Putain de chat

chat

Putain de chat

Stéphane Lapuss’ a décrété qu’il était temps d’arrêter de se voiler la face et d’affronter la réalité en ce qui concerne les chats, à savoir que ces bêtes sont cruelles. Pour les chats, nous ne sommes pas des humains, mais des moins-que-rien ; nous sommes leurs esclaves, nous sommes sales, incultes et ternes.  Les chats sont fourbes. Ils savent nous manipuler, jouer avec nos sentiments et méfiez-vous s’ils se montrent soudainement câlins ; cela cache forcément quelque chose…

« Putain de chat » a fait énormément de bruit ces derniers mois. Réalisée à partir des dessins que Lapuss’ diffuse sur son site, la bande dessinée a déjà conquis des milliers de personnes, propriétaires ou non d’un félin. Le succès est tel que l’illustrateur a déjà commercialisé un second volume tout aussi poilant que le premier.
Alors je n’ai pas de chat, certes, mais cela ne m’a pas empêchée de kiffer cette petite BD. Adorant l’humour noir, je me suis régalée avec les gags de Lapuss’. Moustique, le chat, est tout simplement ignoble avec son maître. Il est parfois vulgaire, plutôt gourmand, et n’a pas une profonde affection pour les hommes, hormis lorsque le repas doit être servi. L’ouvrage est vite croqué et il ne fait aucun doute qu’après l’avoir refermé, on ne regardera plus jamais les chats de la même manière !

Les deux vies de Baudouin

deux hommes sur une passerelle

Les deux vies de Baudouin

A 30 ans, Baudouin est un juriste bien solitaire, dont le quotidien se résume à « métro-boulot-dodo ». Au travail, l’ambiance est mauvaise, mais Baudouin s’investit énormément pour que les clients soient satisfaits. Et puis un jour, il remarque une grosseur sous le bras et commence à s’inquiéter. Son frère, Luc, lui conseille de se rendre chez un ami-spécialiste. Le médecin, persuadé qu’il s’agit d’abord d’un kyste, annonce finalement la mauvaise nouvelle à Baudouin : ce dernier est atteint d’une tumeur maligne. En clair : il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Luc, qui est un voyageur dans l’âme et qui profite de la vie à 100%, décide d’embarquer son frère en Afrique et de l’aider à réaliser ses rêves avant qu’il ne soit trop tard.

Fabien Toulmé m’avait déjà charmée avec sa bande dessinée « Ce n’est pas toi que j’attendais ». En voyant qu’il avait sorti une nouvelle BD, je me suis donc précipitée dessus. Rien qu’en lisant le résumé, c’est simple, je savais que ça allait me plaire ! Le livre a une certaine épaisseur certes, mais l’histoire peut se lire facilement d’un seul trait. Le lecteur a affaire à deux frères que tout oppose, qui n’ont absolument pas le même train de vie, ni la même vision des choses. Mais si le destin leur permet de se rapprocher, il va aussi donner une chance à Baudouin de vivre la vie qu’il avait imaginée étant plus jeune. C’est un merveilleux récit que je vous conseille vivement, qui vous fera peut-être voir la vie autrement, qui permet de mieux peser ses choix au quotidien et qui aide à moins se prendre la tête pour les choses qui n’en valent pas la peine.

Irena

Irena

1940 : L’Allemagne a envahi la Pologne. A Varsovie, les nazis ont délogé les juifs pour les parquer dans un ghetto. Ceux qui tentent de s’en échapper seront fusillés. Seuls les membres du département d’aide sociale sont autorisés à y rentrer. Parmi eux, il y a Irena, qui vient tous les jours apporter un peu de nourriture et de soutien aux plus démunis. Elle est un peu leur héroïne, car elle sait tenir tête aux gardiens. Et puis un jour sur son lit de mort, une jeune mère veut lui confier la vie de son fils. En compagnie de son acolyte, Irena se met en tête de sortir clandestinement des enfants du ghetto, quitte à y perdre la vie.

Le tome 1 intitulé « Le ghetto » issu de la série « Irena » est tiré d’une histoire vraie, et s’avère une véritable claque ! Irena Sendlerowa fait partie des héros de la seconde Guerre Mondiale et est décédée en 2008. Résistante et militante, elle a sauvé au total plus de 2500 enfants. Celle que l’on surnomme la « mère des enfants de l’Holocauste » a risqué sa peau et celle de ses collègues pour venir en aide à ces juifs désœuvrés. On oscille entre la bande dessinée jeunesse, à cause du trait notamment, et adulte, de par ce qui est raconté.

C’est au détour d’un article que Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël et David Evrard ont décidé de retracer sa vie en bande dessinée. Personnellement, je n’avais moi non plus jamais entendu de cette dame et l’histoire m’a donné envie de m’intéresser de plus près à ce personnage. Les critiques sur Internet concernant la BD sont pour la plupart élogieuses, et il va s’en dire que je lirai les tomes suivants avec un grand enthousiasme.

Ecumes

bateau femme

Ecumes

« Écumes », c’est l’histoire de deux femmes qui s’aiment. Leur souhait ? Avoir un enfant. Les jours passent, puis les mois, et le bébé se fait désirer. Puis la nouvelle finit par tomber : la vie s’est nichée au creux du ventre. Le ventre s’arrondit, la joie est partout. La femme consigne chaque jour dans un carnet l’histoire qui se crée. Et puis c’est le drame, le sang, les nuits d’hôpital. Le rêve s’écroule et la mécanique du deuil se met en marche.

Je connaissais déjà Carole Maurel grâce à sa BD « L’apocalypse selon Magda » que j’avais beaucoup aimée. Je découvre ici sa binômette, Ingrid Chabbert, et avec elle, un récit bien émouvant. L’histoire est douloureuse, prend aux tripes. L’enfant qui était tant voulu s’évapore du jour au lendemain et le couple est mis à mal. L’amour se mêle à la tristesse et à la douleur. Heureusement, l’écriture aide un petit peu à guérir et à prendre un nouveau départ.

« Écumes » est une bande dessinée intime, tout en sobriété, qui nous dévoile une histoire touchante face à laquelle on ne peut rester de marbre.

La France sur le pouce

autostoppeur

La France sur le pouce

Journaliste, Olivier décide du jour au lendemain de plaquer son quotidien et tout ce qui va avec pour faire un tour de France, en auto-stop. C’est donc le pouce tendu que l’ancien sédentaire va parcourir les métropoles comme les routes de campagne. Parmi les divers conducteurs qui le prennent en charge, Olivier rencontre tous types de personnes allant des mecs louches, aux femmes désireuses de se confier, en passant par des seniors en manque d’interaction. Et lorsque le road-movie s’achève, l’auto-stoppeur s’avère peu enclin à reprendre sa vie d’avant.

A travers « La France sur le pouce »,  Phicil et Olivier Courtois dressent un portrait inédit de la France et des Français. De la Lorraine à Marseille en passant par la Bretagne ou Bordeaux, les auteurs-illustrateurs nous font voir le pays sous un œil nouveau avec des décors aussi riches que variés. Ce qui est sympa dans cette BD road-trip, c’est qu’Olivier, le personnage, ne se contente pas de relayer ses rencontres dans les grandes villes. Il évoque également les villages, ses mésaventures sur les petites routes, notamment lorsque la météo est mauvaise. Si l’on pourrait croire que de nos jours, il est galère de faire de l’auto-stop, en raison de l’insécurité qui règne, Olivier semble être quelque peu épargné. En somme, « La France sur le pouce » est un chouette roman graphique qui plaira au plus grand nombre.