Ze journal de la famille (presque) zéro déchet

Ze journal de la famille (presque) zéro déchet

Chaque Français produirait environ 390 kilos de déchets par an. C’est trop, beaucoup trop. Après cette prise de conscience, Bénédicte Moret et son conjoint Jérémie Pichon ont décidé de se lancer un défi, celui de vivre une année sans (presque) faire de déchets. Après le livre « La famille Zéro déchet », c’est au tour de la bande dessinée de faire son apparition en librairie.

Avec « Ze journal de la famille (presque) zéro déchet », Bénédicte Moret revient sur son quotidien et les péripéties familiales vécues, suite à cette décision de devenir ultra-écolo. Il y a eu des victoires, mais aussi des échecs, quelques critiques et des encouragements des proches, ainsi qu’une bonne dose d’organisation. Le plus dur comme dirait Bénédicte Moret, c’est de s’y mettre et de savoir par où commencer. Aussi, mieux vaut s’informer au préalable, sachant qu’en théorie, il faudrait 21 jours pour parvenir à bousculer ses habitudes. Le mode zéro déchet passe, entre autres, par la fabrication de ses propres produits ménagers, cosmétiques, l’utilisation d’une gourde plutôt que d’une bouteille d’eau en plastique, ou encore le compost, l’achat en vrac, etc.

Outre le fait d’être une sympathique histoire joliment illustrée, la bande dessinée est bourrée de bons conseils pour ceux qui souhaitent réduire leur production de déchets. Un peu d’humour, un zeste de bon sens et une once de savoir-faire et le tour est joué !

La nuit est mon royaume

La nuit est mon royaume

Nawel a 20 ans et vit dans un quartier sensible. Avec Alice, sa meilleure amie, elle a créé un groupe de rock. Les études supérieures les mènent à Paris et en parallèle, les deux jeunes femmes cherchent à se faire connaître. Lors d’un festival dédié aux jeunes talents, Nawel fait la connaissance d’Isak Olsen, un prodige dont elle tombe amoureuse. Avec le temps, la musicienne délaisse ses études et son job alimentaire pour se consacrer pleinement à sa passion. Mais la réalisation d’un premier album et les sacrifices ont un prix.

C’est une bande dessinée sur l’adolescence et les rêves que nous propose Claire Fauvel. On y fait la connaissance de deux adolescents au milieu de vie assez similaire, qui vont devoir pourtant se heurter au décalage culturel et social. Dans une ambiance totalement rock, l’auteure-illustratrice évoque plusieurs thèmes chers à cette tranche d’âge : la différence, le racisme, le harcèlement scolaire, les études, ou encore la jalousie. Entre espoir et désillusions, Claire Fauvel livre une BD plutôt intimiste sur l’histoire d’une génération pleine d’énergie.

L’œil du STO

L’œil du STO

1943, Paris. Justin a 22 ans. Il est amoureux de Renée et souhaiterait l’épouser. Mais la Seconde Guerre mondiale va se mettre en travers de ses plans. Le Reich doit en effet remplacer ses travailleurs mobilisés sur le front en réquisitionnant des étrangers. C’est ainsi que petit à petit le Service de Travail Obligatoire (STO) se met en place. Le gouvernement de Vichy va donc forcer des milliers d’hommes, âgés entre 20 et 22 ans, à partir en Allemagne. C’est le cas de Justin. Bien des années plus tard, ce dernier s’en veut encore d’avoir obéi aux ordres.

« L’œil du STO » est la toute première bande dessinée consacrée à ce sujet. Et pourtant, nombreuses sont les familles à avoir été concernées par cette mesure, et rares sont les commémorations autour de ce drame. A l’époque, le deal est le suivant : pour trois ouvriers volontaires envoyés en Allemagne, un prisonnier paysan est libéré. Dans un premier temps, 250 000 personnes partent de force. Au total, 8 millions d’Européens seront transférés et l’on estimera le nombre de morts entre 25 000 et 35 000. Un chiffre élevé dû aux multiples bombardements, mais aussi aux maladies mal soignées.

Nadar et Julien Frey mettent en lumière ce triste pan de l’histoire à travers une BD très bien documentée. Dans celle-ci, le héros, Justin, est victime du STO. Il est alors embauché comme ouvrier dans une usine de locomotives, où les conditions de vie sont très rudes. Peu ou presque pas d’hygiène, hébergement spartiate, encadrement brutal, pas de quoi être motivé. Alors un jour, le jeune homme décide de s’évader pour retrouver sa promise à Paris. Il vivra dans la clandestinité jusqu’à la fin de la guerre. Au moment de prendre sa retraite, il refusera d’ailleurs la pension qui lui revient pour cette période.

Voilà une bien belle BD, toute en noir et blanc, avec la juste dose d’émotions et qui, contrairement à d’autres fictions, possède une valeur pédagogique.

La maison aux souvenirs

La maison aux souvenirs

La tension est palpable dans le couple d’Eléonore. Aussi, elle décide de prendre l’air en retournant quelques jours dans l’ancienne maison familiale, perdue en pleine campagne, en compagnie de son fils, Théo. Sur place, elle retrouve son frère, qui lui apprend que leur père qu’ils croyaient mort est toujours vivant. Ne voulant y croire, persuadée d’avoir été abandonnée par celui qu’elle aimait, Eléonore fait face aux souvenirs et aux lourds secrets qui pèsent sur sa famille.

Nicolas Delestret nous plonge dans une famille qui semble bien complexe avec « La maison aux souvenirs ». Une mère décédée, une voisine distante, un adolescent rêveur, un père qui a tout quitté du jour au lendemain, les secrets sont nombreux autour d’Eléonore. Et celui qui a la réponse à tout ça pourrait être bien plus proche d’elle qu’il ne le semble. Théo, son fils, n’est pas autiste ou distrait, il a un don, celui de revivre les souvenirs des autres.

La bande dessinée mêle le présent au passé pour nous dévoiler une histoire intime qui peut plaire aussi bien aux adultes qu’aux adolescents. Quête identitaire et liens familiaux en sont les principaux sujets. Le One-shot pourrait aisément se transformer en une série de plusieurs tomes, la fin du récit laissant quelques éléments en suspens. Un huit clos, à mi-chemin entre la comédie et la tragédie qui ravira les amateurs de happy end.

Ma fille, mon enfant

Ma fille, mon enfant

A 17 ans, Chloé est amoureuse pour la première fois. Le hic, c’est que son petit-ami s’appelle Abdelaziz, un prénom qui n’est pas vraiment au goût de sa mère. Car, oui, Catherine est raciste. Contrairement à son mari, elle désapprouve cette relation et n’hésite pas à y mettre son grain de sel. Autour d’elle, tout le monde connait son avis sur la question. Entre la mère et la file, les relations se détériorent, jusqu’à disparaître complètement. Et puis un jour, un événement tragique frappe Abdelaziz. Lorsque Catherine veut soutenir sa fille, il est trop tard, le lien est déjà rompu.

C’est une histoire familiale que nous dévoile David Ratte, à travers « Ma fille, mon enfant ». Une histoire où il est question d’amour, des relations parents/enfants, mais aussi de racisme. Catherine est en effet une femme pleine de haine, bourrée de préjugés, à l’extrême de l’extrême de la droite. En mettant des bâtons dans les roues aux adolescents, la mère n’obtient non seulement pas ce qu’elle veut mais ses relations avec sa fille deviennent quasi-existantes ; au point que même un drame n’y changera plus grand-chose.

Complètement d’actualité, « Ma fille, mon enfant » interroge le lecteur sur la peur de l’autre et la maîtrise de ses émotions. Un album intimiste, qui se dévore d’une traite.