Un si petit oiseau

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Un si petit oiseau

Après un accident de voiture avec sa maman qui lui a fait perdre un de ses bras, Abigaïl vit recluse chez elle. La jeune fille a laissé tomber ses projets de devenir vétérinaire et a coupé les ponts avec ses amis. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de sa famille et l’arrivée d’un ancien ami dans sa vie pour repartir sur de bonnes bases.

C’est la première fois que je lis un roman où il est question d’amputation, et je dois avouer que le sujet est très bien traité. Comment rester de marbre face à cette histoire plus que touchante ? Face à Abigaïl qui doit totalement repenser ses gestes du quotidien et son futur. Face à sa mère qui se sent coupable et qui sombre, elle aussi dans la dépression. Face à sa sœur qui devient totalement transparente.

Hymne à la vie et à l’amour, « Un si petit oiseau »  est un ouvrage qui se destine aussi bien aux adolescents qu’aux adultes. Avec ce dernier, Marie Pavlenko nous démontre bien que l’espoir meurt en dernier, et que l’amitié peut nous donner des ailes. Car, c’est bien grâce au retour d’un ami d’enfance que la jeune fille va parvenir à remonter à la pente et à se reconstruire. Avec lui, Abigaïl va réapprendre à vivre, se découvrir une nouvelle passion pour les oiseaux, se faire de nouveaux amis et tourner la page sur cet accident qui l’a marquée à jamais. Bien que le sujet évoqué soit sensible, le roman n’en est pas sombre pour autant. Légèreté et humour font partie intégrante du récit. Il se peut bien sûr que vous ne le trouviez pas original, que l’ornithologie ne vous intéresse guère, qu’il y ait ce sentiment de déjà-vu avec ce garçon qui débarque et qui va mettre soudainement du baume à l’âme de la jeune fille, mais j’ai envie de dire : « Et alors ? » Et alors, ça fait du bien de lire ce genre d’ouvrages, de constater que l’amour peut soulever des montagnes. C’est un roman que je ne peux que recommander à ceux qui apprécient les happy-end. Et qui sait ? Il se pourrait bien qu’en le lisant, vous versiez votre petite larme…

Retrouvez ma chronique sur Masscritics.

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Un clou dans le bec

homme femme

Un clou dans le bec

C’est « La bande dessinée qui libère la parole des femmes ». En tout cas, c’est ce qui est annoncé sur la couverture de « Un clou dans le bec », l’ouvrage bullesque de Maxime Poisot et Emmanuelle Teyras. La BD met en scène des femmes de tous milieux et de tous âges, confrontées à des remarques, des gestes déplacés, ou à la pression masculine tout simplement. Au bureau, dans les transports, les héroïnes présentes dans cet ouvrage n’hésitent pas à répondre à leurs « agresseurs », très souvent de façon percutante.

La bande dessinée, qui est d’ailleurs la toute première de Maxime Poisot, fait suite au mouvement #MeToo de 2017, qui libérait alors la parole des femmes, en révélant notamment une liste de clichés sexistes ancrés dans le quotidien. L’ouvrage est non seulement criant de vérité, mais il arrive à tourner en ridicule les situations. Entre deux anecdotes, on trouve un monde idéal, un monde où le pape glorifie l’IVG et où les hommes se mettent à faire les courses (bon, ça, ça existe déjà). Si je ne suis pas très fan des dessins, j’ai tout de même bien apprécié le contenu. Ne me reste plus qu’à avoir la réplique cinglante comme ces femmes qui ont été illustrées.

Eva Braun – Un jour mon prince viendra

Eva Braun

Eva Braun – Un jour mon prince viendra

Eva Braun grandit dans une Allemagne affaiblie par la Grande Guerre. Désireuse de subvenir à ses propres besoins, la jeune femme finit par dénicher un emploi à la boutique de Heinrich Hoffmann, qui n’est autre que le photographe officiel du Parti national-socialiste. Au détour d’une conversation, la voilà qui est présentée au Führer. Les jours passent et Hitler commence à courtiser Eva Braun. Baise-main, dîners, séances de cinéma, opéras, le futur dictateur multiplie les rendez-vous, mais toujours en compagnie d’Herta, l’amie d’Eva Braun, qui leur sert de chaperon. En 1932, alors qu’Hitler se lance dans les élections, Eva devient sa maîtresse.

Un grand merci aux éditions J’ai Lu pour m’avoir proposé de lire le premier tome de cette saga historique sur Eva Braun, écrite par le romancier et historien Jean-Pierre Charland. L’intitulé du premier volet, « Un jour mon prince viendra » prête à sourire, puisqu’il fait référence aux contes de fées. Mais nous savons que l’histoire d’amour qui va nous être racontée n’est pas ordinaire. Il s’agit de celle d’une jeune Allemande et du Führer. D’une fille en apparence saine, et d’un monstre.

Aimant lire et voir de temps en temps des documents et des fictions en rapport avec la Seconde Guerre Mondiale, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la genèse de l’histoire entre Hitler et Eva Braun. On y découvre une jeune femme en manque de confiance, et un homme aux idées bien arrêtées, qui semble bien sous tous rapports. Une part de la vie privée de deux personnages importants de l’Histoire dévoilée au grand jour.

Les cochons dingues

cochons d'inde

Les cochons dingues

Dans la famille d’Enzo et Sarah, on adore les cochons d’inde. A tel point que la cage prend de plus en plus d’ampleur dans l’habitation. Il faut dire qu’ils sont déjà au nombre de cinq et c’est sans compter César, le petit nouveau. Ce dernier est d’ailleurs assez mécontent de son sort, et ne pense qu’à une chose : s’évader ! Mais après avoir pris connaissance des lieux, reçu de bonnes choses à manger et une sacrée dose de câlins, César pourrait bien finalement s’y faire à cette nouvelle vie…

C’est dans un salon du livre que j’ai pris connaissance des « Cochons dingues », car elle est illustrée par Miss Prickly, et cette dernière a dessiné les premiers tomes de la série « Mortelle Adèle », dont je suis fan. Et l’autre jour, je l’ai eue entre les mains. Ma foi, qu’est-ce qu’elle est mignonne ! C’est clairement pour la jeunesse, certes, mais de temps en temps ça fait du bien d’avoir son quota de mignonnerie. L’histoire est drôle, attendrissante et l’on apprend aussi de nombreuses choses sur les cochons d’inde. Laurent Dufreney, le scénariste, donne à la fin de la bande dessinée quelques conseils à ceux qui aimeraient en adopter : cage, hygiène nourriture, tout est passé au peigne fin en quelques illustrations. Il n’est pas impossible qu’à la fin de la lecture vous ayez vous envie d’avoir un rongeur à la maison !

Nos 14 novembre

attentats 13 novembre

Nos 14 novembre

Le vendredi 13 novembre 2015 est une date qui est malheureusement restée dans les mémoires. Ce soir-là, Paris est victime d’une série d’attentats, sur des terrasses, aux abords du Stade de France et au Bataclan, lors du concert d’Eagles of Death Metal. Le nombre de morts s’élève à 137. Parmi eux, Matthieu, un jeune papa, qui pensait rentrer tôt après le concert. Sa femme, Aurélie, est seule avec leur petit garçon, et enceinte. A 21h46, il lui envoie un dernier SMS lui disant « Ça, c’est du rock ». Puis plus rien. La suite, nous la connaissons. Les terroristes entreront dans le Bataclan et feront un massacre. Mathieu ne reviendra jamais de sa soirée.

« Nos 14 novembre » fait référence bien évidemment au lendemain des attentats de Paris. Aurélie en est une victime collatérale. Elle a perdu Mathieu, son époux et raconte à sa façon le drame et la manière dont elle a appris la terrible nouvelle. Aurélie n’est pas en colère, elle est triste. Elle doit faire le deuil, tout en s’apprêtant à vivre une seconde naissance. Elle raconte son combat, la façon dont ses proches s’occupent d’elle, son histoire d’amour qui vient de s’éteindre.

Dans cette lignée, j’avais déjà lu l’ouvrage d’Antoine Leiris, « Vous n’aurez pas ma haine » qui était déjà bien prenant et bien triste, mais j’ai trouvé qu’Aurélie Silvestre avait, malgré elle, mis la barre beaucoup plus haute. Dès les premières pages, l’émotion m’a submergée et j’avais les larmes aux yeux. Cette jeune femme, déjà maman d’un petit garçon, qui attend un autre enfant pour le printemps, voit son mari disparaître dans l’attentat du Bataclan. Quelle atrocité ! L’événement en lui-même est dramatique, mais la façon dont Aurélie raconte les choses, nous prend directement aux tripes. Elle évoque les poèmes que lui écrivait son mari, leur rencontre, mais aussi et surtout leur dernière journée. Elle se la remémore parfaitement bien, comme si elle avait su à l’avance que ces heures passées ensemble seraient les dernières. Ses mots sont bouleversants. Elle évoque ainsi tout ce qui disparaît avec lui. Son odeur, ses habitudes, ses paroles. Amputée de sa moitié, Aurélie raconte son combat, celui de continuer à vivre sans Mathieu.