Le plus beau jour

quatre personnes

Le plus beau jour

Quelques heures seulement après la naissance de leur fils, Pierre annonce à sa femme Nathalie qu’il a convié son meilleur ami à la maternité. Une décision qui déplaît fortement à la nouvelle maman qui aurait largement préféré se reposer, d’autant plus que ledit Michel vient accompagnée de sa nouvelle copine, Sophie.  Dans la chambre comme dans les couloirs de l’hôpital, l’ambiance va rapidement dégénérer pour bouleverser à tout jamais la vie de ces deux couples.

Cela faisait quelque temps que je n’avais plus lu de pièces de théâtre et celle de David Foenkinos baptisée « Le plus beau jour » était sur ma wishlist. Je dois vous dire que j’ai passé un agréable moment et que j’aurais bien aimé voir cette pièce en chair et en os lorsqu’elle a été jouée l’an dernier à Paris.  Les personnages sont à la fois tordants et attachants. On s’amuse de la situation qui ne dépasse quasiment pas le seuil de l’hôpital, et on savoure les disputes, les confidences et les règlements de compte. Le « must » reste tout de même le bouquet final ; les personnages n’ont plus du tout la même vie qu’au début de la pièce, ce qui ferait presque penser à du théâtre burlesque !

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Si on recommençait

Si on recommençait

Alexandre, la quarantaine, revient dans la maison qui a bercé son enfance. Mais, étrange phénomène, il replonge dans le passé, à un moment précis qui bouleversa sa vie. Il revoit sa tendre grand-mère, ses petites amies de l’époque et lui-même, en beaucoup plus jeune. Aujourd’hui, il a peut-être la possibilité de changer le destin. Fera-t-il les mêmes choix ? Et s’il pouvait tout recommencer ?

« Si on recommençait » est la première pièce de théâtre que je lis d’Eric-Emmanuel Schmitt. De l’auteur, j’avais déjà pu lire « La part de l’autre » et l’on m’avait dit beaucoup de bien des pièces de l’écrivain, alors j’ai voulu essayer. Nous sommes en plein dans le théâtre contemporain, un peu dans le loufoque, puisque la scène qui se déroule dans « Si on recommençait » est complètement improbable. Tout comme le personnage principal, on peut se demander s’il serait bon de changer le passé, de l’améliorer, en sachant bien que chaque décision aura des conséquences. « Si on recommençait » est une pièce qui se lit facilement et qui donne envie d’en lire d’autres de l’auteur, même si certains metteurs en scène trouvent que les pièces de Schmitt ne sont pas du « bon théâtre », dans la mesure où la mise en scène reste limitée.

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Le petit chaperon rouge

Le petit chaperon rouge

Vous la connaissez tous l’histoire du Petit Chaperon Rouge, cette petite fille emmitouflée dans son manteau rouge, traversant la forêt pour rendre visite à sa grand-mère et lui apporter de bonnes choses à manger. Seulement voilà, sur son chemin, elle croise le Grand Méchant Loup. Naïve, l’enfant va lui indiquer le chemin pour se rendre jusqu’à la maison de sa grand-mère…Il n’en fera qu’une bouchée. Tout comme elle. Une fin tragique qui ne laisse généralement pas le jeune public insensible.

L’auteur de pièces contemporaines Joël Pommerat a déjà revisité quelques contes. Outre Le Petit Chaperon Rouge, il a aussi réécrit Pinocchio, ainsi que Cendrillon. Si la trame est plus ou moins respectée, l’histoire s’avère quelques fois farfelue et les personnages bien à l’opposé de ceux que l’on a l’habitude de connaître. Avis donc à ceux qui aiment les contes, je suis sure que Joël Pommerat saura vous séduire. Son style d’écriture bien à part (des phrases répétitives notamment pour appuyer le côté absurde ou l’intensité de l’action) et l’incrédulité de toute sa palette de personnage font de ses œuvres des pièces de théâtre originales que les plus grands apprécieront.

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Entrez et fermez la porte

petite annonce entourée dans un journal

Entrez et fermez la porte

Sur scène, onze jeunes filles âgées entre 16 et 20 ans viennent passer un casting pour jouer le personnage principal dans un long-métrage. Face à elles, un réalisateur invisible, qui a tous les pouvoirs, et qui n’hésite pas à les harceler de questions personnelles. L’épreuve est physique, mais aussi psychologique. Bien que les filles soient jolies, l’homme reste odieux. D’elles, il veut tout savoir : leur enfance, leur vie amoureuse et familiale, tout, dans les moindres détails, quitte à les mettre mal à l’aise.

Avec « Entrez et fermez la porte », Marie Billedoux nous propose une pièce de théâtre très actuelle. A l’heure où la télé-réalité bat son plein, où le physique prime sur l’intellect, cette histoire de casting est plus que parlante. Souvent drôles, parfois crus, les propos tenus par les divers protagonistes sont amusants, même si on ne sait pas toujours où le cinéaste veut en venir. Les lecteurs les plus prudes pourront  peut-être être choqués par certaines répliques portés sur le sexe  ou un peu trop crues. Mais que cela vous rassure : cette pièce de théâtre de Marie Billetdoux n’a rien de superficielle, bien au contraire. En creusant un peu on se rend compte que « Entrez et fermez la porte », est une histoire qui va bien au-delà du simple casting, et la fille recherchée n’est pas toujours celle que l’on croit.

Cendrillon

une petite fille avec un cadeau entre les mains

Cendrillon

C’est l’histoire de Cendrillon, enfin pas celle de Disney, non, celle mise en scène par un des grands auteurs français de pièces de théâtre contemporaines : Joël Pommerat. Cendrillon voit sa mère mourir et pourtant elle ne comprend pas ce qui se passe. Elle se répète inlassablement cette dernière parole prononcée par sa maman : « Tant que tu penseras à moi tout le temps, sans jamais m’oublier plus de cinq minutes, je ne mourrai pas tout à fait ». Alors Cendrillon y pense très fort, toujours. Son père se remarie. Cendrillon déménage dans une immense maison. Naïve et encore empreinte de tristesse, la jeune fille doit faire face à la méprise de sa belle-mère et de ses deux nouvelles sœurs. Cendrillon vit alors recluse dans une chambre sans fenêtre, qui ressemble surtout à une cave, dans laquelle elle ne parvient à s’endormir qu’en la présence de la robe de sa mère. Et puis vient le jour où est organisé un bal en l’honneur du prince. Les filles de la famille se précipitent sur place. Cendrillon s’y rend quant à elle, par ses propres moyens, et tombe par inadvertance sur le beau jeune homme. Les deux jeunes gens s’entendent à merveille mais Cendrillon disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Le prince va alors tout mettre en oeuvre pour la retrouver…

Après avoir lu (et joué) « Pinnochio » de Joël Pommerat, j’avais envie de poursuivre mes lectures « théâtro-féériques » (je sais, ce terme n’existe pas) avec l’adaptation de « Cendrillon ». Cette pièce se dévore d’une traite ! C’est drôle, c’est triste, on a aussi bien de l’empathie pour Cendrillon que l’envie de se moquer d’elle. Il faut avouer que contrairement à la version magique de Walt Disney, celle de Joël Pommerat prête davantage à sourire, car oui, il faut l’admettre, Cendrillon est légèrement tarée sur les bords, très très naïve, et parfois même casse-pieds. C’est donc une pièce vraiment plaisante à lire. Le père n’est pas du tout inconsolable, il semble même se remettre assez vite de la mort de sa femme, et même s’il s’entend au départ à merveille avec sa nouvelle épouse, les nuages noirs vont arriver plus rapidement que prévu. Mais ce qui m’a encore plus plu dans cette pièce signée Pommerat, c’est le final. Point de carrosse, de fée, et de souris joyeuses qui tournent autour de la mariée. Point de happy end avec la phrase choc : « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », non. Pour « Cendrillon », Joël Pommerat fait dans l’originalité. Et il a bien raison.