans laquelle tous ses plus beaux projets se concrétisent.

J’ai été véritablement happée par ma lecture ! Il y a des romans comme ça, où vous avez du mal à décrocher une fois que vous les avez entamés, et bien c’est ce qui m’est arrivé. J’avais hâte de découvrir à chaque fois la suite. Pour éviter de nous perdre dans le récit, l’auteure a nommé les chapitres de deux manières distinctes : « Eveillée » et « Endormie » afin que l’on sache dans quelle phase la jeune femme se situe. Et même si cela relève du domaine de l’impossible, j’ai adoré l’idée de pouvoir rien qu’en fermant les yeux, continuer à vivre une vie qui n’est plus possible. Certes, ce n’est pas la bonne solution dans le cas de notre héroïne, mais peut-on vraiment lui en vouloir d’avoir envie d’être aux côtés de son amoureux de toujours ?!

Mon cœur contre la terre

Ana est écologue, un job qui lui prend énormément de temps mais qui a la chance de la passionner. Sauf qu’un jour elle commet une erreur qui lui fait tout remettre en cause. Elle décide de faire un break et retourne pour cela plusieurs mois dans la vallée de la Clarée où elle a grandi. Hébergée par son oncle, Ana renoue avec la nature et avec ses amis d’enfance, tout en faisant le point sur sa vie.

Après avoir lu et adoré « La libraire de la place aux herbes », me voici replongée à nouveau dans un roman d’Eric de Kermel, grâce aux éditions J’ai Lu, à savoir, « Mon cœur contre la terre ». Il s’agit d’un récit initiatique, dans lequel nous faisons connaissance avec Ana, une quinquagénaire à bout de souffle, qui va revenir à l’essentiel grâce à un long séjour en montagne. Ces vacances s’apparentent à une forme de thérapie et offrent aux lecteurs une réflexion sur notre société actuelle. Qu’est-ce qui est essentiel pour nous ? Que devons-nous changer dans notre comportement pour vivre pleinement ? Eric de Kermel nous propose un roman sur la connaissance de soi, doté de quelques morales bonnes à prendre et qui donnera des pistes à tous qui veulent prendre un nouveau départ.

Le choix des apparences

Le choix des apparences

Camille est une avocate brillante, spécialisée dans le divorce. Elle est même plutôt impitoyable dans son genre. Sauf qu’un jour, sa vie bascule : le mari de l’une de ses clientes se suicide sous ses yeux. Profondément choquée, Camille se décide à partir quelques jours en Bretagne pour changer d’air. Une terre qui est loin de lui être inconnue car c’est là-bas, à Douarnenez qu’elle a passé une partie de son enfance. Alors qu’elle s’apprête à rentrer chez elle, elle tombe sur une petite annonce pour un poste d’assistante juridique dans une biscuiterie locale. Sur un coup de tête, la jeune femme postule…

Un feel good book ne peut jamais faire de mal, bien au contraire ! Ce que j’ignorais encore en démarrant la lecture du « Choix des apparences » de Martine Delomme, c’est que j’allais être véritablement transportée. Nous y suivons donc Camille, une avocate implacable qui mène sa vie à 100 à l’heure. En parallèle à son travail, elle vit avec son compagnon et les deux enfants de ce dernier dans une belle maison ; la vie idéale semble-t-il. Et puis on découvre finalement une femme fragile, dont la carapace se brise lors d’un procès des plus routiniers. Plaquer tout, prendre quelques jours pour soi, se poser les bonnes questions, tel est généralement la ligne conductrice de ces « romans qui font du bien ». Nous voici partis pour les terres bretonnes grâce aux éditions Charleston. A travers les mots, on peut sentir l’air iodé, entendre le bruit des vagues contre les rochers et se délecter de bons biscuits. Martine Delomme nous donne envie à notre tour de nous échapper, même si le quotidien de Camille sur place n’est pas de tout repos : nouveau job, nouveaux objectifs, mais également harcèlement, relations toxiques, bref les journées ne sont pas des plus calmes. « Le choix des apparences » s’avère au final un roman très agréable à lire pour ses multiples univers et sa palette d’émotions. Un des premiers coups de cœur de 2021, c’est certain !

Le parfum des femmes

Le parfum des femmes

Camélia a plaqué sa vie d’avant pour réaliser son rêve : devenir créatrice de parfums. Dans une grande demeure bretonne héritée de sa grand-mère, elle mène une vie à 100 à l’heure aux côté de son mari et de ses enfants. Mais la charge mentale est de plus en plus pesante. Après un entretien raté pour une marque connue, Camélia décide de faire le tri chez elle, notamment au grenier. C’est là qu’elle tombe sur des courriers datant des années 1930 entre sa Mamie et une mystérieuse correspondante…

Avec « Le parfum des femmes », Marie Compagnon signe son second roman, après « Jamais trop tard pour être heureux ». Cette fois-ci, le lecteur baigne dans l’univers de la parfumerie, grâce au métier de nez de Camélia, et c’est passionnant ! En parallèle, c’est la femme en elle-même qui est mise en avant. Quelques jours après la journée de la femme, le roman sonne un peu comme un rappel à l’ordre : notre héroïne est en effet débordée par les tâches du quotidien et si cela peut paraître cliché pour certains, le mari n’est pas investi à 100% dans tout ce qui peut concerner la maison.

Et puis il y a la dimension un peu plus historique. Pour en apprendre plus sur le personnage, voilà que nous remontons le temps. Les secrets de famille se dévoilent, au même titre que des leçons de sagesse qui aident Camélia à y voir plus clair. De quoi peut-être nous éclaircir à notre tour sur notre vie de tous les jours et nous faire passer un agréable moment de lecture.

Les délices de Tokyo

Les délices de Tokyo

Sentarô gère une échoppe dans laquelle il vend à emporter des dorayaki, des pâtisseries japonaises. Un jour, Tokue, une dame âgée aux doigts déformés, lui propose son aide, elle qui sait faire la pâte de haricots rouges comme personne. D’abord réticent, Sentarô se laisse finalement convaincre. Du jour au lendemain, il voit sa clientèle doubler ; une clientèle conquise par la nouvelle recette et la personnalité de Tokue.

« Les délices de Tokyo », c’est un livre que je n’avais pas prévu de lire à la base ! J’en avais entendu beaucoup de bien sur les blogs et je comptais l’offrir. Et puis ça n’a plus été possible et j’ai conservé l’exemplaire. C’est une lecture savoureuse, facile, qui nous plonger dans l’univers culinaire japonais. L’ouvrage au format poche n’est vraiment pas épais (je crois qu’on n’atteint pas les 200 pages) et il s’avère vite lu. Au-delà de la simple échoppe, on découvre des personnages attachants, au passé parfois très sombre. Derrière les drôles de mains de Tokue se cache en fait une maladie connue de tous et qui, une fois révélée, va tout faire basculer.

Le roman de Durian Sukegawa a par ailleurs été adapté au cinéma par le Naomi Kawase et a été primé à Cannes. Il ne fait nul doute qu’à l’occasion je le regarderai !