BL Métamorphose

BL métamorphose

Yuki est une grand-mère japonaise au quotidien très routinier. Mais un jour, pour fuir la chaleur, la vieille dame pénètre dans une librairie et craque pour un manga, alors qu’elle n’en a plus lu depuis sa jeunesse. En rentrant à la maison, Yuki se rend compte qu’elle a acquis un genre bien particulier, un boy’s love, c’est-à-dire une romance gay. Malgré les préjugés, elle se lance dans sa lecture et tombe littéralement sous le charme du récit, n’ayant plus qu’une envie : lire la suite ! Et c’est l’apprentie-libraire Urara qui va devenir sa conseillère attitrée. Par-delà les générations, les deux personnages vont se lier d’amitié.

Si vous me connaissez un tout petit peu, vous saurez que les mangas et moi ça fait deux. Je dois en lire un tous les quatre ans ; ce n’est vraiment pas un genre auquel j’accroche. Et pourtant, lors de mon dernier passage en librairie, je me suis mise à zyeuter ce rayonnage et je suis tombée sur le tome 1 de « BL Métamorphose » de Kaori Tsurutani. C’est le coup de crayon très délicat et les tons plutôt pastels qui ont attiré mon regard. Et puis, en lisant le résumé, j’ai trouvé l’idée du récit plutôt originale et j’ai décidé de me lancer ! Point de regret à l’horizon, j’ai apprécié ma lecture ! L’amitié naissante entre les deux femmes est très touchante, tout comme la personnalité de chacune. D’un côté, il y a une senior, menant des ateliers de calligraphie, bien dans sa peau mais terriblement seule ; de l’autre, une jeune fille timide qui rêve de partager sa passion pour les mangas. A elles deux, elles forment un sublime duo, drôle et authentique. Je reste persuadée que ce seront davantage les femmes qui se pencheront sur ce manga, mais « BL Métamorphose » est une bien belle histoire. En espérant que cela ne devienne pas une série aux 30 volumes !

Publicités

Mimosa

Mimosa

C’est l’histoire de Mimosa. Enfin, ce n’est pas vraiment une histoire, c’est plutôt son quotidien. Le quotidien d’une fillette pleine de répartie et qui, comme tout enfant qui se respecte, se pose des questions existentielles. Elle a un vieux chat, qui se prénomme Jean-Louis, un papa rockeur, peut-être un peu trop porté sur la bouteille, et une maman qui s’attèle constamment au bon ordre du foyer. Mimosa est fan de bonnets et de sport s’il reste pratiqué ponctuellement. Quant aux garçons, la petite fille n’est pas prête pour ce genre de choses. Ce sujet, elle s’attardera dessus quand elle sera au lycée, pas avant.

Cette gamine drôle et espiègle, sortie de l’imagination de Catmalou et Edith, n’est pas sans rappeler un certain Pico Bogue, un petit garçon chevelu qui n’a pas la langue dans sa poche. Le dessin quant à lui, est irrésistible. Mimosa est craquante, encore plus dans sa pochette BD. Une bande dessinée sous forme de strips, un peu à l’ancienne, dans laquelle la petite fille s’interroge sur la vie : est-ce que les maîtresses pètent ? Est-ce qu’il ne faut pas manger la neige parce qu’elle est périmée ? Quel était le style de Coco Chanel ? Des questions pertinentes, des réponses originales et des réflexions qui prêtent à sourire, n’attendez-plus et faites la connaissance de ce brin de fille au fort caractère !

Il fallait que je vous le dise

Il fallait que je vous le dise

C’est une histoire vraie. Celle d’Aude Mermilliod, dessinatrice, qui décide un jour d’avorter. Avec sincérité et sans aucun filtre, elle fait part de son vécu au lecteur, abordant les étapes les plus douloureuses, tout comme celle de la remise en cause. Admiratrice de Martin Winckler, qui est un défenseur des droits des femmes, Aude s’en va à sa rencontre. Ensemble, ils abordent le sujet tabou que reste l’IVG.

Bien qu’il soit autorisé en France, l’avortement fait partie des thématiques qui divisent les Français. Quant à celles qui le vivent, il n’en reste pas moins un événement traumatisant, douloureux et angoissant. Dans la bande dessinée « Il fallait que je vous le dise », Aude Mermilliod, l’auteure, évoque son parcours, l’angoisse, la souffrance physique, mais aussi la solitude.  Martin Winckler de son côté, est un médecin qui s’est spécialisé dans l’avortement. Ensemble, ils témoignent, évoquent leurs expériences et rompent le silence.

J’ai bien aimé la manière dont cette bande dessinée a été réalisée. J’ai apprécié les dessins, les témoignages, les histoires croisées, et surtout le récit de Martin Winckler. J’ai déjà eu l’occasion de lire un de ses livres, « Le chœur des femmes« , qui m’avait beaucoup plu. L’ouvrage m’a permis de découvrir une partie de sa profession, et plus particulièrement le moment où celui-ci a décidé de se spécialiser dans l’avortement. Aidé par d’autres collègues, le médecin a appris à travailler sur l’écoute et le confort des patientes, deux points forts à ne surtout pas négliger lorsqu’il s’agit d’IVG. L’illustratrice fait d’ailleurs référence à « La vacation », un autre roman de Martin Winckler axé là-dessus justement, et que je vais m’empresser de lire.

Les quatre sœurs March

Les quatre soeurs March

« Les quatre filles du Docteur March » font partie de la littérature classique américaine, au même titre que « Les raisins de la colère » de John Steinbeck ou « Moby Dick » d’Herman Melville. Comme bon nombre de ces ouvrages intemporels, le livre signé Louisa May Alcott, paru pour la première fois en 1869, a droit à son lot d’adaptations et de réécritures. Aux éditions Jungle, Rey Terciero et Bre Indigo ont publié dernièrement « Les quatre sœurs March », un roman graphique revisité.

La bande dessinée remet au goût du jour une vieille histoire en la transposant au XXIe siècle. Meg, Jo, Beth et Amy sont quatre jeunes new-yorkaises dont le père est parti en intervention militaire au Moyen Orient. Leur mère, infirmière, accumule les heures supplémentaires pour subvenir aux besoins de la famille. Mails, journaux intimes, illustrations, la BD mélange les styles pour devenir un ouvrage 2.0. Il est question de famille bien sûr, mais aussi d’amour et d’identité. L’originalité réside par ailleurs dans la mise en avant du droit des femmes et de la cause LGBT. Un roman graphique somme toute réussi qui ne pourra que parler aux adolescentes d’aujourd’hui.

 

Les tableaux de l’ombre

Les tableaux de l’ombre

Au Musée du Louvre, les petits tableaux qui ne connaissent pas le même succès que « La Joconde » ou « Le radeau de la Méduse » sont révoltés. Ne supportant plus d’être ignorés par les visiteurs, les voilà qui quittent leurs cadres respectifs pour participer à des soirées privées avec les plus grands. Mais n’entre pas qui veut dans ces réceptions dédiées aux chefs-d’œuvre. Heureusement, Jean Dytar, un illustrateur qui passe par là, décide de leur donner la parole à travers une bande dessinée. Du jour au lendemain, voici les tableaux méconnus sous le feu des projecteurs.

La célébrité a ses avantages comme ses inconvénients, c’est ce que démontre en tout cas la bande dessinée « Les tableaux de l’ombre » écrite et illustrée par Jean Dytar. Un ouvrage tous publics, axée sur une série de toiles portant sur les cinq sens. C’est grâce aux yeux d’un petit garçon perdu dans les couloirs du Louvre que les tableaux vont voir leur vie bouleverser. Une bien jolie BD sur l’art et l’allégorie, empreinte d’humour et de sensibilité, qui nous fait voir les tableaux sous un nouvel œil.