La première fois c’était quand même plus marrant

La première fois c’était quand même plus marrant

Cela fait trois ans que Daisy est en rémission. Alors qu’elle commence à faire des projets sur le long terme avec Jack, son mari, elle apprend qu’elle est atteinte d’un nouveau cancer… en phase terminale. Si la mort reste une perspective effrayante, celle de laisser l’amour de sa vie l’est encore davantage. Daisy se met donc en quête de trouver la femme idéale pour Jack, quitte à oublier le peu de temps qu’il lui reste en sa compagnie.

Il m’a fallu quelques pages tout de même pour me rendre compte que « La première fois c’était quand même plus marrant » n’était pas du tout une suite à « La première fois qu’on m’a embrassée je suis morte ». Cela m’a rassurée sur d’éventuels problèmes de mémoire. Colleen Oakley, l’auteure, fait en réalité un clin d’œil à son premier ouvrage, en indiquant au lecteur que le sujet qui sera traité ici sera beaucoup plus lourd. Et en effet, quoi de plus tragique que la fin d’une vie, que d’apprendre qu’il ne nous reste plus que quelques mois, que les rêves que l’on voulait réaliser vont devoir être abandonnés. Malgré la tristesse, la colère, le désespoir, Colleen Oakley a inséré dans son roman quelques touches d’humour. Authentique, salvateur, le livre nous interroge sur notre rapport à la vie et à la mort. On n’est pas loin de verser sa petite larme.

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Appelez-moi Nathan

Appelez-moi nathan

Lila est une adolescente mal dans sa peau. Si ses parents pensent d’abord à une simple crise liée à son âge, ils vont vite se rendre compte que le problème est bien plus important. Lila se sent garçon. Depuis toujours. Elle aime les filles, mais ne se définit pas comme étant lesbienne. C’est son corps qui la gêne. Aussi, avec le soutien de sa famille et de ses amis, elle entame à 16 ans ses premières transformations pour devenir Nathan, notamment en recevant des injections de testostérone.

Inspiré de faits réels, « Appelez-moi Nathan » est un album qui traite avec une grande sensibilité de la question du transgenre. Écrite et illustrée par Catherine Castro et Quentin Zuttion, la bande dessinée démontre qu’il faut avoir beaucoup de courage pour s’affirmer, et qu’il ne s’agit pas, comme beaucoup pourraient le penser, d’un phénomène de mode. Les auteurs ont réalisé cet ouvrage dans un but pédagogique pour expliquer à ceux qui s’y intéressent ou à ceux qui sont impliqués de près ou de loin ce qu’est la transidentité. L’aquarelle douce et le trait sensible permettent de traiter du sujet avec habileté et de transmettre un message plein d’espoir et de tolérance.

Soif

Soif

« Soif », c’est l’histoire de Jesus, ou plutôt de sa dernière nuit parmi les vivants, à la première personne. Après un procès des plus expéditifs, voilà que le Christ est envoyé dans sa cellule, où il passera sa toute dernière nuit. Mais au lieu de dormir, ce dernier va réfléchir à la vie qu’il a menée, à ceux qui l’ont trahi et à ce qui l’attend le lendemain. Au lever du jour, c’est le début du calvaire. Outre le fait de devoir porter sa croix, Jesus s’apprête à vivre des souffrances inimaginables. Ses amis, sa mère et Marie-Madeleine sont présents pour lui dire au-revoir.

A chaque rentrée littéraire, le nouveau roman d’Amélie Nothomb est attendu comme le Messie. Mauvais jeu de mots diront certains, mais l’auteure a décidé cette année de se mettre dans la peau du Christ.
Je ne suis pas une grande fan de l’écrivaine, j’ai peut-être lu deux, voire trois ouvrages, mais celui-ci m’a interpellée de par son contenu. Se mettre dans la peau de Jesus, pour un écrivain, c’est un exercice risqué. Pourtant, Amélie Nothomb s’en sort très bien, en prenant tout le recul nécessaire. La plupart des réflexions portent sur les émotions et les pensées qui traversent l’homme à quelques heures de sa mort. L’auteure démontre avant tout que Jésus est un être humain comme les autres. Elle n’en oublie pas pour autant d’y mettre une touche d’humour et de faire sourire ainsi le lecteur. Dommage que le sujet ne soit pas creusé davantage.

Bienvenue en Chine

Bienvenue en Chine

Milad vient d’être diplômé en ingénierie informatique et c’est en Chine qu’il décide de se rendre pour démarrer sa carrière. Mais derrière les grandes entreprises se cachent de nombreux protocoles et rituels à adopter. En séjour à Guangzhou, Milad fait face à des situations tantôt incongrues, tantôt hilarantes. Il apprend à ses dépens que lorsqu’il fait un accident de voiture, c’est la police qui doit réaliser le constat ; qu’à table, lors d’un dîner avec des convives, le verre de vin doit tout le temps être rempli ; qu’il faut indiquer son nom en chinois sur ses cartes de visite et si possible, en choisir un dont la consonance est proche du sien avec une signification positive. Bref, bienvenue en Chine !

La BD témoignage de Milad Nouri et Tian-You Zheng, baptisée de manière ironique « Bienvenue en Chine », n’est pas sans rappeler celles de Guy Delisle ou de Jean-Paul Nishi. Impossible de ne pas ressortir de sa lecture sans avoir acquis de nouvelles connaissances. Car, des différences entre nos deux cultures, il y en a ! Notre personnage principal est en effet confronté à plusieurs difficultés tout au long de sa vie professionnelle, et même privée, puisqu’il tombera amoureux, je vous le donne en mille, d’une Chinoise ! Heureusement, Milad est un homme bourré d’humour. La preuve, il partage avec nous de merveilleuses anecdotes.

La supplication

La supplication

« Tchernobyl » : un mot gravé dans tous les esprits, même dans ceux qui n’ont pas connu la catastrophe. L’explosion d’une centrale en ex-URSS, un drame humain, un « nuage qui n’a jamais passé la frontière », des zones contaminées, de nombreux décès suite aux radiations massives… C’était le 26 avril 1986.

Après avoir regardé la série « Chernobyl » avec un grand intérêt (je vous la conseille si vous n’êtes pas trop sensible), j’ai eu envie de découvrir l’ouvrage qui avait inspiré les scénaristes. C’est ainsi que je suis tombée sur « La supplication » de Svetlana Alexievitch, pour lequel l’auteure a reçu de nombreux prix. On lui a d’ailleurs attribué le Prix Nobel de Littérature en 2015 pour son œuvre.

A la différence de la série qui comporte un fil conducteur, l’ouvrage de Svetlana Alexievitch est une succession de témoignages croisés de personnes ayant vécu de près ou de loin la catastrophe de Tchernobyl. Des paroles de scientifiques, d’habitants, de personnes ayant œuvré pour que la catastrophe ne prenne pas encore plus d’ampleur, de veuves, de victimes collatérales. Toutes les voix nous font découvrir un univers terrifiant, aussi sordide que sur le petit écran. C’est une lecture qui nous ouvre les yeux, une lecture qui nous aide à comprendre ce qui s’est véritablement passé, les conséquences de l’accident, la responsabilité du gouvernement. Car à l’époque, il ne s’agit au départ que d’un simple incendie à éteindre. La population ne comprend pas pourquoi elle doit évacuer les lieux et pour cause, le mal est invisible. Il y a ceux qui feront leurs valises pour migrer plus loin et ceux qui resteront coûte que coûte dans la maison où ils ont passé toute leur vie. L’enquête est prenante, malheureusement captivante mais nécessaire. Pourtant, encore aujourd’hui, il semblerait que la catastrophe n’ait pas servi de leçon à tout le monde…