Le village de la fin du monde

montagne

Le village de la fin du monde

Selon une interprétation du calendrier Maya, la fin du monde est prévue pour le 21 décembre 2012. Et s’il y a des personnes qui se sentent concernées par ce sujet, ce sont bien les habitants de Bugarach, un petit village dans la vallée de l’Aude, qui serait soi-disant le seul à survivre à l’apocalypse.

A l’approche du dernier jour, Bugarach est devenu un lieu où les ufologues s’en donnent à cœur joie. Le maire ne compte plus les courriers délirants en rapport avec les OVNIS ou demandant un hébergement particulier. D’autres pseudo-professionnels ont compris de leur côté qu’il y avait là une véritable manne à exploiter. Projets immobiliers, voyages initiatiques, stages de méditation, on ne compte plus les formations et les séjours réalisables dans le pays cathare.

Journaliste au Figaro et écrivain, Nicolas d’Estiennes d’Orves a mené l’enquête à Bugarach et aux alentours, plusieurs semaines durant, pour tenter de comprendre ce phénomène. L’auteur est allé à la rencontre des habitants, s’est promené près du Mont, a recueilli des interviews aussi étranges que drôles, des témoignages farfelus pour nous livrer un reportage très instructif sur « Le village de la fin du monde ».

En 2012, il me semblait avoir regardé justement un reportage sur Bugarach, et j’avais trouvé cela très intéressant. En voyant ce livre dans une librairie d’occasion, je me suis dit que c’était le moment d’aller plus loin. J’étais en effet curieuse de voir tout ce qu’on pouvait dire ou faire en rapport avec ce village et ses habitants qui n’avaient rien demandé à personne. Et le résultat est assez étonnant, croyez-moi !

Manuel de mise en scène

Manuel de mise en scène

C’est un livre pour les passionnés et les amateurs de théâtre. C’est un ouvrage que l’auteur m’a offert il y a quelques semaines. Je profite d’ailleurs de cette chronique pour remercier Axel Sénéquier chaleureusement. Ceux qui me connaissent en dehors du blog savent que j’adore le théâtre. Je l’ai pratiqué durant 10 ans, en faisant parfois quelques pauses et en espérant m’y remettre prochainement. Cet épisode survolé, parlons donc de ce fameux bouquin, voulez-vous bien !

Il s’agit donc d’un « Manuel de mise en scène », comprenez par là, qu’il s’adresse aux (futurs) metteurs en scène, enfin entre autres… L’auteur y aborde les fondamentaux, à savoir, le métier, mais aussi l’approche d’un texte de théâtre, les comédiens, le lien, le moment, mais aussi tous les aspects juridiques (ex : les droits à reverser à la SACEM). Tout y est très bien détaillé, puisqu’on retrouve tout au long de notre lecture des pictogrammes pour nous indiquer des références historiques, un rappel de loi, un risque, mais aussi pour nous donner des idées, ce qui n’est pas négligeable.
J’ai beaucoup apprécié les références historiques qui ont permis d’enrichir ma culture personnelle. Je me suis moins attardée sur tout ce qui concerne le son et la lumière. Certains sujets abordés par Axel Sénéquier m’ont rappelé des théories vues en cours et des exercices que j’ai pratiqués ; cela m’a même fait sourire parfois.
Je pense que c’est un très bon ouvrage pour les professionnels ou ceux qui souhaitent se lancer dans le théâtre, voire ceux qui travaillent dans des centres de vacances. Personnellement, si cet ouvrage m’a permis d’apprendre des choses, je me serais davantage vue avec un manuel de comédien entre les mains…

Derrière la grille

Derrière la grille

Il y a plus de cinquante ans, Maude Julien naît dans une famille peu ordinaire. Elle se souvient encore aujourd’hui de cette grande maison lugubre, agrémentée d’un parc, dans laquelle son père l’enfermait. Maude n’a jamais eu d’amis, n’a pas eu la chance d’aller à l’école. C’est sa mère qui lui faisait les leçons. Debout à 6h, couchée à 23h, l’enfant doit gérer le lever et l’hygiène de son père, étudier plusieurs heures par jour les mathématiques, la musique, le français. Son père veut faire d’elle une supra-humaine, une fille qui ne montre pas qu’elle a peur, qui sait cacher ses sentiments. Alors Maude apprend à connaître par cœur le parc de nuit, à penser à la mort, assise dans la cave dans l’obscurité la plus totale durant plusieurs heures, à tenir la clôture électrique sans ciller, à ne parler à personne, à nager dans une eau glacée. 

Maude Julien a été interviewée il y a quelques mois dans l’émission « Sept à Huit » sur Tf1. Son témoignage m’avait glacée. Elle a vécu une enfance horrible. Son père était un véritable tyran, qui lui a fait vivre les pires choses pour qu’elle soit ensuite « capable d’affronter le monde ».  Dans son livre, intitulé « Derrière la grille », Maude revient sur son passé. Sur ses seuls amis que sont un chien et un cheval. Sur le manque de tendresse qu’elle a ressenti. Jamais un câlin, ni un baiser. Sur son quotidien hors-norme. Parmi les anecdotes qui m’ont le plus marquée, figure le lever du père. Chaque jour, Maude doit réveiller son paternel à une heure précise. Elle doit s’occuper de son pot de chambre, le tenir pendant qu’il fait ses besoins à l’intérieur. Le lever, l’habiller. A 7 ans, son père lui fait lire tout sauf des contes de fées. Maude baigne ainsi dans l’univers du marquis de Sade et passe le Bac à 16 ans. 
 
Maude Julien finira par se relever, fuir ce quotidien qui la ronge et devenir une thérapeute reconnue. Une belle revanche sur son enfance.

Le monde, les filles, la vie, en 50 infographies

Le monde, les filles, la vie, en 50 infographies

Comment gagner à coup sûr à pierre/papier/ciseaux ? Combien y a-t-il de grains de sable sous votre serviette ? Dans quels pays la bière est-elle moins chère que l’eau ? Autant de questions que nous nous posons et que Merci Alfred a décidé de se poser. Pour obtenir les réponses, il vous suffit de lire « Le monde, les filles, la vie, en 50 infographies ». Car oui, c’est à travers une cinquantaine d’infographies réparties sur 120 pages que vous obtiendrez les réponses à toutes vos questions. 

Avant d’être un auteur de livres, Merci Alfred est surtout un blog très réputé sur la toile. Les lecteurs se comptent par centaines de milliers. On y retrouve des statistiques drôles et variées, parfois très actuelles et qui nous permettent d’en apprendre plus sur le monde qui nous entoure tout en nous amusant.
 
Hormis les statistiques sur les boîtes de nuit parisiennes qui m’ont laissé totalement indifférente (eh oui, je vis en Lorraine, donc ça ne m’intéresse absolument pas), j’ai passé un agréable moment à lire « Le monde, les filles, la vie, en 50 infographies ». J’aurais aimé évidemment en tant que femme avoir davantage de statistiques sur les hommes, mais je me suis bien régalée jusqu’à présent. Des questions ?

Dans la peau d’une djihadiste

Dans la peau d’une djihadiste

Anna Erelle est journaliste, passionnée par son travail et très intéressée par les réseaux de l’Etat islamique sur lesquels elle bosse durement depuis plusieurs mois. Pour réaliser son prochain reportage sur la propagande numérique, Anna se crée un faux compte sur Facebook, sous le pseudo de Mélodie. Dessus, elle se fait « quelques amis » et partage des infos propagandistes sur le djihad, sans pour autant les commenter. En quelques instants, elle fait la connaissance de Bilel, un chef français d’une brigade islamiste. Elle lui dit être convertie à l’islam, réfléchir à l’idée d’aller faire le djihad et se fond dans son personnage. En à peine 48h, Bilel tombe littéralement sous son charme et tient à tout prix à ce qu’elle le rejoigne en Syrie. La demande de mariage et les préparatifs du départ ne sont que la prochaine étape…

Au fil des jours, Mélodie, parle, skype avec son prétendant, jouant le jeu de la confidence. A travers les discussions, elle cherche à en savoir plus sur Bilel, la Syrie, les conditions sur place, le djihad, et vérifie chacune des informations qu’il lui fournit. A terme, Mélodie fait semblant d’entreprendre le voyage avec un photoreporter, se rendant jusqu’à Amsterdam, et allant jusqu’à utiliser plusieurs téléphones sur place pour ne pas se faire démasquer par son pseudo mari.

« Dans la peau d’une djihadiste » est une enquête au coeur des filières de recrutement de l’Etat islamique, menée par Anna Erelle. Suite à ce reportage saisissant, la jeune femme vit encore aujourd’hui sous la menace des représailles. Il faut dire que Bilel était un gros poisson. Et puis « Mélodie » a récolté une grande quantité d’informations, parfois sans grand intérêt, d’autres fois, très précieuses. Au bout de quelques semaines, la jeune femme se sent même victime de schizophrénie, à force d’enfiler la djellaba et de faire semblant d’être une fille de 20 ans, amoureuse d’un soldat du djihad.

Ce documentaire est réellement passionnant et se lit comme un roman. J’ai eu du mal à décrocher du livre, et je l’ai même plutôt dévoré. La journaliste fait preuve d’un savoir-faire et d’un grand courage face à son interlocuteur, allant jusqu’à se mettre en danger à plusieurs reprises. L’ouvrage se révèle également intéressant de par les infos qui nous sont délivrées sur le recrutement qui s’effectue sur les réseaux sociaux, sur des jeunes naïfs qui veulent être des héros et sortir de leur quotidien maussade. Une enquête qui fait peur, qui bouleverse aussi et qui vous prend aux tripes. A lire ! C’est un coup de cœur.