A volonté – Tu t’es vue quand tu manges ?

A volonté – Tu t’es vue quand tu manges ?

La grossophobie, voilà le sujet de la bande dessinée écrite et illustrée par Mathou et Mademoiselle Caroline, intitulée « A volonté – tu t’es vue quand tu manges ? »

A travers cet ouvrage, les deux auteures évoquent le poids, grosse source d’angoisse au quotidien, aussi bien dans la vie intime qu’en société. Car, si cela fait longtemps que les mannequins longilignes se pavanent sur les podiums, ce n’est pas pour autant qu’on en a terminé avec les stigmatisations liées au poids. Grandes tailles absentes des rayons de magasin, sport inadapté « aux gros », infrastructures « faites pour les minces » (dans les transports en commun par exemple), Mademoiselle Caroline et Mathou épinglent les petites phrases qui tuent et tout ce qui cloche. Si l’une tente de s’accepter, la seconde essaie de mincir. Elles n’hésitent pas à partager leurs diverses expériences : déjeuner au restaurant, régimes, shopping, tout y est passe.

Gabrielle Deydier, auteure de l’ouvrage « On ne nait pas grosse » a signé la préface de cette BD très d’actualité. Une BD qui permettra à certains lecteurs peut-être de se sentir moins seul(s), à d’autres de comprendre ce mal-être sociétal. Avec une belle palette de couleurs et beaucoup d’humour, Mathou et Mademoiselle Caroline ferment le clapet à tous ceux dont les remarques sont exacerbantes. Peut-être arriveront-ils à tourner sept fois la langue dans leur bouche…

 

Max

Max

Allemagne, 1936 : A l’aube de la Seconde Guerre mondiale, un bébé s’apprête à naître, le 20 avril très précisément ; une date idéale puisqu’elle coïncide avec l’anniversaire d’Hitler. Max (ou plutôt Konrad) est un bébé prototype du programme Lebensborn qui a été initié par Himmler. Ce programme consiste en la chose suivante : des femmes sont sélectionnées par les nazis pour concevoir un enfant et ainsi mettre au monde des purs représentants de la race aryenne, ce pour régénérer l’Allemagne. Max n’est même pas encore né qu’il est déjà conditionné. A sa naissance, le petit est examiné sous toutes les coutures ; il est baptisé par le Führer en personne. De son côté, la mère biologique est simplement remerciée. L’enfant est ensuite confié aux plus hautes autorités pour devenir le parfait allemand nazi.

« Max » est une lecture qui fait froid dans le dos, car si l’on connait ne serait-ce que de nom le programme Lebensborn, il est glaçant d’entendre (ou plutôt de lire) les paroles d’un bébé nazi, dénué de tout sentiment, prêt à tuer. Ce bébé, le lecteur va le suivre jusqu’à l’âge de 12 ans et découvrir l’ensemble de son endoctrinement.

Pour écrire ce livre, l’auteure, Sarah Cohen-Scali s’est énormément documentée. Cette fiction, basée sur des faits réels est destinée dans un premier temps aux ados de 15-16 ans, à condition que ces derniers soient accompagnés d’un prof ou d’un parent pour les introduire à la Seconde Guerre mondiale. Mais ce roman, vous pouvez tout aussi bien le lire si vous êtes un adulte et que vous appréciez les romans historiques.

Mon vieux toutou

Mon vieux toutou

Entre Ninon et son chien Hector, c’est une grande amitié. Inséparables, ils font tout ensemble : courir, sauter, jouer, manger, dormir. Mais à la suite d’une grosse journée, la maman de Ninon constate que le toutou commence à être fatigué. Elle explique alors à sa fille que son ami à quatre pattes est âgé et qu’il ne pourra plus s’amuser avec elle. Même si elle reste inquiète, Ninon a bien compris le message. Alors pour leur ultime journée, elle va offrir à Hector les 24h les plus merveilleuses de sa vie, en réalisant des choses extraordinaires.

Quel touchant album que « Mon vieux toutou » de Nadine Brun-Cosme et Marion Piffaretti. Le dessin est trop choupinou (oui, c’est une histoire pour enfant, donc j’ai le droit de mettre « choupinou » dans mon avis !) Le récit parlera sans aucun doute à tous ceux qui ont/ qui ont eu un chien comme animal de compagnie. Il arrive un moment où le temps nous rattrape et où les jours sont comptés. Alors plutôt que de se morfondre, c’est l’heure ou jamais pour créer des souvenirs et ça, notre héroïne l’a bien compris. Une histoire charmante, douce, qui aborde aussi bien l’amitié que la mort, du bout des doigts. Un album à retrouver aux éditions ABC Mélody.

Midnight Sun

Midnight sun

« Midnight Sun » a été écrit il y a quelques années par Stephenie Meyer. Il s’agit en fait du tome 1 de la saga Twilight, c’est-à-dire « Fascination », mais rédigé du point de vue d’Edward (dans la version originale, nous sommes en effet dans la peau de Bella). « Midnight Sun » reprend donc les mêmes événements en donnant au lecteur une toute autre vision des choses.

Rappel des faits : Bella Swan, une adolescente ordinaire mais quand même assez maladroite, vient vivre chez son père à Forks, bourgade pluvieuse des Etats-Unis. Sur place, au lycée, elle se fait rapidement des amis et tombe sous le charme d’Edward Cullen. Une attirance réciproque mais qui n’est pas sans danger. Le jeune homme cache en effet un profond secret (pour ne pas en dire davantage, même si la saga est aujourd’hui bien connue).

Avec « Midnight Sun », les mystères sont donc levés et on en sait un peu plus sur Edward, qui se montre si discret durant les premiers chapitres de Twilight.

Ce que l’on sait moins, c’est que « Midnight Sun » a failli ne jamais voir le jour. En plein succès, alors qu’elle s’attelait à l’écriture de ce nouvel ouvrage, Stephenie Meyer s’est fait dérober son travail et les 12 premiers chapitres ont été dévoilés sur Internet sans son consentement. L’auteure a alors stoppé net et n’a repris la plume que très récemment. Au final, le roman est paru cet été, soit 15 ans après le premier volet.

A l’époque, lorsque le début de l’histoire avait fuité, j’avais décidé de ne pas la lire ; j’espérais qu’elle terminerait l’ouvrage. Et puis les mois et les années sont passés ; le livre semblait avoir été mis aux oubliettes et j’ai fini par me pencher sur le sujet. Au printemps 2020, Hachette annonçait la sortie imminente du roman que j’attendais comme des millions de fans. Lors de la parution, je suis vite allée me procurer mon exemplaire en librairie et je peux vous dire que je n’ai pas boudé mon plaisir. Quel régal de pouvoir retourner à Forks ! Et même si l’on connait l’histoire, il y a certains éléments, certaines scènes que l’on découvre sous un angle inédit. Les quelques 800 pages n’ont pas été dévorées en une nuit ; j’ai bien entendu fait durer la lecture exprès. Car, même si j’apprécie la saga, et même s’il est question d’autres projets autour de Twilight, j’aimerais bien m’arrêter là. Il faut savoir mettre un point final aux histoires. C’est là qu’elles sont les plus belles.

Radium Girls

Radium Girls

New Jersey, 1918. Edna est ouvrière à l’United State Radium Corporation, une usine qui fournit l’armée en montres. Son job consiste à peindre des cadrans lumineux à l’aide de la peinture Undark, une substance luminescente, à la fois chère et précieuse. Malgré une charge de travail assez volumineuse, Edna peut être contente d’œuvrer dans une bonne ambiance. Elle s’est même faite des amies en les personnes de Mollie, Albina, Quinta et Katherine, qu’elles voient en dehors du boulot. Entre elles, elles se surnomment les « Ghost Girls », à cause du radium. Il suffit d’avoir un peu de peinture sur soi pour se retrouver ébloui à la nuit tombée. Ce qu’elles ignorent, c’est que la substance qu’elles manipulent tout au long de la journée, est mortelle.

« Radium Girls », c’est une histoire vraie, racontée et illustrée en un seul volume par Cy. C’est aussi le surnom qu’a donné la presse aux filles de l’United State Radium Corporation. Nombreuses sont les ouvrières qui ont commencé à souffrir d’anémie, de fractures, de nécrose de la mâchoire et de tumeurs après leur embauche. Plusieurs ont assigné l’employeur en justice et quelques-unes sont malheureusement décédées au cours de la procédure judiciaire.

Pour réaliser cette bande dessinée, Cy s’est longuement documentée sur le sujet. Ce fait historique est en effet peu connu. Il a pourtant permis de faire avancer les droits des ouvriers aux Etats-Unis. C’est suite à un article paru sur Internet que l’illustratrice a décidé, avec le soutien de Guy Delisle, d’imaginer cette bande dessinée. Un joli travail qui permet de mettre en lumière une lutte féminine historique. Mention spéciale à la couverture fluorescente qui donne dès le départ une ambiance particulière à l’album.