Bon chien !

Bon chien !

Ils sont joueurs, affectueux, réputés fidèles et pour être les meilleurs amis de l’homme ; « ils », ce sont les chiens ! D’accord, ils font parfois des catastrophes sans le vouloir et ne comprennent pas toujours les ordres, mais les maitres peuvent eux aussi en tenir une couche.

Avec « Bon chien ! », le lecteur fait la connaissance de Nestor, un Jack Russel un peu gaffeur, à la mémoire courte et à l’humeur joyeuse. Après « Putain de chat », Lapuss’ nous offre un spin-off en compagnie de Baba et Tartuff. Dans ce petit album, on rit, on compatit et on se prend d’affection pour les personnages. Nestor aimerait mesurer quelques centimètres de plus, déguster une glace à la viande et éviter de porter les mêmes vêtements que sa maîtresse. Mais celle-ci en a décidé autrement. Certains diront que cette BD a du chien (pour faire un joli jeu de mot) ; moi je me contenterai de vous dire : lisez-la, rigolez un bon coup et offrez-la à tout propriétaire d’un poilu à 4 pattes !

A volonté – Tu t’es vue quand tu manges ?

A volonté – Tu t’es vue quand tu manges ?

La grossophobie, voilà le sujet de la bande dessinée écrite et illustrée par Mathou et Mademoiselle Caroline, intitulée « A volonté – tu t’es vue quand tu manges ? »

A travers cet ouvrage, les deux auteures évoquent le poids, grosse source d’angoisse au quotidien, aussi bien dans la vie intime qu’en société. Car, si cela fait longtemps que les mannequins longilignes se pavanent sur les podiums, ce n’est pas pour autant qu’on en a terminé avec les stigmatisations liées au poids. Grandes tailles absentes des rayons de magasin, sport inadapté « aux gros », infrastructures « faites pour les minces » (dans les transports en commun par exemple), Mademoiselle Caroline et Mathou épinglent les petites phrases qui tuent et tout ce qui cloche. Si l’une tente de s’accepter, la seconde essaie de mincir. Elles n’hésitent pas à partager leurs diverses expériences : déjeuner au restaurant, régimes, shopping, tout y est passe.

Gabrielle Deydier, auteure de l’ouvrage « On ne nait pas grosse » a signé la préface de cette BD très d’actualité. Une BD qui permettra à certains lecteurs peut-être de se sentir moins seul(s), à d’autres de comprendre ce mal-être sociétal. Avec une belle palette de couleurs et beaucoup d’humour, Mathou et Mademoiselle Caroline ferment le clapet à tous ceux dont les remarques sont exacerbantes. Peut-être arriveront-ils à tourner sept fois la langue dans leur bouche…

 

Radium Girls

Radium Girls

New Jersey, 1918. Edna est ouvrière à l’United State Radium Corporation, une usine qui fournit l’armée en montres. Son job consiste à peindre des cadrans lumineux à l’aide de la peinture Undark, une substance luminescente, à la fois chère et précieuse. Malgré une charge de travail assez volumineuse, Edna peut être contente d’œuvrer dans une bonne ambiance. Elle s’est même faite des amies en les personnes de Mollie, Albina, Quinta et Katherine, qu’elles voient en dehors du boulot. Entre elles, elles se surnomment les « Ghost Girls », à cause du radium. Il suffit d’avoir un peu de peinture sur soi pour se retrouver ébloui à la nuit tombée. Ce qu’elles ignorent, c’est que la substance qu’elles manipulent tout au long de la journée, est mortelle.

« Radium Girls », c’est une histoire vraie, racontée et illustrée en un seul volume par Cy. C’est aussi le surnom qu’a donné la presse aux filles de l’United State Radium Corporation. Nombreuses sont les ouvrières qui ont commencé à souffrir d’anémie, de fractures, de nécrose de la mâchoire et de tumeurs après leur embauche. Plusieurs ont assigné l’employeur en justice et quelques-unes sont malheureusement décédées au cours de la procédure judiciaire.

Pour réaliser cette bande dessinée, Cy s’est longuement documentée sur le sujet. Ce fait historique est en effet peu connu. Il a pourtant permis de faire avancer les droits des ouvriers aux Etats-Unis. C’est suite à un article paru sur Internet que l’illustratrice a décidé, avec le soutien de Guy Delisle, d’imaginer cette bande dessinée. Un joli travail qui permet de mettre en lumière une lutte féminine historique. Mention spéciale à la couverture fluorescente qui donne dès le départ une ambiance particulière à l’album.

C’est quoi un terroriste ?

C’est quoi, un terroriste ?

Il y a quelques années, j’avais vu la bande dessinée « C’est quoi un terroriste ? – Le procès Merah et nous » de Doan Bui et Leslie Plée en librairie, mais je me disais que ce serait sûrement trop anecdotique pour aller dans mon fonds BD à la Médiathèque.

Il y a quelques jours, je suis tombée sur ce même ouvrage, en secteur jeunesse dans les sciences sociales et je l’ai empruntée. Et je l’ai apprécié. Beaucoup.

A l’époque des faits, Doan Bui est journaliste à l’Obs. Elle est chargée de couvrir le procès Merah, ce qui inclut aussi bien les plaidoiries que les réquisitoires et moins de place pour la vie privée. Au-delà du journal du procès, la jeune femme évoque aussi ses propres émotions, que ce soit face aux survivants ou à la classe judiciaire.

L’auteure et l’illustratrice ne parlent pas seulement de l’affaire Merah. Elles s’expriment également sur le métier de journaliste, sur les derniers attentats et les terroristes. Avec beaucoup de pédagogie, Leslie Plée et Doan Bui tentent de faire connaitre les affaires terroristes les plus récentes. Elles apportent par ailleurs des éléments informatifs sur le radicalisme en prison et les techniques de certains avocats, parfois pas très reluisantes.

Cette bande dessinée peut servir pour expliquer certaines choses aux enfants, que ce soit à table en famille, ou à l’école. Si elle est en dense, elle est aussi très instructive. J’ai aimé passer du temps à la lire. Qui plus est, le coup de crayon de Leslie Plée est vraiment joli, agréable. Il a l’avantage de rendre le récit assez fluide.

L’ogre des Ardennes

L’ogre des Ardennes

Michel Fourniret est connu depuis de nombreuses années pour avoir enlevé, violé et tué plusieurs femmes. C’est en juin 2003 qu’il est arrêté dans les Ardennes alors que des soupçons de séquestration d’une jeune fille pèsent sur lui. Après plusieurs enquêtes et aveux du prévenu, sept meurtres seront finalement mis sur son compte. Des crimes qu’il n’a pas toujours commis seul, et qui incluent notamment son ex-femme : Monique Olivier.

Affublé du pseudonyme « L’ogre des Ardennes », Michel Fourniret n’en a toujours pas fini avec la justice à l’heure actuelle. A travers cette bande dessinée, Jean-David Morvan, Arnaud Locquet, Damien Geffroy et Facundo Percio retracent le parcours de l’un des serial killers les plus célèbres de France. De ses premiers crimes, à l’origine de sa relation avec Monique Olivier, en passant par son mode opératoire, la bande dessinée révèle bien des choses sur le personnage. Stéphane Bourgoin a été le conseiller historique de cet ouvrage qui s’inscrit dans une série baptisée : « Stéphane Bourgoin présente les serial killers ». Si l’écrivain s’avère expert en la matière, ses propos sont tout de même à prendre avec des pincettes. En effet, lors d’un entretien accordé au Parisien et à une enquête de Paris Match datés de cette année, l’homme avoue avoir menti sur son passé, notamment sur sa compagne qui s’est révélée inexistante, ou le fait d’avoir été déjà expert devant un tribunal.

On appréciera tout de même le récit parfaitement documenté, bien que choquant qui pourra amener le lecteur, s’il est intéressé, à approfondir ses connaissances sur ce criminel monstrueux.