La supplication

La supplication

« Tchernobyl » : un mot gravé dans tous les esprits, même dans ceux qui n’ont pas connu la catastrophe. L’explosion d’une centrale en ex-URSS, un drame humain, un « nuage qui n’a jamais passé la frontière », des zones contaminées, de nombreux décès suite aux radiations massives… C’était le 26 avril 1986.

Après avoir regardé la série « Chernobyl » avec un grand intérêt (je vous la conseille si vous n’êtes pas trop sensible), j’ai eu envie de découvrir l’ouvrage qui avait inspiré les scénaristes. C’est ainsi que je suis tombée sur « La supplication » de Svetlana Alexievitch, pour lequel l’auteure a reçu de nombreux prix. On lui a d’ailleurs attribué le Prix Nobel de Littérature en 2015 pour son œuvre.

A la différence de la série qui comporte un fil conducteur, l’ouvrage de Svetlana Alexievitch est une succession de témoignages croisés de personnes ayant vécu de près ou de loin la catastrophe de Tchernobyl. Des paroles de scientifiques, d’habitants, de personnes ayant œuvré pour que la catastrophe ne prenne pas encore plus d’ampleur, de veuves, de victimes collatérales. Toutes les voix nous font découvrir un univers terrifiant, aussi sordide que sur le petit écran. C’est une lecture qui nous ouvre les yeux, une lecture qui nous aide à comprendre ce qui s’est véritablement passé, les conséquences de l’accident, la responsabilité du gouvernement. Car à l’époque, il ne s’agit au départ que d’un simple incendie à éteindre. La population ne comprend pas pourquoi elle doit évacuer les lieux et pour cause, le mal est invisible. Il y a ceux qui feront leurs valises pour migrer plus loin et ceux qui resteront coûte que coûte dans la maison où ils ont passé toute leur vie. L’enquête est prenante, malheureusement captivante mais nécessaire. Pourtant, encore aujourd’hui, il semblerait que la catastrophe n’ait pas servi de leçon à tout le monde…

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Madeleine Project

Madeleine Project

Clara a 31 ans. Elle est journaliste, et le jour où elle emménage dans son nouvel appartement refait à neuf, elle remarque que la cave n’a pas été vidée. A l’intérieur, des affaires et des valises ayant appartenu à une certaine Madeleine, qui aurait eu 100 ans en 2015. Cette dernière aurait vécu 20 ans à cet endroit, avant de mourir un an avant que la reporter ne s’y installe. Clara se prend à fouiller dans les cartons. Elle y trouve des objets empaquetés, des lettres, des photographies et se plonge dans cette histoire qui n’est pas la sienne. La journaliste mène alors l’enquête tout en la partageant jour après jour sur Twitter. Qui était Madeleine ? Quelle fut sa vie ? Qui a-t-elle aimé ? Qui se souvient d’elle ?

L’ouvrage paru au Livre de Poche recense les quatre « saisons » de tweets et d’enquête de Clara Beaudoux. Plus de 600 pages contenant des post et des photos légendées donnent vie à ce livre 2.0 pas comme les autres. Englouti en quelques soirs, « Madeleine Project » m’a embarquée à travers un reportage pas comme les autres. Clara Beaudoux va loin. Elle retrouve des voisins, des amis à Madeleine, récolte le soutien d’internautes. Certains l’aident même dans ses recherches, en lui transmettant des images. Sous nos yeux, Madeleine reprend vie. On la découvre bonne institutrice, amatrice de vidéos, amoureuse, très appréciée. Une femme pleine de vie, qui aime faire des listes et voyager. Une dame avec qui l’on aimerait bien faire un brin de causette pour combler les pièces manquantes du puzzle. J’ai adoré découvrir l’histoire de Madeleine, suivre Clara dans sa quête de vérité. Pour tout vous dire, il se pourrait bien que je tienne entre mes mains mon coup de cœur 2019. Je vous recommande chaudement ce reportage écrit et qui sait ? Peut-être qu’à votre tour vous vous mettrez à suivre les traces de quelqu’un…

Le livre de l’Ikigai

Le livre de l’Ikigai

L’île d’Okinawa au Japon est surnommée l’île aux centenaires. Sur place, les habitants vivent plus longtemps et souffrent beaucoup moins de maladies chroniques. La cause ? Ils cultivent leur Ikigai, un état qui leur a permis de trouver un sens à la vie et d’être heureux.

Dans cet ouvrage, Bettina Lemke nous apprend à travailler notre Ikigai. On peut traduire ce dernier de la façon suivante : iki par « vivre » et gai par « raison, sens, valeur ». L’Ikigai désigne à la fois le sens de la vie, ce pour quoi la vie mérite d’être vécue, le sentiment qui nous dit que ça vaut la peine qu’on se lève le matin, le bonheur de faire des choses pour le pur bonheur de les faire. Grosso-modo, nous pouvons résumer cela à quatre catégories :

  • Les choses que nous aimons faire ;
  • Nos points forts, nos compétences ;
  • Les choses pour lesquelles nous sommes/pourrions être rémunérées ;
  • Les choses dont le monde a besoin.

L’auteure nous invite à découvrir cet art de vivre, en revenant sur la théorie bien sûr, mais aussi en nous faisant réaliser plusieurs exercices. Plusieurs listes attendent donc le lecteur : ce qui nous passionne, nos rêves d’enfant, nos modèles, nos meilleures décisions, etc. A cela s’ajoutent des exercices de respiration, ainsi qu’une liste de gratitudes que l’on peut adopter quotidiennement ou de façon moins régulière. En clair, déterminer trois choses qui ont fait que notre journée/semaine ait été belle.

Je remercie grandement les éditions J’ai Lu pour m’avoir permis de lire cet ouvrage. J’avoue, je l’ai lu d’une traite, sans faire les exercices mentionnés, histoire de me concentrer sur la théorie. Je laisse ce livre de côté pour m’atteler prochainement aux passages qu’il me faudra remplir. Qui plus est, je suis actuellement des ateliers de développement personnel et le « Le livre de l’Ikigai » rentre complètement dans mon programme !

C’est comment ailleurs ?

C’est comment ailleurs

« C’est comment… les rythmes scolaires en Corée du Sud ? Le tour cycliste du Burkina Faso ? L’obésité au Japon ? » Voilà autant de questions abordées en un seul et même ouvrage : « C’est comment ailleurs ? » Et pour la peine, voici les trois sujets qui m’ont le plus intéressés :

  •   Le suneung en Corée du Sud (l’équivalent du Bac chez nous)
  • Le parc d’attraction de Jésus en Floride (oui, figurez-vous que ça existe !)
  • Les prisons qui ferment aux Pays-Bas
Gérald Roux officie sur France Info, et si vous avez l’habitude d’écouter cette radio, vous avez déjà pu l’entendre nous raconter justement comment cela se passe ailleurs. L’atlas insolite est vraiment bien fichu et propose de nombreux sujets divers et variés. A cela s’ajoutent des petites illustrations qui rendent la lecture encore plus lisibles. Quant au format, j’adhère complètement : en paysage et souple, il s’avère agréable à lire.
Avec « C’est comment ailleurs ? », Gérald Roux nous aide à pousser la réflexion sur notre société actuelle. De par des sujets contemporains qui concernent tout le monde, le journaliste nous propose une interprétation des enjeux ainsi que des comparatifs entre les différents pays. L’ouvrage permet ainsi d’élargir nos horizons et de combattre parfois les préjugés que nous avons envers tel ou tel pays. Une lecture enrichissante que je ne peux que vous conseiller !

Philosopher dans son bain

salle de bains girly

Philosopher dans son bain

Platon, Nieztsche, Spinoza sont de grands philosophes, mais connaissez-vous leurs idées ? Si vous avez fait un Bac généraliste, cela vous dit sûrement quelque chose, car vous les avez étudiées en cours, mais sinon ? Pour découvrir la philosophie au chaud, dans son bain par exemple, Guy Solenn a imaginé un ouvrage quelque peu original, intitulé « Philosopher dans son bain ». Original non pas pour le contenu, mais pour la forme, puisqu’il s’agit d’un livre résistant à l’eau !

Moi qui ai apprécié la philosophie durant mon année de terminale, il m’arrive de lire de temps en temps des magazines ou des ouvrages comme celui-ci pour me remettre dans le bain (blague à deux balles, je sors…) Les plus grandes pensées sont donc évoquées et avec elles, quelques questions pour prolonger la réflexion. Aussi, pour vous donner quelques exemples, vous pourrez lire les adages suivants : « Nul n’est méchant volontairement », « Tout ne dépend pas de nous », ou encore « Le désir est l’essence de l’homme ». Un vaste programme me direz-vous. Le livre, au final, est assez vite lu, et cela est joliment illustré. Dommage qu’il n’y ait pas plus de sujets qui soient traités, c’est mon seul regret !