Un mur entre nous

Un mur entre nous

Lexie et Tom vivent dans un appartement cosy dans un grand immeuble en plein cœur de Londres. Un nid douillet où ils espèrent prochainement accueillir un bébé. De l’autre côté du mur, il y a Harriet qui les épie et les envie. Elle se raccroche aux nombreuses fêtes qu’elle organise pour pimenter son quotidien. Mais au fur et à mesure que les mois passent, Harriet devient réellement jalouse de Lexie. Celle qui pourrait très bien devenir sa meilleure amie va se transformer en sa prochaine victime.

Si vous suivez le blog, vous savez que j’aime beaucoup les thrillers psychologiques, dits aussi domestiques. « Un mur entre nous » m’a été conseillé par une collègue. Caroline Corcoran, l’auteure, nous embarque à Londres dans une histoire de voisinage pas banale. Elle prend bien le temps de poser le contexte et les personnages. Ici, la question du fantasme du voisin est centrale. Les gens de l’immeuble ont beau ne pas se connaître, ils idéalisent la vie des uns et des autres, en scrutant les profils sur les réseaux sociaux et en collant l’oreille au mur. D’un côté, il y a Lexie, en free-lance, qui se laisse gagner par le stress et la paranoïa, de l’autre, Harriet qui semble de ne pas avoir toute sa tête et qui s’avère pourtant bien méthodique dans ses choix. Vous vous doutez sans doute du scénario mais je ne veux pas vous spoiler davantage. Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai dévoré ce livre en l’espace de quelques jours. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Harriet qui travaille au corps ses prochaines cibles et j’avais aussi hâte de connaître le dénouement. L’intensité monte chapitre après chapitre ; on se demande de quoi Harriet va être encore capable, si le couple de Tom va tenir le choc, etc. Et l’on a du mal à décrocher. Les chapitres sont en effet assez courts ce qui incite à poursuivre la lecture. La fin n’est pas très surprenante mais elle a le mérite de nous laisser un petit sourire en coin. « Un mur entre nous » se classera à coup sûr dans le palmarès de mes meilleures lectures en 2020.

Et les vivants autour

Et les vivants autour

Depuis 4 ans, Jeanne est dans le coma. A 29 ans, elle ne donne plus aucun signe de vie et se situe dans un état d’éveil non répondant selon les médecins. Ces derniers préconisent depuis plusieurs mois déjà l’arrêt des soins, mais la famille Mercier ne veut pas l’entendre. Les parents, la sœur et le mari de Jeanne tiennent à ce qu’elle reste en vie. Mais lorsque le professeur Goossens convie tout ce petit monde pour un nouvel entretien, la tension est palpable.

Je m’arrête là pour le résumé, car « Et les vivants autour » se situant entre le roman noir et le thriller, je ne voudrai surtout pas spoiler la suite. Après « Je ne sais pas », je me suis donc attaquée à un nouveau roman de Barbara Abel.

Alors que les apparences nous dévoilent une famille soudée, la réalité s’avère bien différente. Après l’annonce faite par le médecin, les liens se déchirent, y compris entre les parents.

Le fait qu’il y ait assez peu de personnages permet de bien se repérer dans l’histoire, notamment lorsque le passé refait surface. Le suspense quant à lui, est présent durant une bonne partie du livre. Outre la tension qui règne dans le roman, on appréciera les diverses thématiques d’actualité abordées par l’auteure, à savoir l’euthanasie, les convictions religieuses, l’avortement, les violences faites aux femmes. Dur dur de lâcher ce roman tant l’on a envie de connaître la vérité et les conséquences…

Les fleurs de l’ombre

Les fleurs de l’ombre

Clarissa Katsef est une romancière reconnue. Suite à sa séparation brutale d’avec son mari, elle met tout en oeuvre pour trouver au plus vite un nouveau toit. Après un entretien peu ordinaire, la voilà qui intègre la résidence pour artistes CASA, et plus exactement un appartement de rêve. Situé au huitième étage dans un immeuble neuf, celui-ci n’est pourtant pas au goût de Clarissa, qui a l’impression d’être observée en permanence. Mrs Dalloway, son interlocutrice virtuelle et assistante, est parfois très insistante, trop intrusive peut-être. Ce sentiment est-il réel ou s’agit-il de traumatismes passés qui reviennent hanter l’écrivaine ?

Après avoir été déçue par « Sentinelle de la pluie » et entendu que Tatiana de Rosnay revenait à ses premiers amours, à savoir le suspense, c’est avec un grand plaisir que me suis plongée dans « Les fleurs de l’ombre ». Embarquée dans l’histoire dès le départ, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un des autres romans de l’auteure, « Le voisin », qui reste l’un de mes favoris. « Les fleurs de l’ombre » lui ressemblent beaucoup, de par sa dimension psychologique. Dans les deux cas, nous suivons une femme qui se sent épiée et, bien qu’elle semble lucide, nous devons nous demander si les faits s’avèrent bien réels ou s’ils sortent tout droit de son imagination.

L’ouvrage fait également la part belle à la littérature, le personnage principal vouant une véritable admiration à Romain Gary et Virginia Woolf. Enfin, comme dans bon nombre d’ouvrages de Tatiana de Rosnay, les lieux et leur histoire ont une place privilégiée.

Cette uchronie, qui évoque par ailleurs le changement climatique, le Brexit, le manque d’intimité ou encore la nature qui devient totalement artificielle, semble réaliste. Mon seul regret est d’être restée sur ma faim, les dernières pages n’apportant pas toutes les réponses aux lecteurs.

La vie est un roman

La vie est un roman

Brooklyn, avril 2010 : Flora Conway, romancière discrète mais célèbre, s’amuse à une partie de cache-cache, avec Carrie, sa fille de 3 ans. Mais le jeu tourne au drame : alors que les portes et les fenêtres sont fermées, la fillette s’évapore. Les caméras de surveillance de l’immeuble ne montrent rien d’anormal et l’enquête de police fait choux blanc. Seul un écrivain de l’autre côté de l’Atlantique pourrait connaître la vérité. Reste à Flora à le débusquer.

L’an dernier, je n’ai pas lu « La vie secrète des écrivains », car depuis quelque temps, Guillaume Musso donne une dimension très policière à ses histoires et ce n’est absolument pas ma tasse de thé. En voyant le résumé de « La vie est un roman », je me suis dit : « Ça y est, l’auteur revient à ses premiers amours », et hop je me suis lancée. Et quelle claque !  C’est simple : je n’ai jamais lu un ouvrage pareil. Le récit est d’une originalité telle qu’il m’a laissée sans voix et l’on voit qu’il a été très travaillé.
On y fait la connaissance de deux écrivains populaires mais dévastés. L’un par la disparition mystérieuse de sa fille, l’autre par son divorce et le départ imminent de son ex-femme et de son fils pour les Etats-Unis. Un lien insoupçonnable les unit.
Comme à chaque fois, Guillaume Musso s’amuse avec son lecteur, le surprenant là où il ne l’attend pas. Et l’intérêt supplémentaire de « La vie est un roman » réside dans la place consacrée justement au métier d’écrivain. Animé par cette passion, l’auteur n’hésite pas pour chacun de ses chapitres, à mettre en avant des citations en lien avec la profession, et à évoquer dès qu’il le peut la création littéraire dans toute sa splendeur. Encore une fois, celui qui est numéro 1 des ventes en France prouve qu’il a de l’imagination à revendre et qu’il n’a pas fini de nous étonner…

Dans la maison

Dans la maison

On les surnomme les Huit. Eux, ce sont huit lycéens en Arts Appliqués, soudés comme les doigts de la main. Chaque samedi soir, l’heure est à la fête dans une maison de campagne isolée. Pour la prochaine fiesta, il a été décidé d’organiser une soirée frissons. Chaque membre doit effrayer les autres. Si cela fonctionne, ces derniers sont invités à boire une ou plusieurs gorgées d’alcool. Au fur et à mesure que les heures passent, les blagues laissent peu à peu place à l’effroi. Dans la maison, des bruits étranges retentissent, des pierres surgissent de nulle part et les invités disparaissent les uns après les autres.

Autant je n’aime pas regarder de films d’horreur car je sursaute pour un rien, autant un roman horrifique reste plaisant ! « Dans la maison » est un huis-clos saisissant, écrit par Philip Le Roy. Les adolescents ne manquent pas d’idées lorsqu’il s’agit de faire bondir leurs amis et tous ont des idées très farfelues. A chaque disparition ou phénomène étrange, on est en droit de se demander s’il est question à nouveau d’un coup monté ou si les lieux sont véritablement hantés. Car, la maison est en effet située dans un secteur où l’on aurait vu des années auparavant des soucoupes volantes… Difficile de ne pas se plonger dans l’ambiance, tant le scénario est bien ficelé. On regrettera quelque peu le panel d’ados un peu caricatural, mais l’ensemble reste bien construit, d’autant que l’auteur n’hésite pas à rendre l’intrigue plus forte à la fin de chaque chapitre. Un bon roman en somme, à lire le soir, seul(e) juste avant d’aller se coucher pour faire de jolis rêves !