Shooting Star

Shooting Star

Août 1932, Hollywood : Sur Sunset Boulevard, Norma Jeane vit une enfance loin d’être dorée. Sur le grand écran du Chinese Theater, celle que l’on appellera par la suite Marylin Monroe, regarde sa vie défiler. Dès le début, la petite fille qu’elle était voulait être remarquée. Mais on ne peut pas dire qu’elle puisse compter sur sa famille pour mener une vie sereine. Un père dont on ne connait pas l’identité, une mère folle, des placements en orphelinat puis en famille d’accueil,  Marylin connait de nombreux déboires. A l’adolescence, la jeune fille séduit déjà les garçons de par son physique et aime en jouer. Elle se marie tôt, à l’âge de 16 ans, avec Jim Dougherty. Elle abandonne ses études et se met à travailler à l’ignifugation des ailes d’avions et l’inspection des parachutes dans l’usine de son mari. Elle y sera repérée par des photographes militaires qui verront en elle la mannequin de demain.

« Shooting Star » c’est un roman de Fabrice Colin que j’ai repéré sur le stand des éditions Albin Michel, au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse à Montreuil.  Pour être honnête, je ne suis pas spécialement fan de Marylin Monroe, je n’ai même vu aucun film à ce jour mais je dois dire que ce biopic m’intriguait. Car, contre toute attente, l’actrice n’est pas née avec une cuillère d’argent dans la bouche, bien au contraire. Elle a vécu énormément de choses au cours de son enfance, qui auraient très bien pu lui donner envie de sombrer. Mais Marylin a su garder la tête haute et ses rêves en vue. Fabrice Colin m’a emportée dans ce récit et je ne serai pas contre qu’il poursuive le biopic. Un ouvrage enrichissant pour sa culture personnelle et qui mérite largement d’être connu pour nous dévoiler la face cachée de l’un des visages les plus marquants du XXe siècle.

Un ado nommé Rimbaud

Rimbaud

Un ado nommé Rimbaud

Prénom : Arthur. Nom de famille : Rimbaud. En ce début d’été 1870, Arthur Rimbaud est loin d’être sous le feu des projecteurs, bien qu’il brille de par son intelligence en classe. Pour la énième fois, le jeune homme reçoit en effet un prix d’excellence, ce qui pourrait laisser croire que son avenir est déjà tout tracé. Mais il n’en est rien. Arthur étouffe et ne veut pas poursuivre les études. Il ne rêve pas de devenir médecin, mais poète. Il a hâte de quitter sa ville natale de Charleville pour rejoindre la capitale. Encore faut-il y parvenir.

Moitié biographique, moitié romancé, l’ouvrage de Sophie Doudet, « Un ado nommé Rimbaud » raconte une année dans la peau du célèbre poète. Arthur n’est pas encore devenu Rimbaud mais le jeune homme s’imagine déjà au sommet. Durant douze mois, le lecteur suit son épopée, passant des bancs de l’école à la prison puis aux terrasses parisiennes. Alors que la France est en guerre, l’adolescent vit ses derniers instants de l’enfance avant de faire face à la dure réalité de la vie. Un adolescent rebelle, qui sait ce qu’il veut : devenir le plus grand poète du XIXe siècle.  Le très juste récit de Sophie Doudet charmera aussi bien les amateurs de poésie que les lecteurs passionnés. A noter qu’à la fin de ce dernier, l’auteur nous livre des éléments biographiques supplémentaires pour comprendre ce personnage à la fois optimiste et mélancolique.

Le problème Spinoza

Amsterdam

Le problème Spinoza

En 1941, à Amsterdam, Alfred Rosenberg, raciste nazi, est chargé de confisquer et de rassembler les biens culturels des juifs, et plus particulièrement les livres, afin d’alimenter un grand établissement pour Hitler. Intéressé et surtout intrigué depuis toujours par le philosophe Spinoza (d’où le titre de l’ouvrage), il en profite pour faire main basse sur sa bibliothèque. Il faut dire que ce dernier lui a toujours laissé un goût amer dans la bouche. Au collège, il apprend que Goethe, l’un des plus grands écrivains allemands et qui est aussi l’un de ses favoris, considère Spinoza comme étant un génie. Rosenberg se met alors en tête de comprendre les pensées de l’auteur.

En 1650, Baruch Spinoza détient une petite épicerie familiale et se questionne sur la vie, et notamment la religion. S’il est renié par sa famille, il devient pour beaucoup un modèle.

Avec « Le problème Spinoza », Irvin Yalom propose une biographie croisée et romancée de deux grands personnages. L’écrivain a déjà écrit des romans sur bon nombre de penseurs ; ce livre n’est donc guère une surprise.

Qu’en est-il de mon avis sur cet ouvrage ? Eh bien, il reste mitigé. Oui je sais, la ligne éditoriale que je me suis fixée pour le blog et à laquelle je me tiens est de ne parler que de livres qui m’ont plu. Mais « Le problème Spinoza » bien que parfois long et ennuyeux, reste intéressant en soi, même si je dois dire que je ne m’attendais pas à un récit de ce genre. Si les 3/4 de la vie de Spinoza sont inventés de toutes pièces, celle de Rosenberg ne l’est absolument pas. On en apprend ainsi beaucoup sur un homme qui a malheureusement joué un rôle décisif dans l’extermination des juifs, et c’est là tout l’intérêt de l’ouvrage selon moi.

 

Manderley for ever

portrait de daphné du maurier

Manderley for ever

C’est l’histoire d’une femme mais pas n’importe laquelle : Daphné Du Maurier, l’auteure de « Rebecca » et « Les oiseaux », film propulsé par Hitchcock au cinéma. Cette anglaise est à elle toute seule un personnage de roman. Amoureuse des Cornouailles où elle s’installera définitivement, Daphné Du Maurier deviendra très vite un écrivain à succès. Avec plus d’une vingtaine d’ouvrages à son actif, ce joli brin de femme a su s’imposer comme l’un des auteurs les plus emblématiques du XXe siècle.

Tatiana de Rosnay fait partie de mes auteurs favoris. A part deux romans qui m’ont laissée de marbre, j’ai accroché jusqu’à présent à toutes ses histoires. Mais avec « Manderley for ever », il s’agit de tout autre chose. C’est une biographie romancée. Avant ce roman, Daphné Du Maurier, je n’en avais jamais entendu parler, honte à moi. Pour beaucoup, elle fait partie des grands classiques de la littérature. Du coup, je dois dire que je n’étais pas vraiment emballée à l’idée de lire le livre. Personne ne m’a forcée. On m’a convaincue.

« Manderley for ever » se lit comme un roman. Comme « Charlotte » de David Foenkinos. Comme « Oona & Salinger » de Frédéric Beigbeder. Désormais, je peux dire que je connais Daphné Du Maurier, ou du moins son histoire, grâce à Tatiana de Rosnay. Cette femme est connue pour avoir écrit des romans noirs, parfois plébiscités par la critique, de temps en temps démontés ou passés inaperçus. En tout cas, à la fin de ma lecture, j’avais envie de lire un de ses livres.

L’histoire est belle. Une jeune femme de 19 ans qui devient un grand écrivain, qui s’amourache de certaines femmes mais qui épouse finalement un militaire. Une jeune femme qui se crée un double qu’elle prénomme Eric Avon. Une jeune femme qui tombe amoureuse des Cornouailles, et du manoir de Menabilly. Une jeune femme pas prête à être mère, mais qui rêve d’avoir un garçon. Bien qu’elle ait été sous le feu des projecteurs, Daphné Du Maurier a su conserver son intimité à bien des égards. « Manderley for ever » est intéressant, instructif même. Les 400 et quelques pages se lisent aisément, même si j’y ai trouvé des répétitions lassantes du point de vue bibliographique. L’écrivaine a en effet réalisé plus d’une vingtaine de romans. Tous ou presque sont décrits dans « Manderley for ever ». Ce roman s’adresse donc aux curieux, aux fans de Daphné du Maurier qui apprendront sans doute des choses, même s’ils ont déjà lu d’autres biographies, et à ceux de Tatiana de Rosnay, bien évidemment, qui montre là toute sa fascination pour le personnage.

Oona & Salinger

femme heureuse

Oona & Salinger

A New York, en 1940, un écrivain du nom de Jerry Salinger se lance dans le monde du travail et cherche à faire connaître ses écrits. Un soir, il fait la rencontre d’Oona, la fille du grand dramaturge, Eugène O’Neill. Elle a 15 ans, lui, 21 et Jerry tombe éperdument amoureux. Leur relation ne démarre que l’été suivant, alors que la 2nde Guerre Mondiale fait rage. En 1942, Salinger est appelé au front pour combattre en Europe. Epris d’Oona, il demande à cette dernière de l’attendre. Mais la jeune femme qui rêve avant tout de devenir actrice ne semble pas être de cet avis, et s’en va à Hollywood. Au final, Salinger deviendra un grand auteur en revenant de la Guerre, tandis qu’Oona épousera l’un des acteurs-réalisateurs les plus connus du cinéma américain : Charlie Chaplin.

Frédéric Beigbeder fait partie de mes auteurs favoris. J’ai presque lu tous ses romans (pour être exacte, il ne m’en manque plus qu’un qui est dans ma PAL heureusement). Alors lorsque j’ai appris que pour la rentrée littéraire de 2014 Frédéric Beigbeder faisait son come-back, j’ai commencé à m’intéresser à son nouveau roman. Sur le coup, le résumé m’a laissée perplexe. Je ne connais pas Oona, et en ce qui concerne Salinger, j’ai bien essayé de lire « L’attrape-cœur » mais je ne suis pas allée très loin dans ma lecture. Mais bon, je me suis dit « Tentons quand même ». Et puis je l’ai vu au Livre sur La Place, à Nancy. J’ai assisté à une rencontre durant laquelle il évoquait justement son dernier ouvrage, « Oona & Salinger ». Lorsque l’interview s’est achevée, je n’avais qu’une envie : lire le roman. C’est simple, Frédéric Beigbeder l’a bien vendu.

J’ai apprécié ma lecture pour plusieurs raisons : tout d’abord pour l’auteur et donc le style d’écriture, ensuite pour l’histoire d’amour (oui, c’est comme ça on n’y changera rien, les filles aiment les histoires d’amour !), mais aussi parce que l’histoire en question se finit mal (suis-je une sadique pour aimer parfois quand il n’y a pas de happy end ?), et enfin parce que c’était instructif. Oui, je ne connaissais rien de la vie de Salinger ou d’Oona. J’ai découvert le personnage de Chaplin sous un nouvel angle (et pas forcément le bon, celui que tout le monde adule), mais aussi les Etats-Unis en pleine guerre. Et enfin (oui encore un point), j’ai l’impression que c’est le roman de la maturité pour Frédéric Beigbeder. Ce dernier nous a confié que Salinger était son écrivain préféré, et cela se ressent dans le récit. D’ailleurs, l’auteur n’hésite pas à l’évoquer lui-même dans son roman et à parler de sa quête pour retrouver des morceaux de la vie de Salinger. Ce roman, Frédéric Beigbeder a mis plusieurs années pour l’écrire et je ne peux qu’avouer qu’il est d’une très grande qualité.