A la vie !

A la vie !

Xavier est infirmier en soins palliatifs. Un service loin d’être drôle, puisque c’est dans ce dernier que se retrouvent les patients en fin de vie. Le lecteur suit le quotidien du jeune homme aux allures de viking, raconté avec douceur, pudeur et pas mal d’humour. Tour à tour, il dresse le portrait de ses patients les plus marquants. Il y a Roger, avec lequel il chante à tue-tête les tubes de Queen, Mathilde qui lui apprend le suédois, Nanie, sa mamie d’adoption, ou encore Edmond qui lui fait découvrir la dame blanche à la vodka.

Préfacée par Charline, l’auteure de « Bonjour, c’est l’infirmière ! », « A la vie ! » est mon premier coup de cœur bullesque de l’année. J’ai trouvé ce roman graphique bourré d’humanité, tantôt drôle, tantôt émouvant. On a la larme à l’œil devant cet infirmier qui met de la gaieté dans les ultimes journées de ses patients. Toujours avec bienveillance, il essaie tant bien que mal de rendre le séjour hospitalier plus agréable. Et puis le dessin est juste fabuleux ; les portraits sont à croquer !

C’est à travers ses strips sur Instagram que « l’Homme étoilé » a su conquérir le public et se faire remarquer par la maison d’édition Calmann Levy. Le « Marshmallow coincé dans une armoire à glace » comme on l’a déjà surnommé, compte aujourd’hui plus de 110 000 abonnés. Je lui souhaite longue vie et espère bien pouvoir le rencontrer un jour vu qu’il est dans la région…

Ma retraite

Ma retraite

Mai 1945 : L’Allemagne vient de perdre la guerre. Dans l’Histoire, Hitler se suicide dans son bunker, en compagnie, entre autres, d’Eva Braun, qu’il vient d’épouser. Mais dans la bande dessinée « Ma retraite » d’Abraham Martinez, le cours des choses est différent. Hitler met en scène son suicide à l’aide d’un Allemand qui se porte volontaire pour mourir à sa place. Le Führer change d’apparence et s’enfuit. Poursuivi par des espions alliés, il se rend aux Baléares, puis en Argentine. Caché de tous, il découvre avec stupéfaction le destin de l’Allemagne et la montée en puissance du bloc soviétique.

« Ma retraite » m’a notamment fait penser au livre « La part de l’autre » d’Eric-Emmanuel Schmitt, dans lequel l’auteur nous propose deux récits : celui que tout le monde connait, avec la montée du nazisme et l’arrivée d’Hitler au pouvoir, et ce qui aurait pu se passer si Hitler avait été accepté à l’école des Beaux Arts.

Dans la BD, Hitler ne se suicide pas, mais peu de gens le savent. Tout est savamment orchestré. Une fois arrivé à l’autre bout du monde, l’ancien chef de l’Allemagne, découvre le procès de Nuremberg, les essais nucléaires des Etats-Unis, et espère toujours pouvoir revenir sur le devant de la scène. Sans le savoir, sa sœur Paula est inquiétée et les services secrets commencent peu à peu à remonter sa piste…Agrémentée de citations d’Adolf Hitler, « Ma retraite » est un ouvrage passionnant. Les dessins montrent un univers plutôt sombre, avec un personnage affaibli, tant physiquement que psychologiquement. Une nouvelle BD à ne pas manquer si vous aimez tout ce qui est relatif à la Seconde Guerre Mondiale !

Lettres d’amour de 0 à 10

Lettres d’amour de 0 à 10

Ernest n’a plus de parents. Sa maman est morte et son père l’a abandonné. Il vit avec sa grand-mère, Précieuse, et son aide-ménagère. A 10 ans, sa vie semble déjà bien routinière et bien solitaire, entre l’école, les devoirs et le dîner. Jusqu’au jour où Victoire, une jolie petite rousse, débarque dans sa classe, pleine d’entrain. Si Ernest lui reste d’abord insensible, il va vite se rendre compte qu’une tornade vient de débouler dans sa vie.

Quelle bande dessinée jeunesse délicieuse ! « Lettres d’amour de 0 à 10 » est adaptée du roman éponyme de Susie Morgenstern (que je n’ai pas lu), auteure qui a participé à l’élaboration de cet ouvrage, en compagnie de Thomas Baas.

J’ai flashé dessus lors de mon escapade au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil. Charmée par le dessin, je l’ai été aussi par l’histoire. Ernest est un garçon très timide, qui n’imagine pas l’impact que Victoire va avoir sur lui. Victoire, qui a 13 frères et qui s’imagine déjà mariée et mère de famille aux bras d’Ernest. Un récit très touchant, très tendre, qui respire le bonheur !

Tant pis pour l’amour – ou comment j’ai survécu à un manipulateur

Tant pis pour l’amour – ou comment j’ai survécu à un manipulateur

Le jour où Sophie rencontre Marcus, c’est le coup de foudre. Elle qui n’y croyait plus tombe sous le charme de ce jeune homme qui semble fait pour elle. Mais au bout de quelque mois, l’histoire d’amour se révèle chaotique et Marcus devient de plus en plus étrange. Jalouserie, mensonges, le petit-ami devient violent, d’abord verbalement, puis physiquement. A chaque fois, c’est la faute de Sophie. Le mal fait, Marcus s’excuse, promet que ça ne se reproduira plus. Sauf que Sophie aime un manipulateur narcissique et qu’elle se retrouve dès lors dans une spirale infernale.

Avant de lire le résumé, c’est la couverture de « Tant pis pour l’amour – ou comment j’ai survécu à un manipulateur » qui m’a fait fondre. J’adore le dessin, les reflets qui donnent l’impression qu’il n’y a pas seulement les personnages sous la pluie, mais toute la bande dessinée. Sophie Lambda, dont je ne connaissais absolument pas le travail au préalable, m’a beaucoup impressionnée. Tout d’abord, de par son témoignage, car l’histoire qui est contée dans cet ouvrage est vraie ; c’est la sienne. Ensuite, parce que la BD regorge d’informations psychologiques et actuelles sur la perversion, la manipulation et la violence faite aux femmes. Enfin, parce que le récit est tout bonnement prenant. L’ouvrage a beau être volumineux (300 pages pour être précise), il n’en reste pas moins agréable à lire et à regarder. J’ai fondu pour Chocolat, l’ours en peluche qui accompagne partout l’héroïne qui s’avère, elle aussi, très attachante. Outre le fait d’être divertissante, peut-être que cette bande dessinée ouvrira les yeux à certaines lecteurs. Dans tous les cas, que l’on soit concerné ou non, c’est une histoire qui mérite d’être lue. Quant à l’auteure, c’est un véritable talent à découvrir !

Ma grossesse, tout le monde s’en mêle !

Ma grossesse, tout le monde s’en mêle !

Que l’on soit célibataire ou en couple, c’est incroyable le nombre de personnes qui décident du jour au lendemain de se mêler de notre vie privée ! C’est le cas de Louise et Clément, qui en ont fait les frais, en annonçant à la famille et aux amis qu’ils attendaient un bébé.

Du test de grossesse à l’accouchement, de la réaction des parents aux inquiétudes, des questions qui se posent sur la future éducation de son enfant, aux envies soudaines, tout est passé au crible au fil des mois.

Écrite, illustrée et colorisée par Sandra Camilleri, Loudia Gentil et Lili l’archi, « Ma grossesse, tout le monde s’en mêle ! » parlera sans aucun doute à bon nombre de couples. Humoristique et féministe, la bande dessinée fait la part belle aux clichés et aux tabous qui peuvent entourer la maternité. Et c’est sans compter la multitude de conseils auxquels le couple a droit, et aux expériences de chacun, dont   on se passerait bien. Qui a franchement envie, au bout de 7 mois de grossesse d’entendre ses amies raconter leur accouchement qui s’est mal passé ? Ou de voir sa belle-mère recourir à la chirurgie esthétique car elle a envie de rajeunir ? Pas grand-monde. Alors, lisez cette bande dessinée, riez, prenez du recul et n’écoutez que votre cœur ; ce sera déjà bien assez.