Danser au bord de l’abîme

jolie femme

Danser au bord de l’abîme

Emma a la quarantaine, elle est mariée, heureuse en amour et est la mère de trois enfants. Et puis un jour, dans une brasserie, elle croise le regard d’un homme qui ne la laisse pas de marbre. Le coup de foudre est réciproque. Emma ne se voit pas mentir à sa famille, ni rendre son mari cocu, aussi, elle décide de mettre les voiles pour rejoindre celui qui fait battre son cœur à la chamade.

« Danser au bord de l’abîme » a fait énormément de bruit sur la toile avant même sa parution en librairie. De nombreux blogueurs vantaient en effet le dernier Grégoire Delacourt. Malgré un résumé assez minimaliste disons-le, j’ai voulu me laisser tenter, ayant beaucoup aimé certains de ses livres (mais pas tous) ! Finalement, le nouvel ouvrage a été une belle claque ! Grégoire Delacourt y parle beaucoup d’amour (dans tous les sens du terme) avec une poésie de dingue… Je ne sais pas combien de fois durant ma lecture j’ai été charmée par la plume de l’auteur pour évoquer des choses banales du quotidien avec tellement de lyrisme. L’histoire n’est pourtant pas simple. En premier lieu, on a affaire à une femme qui prend une décision qui va à jamais changer sa vie et sa relation avec ses enfants pour quelqu’un qu’elle connait à peine. Et puis dans un second temps, le récit prend une tournure complètement inattendue ; deux drames auxquels on ne s’attend pas et qui vont une nouvelle fois faire basculer la vie d’Emma. Même si ce n’est pas très gai, je vous recommande chaudement « Danser au bord de l’abîme », qui, à mon sens, est le meilleur roman à ce jour de Grégoire Delacourt.

Quelqu’un à qui parler

téléphone orange

Quelqu’un à qui parler

Samuel a aujourd’hui 35 ans et personne ou presque avec qui fêter son anniversaire. Lorsqu’il était gamin, il lui suffisait de prendre le téléphone fixe, de faire huit chiffres et d’inviter ses meilleurs amis à le rejoindre. Mais aujourd’hui, seul le numéro de sa maison d’enfance est resté gravé dans sa tête. Qu’à cela ne tienne, Samuel va appeler. A l’autre bout du fil, stupeur, on décroche. C’est un petit garçon. Pas n’importe lequel, c’est lui-même âgé de 10 ans ! Aussi bien sous le choc l’un que l’autre, les deux Samuel vont pourtant continuer à se parler, chaque soir. Pour se rassurer, pour s’interroger, mais aussi pour se rendre compte que les rêves que Samuel avait étant enfant se sont envolés quelque part. Et qu’il n’est pas jamais trop tard pour les rattraper.

Un grand, un énorme merci tout d’abord à XO Editions pour m’avoir proposé de lire « Quelqu’un à qui parler » de Cyril Massarotto. Il faut dire que l’écrivain fait partie de mes auteurs préférés et lorsque j’ai lu la 4e de couverture de son nouveau roman, j’ai tout de suite été emballée par le scénario. Ma lecture au final a été un véritable régal. Etant malade, je n’ai pas lu aussi vite que j’aurai aimé mais bon, j’ai été ravie tout de même !
Cyril Massarotto aborde un sujet qui fera réfléchir plus d’un lecteur, à savoir : qu’avons-nous fait de nos rêves d’enfant ? Il est vrai que la vie nous joue parfois des tours et certaines circonstances font que nous devons prendre d’autres chemins ou revoir nos idéaux à la baisse. Toujours est-il qu’au fond de nous, nous conservons une part de notre âme d’enfant que nous ne devons pas oublier. Mais comme le souligne si bien l’auteur au travers de son histoire, il est toujours temps de changer son destin.

Goupil ou face

renard et balançoire

Goupil ou face

Il y a des personnes qui se caractérisent facilement parce qu’elles portent des lunettes, possèdent un chien ou parce qu’elles pratiquent une activité peu ordinaire pendant leur temps libre. Lou, elle, a une cyclothymie. Comprenez par-là, qu’elle a un trouble de l’humeur, qui appartient à la famille des maladies bipolaires. A ne pas confondre avec une personne schizophrène. Après avoir passé plusieurs années dans la douleur, sans savoir ce qu’elle avait, Lou peut enfin mettre un nom  sur sa maladie. A travers sa bande dessinée, l’auteure illustre ce trouble psychiatrique par un renard, alias Goupil, qu’elle va tenter d’apprivoiser au fil du temps.

La bande dessinée de Lou Lubie m’a beaucoup fait penser à celle d’Alice Baguet, « L’année du crabe ». Tout comme cette dernière, Lou a décidé d’illustrer sa maladie et de lui donner une apparence animale, en l’occurrence un renard. Difficile à dompter et à maîtriser, Lou Lubie essaie tant bien que mal de l’apprivoiser jour après jour et de vivre avec, puisqu’elle ne peut s’en défaire.

Cette jolie BD, intitulée « Goupil ou Face » a été l’occasion pour moi de découvrir ce qu’était la cyclothymie. Jusqu’à présent, je n’en avais jamais entendu parler. Lou Lubie a eu une excellente idée en décidant de « présenter » sa maladie au travers d’un livre rempli d’humour et de tendresse. Cela permet non seulement d’en apprendre plus sur ce trouble de l’humeur, mais aussi de combattre les préjugés sur les maladies psychiatriques. Car oui, ce n’est pas parce qu’on est atteint de cyclothymie qu’on est schizophrène ou dangereux ! Pas vrai, Goupil ?

Un bruit étrange et beau

femme qui nage dans la seine

Un bruit étrange et beau

Il y a 25 ans, William a fait vœu de silence en rejoignant l’ordre religieux des chartreux. Aujourd’hui, le solitaire se voit contraint de quitter son monastère quelques jours pour se rendre à Paris pour une question d’héritage. Peu à l’aise avec la civilisation, il doit apprendre en peu de temps certaines règles de la société moderne. Dans le train qui le mène à Paris, William rencontre Méry, une jeune femme atteinte d’une maladie incurable, qui compte bien profiter du temps qu’il lui reste. Une rencontre qui ne va pas laisser William de marbre et qui va l’amener à se poser à son tour les bonnes questions…

« Un bruit étrange et beau » est signée Zep, l’auteur du célèbre Titeuf. J’ai trouvé que l’on reconnaissait aisément son coup de crayon et ses couleurs à travers l’ouvrage ; la couverture est d’ailleurs magnifique. 
Dans cette bande dessinée, nous suivons un personnage atypique : William. Je me permets d’utiliser l’adjectif atypique car nous sommes en effet peu amenés à côtoyer des moines ou des personnes qui ont décidé de faire vœu de silence/de s’enfermer dans la solitude. Cette histoire de Zep, même si elle reste fictive, est donc une plongée très intéressante dans cet univers très secret. Le personnage de Méry est lui aussi très plaisant à suivre. Il m’a fait penser à ces romans feel good qui ont un succès fou ces derniers temps. Quant à l’intrigue, si elle laisse peu de place à la surprise, elle reste tout de même très sympathique dans son ensemble.

Le village de la fin du monde

montagne

Le village de la fin du monde

Selon une interprétation du calendrier Maya, la fin du monde est prévue pour le 21 décembre 2012. Et s’il y a des personnes qui se sentent concernées par ce sujet, ce sont bien les habitants de Bugarach, un petit village dans la vallée de l’Aude, qui serait soi-disant le seul à survivre à l’apocalypse.

A l’approche du dernier jour, Bugarach est devenu un lieu où les ufologues s’en donnent à cœur joie. Le maire ne compte plus les courriers délirants en rapport avec les OVNIS ou demandant un hébergement particulier. D’autres pseudo-professionnels ont compris de leur côté qu’il y avait là une véritable manne à exploiter. Projets immobiliers, voyages initiatiques, stages de méditation, on ne compte plus les formations et les séjours réalisables dans le pays cathare.

Journaliste au Figaro et écrivain, Nicolas d’Estiennes d’Orves a mené l’enquête à Bugarach et aux alentours, plusieurs semaines durant, pour tenter de comprendre ce phénomène. L’auteur est allé à la rencontre des habitants, s’est promené près du Mont, a recueilli des interviews aussi étranges que drôles, des témoignages farfelus pour nous livrer un reportage très instructif sur « Le village de la fin du monde ».

En 2012, il me semblait avoir regardé justement un reportage sur Bugarach, et j’avais trouvé cela très intéressant. En voyant ce livre dans une librairie d’occasion, je me suis dit que c’était le moment d’aller plus loin. J’étais en effet curieuse de voir tout ce qu’on pouvait dire ou faire en rapport avec ce village et ses habitants qui n’avaient rien demandé à personne. Et le résultat est assez étonnant, croyez-moi !