Étoiles et cætera

Étoiles et cætera

Étoiles et cætera, c’est un recueil de 17 nouvelles qui porte sur plusieurs thèmes que sont l’enfance, l’amour, le deuil, la réussite, la vieillesse et tout simplement la vie. Si elles sont dans l’ensemble assez brèves, elles restent néanmoins bien construites avec, souvent, une fin inattendue qui vous laisse sans voix. Malgré des sujets pas faciles à traiter, Lydie Masere excelle dans l’écriture. Quelques récits pourraient aisément se transformer en romans, et je ne serais pas contre l’idée de les lire s’ils décident de voir le jour.

Comme tout recueil de nouvelles qui se respectent, le lecteur en appréciera certaines plus que d’autres. Personnellement, j’ai aimé les plus… glauques dirons-nous, pour l’ambiance, le suspense et le final.

Je vous livre mon top 3 avec un résumé rapide :

  • « Lapin roux renard agile » : l’histoire d’une jeune fille battue par sa mère. Celle-ci se réfugie dans la lecture jusqu’au jour où elle trouve une photo de sa maman, découvrant que cette dernière était une actrice célèbre. Mais la vérité a un prix.
  • « Suzie » : Suzie profite des derniers instants de détente avant de mettre au monde son premier enfant. Elle a notamment fermé sa chambre d’hôtes. Avec son mari, elle a refusé de connaître le sexe de l’enfant avant le jour J. Mais en fait, elle le sait.
  • « Ecran de veille » : Un enfant vient de naître. Malgré l’accouchement et les derniers mois de grossesse très difficile, Hélène est une mère comblée. Les fêtes de fin d’années sont désormais là. Elle célèbre Noël en compagnie de son mari et d’une autre personne. Mais le dîner va être assez mouvementé…

Né sous une bonne étoile

Né sous une bonne étoile

A l’école, il y a les élèves modèles et ceux qui ne semblent pas être faire pour, comme Gustave par exemple. Au fond de la salle, cet éternel rêveur scrute les oiseaux au dehors. Contrairement à sa sœur Joséphine, le petit garçon collectionne les mauvaises notes. Il a beau passer des heures à faire ses devoirs, rien n’y fait. Redoublement sur redoublement, Gustave finit par perdre espoir, d’autant que bon nombre de ses professeurs le prennent en grippe. Mais parfois, il suffit de rencontrer les bonnes personnes pour que sa vie bascule.

Comme pour d’autres auteurs, je ne manque plus les sorties des nouveaux romans d’Aurélie Valognes. Après avoir bien rigolé avec « La cerise sur le gâteau« , j’ai découvert, avec beaucoup d’émotion « Né sous une bonne étoile ». On y suit Gustave, un garçon adorable, qui semble fâché avec l’école. Pourtant, on pressent dès le départ que l’écolier a un trouble dys. Malheureusement pour lui, ses instituteurs ne s’attardent guère sur son cas et voient plutôt en lui un cancre de première, bien loin de sa sœur, véritable élève modèle. A la maison, l’ambiance n’est pas non plus au beau fixe avec la séparation de ses parents. Sa mère, Noémie, prendra pourtant le taureau par les cornes pour éviter coûte que coûte les multiples redoublements à son fils. Au collège, Gustave finira par voir la lumière grâce à une professeur d’histoire hors-pair qui le prendra sous son aile.

Le roman, plutôt bouleversant, met sous les projecteurs ces enfants souvent discrets, qui se calfeutrent au fond de la classe et que l’on croit mauvais élèves. Il met également l’accent sur le difficile et remarquable métier de professeur, mais aussi le manque de moyens dans l’éducation nationale. « Né sous une bonne étoile » est aussi un hymne à l’espoir, à la persévérance, à la confiance en soi, nécessaires pour combattre certains obstacles de la vie. Et si l’on veut bien croire en ses rêves et se donner les moyens de les réaliser, cela pourrait bien fonctionner. Un très bel ouvrage, très touchant, qui prouve encore une fois tout le talent d’Aurélie Valognes de raconter des histoires.

Ze journal de la famille (presque) zéro déchet

Ze journal de la famille (presque) zéro déchet

Chaque Français produirait environ 390 kilos de déchets par an. C’est trop, beaucoup trop. Après cette prise de conscience, Bénédicte Moret et son conjoint Jérémie Pichon ont décidé de se lancer un défi, celui de vivre une année sans (presque) faire de déchets. Après le livre « La famille Zéro déchet », c’est au tour de la bande dessinée de faire son apparition en librairie.

Avec « Ze journal de la famille (presque) zéro déchet », Bénédicte Moret revient sur son quotidien et les péripéties familiales vécues, suite à cette décision de devenir ultra-écolo. Il y a eu des victoires, mais aussi des échecs, quelques critiques et des encouragements des proches, ainsi qu’une bonne dose d’organisation. Le plus dur comme dirait Bénédicte Moret, c’est de s’y mettre et de savoir par où commencer. Aussi, mieux vaut s’informer au préalable, sachant qu’en théorie, il faudrait 21 jours pour parvenir à bousculer ses habitudes. Le mode zéro déchet passe, entre autres, par la fabrication de ses propres produits ménagers, cosmétiques, l’utilisation d’une gourde plutôt que d’une bouteille d’eau en plastique, ou encore le compost, l’achat en vrac, etc.

Outre le fait d’être une sympathique histoire joliment illustrée, la bande dessinée est bourrée de bons conseils pour ceux qui souhaitent réduire leur production de déchets. Un peu d’humour, un zeste de bon sens et une once de savoir-faire et le tour est joué !

Déjeuner en paix

Déjeuner en paix

La scène se déroule à Paris, à une terrasse de café pendant l’heure du déjeuner. L’endroit n’est pas très recommandable : c’est cher, le personnel est tout sauf sympathique, et il parait que les salades sont infectes. Mais allez savoir pourquoi les gens y font quand même la queue !

Une jeune femme provinciale s’attable, seule. Quelques minutes plus tard, une Parisienne s’installe à la table d’à côté. Elle semble attendre quelqu’un. Tour à tour, elles se toisent, imaginent la vie de l’autre, se moquent, sont persuadées que l’autre vaut mille fois mieux. Elles semblent si différentes et pourtant, elles ont plus de points communs qu’il n’y parait.

« Déjeuner en paix » est le premier roman de Charlotte Gabris. L’auteure s’amuse ici avec la rivalité féminine, avec malice et sarcasme. Chaque personnage démarre par un monologue intérieur. Si l’heure est tout d’abord à la concurrence, les thématiques abordées par les deux personnages sont hautement actuelles. On y parle de la femme parfaite, de féminisme, de l’égalité hommes-femmes, de l’enfance, de l’éducation, du temps qui passe, bref, de beaucoup de sujets de société. L’écriture est telle qu’elle amène le lecteur à réfléchir à certains sujets mais aussi à sa propre vie. Un roman qui sort de l’ordinaire et qui a le mérite d’avoir une fin à laquelle on ne s’attend absolument pas !

Le premier oublié

Le premier oublié

Depuis quelques mois déjà, Madeleine oublie des choses, mais rien d’inquiétant. Jusqu’au jour où elle se rend au supermarché. En sortant, impossible de retrouver sa voiture. Pis, impossible de se souvenir à quoi ressemble sa voiture. Dans la panique, elle appelle Thomas, un de ses fils. Quelques tests plus tard, le couperet tombe : Madeleine est atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Dans le roman de Cyril Massarotto, le narrateur a deux voix : un chapitre sur deux, c’est Madeleine qui prend la parole, puis Thomas. Passé et présent s’alternent et on constate avec beaucoup d’émotion le déclin de Madeleine. Elle oublie tout d’abord que son mari est mort, puis elle ne se souvient plus de Thomas, pense qu’il est infirmier, qu’il est un garçon gentil qui lui vient en aide au quotidien. Thomas ne comprend pas pourquoi c’est lui qui est oublié en premier. Alors que Roger et Charlotte, son frère et sa sœur, sont encore intactes dans l’esprit de sa mère. Au final, Madeleine finira par être placée et Thomas lui rendra visite tous les jours. Jusqu’à la fin.

Au cas où vous ne le sauriez pas déjà, je suis une grande fan du travail de Cyril Massarotto. Je crois qu’à ce jour, il ne me reste plus qu’à lire « Trois enfants du siècle » et j’aurai fait le tour de sa bibliographie.

« Le premier oublié » est un roman poignant sur la maladie d’Alzheimer. On y suit Madeleine, une veuve, maman de trois enfants, qui contracte la maladie ; et Thomas, son fils cadet.  Cet ouvrage à deux voix, signé Cyril Massarotto, se déroule sur huit ans ; des premiers symptômes au dernier souffle. J’ai littéralement dévoré ce récit, qui m’a profondément touchée. J’espère ne jamais côtoyer cette maladie, de près ou de loin, car je pense que perdre la mémoire peut être l’une des pires choses à vivre.  Dans le roman, nous faisons tour à tour face à l’inquiétude, la tristesse, l’espoir, la compassion, la tendresse, la complicité et l’amour. Difficile de tourner la dernière page sans avoir un petit pincement au cœur, tant c’est bien raconté.

Je vais maintenant m’attaquer au téléfilm en deux parties, adapté du livre, qui porte le même nom, et dans lequel figure Muriel Robin et M. Pokora.