Sky High

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Sky High

Gill est une adolescente londonienne, qui s’apprête à passer son diplôme pour pouvoir étudier ensuite la médecine. Elle a d’ailleurs un tuteur charmant pour l’aider dans cette tâche, du nom de Vinay. A côté des révisions, la jeune fille passe son temps avec sa meilleure amie Lindsay et se trouve une passion nouvelle pour l’escalade. A la salle, le séduisant Jared ne la laisse pas insensible. Et il semblerait bien que ce soit réciproque pour le grimpeur…

« Sky High » est clairement une histoire d’amour d’adolescents pour adolescents. Notre personnage principal, Gill, a le cœur qui balance. D’un côté, il y  a Vinay, un jeune homme beau et sérieux, qui se destine comme elle à devenir médecin. De l’autre, Jared, un séduisant garçon, plutôt casse-cou et qui vit à 100 à l’heure. C’est à la salle d’escalade qu’elle rencontre ce dernier. Et si elle n’apprécie guère sa façon de se mettre en danger en jouant les funambules dans Londres, elle tombe instantanément sous son charme.

Les chapitres courts et l’écriture d’Emma R. Lowell font que la lecture est à la fois fluide et rapide. L’originalité du roman réside dans la pratique de l’escalade, un sport qui reste très peu mis en avant en littérature. Le héros ne nous fait pas seulement voltiger en salle, mais aussi en plein cœur de Londres, ce qui nous amène à visiter la capitale anglais sous un angle inédit. L’autre point positif réside dans la tournure que prend le récit. Si au début, le lecteur a droit à une histoire d’amour saupoudrée de sensations fortes, il obtient aussi son lot de drames, aussi imprévus qu’ils soient.

Si grosso modo « Sky high » est une belle histoire, l’héroïne qu’est Gill peut devenir quelque peu insupportable. Nous avons face à nous une jeune fille intelligente quand il s’agit de penser aux études, mais terriblement naïve quand il est question de relations amicales et amoureuses. Indécise, agaçante et immature, difficile de s’attacher à ce personnage principal qui a tout du cliché de l’adolescente qu’on a envie de secouer. Heureusement, nous pouvons compter sur sa meilleure amie Lindsay qui a davantage de jugeote.

Si l’envie vous venait de prolonger la lecture, n’hésitez pas à écouter la playlist qui figure dans le roman et dont les morceaux sont écoutés par les personnages tout au long du récit.

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Comme toi

Comme toi

Ellie a disparu soudainement à l’âge de 15 ans. S’agit-il d’une fugue ? Impossible de l’imaginer pour Laurel, sa mère. Ellie avait tout pour elle : une famille aimante, un petit-ami charmant, une belle cote de popularité au lycée et d’excellentes notes. Depuis, Laurel n’a jamais réussi à faire son deuil, d’autant que dix ans plus tard, la police n’a retrouvé ni le corps, ni le coupable. Elle rencontre pourtant Floyd, un homme séduisant, père célibataire, qui va changer sa vie. Car lorsqu’elle rencontre Poppy, sa fille âgée de 9 ans, Laurel lui trouve une drôle de ressemblance avec Ellie.

Par le passé, Lisa Jewell avait plutôt habitué ses lecteurs à des comédies et des romans sentimentaux. Avec « Comme toi » paru aux éditions Milady, elle bouleverse la donne avec un thriller sombre, où aucune échappatoire n’est possible. Si le suspense n’est pas à son comble étant donné qu’on connait rapidement le coupable, il reste cependant passionnant à lire. Quelles sont en effet les motivations ce dernier ? Son mode opératoire ? Les chapitres alternent les points de vue des personnages principaux et les flashbacks pour nous donner les réponses. Un roman impossible à lâcher tant que l’on n’a pas eu le fin mot de l’histoire.

Noire – La vie méconnue de Claudette Colvin

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Noire – La vie méconnue de Claudette Colvin

1955, Alabama : Claudette Colvin a 15 ans, et malheureusement, comme toutes les personnes noires aux Etats-Unis à cette époque, elle subit de plein fouet la ségrégation raciale. Aussi, le 2 mars, lorsqu’elle refuse de céder sa place dans le bus à une passagère blanche, elle est aussitôt incarcérée dans une prison pour adultes. Mais Claudette ne compte pas se laisser faire ; elle se rapproche alors du National Association for the Advancement of Colored People, et plaide non coupable lors de son procès. Quelques mois plus tard, Rosa Parks refusera elle aussi de laisser son siège. C’est alors que démarrera un boycott des transports en commun par la population noire, durant 381 jours.

Emilie Plateau nous dévoile une part de l’Histoire avec « Noire – la vie méconnue de Claudette Colvin », car si bon nombre de personnes ont entendu parler de Rosa Parks, peu de gens connaissent Claudette Colvin. La bande dessinée est inspirée du roman éponyme de Tania de Montaigne et raconte donc l’histoire de cette adolescente noire qui a lutté pour ses droits. On y croise Rosa Parks, mais aussi Martin Luther King, alors âgé de 26 ans et officiant comme pasteur. Claudette fait désormais partie de ces personnes malheureusement oubliées qui ont pourtant combattu la ségrégation. La BD lui rend hommage, en racontant non seulement cet épisode historique, mais en relatant aussi le reste de sa vie : la pauvreté de sa famille et son destin de mère d’un enfant qu’elle a eu avec un homme blanc.

J’ai beaucoup aimé le dessin plutôt minimaliste d’Emilie Plateau qui, je vous rassure, rend justice au récit. C’est une bande dessinée très riche, puisqu’elle retrace le cheminement de la lutte contre la ségrégation raciale. Elle rappelle par ailleurs que de nombreuses vies ont été brisées pour que les personnes de couleur aient les mêmes droits que les autres.

La courte histoire de la fille d’à côté

fenêtres

La courte histoire de la fille d’à côtés

Entre Matt et Tabby, c’est une histoire de longue date. Voisins, ils sont aussi amis depuis leur plus jeune âge, et partagent une très grande complicité. Mais avec le temps, il semblerait bien que le basketteur soit tombé amoureux de la fille d’à côté. Manque de bol pour lui, Tabby ne jure que par Liam, un adolescent en Terminale dans son lycée. Un événement tragique va alors bouleverser la donne.

« La courte histoire de la fille d’à côté » est le premier roman de Jason Reck, paru chez Gallimard Jeunesse. Et c’est un premier essai très réussi ! L’ouvrage raconte l’histoire de deux amis qui se connaissent depuis toujours, et dont la complicité pourrait en faire envier plus d’un. Avec le temps, les sentiments amicaux laissent de plus en plus place à un amour grandissant, mais à sens unique. Jason Reck évoque le tout premier amour, celui qui nous met en émois, et qui glisse des papillons dans notre ventre. Mais il fait aussi référence aux amitiés d’enfance. Entre Matt et Tabby, il ne s’agit pas seulement de discussions banales, de repas communs ou de trajets en bus vers l’école, il est aussi question de confidences et de partage. Si Matt est amoureux de sa meilleure amie, il fait tout pour la rendre heureuse, quitte à rester dans l’ombre pour la voir s’épanouir avec son premier petit ami. L’écrivain aborde aussi d’autres thématiques, toutes très importantes à l’adolescence, comme la famille, la loyauté, les activités extrascolaires et la perte d’un être cher.

Drôle et cynique au début, triste et bouleversant à la fin, « La courte histoire de la fille d’à côté » se situe bien loin de la comédie romantique traditionnelle. Ici, point de grande déclaration ou de happy end, juste la vie et ce qui s’ensuit. L’histoire est belle, touchante, tragique. Impossible de ne pas ressentir de la compassion pour Matt qui aimerait bien que son amie le regarde comme le prince charmant et pas seulement comme le garçon avec qui elle visionne Le retour du Jedi sous un plaid. Une lecture douce, surprenante, qui nous apprend à savourer l’instant présent, à clamer haut et fort nos sentiments. Car on ne sait jamais de quoi demain sera fait.

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Le secret le plus sombre

maison dans la nuit

Le secret le plus sombre

Dans la famille Lattimore, il y a David, le mari absent qui travaille à plusieurs centaines de kilomètres durant la semaine ; Eve, le pilier de la maison, qui gère absolument tout ; Melissa, l’adolescente en pleine crise ; et Tyler qui souffre d’une maladie rare appelée « Les enfants de la Lune ». En clair : la moindre exposition au soleil peut lui être fatale ; il est donc confiné 95% du temps. Mais comme toute famille qui se respecte, elle a ses secrets. Et le dernier en date pèse lourd sur la conscience de celle qui dirige la maison d’une main de fer.

Merci tout d’abord aux éditions Charleston pour m’avoir fait découvrir ce livre. Je ne connaissais absolument pas l’auteure, Carla Buckley, et à la vue du résumé, il m’a semblé que « Le secret le plus sombre » avait tout l’air d’un bon thriller.

Malgré quelques lenteurs dans le récit, c’est effectivement le cas. Sur plus de 400 pages, le lecteur fait connaissance avec les membres de la famille, mais aussi le voisinage qui, au fur et à mesure de l’histoire, revêt toute son importance. Pour moi, impossible de vous raconter ce qui se passe au risque de détruire votre lecture mais sachez que l’on y rencontre un amour extrêmement fort, celui qui rend invincible, celui qui nous met en danger, celui pour lequel on est prêt à tout.

Le suspense n’arrive que tardivement, certes, mais l’histoire est tout de même bien menée. On a beau connaître le fin mot de l’histoire dès le départ, l’écrivaine n’hésite pas à nous faire douter à de multiples reprises. Preuve qu’elle sait manier sa plume à la perfection.