Les Croques

Les croques

Céline et Colin sont jumeaux et font partie d’une famille un peu spéciale puisque celle-ci possède une entreprise de pompes funèbres. Les parents sont donc plébiscités au quotidien pour des enterrements et pour l’entretien du cimetière. A l’école, les deux enfants sont surnommés « les Croques » et font régulièrement l’objet de moqueries et de harcèlement. Et ce qui devait arriver arriva : une bagarre est déclenchée ! Céline et Colin sont renvoyés du collège deux jours et chargés de nettoyer le cimetière. Dans les allées, ils découvrent une drôle d’inscription sur une pierre tombale, qui vont les lancer dans une enquête hors-normes.

« Les Croques » c’est une bande dessinée en trois tomes écrite et illustrée par Léa Mazé, à l’ambiance un peu particulière. Avec des parents croque-morts, nos deux héros ne passent que très rarement des moments en famille et on peut comprendre qu’ils soient montrés du doigt à l’école. Bien que le thème soit à la base plutôt glauque, le graphisme lui, est assez dynamique et les couleurs, vives. J’ai bien aimé cette histoire qui prend une tournure assez mystérieuse à la fin du premier volume. Je ne sais pas si les enfants seront aussi conquis que moi à la lecture, peut-être davantage des ados ?! Quoi qu’il en soit, j’ai pris plaisir à être embarquée dans ce récit et j’ai hâte découvrir la suite !

On se reposera plus tard

On se reposera plus tard

Certains disent qu’une fois passée un certain âge, il serait raisonnable de rejoindre une maison de retraite ? Sous prétexte que l’on n’aurait plus tout sa tête, que cela deviendrait dangereux de vivre seul… Mais quid des personnes ayant encore toute leur autonomie et leur joie de vivre ? Et de celles qui sont introverties ? Timides ? Pour les personnes seules dans ce cas de figures, il existe une alternative : les « MARPA ». Derrière cet acronyme, se cachent les Maisons d’Accueil et de Résidence pour les Personnes Âgées.  Si beaucoup s’inscrivent en effet dans les EHPAD, les MARPA, elles, sont conçues pour des personnes d’un certain âge encore autonomes. Implantées un peu partout en France, elles offrent des lieux de résidence collectifs non médicalisés. Et c’est tout l’objet de la bande dessinée « On se reposera plus tard », écrite et illustrée par Claire Le Meil et Brigitte Luciani. Le duo a passé beaucoup de temps dans ces structures, notamment à celle de Monteaux, afin de restituer le quotidien des encadrants comme des résidents le plus clairement possible.

Mêlant fiction et éléments documentaires, la bande dessinée fait découvrir aux lecteurs un endroit à part, bien loin des préjugés. Ici, il est question d’accompagner les personnes âgées sans remettre en cause leur autonomie. On découvre ainsi des studios tout confort, des activités régulières, diverses et variées pour casser la routine, tisser du lien social et susciter de nouvelles passions. Avec une palette de couleurs limitée, les auteures-illustratrices dépeignent un univers douillet, sécurisant, qui symbolise tout sauf la fin de vie.

Le mangeur d’espoir

Le mangeur d’espoir

Sur la butte de Montmartre, il se passe des choses étranges. Des esprits maléfiques semblent s’être emparés des lieux. A 16 ans, Rachel est tout sauf une ado insouciante. Elle vient de perdre son papa, décédé d’un cancer, et sa mère est tombée en dépression. Lorsque le Docteur Adrian Stern sonne à son domicile pour lui faire savoir qu’une entité démoniaque a envahi l’esprit de sa maman, Rachel ne veut pas y croire. Et pourtant, elle va devoir revoir son point de vue si elle veut la sauver.

Ce n’était pas du tout prévu que je lise cette bande dessinée, mais ma collègue voulait avoir mon avis dessus. Je ne suis vraiment pas branchée fantastique, donc allais-je être objective ? Finalement, « Le mangeur d’espoir » fut une très bonne surprise. J’ai trouvé le récit original, le dessin agréable. Je vous avoue n’avoir pas saisi les premières pages de la BD, que j’ai trouvées assez abstraites, mais passées celle-ci, le récit est saisissant. Karim Friha s’adresse ici plutôt aux adolescents qu’aux enfants, à qui la bande dessinée pourrait faire peur. Si l’album semble être un one-shot à la vue du titre, il n’est pas impossible qu’il finisse par se transformer en série. En effet, tous les éléments sont réunis pour pouvoir prolonger l’histoire. Affaire à suivre…

Maison ronde

Maison ronde

Au printemps 2019, Charlie Zanello, auteur et illustrateur de BD, se rend à la Maison de la Radio pour réaliser un reportage immersif. Véritable monument architectural, la structure accueille pas moins de sept stations de radio (France Info, France Inter, France Bleu, Mouv’, France Musique, FIP et France Culture), un auditorium, un restaurant et un bar. Haut-lieu du journalisme, elle emploie près de 4500 personnes, parmi lesquels on retrouve des techniciens, des animateurs et des documentalistes. Le dessinateur se balade au gré des étages et des services pour raconter son fonctionnement et l’envers du décor.

Ayant toujours été intéressée par l’univers du journalisme et m’étant moi-même mise à la radio depuis quelques mois, c’est avec beaucoup de curiosité que je suis partie à la découverte de la bande dessinée « Maison Ronde ». Et c’est une petite ville qui se cache avenue du Président-Kennedy. Avec humour et dérision, Charlie Zanello nous fait rencontrer les stars de la maison de la radio, ceux qui œuvrent en coulisses, tous les endroits auxquels nous n’avons pas accès et même ceux qui sont en train d’être rénovés. Nous devenons témoins de la venue d’un ministre à la radio, des conférences de rédaction, des sondages Médiamétrie, de la création d’une fiction sur les ondes et des aléas du direct. L’illustrateur se permet par ailleurs quelques expéditions en dehors des murs, notamment pour l’enregistrement d’un jeu culte et le suivi du Tour de France. Une véritable encyclopédie sur Radio France ; un gros coup de cœur pour ma part.

Le monde au balcon

 

Le monde au balcon

Sophie Lambda est auteure et illustratrice de bandes dessinées. Comme des millions de Français, elle a subi le confinement dans un petit appartement doté d’un balcon. Avant la pandémie, la jeune femme s’était fixée un objectif : réaliser un carnet sur l’ensemble de l’année, en illustrant son quotidien avec légèreté. C’était plutôt bien parti. Et puis le carnet s’est transformé en journal de bord inédit ; témoignant du confinement.

Si elle partage ses dessins sur Instagram, Sophie Lambda remplit rapidement son journal. Elle évoque avec humour et autodérision la vie pendant le confinement. Télétravail en pyjama, apéro sur Skype, soutien aux soignants, animaux se baladant dans les métropoles, sorties autorisées, amour à distance, l’illustratrice croque ses journées à coup de photos, de tweets, de collages, de notes et dessins.

J’ai connu le travail de Sophie Lambda grâce à sa première BD parue en 2019, « Tant pis pour l’amour » dans laquelle elle raconte la relation qu’elle a eue avec un manipulateur. A l’époque, je suis tombée sous le charme de ses dessins. Ce coup de cœur s’est confirmé avec « Le monde au balcon ». J’ai adoré tenir ce carnet entre les mains, découvrir les illustrations, la mise en page. C’est un travail de longue haleine fantastique, très agréable à regarder, qui pourrait facilement devenir un objet de collection. « Le monde au balcon » fait partie de ces ouvrages que l’on veut pour soi, que l’on souhaite mettre en avant dans sa bibliothèque. Alors certes, on peut en avoir marre d’entendre parler depuis 9 mois du Covid, mais je vous assure que cette bande dessinée vaut vraiment le détour.