L’affaire Grégory Villemin

L’affaire Grégory Villemin

16 octobre 1984, Lépanges-sur-Vologne dans les Vosges : Grégory Villemin, 4 ans, est retrouvé mort ligoté dans la rivière de la Vologne. Cet assassinat est devenu en l’espace de plus de 30 ans l’une des affaires criminelles les plus marquantes de l’histoire judiciaire. De nouveaux suspects récurrents, des règlements de compte en famille, le suicide du premier juge d’instruction, aujourd’hui encore, on ne sait qui est le véritable coupable.

Denis Robert, journaliste qui a notamment révélé l’affaire Clearstream, a enquêté dès le début de l’affaire, d’abord en tant qu’observateur. Il reprend une trentaine d’années après le drame ses articles, en mêlant ses impressions personnelles au traitement de l’affaire réalisé par les médias.

J’ai connu Denis Robert lors de mon année en licence professionnelle de journalisme comme intervenant et j’ignorais jusqu’alors qu’il avait couvert l’affaire Grégory Villemin.

Pourquoi avoir décidé de me pencher sur cette histoire ? C’est simple, j’ai toujours entendu parler de ce fait divers sans vraiment m’attarder dessus. Je n’étais pas née au moment où le crime a eu lieu et j’avais envie « d’approfondir mes connaissances » (si je peux me permettre), sur le sujet. Car, outre le fait qu’on avait retrouvé un petit Grégory dans une rivière, qu’un oncle avait été tué et qu’une adolescente rouquine se taisait, je ne savais pas grand-chose. Et j’ai découvert une malle à énigmes, un corbeau que l’on n’a toujours pas identifié et une mère désignée comme LA coupable.

L’ouvrage de Denis Robert s’avère prenant et très éclairant, malgré quelques répétitions. On a non seulement droit aux faits dans les moindres détails, mais également à l’atmosphère qui règne sur place, et au traitement médiatique. Certains journalistes n’y vont pas par quatre chemins : bouquet de fleurs et croissants pour faire les yeux doux à la famille et recueillir des témoignages ; mise en scène au bord de la Vologne pour vendre toujours plus d’exemplaires, il y a de quoi s’indigner !

Je vais désormais m’attaquer au documentaire Netflix, espérant découvrir des pans inédits de cette sombre histoire. Merci aux éditions J’ai lu pour cette lecture.

Tu sais pas quoi ?!

Tu sais pas quoi ?!

Avant d’être un livre, « Tu sais pas quoi ?! » est un fil Twitter, suivi par 269 000 abonnés. A l’origine de compte, on retrouve Chris Pavone, auteur et animateur. Dans son ouvrage qui prend la forme d’une encyclopédie illustrée, il dévoile 500 anecdotes inédites couvrant tous les domaines possibles : histoire, animaux, sciences, énigmes, littérature et j’en passe…

Dans la lignée des fameux savoirs inutiles du magazine Néon, le lecteur apprendra donc plein de choses (utiles) ou pas pour étaler sa culture, mener une discussion avec des inconnus et balayer d’un revers de langue les trop longs silences.

Depuis sa publication, Chris Pavone a multiplié les ouvrages. On retrouve ainsi en librairie un tome 2 de « Tu sais pas quoi ?! », mais aussi « Star Wars 350 anecdotes » et « Le Chat-viez-vous ? » qui contient 253 infos cette fois-ci sur les chats.

Sans trop spoiler, je vous délivre ici cinq anecdotes qui vous mettront peut-être l’eau à la bouche…

  • Pour gagner du temps, les bernard-l’ermite, qui doivent changer régulièrement de coquille en grandissant, organisent de petites réunions où ils se rassemblent en file indienne, du plus grand au plus petit, et font passer chacun leur coquille au plus petit qui est derrière eux.
  • Le personnage sur les boîtes de Monopoly est inspiré de John Pierpont Morgan, un banquier américain très riche. C’est lui qui était propriétaire du Titanic lorsqu’il a coulé.
  • En septembre 1914, le soldat britannique Thomas Hughes jette à la mer une bouteille avec une lettre pour sa femme. Deux jours après, il est tué au combat. En mars 1999, un pêcheur trouve la bouteille et remet la lettre à la fille du soldat, émue, qui avait 2 ans à la mort de son père.
  • Le célèbre tableau « La nuit étoilée » de Vincent Van Gogh représenta la vue qu’il avait du ciel depuis sa chambre dans l’asile psychiatrique de Saint-Paul de Mausole, à Saint-Rémy-de-Provence, où il avait été admis. Il mourut deux mois après, le 29 juillet 1890.
  • Claude François est mort en mars 1978, la veille des élections législatives en France. Le lendemain, le journal Libération publie en Une : « Claude François : a volté ».

Rejoignez-nous – #grevepourleclimat

Rejoignez-nous

A 16 ans seulement, Greta Thunberg figure parmi les 25 jeunes les plus influents au monde, selon le Times. Elle s’est fait connaître de par de nombreuses grèves liées au réchauffement climatique, notamment devant le Parlement suédois. C’est donc tout naturellement que la militante vient de publier un court ouvrage baptisé « Rejoignez-nous #grevepourleclimat ». 32 pages dans lesquelles l’adolescente nous interpelle sur l’urgence climatique. On y trouve des passages de ses discours, mais aussi des textes qui avaient été publiés sur les réseaux sociaux. Son cri d’alarme s’adresse à tous. Objectif : réveiller nos gouvernements, mais aussi nos consciences. Chacun peut en effet apporter sa petite pierre à l’édifice. Le problème ? Que tout le monde joue le jeu. Que les Accords de Paris soient respectés. Que l’on réduise nos émissions de carbone.

Le livre est aussi l’occasion pour Greta Thunberg de répondre aux nombreuses rumeurs qui l’incombent : elle n’est ni payée, ni utilisée par des entreprises quelconques pour son activisme. Oui, elle a toujours écrit elle-même ses discours, avec l’aide de scientifiques. Quant au fait d’être atteindre du syndrome d’Asperger, cela ne fait pas d’elle une personne anormale, bien au contraire. Nombreux sont les hommes politiques qui l’attaquent, au lieu de prendre en compte ses mots. Je vous invite à votre tour pour prendre quelques minutes de votre temps et lire ce court récit. C’est important. Pour nous, et les générations à venir.

La supplication

La supplication

« Tchernobyl » : un mot gravé dans tous les esprits, même dans ceux qui n’ont pas connu la catastrophe. L’explosion d’une centrale en ex-URSS, un drame humain, un « nuage qui n’a jamais passé la frontière », des zones contaminées, de nombreux décès suite aux radiations massives… C’était le 26 avril 1986.

Après avoir regardé la série « Chernobyl » avec un grand intérêt (je vous la conseille si vous n’êtes pas trop sensible), j’ai eu envie de découvrir l’ouvrage qui avait inspiré les scénaristes. C’est ainsi que je suis tombée sur « La supplication » de Svetlana Alexievitch, pour lequel l’auteure a reçu de nombreux prix. On lui a d’ailleurs attribué le Prix Nobel de Littérature en 2015 pour son œuvre.

A la différence de la série qui comporte un fil conducteur, l’ouvrage de Svetlana Alexievitch est une succession de témoignages croisés de personnes ayant vécu de près ou de loin la catastrophe de Tchernobyl. Des paroles de scientifiques, d’habitants, de personnes ayant œuvré pour que la catastrophe ne prenne pas encore plus d’ampleur, de veuves, de victimes collatérales. Toutes les voix nous font découvrir un univers terrifiant, aussi sordide que sur le petit écran. C’est une lecture qui nous ouvre les yeux, une lecture qui nous aide à comprendre ce qui s’est véritablement passé, les conséquences de l’accident, la responsabilité du gouvernement. Car à l’époque, il ne s’agit au départ que d’un simple incendie à éteindre. La population ne comprend pas pourquoi elle doit évacuer les lieux et pour cause, le mal est invisible. Il y a ceux qui feront leurs valises pour migrer plus loin et ceux qui resteront coûte que coûte dans la maison où ils ont passé toute leur vie. L’enquête est prenante, malheureusement captivante mais nécessaire. Pourtant, encore aujourd’hui, il semblerait que la catastrophe n’ait pas servi de leçon à tout le monde…

Madeleine Project

Madeleine Project

Clara a 31 ans. Elle est journaliste, et le jour où elle emménage dans son nouvel appartement refait à neuf, elle remarque que la cave n’a pas été vidée. A l’intérieur, des affaires et des valises ayant appartenu à une certaine Madeleine, qui aurait eu 100 ans en 2015. Cette dernière aurait vécu 20 ans à cet endroit, avant de mourir un an avant que la reporter ne s’y installe. Clara se prend à fouiller dans les cartons. Elle y trouve des objets empaquetés, des lettres, des photographies et se plonge dans cette histoire qui n’est pas la sienne. La journaliste mène alors l’enquête tout en la partageant jour après jour sur Twitter. Qui était Madeleine ? Quelle fut sa vie ? Qui a-t-elle aimé ? Qui se souvient d’elle ?

L’ouvrage paru au Livre de Poche recense les quatre « saisons » de tweets et d’enquête de Clara Beaudoux. Plus de 600 pages contenant des post et des photos légendées donnent vie à ce livre 2.0 pas comme les autres. Englouti en quelques soirs, « Madeleine Project » m’a embarquée à travers un reportage pas comme les autres. Clara Beaudoux va loin. Elle retrouve des voisins, des amis à Madeleine, récolte le soutien d’internautes. Certains l’aident même dans ses recherches, en lui transmettant des images. Sous nos yeux, Madeleine reprend vie. On la découvre bonne institutrice, amatrice de vidéos, amoureuse, très appréciée. Une femme pleine de vie, qui aime faire des listes et voyager. Une dame avec qui l’on aimerait bien faire un brin de causette pour combler les pièces manquantes du puzzle. J’ai adoré découvrir l’histoire de Madeleine, suivre Clara dans sa quête de vérité. Pour tout vous dire, il se pourrait bien que je tienne entre mes mains mon coup de cœur 2019. Je vous recommande chaudement ce reportage écrit et qui sait ? Peut-être qu’à votre tour vous vous mettrez à suivre les traces de quelqu’un…