Le tatoueur d’Auschwitz

Le tatoueur d’Auschwitz

C’est l’histoire vraie d’un homme, Lale Sokolow. En 1942, du fait de sa confession juive, ce slovaque est dans la ligne de mire des Nazis. Chaque famille doit donner l’un des siens afin qu’il travaille pour le gouvernement allemand. Le jeune homme se “sacrifie” et est envoyé au camp de concentration de Birkenau. Sur place, il se distingue rapidement des autres, en se rendant indispensable et devient alors le tatoueur. Il est chargé de graver le matricule sur le bras des femmes arrivant à Auschwitz. C’est ainsi qu’il fait la rencontre de Gina, et en tombe amoureux. Au cœur de l’horreur, le couple partage quelques rares instants de bonheur, espérant plus que jamais être réuni lorsque la guerre sera terminée.

Sans jamais tomber dans le pathos, le témoignage de Ludwig Einseberg (alias Lale Sokolow) rédigé par Heather Morris est une belle histoire d’amour en plein effroi. Durant trois ans, nous suivons le parcours d’un homme empreint de générosité, qui fera tout son possible pour améliorer les conditions de ses camarades, notamment en apportant dans son baraquement plus de nourriture et en sauvant quelques peaux du four crématoire. Grâce à son statut de membre de la “Politische Abteilung”, il peut également circuler librement dans le camp. Ce rôle ambigu lui offre ainsi les meilleures chances de rester en vie, malgré le fait que certains le perçoivent comme un traître en train de pactiser avec le diable. Un récit historique à découvrir au format poche aux “éditions J’ai Lu”, et qui pourrait bien se retrouver sur grand écran…

Eva Braun

Eva Braun

Eva Braun grandit dans une Allemagne affaiblie par la Grande Guerre. Désireuse de subvenir à ses propres besoins, la jeune femme finit par dénicher un emploi à la boutique de Heinrich Hoffmann, qui n’est autre que le photographe officiel du Parti national-socialiste. Au détour d’une conversation, la voilà qui est présentée au Führer. Les jours passent et Hitler commence à courtiser Eva Braun. Baise-main, dîners, séances de cinéma, opéras, le futur dictateur multiplie les rendez-vous, mais toujours en compagnie d’Herta, l’amie d’Eva Braun, qui leur sert de chaperon. En 1932, alors qu’Hitler se lance dans les élections, Eva devient sa maîtresse. Voilà le résumé pour le premier volet baptisé « Un jour mon prince viendra ».

Dans le second tome intitulé « Une cage dorée », nous retrouvons Eva à Munich. Hitler est bien occupé à conquérir tous les territoires qu’il pourra. Peu importe, la jeune femme est en totale admiration et le régime nazi en fait une privilégiée. Voyages, vêtements luxueux, maison dans un quartier huppé, voiture et chauffeur font maintenant partie de son quotidien. Elle vit dans une prison dorée et ne parvient pas à se présenter comme la compagne officielle du Führer. La guerre éclate et tout au long de notre lecture, on se demande si Eva est au courant des atrocités perpétrées par celui qu’elle a mis sur un piédestal. Elle lui sera fidèle jusqu’à la dernière minute.

Un grand merci aux éditions J’ai Lu pour m’avoir proposé de lire cette saga en deux tomes, écrite par le romancier et historien Jean-Pierre Charland. L’intitulé du premier tome, « Un jour mon prince viendra » prête à sourire, puisqu’il fait référence aux contes de fées. Mais nous savons que l’histoire d’amour qui va nous être racontée n’est pas ordinaire. Il s’agit de celle d’une jeune Allemande et du Führer. D’une fille en apparence saine, et d’un monstre.

Aimant lire et voir de temps en temps des documents et des fictions en rapport avec la Seconde Guerre mondiale, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la genèse de l’histoire entre Hitler et Eva Braun. On y découvre une jeune femme en manque de confiance, et un homme aux idées bien arrêtées, qui semble bien sous tous rapports. Une part de la vie privée de deux personnages importants de l’Histoire dévoilée au grand jour.

Je ne sais pas pourquoi mais j’imaginais trois livres et non deux. Au fur et à mesure de la lecture du second volet, je me suis dit qu’on avançait vite. 1940…1943… finalement, l’histoire s’achèvera dans ce livre. Eva a beau être malheureuse d’être loin d’Hitler, elle semble dans un second temps se complaire dans sa situation. Elle le défend bec et ongles en toutes circonstances. Difficile de s’identifier à elle ou d’avoir de la compassion. Mais on ne pourra pas lui reprocher son dévouement et sa loyauté.

Max

Max

Allemagne, 1936 : A l’aube de la Seconde Guerre mondiale, un bébé s’apprête à naître, le 20 avril très précisément ; une date idéale puisqu’elle coïncide avec l’anniversaire d’Hitler. Max (ou plutôt Konrad) est un bébé prototype du programme Lebensborn qui a été initié par Himmler. Ce programme consiste en la chose suivante : des femmes sont sélectionnées par les nazis pour concevoir un enfant et ainsi mettre au monde des purs représentants de la race aryenne, ce pour régénérer l’Allemagne. Max n’est même pas encore né qu’il est déjà conditionné. A sa naissance, le petit est examiné sous toutes les coutures ; il est baptisé par le Führer en personne. De son côté, la mère biologique est simplement remerciée. L’enfant est ensuite confié aux plus hautes autorités pour devenir le parfait allemand nazi.

« Max » est une lecture qui fait froid dans le dos, car si l’on connait ne serait-ce que de nom le programme Lebensborn, il est glaçant d’entendre (ou plutôt de lire) les paroles d’un bébé nazi, dénué de tout sentiment, prêt à tuer. Ce bébé, le lecteur va le suivre jusqu’à l’âge de 12 ans et découvrir l’ensemble de son endoctrinement.

Pour écrire ce livre, l’auteure, Sarah Cohen-Scali s’est énormément documentée. Cette fiction, basée sur des faits réels est destinée dans un premier temps aux ados de 15-16 ans, à condition que ces derniers soient accompagnés d’un prof ou d’un parent pour les introduire à la Seconde Guerre mondiale. Mais ce roman, vous pouvez tout aussi bien le lire si vous êtes un adulte et que vous appréciez les romans historiques.

Le mur en partage

Le mur en partage

En 2019, l’Allemagne célébrait les 30 ans de la chute du Mur de Berlin, pas vraiment en grandes pompes il faut le dire, car le climat politique n’est pas fameux avec l’avancée de l’extrême-droite. Victoire Sentenac s’est inspirée de ce fait historique pour écrire « Le mur en partage ».

Nous sommes en 1987. Nina a 16 ans et vit en Allemagne de l’Est, avec son père malade. Klaus, son oncle, est en mort en essayant de franchir le mur. Comme lui, Nina aimerait passer de l’autre côté. Avec ses amis, elle rêve de liberté, d’évasion et d’une nouvelle vie bien plus confortable. Dans leur squat, ils évoquent chaque soir ou presque leurs envies et leurs projets.

C’est grâce à « Simplement« , un site qui permet de mettre en relation des éditeurs, des auteurs avec des blogueurs que j’ai découvert le roman de Victoire Sentenac. La chute du Mur de Berlin fait partie des faits historiques qui m’intéressent grandement. Et après avoir visionné le film « Le vent de la liberté » de Michael Herbig, j’ai eu envie de lire cet ouvrage.

Le récit est prenant dans la mesure où l’action démarre deux ans avant la chute. A l’instar du personnage principal, le lecteur n’attend qu’une chose : le fameux événement qui bouleversera le quotidien de millions de personnes. Oscillant entre le roman historique et la littérature Young Adult, « Le mur en partage » raconte l’histoire d’une famille mais aussi d’adolescents vivant en RDA et dont les rêves se cognent au mur qui les sépare d’un autre vie. Il y a ceux qui se confortent dans leur situation et qui deviennent communistes, et d’autres, en phase de rébellion, qui sont prêts à risquer leur vie. Très bien documenté, riche en émotions et doté d’une écriture fluide, « Le mur en partage » est un roman à mettre entre toutes les mains, et peut-être plus particulièrement entre celles des adolescents, afin de leur permettre d’enrichir leurs connaissances tout en se divertissant.

L’estafette

L’estafette

1914 : La Première Guerre mondiale vient de démarrer. Au nord de la France, un jeune Allemand d’origine autrichienne est estafette dans la Deutsches Heer. « Estafette » est le nom donné aux soldats chargés de faire passer des messages entre différents camps ou lignes de fronts. C’est le cas d’un certain Adolf Hitler, un homme très conservateur, qui déteste les juifs, et qui a pour seule ambition de servir ses supérieurs. Bourré d’ambition, il compte bien gravir rapidement les échelons.

Le roman de Philippe Pivion, « L’estafette », raconte avec brio comme Adolf est devenu Hitler. De 1914 à 1918, nous suivons les traces de ce soldat pas comme les autres. Recalé aux Beaux-Arts, l’Allemand décide de s’engager dans l’armée pour servir son pays. Sa soif de pouvoir, son dégoût pour les idées libérales montre d’ores et déjà aux lecteurs son manque d’empathie pour les autres. Avec une enfance compliquée et un rêve jeté à la poubelle, Hitler a soif de vengeance. Petit à petit, le soldat se transforme en véritable monstre. Et ce n’est pas pour rien qu’il sera redirigé en unité psychiatrique, après avoir été aveuglé par du gaz toxique. La suite, nous la connaissons malheureusement mieux.

Malgré quelques lenteurs dans le récit, Philippe Pivion nous donne des clés pour mieux comprendre le personnage qu’est Hitler, ce qui a pu le pousser à tant détester les Juifs, et sa manière bien à lui de prendre le pouvoir. Le roman démontre également que tout ne se joue pas durant l’enfance et que de nombreux événements peuvent amener quelqu’un à changer radicalement de personnalité.  Un ouvrage somme toute intéressant qui ravira les passionnés d’histoire. Merci à Ramsay Editions pour cette découverte.