NeuN

NeuN

Allemagne, 1940 : Pour assurer la pérennité du Troisième Reich et garantir une descendance à Hitler, treize enfants sont secrètement conçus avec l’ADN de ce dernier. NeuN est, comme son nom l’indique, le neuvième d’entre eux. Mais le projet est subitement abandonné et les élus deviennent alors des proies. Pour survivre, NeuN ne peut désormais compter que sur Théo, un soldat allemand qui devient son tuteur.

Les éditions Pika m’ont proposé de découvrir les deux premiers tomes de la nouvelle série « NeuN » imaginée par Tsutomu Takahashi. Ayant un profond intérêt pour tout ce qui touche à la Seconde Guerre mondiale, je me suis lancée avec plaisir dans la lecture de cette uchronie.

Les enfants d’Hitler, qui sont nommés par leur numéro de naissance, sont confiés à des familles d’accueil pour ne pas éveiller les soupçons. Mais la décision de les éliminer bouleverse la donne et Théo, le garde SS en charge de la surveillance de NeuN, va tout faire pour mettre celui-ci à l’abri. Ce manga très sombre, qui n’est pas sans rappeler le Lebensborn, nous plonge dans une ambiance des plus étouffantes. Les nombreuses scènes de combat démontrent que Tsutomu Takahashi a le sens du rythme et maîtrise son sujet. Pourvu que cette revisite de l’histoire tienne le coup sur la longueur…

Sacrées sorcières

Sacrées sorcières

Vous ne croyez pas aux sorcières ? Vous allez peut-être changer d’avis en lisant le roman graphique de Pénélope Bagieu, adapté du roman de Roald Dahl, « Sacrées sorcières »… Car, contrairement à ce que vous pouvez penser, les sorcières se fondent dans la masse. Elles portent des perruques pour cacher leur calvitie et des gants pour dissimuler leurs doigts crochus. Elles passent par ailleurs leur temps à établir des plans toujours plus démoniaques pour s’emparer des enfants contre lesquels elles nourrissent une haine profonde. Mais le petit Bruno et sa Mamie vont leur donner du fil à retordre.

Ayant entendu beaucoup de bien de la bande dessinée « Sacrées sorcières » et appréciant le travail de Pénélope Bagieu, je me suis donc naturellement penchée sur cet ouvrage. Ce fut une agréable surprise qui m’a permise dans un second temps de découvrir l’une des œuvres de Roald Dahl, après avoir lu Matilda. Ne connaissant pas le roman original, je ne peux pas établir de comparatif, donc je me contenterai de ce que j’ai lu. Mélange d’horreur et de comédie, « Sacrées sorcières » est un petit bijou à mettre entre les mains de tous. Bien que dense, la bande dessinée séduit par ses tons colorés et ses personnages tous plus expressifs et excentriques les uns que les autres. Voilà une bande dessinée que je noterai parmi les incontournables de 2020.

Les bons gros bâtards de la littérature

Les bons gros bâtards de la littérature

Vous les connaissez, vous avez peut-être lu certaines de leurs œuvres, je veux parler de Baudelaire, Victor Hugo, Flaubert, Sartre… Sachez qu’ils font partie des « bons gros bâtards de la littérature ». Oui, vous avez très bien lu, des bâtards. Ce titre, on le doit à Aurélien Fernandez et PoPésie qui ont intitulé ainsi leur bande dessinée. Car si ces écrivains sont connus de tous, ils ne sont pas parfaits pour autant. Pis, ils ont des vices cachés. Il y en a qui sont accusés de plagiat, comme Michel Houellebecq qui aurait recopié plusieurs lignes sur Wikipédia ; certains ont des passions qui peuvent laisser à désirer comme la corrida ou la chasse ; d’autres font usage de la drogue comme Rimbaud qui était un grand consommateur d’opium.

En amour, des grands auteurs étaient connus pour être de véritables tombeurs comme Victor Hugo par exemple. Quelques-uns ont même pratiqué l’amour en famille. C’est le cas de Colette qui a été l’amante du fils de son mari, fils qui était alors âgé de 17 ans alors que l’écrivaine en avait 47. Ceux qui n’ont pas eu de relations amoureuses épanouissantes en ont profité pour se mettre à l’écriture de livres coquins. Aussi le lecteur apprendra que La Fontaine n’est pas que l’auteur de fables avec des animaux…

A toutes ces petites anecdotes plus croustillantes les unes que les autres, on trouvera également des citations d’auteurs sur d’autres auteurs qu’ils ne peuvent encadrer, les vraies fins de certaines histoires (non, la petite sirène n’aura pas ses jambes et n’épousera pas Eric), ainsi qu’une dictée pas fastoche, celle de Prosper Mérimée, si vous souhaitez vous adonner à un exercice orthographique.

Avec beaucoup d’humour, Aurélien Fernandez et Popésie nous apprennent des savoirs inutiles sur de grands noms de la littérature. Une bande dessinée divertissante à souhait !

La saveur du printemps

La saveur du printemps

Alors que sa sœur vient tout juste de se marier, Ari désespère de pouvoir quitter un jour la maison familiale. Heureusement, il a un projet : emménager dans un appartement situé dans une grande ville avec ses amis pour se consacrer à sa passion : son groupe musique. Mais avant de pouvoir réaliser son rêve, Ari a une dernière tâche à effectuer : trouver quelqu’un pour aider son père à la boulangerie, qui connait quelques difficultés. Après plusieurs entretiens d’embauche, il fait la connaissance d’Hector, qui semble être le candidat idéal… et qui ne laisse pas Ari insensible.

« La saveur du printemps » est une bande dessinée écrite et illustrée par Kevin Panetta et Savanna Ganucheau, qui nous embarque dans l’envers du décor de la boulangerie Kyrkos & Fils, où les petits pains au levain font la fierté de la famille, et dont on peut retrouver la recette à la fin de l’ouvrage. Le charme du récit réside dans le personnage naïf et impulsif qu’est Ari, la passion que voue Hector à la confection du pain et des viennoiseries, et à leur relation. Une relation qui prend certes du temps à évoluer mais qui n’est pas sans conséquence pour la vie des deux héros. Construction de soi, identité, désir, ces thèmes chers aux adolescents devraient forcément les toucher au cours de cette belle tendre lecture. Une BD à écouter d’ailleurs en musique, grâce à la playlist ajoutée par les auteurs à l’intérieur.

Mon cancer couillon

Mon cancer couillon

A 35 ans, Kazu, assistant de mangaka qui se rêve auteur, apprend qu’il a un cancer du testicule. Hospitalisé en soins de longue durée, il fréquente sur place des personnes beaucoup plus âgées que lui. Le jeune homme subit une opération appelée « orchidectomie », qui consiste à l’ablation du testicule. Malgré des traitements douloureux et une évolution plutôt dramatique, Kazu se relève pour mieux faire part de son expérience.

« Mon cancer couillon » est un one shot signé Kazuyoshi Takeda, qui a été publié au Japon en 2013. Dans ce premier ouvrage, le mangaka se livre sur son cancer du testicule et sur les rencontres qui ont ponctué sa lutte et sa convalescence. Grâce à des chapitres assez courts, l’auteur nous embarque dans un quotidien assez morne, bien que guindé d’espoir.  L’ensemble des personnages est touchant, chacun a son histoire, ses épreuves à surmonter. Mais Kazuyoshi Takeda lève aussi le voile sur un cancer qui touche les hommes jeunes (15-35 ans).

Dans une postface très bien documentée, l’auteur décrit la maladie et les effets secondaires de la chimiothérapie. Il met également en avant deux associations que sont CerHOm et la Movember Foundation, qui œuvrent pour la vulgarisation de cette maladie et les problèmes de santé auxquels sont confrontés les hommes. Ce joli témoignage permet au lecteur de découvrir un cancer méconnu, qui toucherait pourtant chaque année en France 2300 personnes. Un grand merci aux éditions Pika pour ce récit tout en finesse.