La maison d’hôtes

La maison d’hôtes

Après le décès de son mari dans un accident, Jo-Marie décide de changer radicalement de vie, en reprenant une maison d’hôtes à Cedar Cove. Elle rebaptise cette dernière La Villa Rose. Peu de temps après s’y être installée, elle reçoit ses deux premiers clients : Abby, une ancienne habitante qui vient pour célébrer le mariage de son frère, et Josh, dont le beau-père est gravement malade.  Un trio au lourd passé et qui va devoir s’armer de courage et de patience pour avancer dans la vie.

Debbie Macomber est une auteure qui ne m’est pas inconnue, puisque j’ai déjà lu deux de ses romances de Noël. « La maison d’hôtes » est plutôt un roman « feel good », car on a un personnage principal qui reprend sa vie depuis zéro et qui change du tout au tout. Les trois héros rencontrés dans l’ouvrage ont été abîmés par la vie : Jo-Marie de par le décès de son époux, Josh qui a toujours été mis de côté par son beau-père et Abby, qui a perdu sa meilleure amie dans un accident de voiture dans lequel elle était la conductrice. A cela s’ajoute la ville : Cedar Cove, qui est pour tous un nouveau point de départ, mais qui fait revivre également des souvenirs difficiles.

Tout en finesse et en émotions, Debbie Macomber nous embarque dans un endroit un peu idyllique, qui pourrait faire penser, à ceux qui connaissent, à Stars Hollow dans la série Gilmore Girls. La tristesse laisse peu à peu place au renouveau, à l’espoir et à la paix ; la paix avec soi-même mais aussi la paix avec les autres, les proches, ceux que les personnages ont délaissé. Le roman est rempli de bons sentiments et l’histoire est très prenante. Il fait partie d’une saga intitulée « Retour à Cedar Cove », qui compterait six tomes, si on exclut un préambule d’une quinzaine de pages, qui évoque la rencontre de Jo-Marie avec celui qui est devenu son mari. Merci aux éditions Charleston pour cette chouette lecture !

Et tes larmes retenir

Et tes larmes retenir

A 32 ans, Julien est un papa divorcé, photographe de mode, qui s’envole pour New York, un mois très exactement après les attentats du 11 septembre. A l’aéroport, il tombe sur Anna, son premier amour. Ebloui par la jeune femme qu’elle est devenue, le jeune homme décide de se lancer dans une opération séduction. Au cœur de la Grosse Pomme, l’artiste multiplie les sorties pour la conquérir. Mais de son côté, Anna a perdu ses parents tragiquement dans un accident d’avion. La trentenaire aura-t-elle l’envie de laisser quelqu’un s’emparer de son cœur ? Surtout par celui qui le lui a brisé durant son adolescence…

« Et tes larmes retenir » est une romance qui tire son épingle du jeu et qui se distingue de bon nombre de comédies romantiques, grâce à plusieurs aspects. Premièrement, le personnage principal est un homme, ce qui est plutôt rare, encore plus lorsque l’auteure est une femme, ici Charlotte Orcival en l’occurrence. Deuxièmement, il n’y a aucune scène de sexe. L’intimité est précieusement conservée à l’heure où il se passe rarement une histoire, surtout dans les films, où on note au moins une scène de ce genre. Et franchement, c’est agréable ! Enfin, c’est une romance qui sort de l’ordinaire, du fait que les deux personnes se connaissent et ont été fragilisées par la vie. Il est en effet question de deuil, d’attentat, de dépression et de divorce.

Charlotte Orcival livre ici un roman court, ponctué de chapitres dynamiques, et divisé en plusieurs parties allant des retrouvailles à l’aéroport, au voyage new-yorkais, jusqu’au retour à Paris. Avec des personnages attachants, l’écrivaine nous touche par de très beaux passages sur l’amour, l’espoir et le bonheur. En bref, une lecture qui met du baume au cœur.

Celle qui a dit Fuck

Celle qui a dit Fuck

« Celle qui a dit Fuck » est un journal un peu particulier : celui d’une jeune femme, Alice, qui a décidé d’en finir avec les prises de tête. Cette dernière se met en effet facilement la pression, à culpabiliser pour peu et à tenter d’être parfaite. Pour cela, elle enchaîne les listes et les réflexions, de quoi friser le burn-out.

Dans son journal, Alice consigne ses journées et des conseils pour apprendre à être zen, mais aussi pour sortir de sa zone de confort. Tantôt drôles, parfois cocasses, les histoires s’enchaînent  et prennent la forme d’un véritable récit intime, tant du point de vue de l’écriture que de la mise en scène : gribouillis, ratures et petits dessins sont présents pour donner à ce carnet tout le réalisme possible. Chacun peut y piocher des idées, des sources pour essayer de moins se prendre la tête et apprendre à mieux se connaître, et à penser un peu plus à soi.

A mi-chemin entre le développement personnel et la chick-lit, « Celle qui a dit Fuck » a été écrit à quatre mains, par Anne-Sophie et Fanny Lesage, et illustré par Léna Piroux. Les deux frangines ont d’ailleurs créé une newsletter dédiée au développement personnel et à laquelle je me suis abonnée pour pousser l’expérience. Il s’agit de de « Holi Me ». Merci aux éditions J’ai Lu pour ce livre bourré d’idées et très divertissant.

Dans la maison

Dans la maison

On les surnomme les Huit. Eux, ce sont huit lycéens en Arts Appliqués, soudés comme les doigts de la main. Chaque samedi soir, l’heure est à la fête dans une maison de campagne isolée. Pour la prochaine fiesta, il a été décidé d’organiser une soirée frissons. Chaque membre doit effrayer les autres. Si cela fonctionne, ces derniers sont invités à boire une ou plusieurs gorgées d’alcool. Au fur et à mesure que les heures passent, les blagues laissent peu à peu place à l’effroi. Dans la maison, des bruits étranges retentissent, des pierres surgissent de nulle part et les invités disparaissent les uns après les autres.

Autant je n’aime pas regarder de films d’horreur car je sursaute pour un rien, autant un roman horrifique reste plaisant ! « Dans la maison » est un huis-clos saisissant, écrit par Philip Le Roy. Les adolescents ne manquent pas d’idées lorsqu’il s’agit de faire bondir leurs amis et tous ont des idées très farfelues. A chaque disparition ou phénomène étrange, on est en droit de se demander s’il est question à nouveau d’un coup monté ou si les lieux sont véritablement hantés. Car, la maison est en effet située dans un secteur où l’on aurait vu des années auparavant des soucoupes volantes… Difficile de ne pas se plonger dans l’ambiance, tant le scénario est bien ficelé. On regrettera quelque peu le panel d’ados un peu caricatural, mais l’ensemble reste bien construit, d’autant que l’auteur n’hésite pas à rendre l’intrigue plus forte à la fin de chaque chapitre. Un bon roman en somme, à lire le soir, seul(e) juste avant d’aller se coucher pour faire de jolis rêves !

Si je reviens un jour…

Si je reviens un jour…

2010, dans le 16e arrondissement de Paris : au sein du lycée Jean de La Fontaine, l’heure est au déménagement. Des professeurs retrouvent au fin fond d’une armoire des lettres et des photos qui appartenaient à une ancienne élève, Louise Pikovsky. Durant plusieurs mois, cette dernière a correspondu avec sa prof de lettres. Le courrier le plus récent remonte au 22 janvier 1944, date à laquelle Louise et toute sa famille furent arrêtés par la Gestapo parce qu’ils étaient juifs.

La bande dessinée « Si je reviens un jour… » est une histoire vraie. Stéphanie Trouillard et Thibaut Lambert y racontent l’histoire d’une jeune fille, Louise Pikovsky, qui a écrit, au cours de l’été 1942, à sa professeur Anne-Marie Malingrey. Au total, ce sont six lettres qui ont été retrouvées. Louise était une élève douée et intelligente, toujours prête à aider les autres. Mais il ne fait pas bon d’être juif dans les années 1940. Petit à petit, les juifs sont isolés du reste de la population. Outre le fait de devoir porter l’étoile jaune, leurs magasins sont pillés et fermés, des classes à part se mettent en place, et leur déportation vers des camps de travail est programmée. La jeune fille n’échappera pas à la règle.

L’ouvrage comporte non seulement le récit d’une rare correspondance, mais aussi un dossier comprenant les fameuses lettres, ainsi que des photos de classe, de famille et un glossaire. Il s’agit d’un véritable outil pédagogique pour ceux qui étudient cette période sombre de l’Histoire. C’est un témoignage beau et bouleversant, celui d’une prof qui se remémore avec beaucoup d’émotions, de l’une de ses meilleures élèves.