13/11 : reconstitution d’un attentat

bombe

13/11 : reconstitution d’un attentat

Le soir du 13 novembre 2015, la France est plongée dans l’effroi. Une vague d’attentats balaye Paris. Au Stade de France, au Bataclan et aux terrasses de plusieurs cafés, les terroristes sévissent et font plus de 130 morts.

« 13/11 : reconstitution d’un attentat » est une bande dessinée documentaire d’Anne Giudicelli et Luc Brahy qui reconstitue, heure par heure les attentats de Paris. Le récit se base aussi bien sur des éléments d’enquête que des témoignages, ou des informations diffusées en boucle par les médias. Certaines images sont bien malheureusement familières et lorsqu’on voit avec quelle « facilité » les attentats ont eu lieu, on se demande pourquoi cette bande de terroristes n’a pas été arrêtée plus tôt.

Si la bande dessinée toute en noir et blanc reste documentaire, elle n’en fait pas moins froid dans le dos. Les illustrations montrant les victimes dans les cafés et au Bataclan rappellent de tristes souvenirs, et l’on se rend compte que c’est encore bien frais dans notre esprit.  « 13/11 : reconstitution d’un attentat » est au final une BD sombre mais nécessaire pour comprendre comment les attentats ont pu avoir lieu et comment ils se sont déroulés à tous points de vue.

Tombé dans l’oreille d’un sourd

Tombé dans l’oreille d’un sourd

Grégory et Nadège nagent en plein bonheur. Les voilà qui sont parents de jumeaux : un petit Charles et un petit Tristan. Mais la joie est de courte durée lorsqu’ils apprennent le terrible diagnostic : Tristan est sourd profond. Suit alors une vie bien compliquée, rythmée par des examens, des opérations et des problèmes de communication. Chaque jour, Nadège et Grégory doivent se battre pour que leur fils s’épanouisse, pour qu’il aille à l’école, qu’il suive des cours et qu’il vive une enfance comme les autres.

« Tombé dans l’oreille d’un sourd » est un récit autobiographique, Grégory Mahieux étant l’un des deux parents et Audrey Levitre, une collègue-amie de la famille. Dans cette bande dessinée, le père prend son courage à deux mains pour dénoncer un système qui n’est pas du tout adapté aux personnes sourdes et à leur entourage.  Médecins, patrons, instituteurs, peu de personnes sont à l’écoute des problèmes de cette famille qui ne demande qu’à vivre une vie ordinaire et qui souhaite faire bénéficier à Tristan d’une scolarité en bonne et due forme. On ne peut qu’être découragé face aux médecins qui se relancent systématiquement la balle, aux patrons des parents qui ne font strictement aucun effort pour aménager leur emploi du temps et aux instits qui excluent Tristan de la vie scolaire. Heureusement, la petite famille de Nadège et Grégory tient bon, malgré les coups durs et si le parcours est semé d’embûches, la lumière est visible au bout du chemin. Au final, on se rend compte en lisant cette histoire que ceux qui sont sourds ne sont pas forcément ceux qui ne peuvent pas entendre…

La différence invisible

femme au milieu de la foule

La différence invisible

A 27 ans, Marguerite est une jeune femme somme toute ordinaire. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Mais derrière les apparences se cache une personne timide, maniaque, différente. En partant à la découverte d’elle-même, Marguerite se rend compte qu’elle est autiste Asperger. Une révélation qui va changer sa vie littéralement.

« La différence invisible » est signée Mademoiselle Caroline et Julie Danchez. La bande dessinée est autobiographique puisqu’elle raconte le quotidien de Julie Danchez, qui a été diagnostiquée autiste tardivement.

Le récit est très prenant. Le lecteur se rend compte dès les premières pages qu’il y a quelque chose « qui cloche » chez Marguerite. Elle est enfermée dans son cocon, fuit la foule, les collègues, les imprévus et le pire dans tout ça, c’est que même son petit-ami ne la comprend pas. Personne ne décèle les signes pourtant bien présents. Marguerite n’a pas d’autres moyens que de se découvrir par elle-même et là encore, elle fait face à des obstacles, à des médecins qui ne la prennent pas au sérieux. Le jour où le verdict tombe, la jeune femme est soulagée. Soulagée de pouvoir mettre un mot sur ce mal qui la ronge. Soulagée de pouvoir rencontrer d’autres personnes dans le même cas, de partager son expérience. Grâce au diagnostic c’est simple, Marguerite revit.

La BD est touchante, les dessins sont très très chouettes. J’ai adoré les tons, les formes, l’univers. Bref, c’est un coup de cœur ! Cette bande dessinée s’adresse à tous, que vous soyez autistes ou non. Elle permet d’en apprendre plus sur le syndrome d’Asperger, encore bien méconnu par beaucoup.

Lila. Pommes, poires, abricots

Lila

Lila est une petite fille qui va à l’école primaire. En revenant des vacances, l’écolière trouve que son physique a légèrement changé et pour cause, elle commence à avoir de la poitrine ! Toute contente, Lila se met à faire les magasins avec sa maman pour acheter ses premières brassières. Et tant pis si son grand frère se moque d’elle, car Lila fait des envieuses dans la cour de récréation !

« Lila. Pommes, poires, abricots » est une BD toute mignonne qui ne peut que vous faire sourire. Les références aux fruits ne sont pas anodines, vous l’aurez compris, elles suggèrent les différentes formes de poitrine. Séverine de La Croix et Pauline Roland abordent dans cette bande dessinée la puberté, avec pudeur et humour. Cela rappellera sans doute aux filles l’achat du premier soutif, les discussions avec les copines et bien évidemment la gêne vis-à-vis des copains. Entre deux pages de fiction, les auteures abordent aussi la puberté en donnant des explications, en indiquant comment choisir un soutien-gorge par exemple, pourquoi il faut en porter un, etc. « Lila. Pommes, poires, abricots » est mon premier coup de cœur jeunesse pour 2017 !

L’appel

femme devant la tv

L’appel

Alors que Cécile s’apprête à passer une journée comme les autres, la voilà qui découvre que son fils, Benoît, n’est pas dans sa chambre. Sur son bureau, l’adolescent a laissé un message vidéo dans lequel il annonce être parti en Syrie pour faire le Djihad, et promet de l’appeler. La mère célibataire est sous le choc ; elle n’a rien vu venir. Comment son fils en est venu à aller combattre en Syrie ? Quand s’est-il converti, radicalisé ? A défaut de se rendre dans un premier temps au commissariat, Cécile décide de mener l’enquête en interrogeant les amis de son fils et ses connaissances.

Quelle bande dessinée puissante ! « L’appel » fait référence à un sujet hautement d’actualité : celui d’un jeune homme qui part faire le djihad en Syrie. Un garçon qui, à la base n’était même pas croyant, et ne s’intéressait pas du tout à cette guerre.

Laurent Galandon et Dominique Mermoux, les auteurs, offrent aux lecteurs des planches sombres, tant par les tons choisis que par le récit. La bande dessinée est prenante, tout du long. On apprend comment un adolescent qui n’a jamais rien demandé à personne se retrouve dans les mailles du filet du djihadisme. On constate aussi comment l’endoctrinement est facile. Les djihadistes ont une manière de faire qui peut vous glacer le sang. D’un autre côté, on compatit grandement avec cette mère de famille qui ne se doutait absolument pas que son fils s’était radicalisé, et qui décide de remonter le temps pour trouver les failles. Ne passez pas à côté de ce petit bijou du 9e art qui résume assez bien la propagande djihadiste.