Je sais pas

petite fille qui ne dit rien

Je sais pas

A l’école maternelle des Pinsons, la journée qui s’annonce sort un peu de l’ordinaire. Les instituteurs profitent en effet d’une belle météo pour organiser une sortie avec les élèves. Sur place, les enfants doivent entre autres construire des cabanes. Mais le courant entre Emma, 5 ans, et la jeune institutrice Mylène ne passe pas.  Lorsque vient l’heure de rentrer, la petite fille est introuvable. Les éducateurs se mettent alors à sa recherche, pensant que cette dernière s’est perdue en forêt. Les forces de l’ordre sont également déployées. Et puis Emma réapparaît, comme si de rien n’était, incapable de raconter ce qu’il s’est passé. Le hic, c’est que Mylène manque désormais à l’appel.

Je ne lis pas souvent des thrillers mais quand cela arrive, je suis rarement déçue par mes choix ! « Je sais pas » c’est le dernier roman écrit par Barbara Abel. J’aime bien quand il y a beaucoup de suspense et quand on s’interroge sur le personnage principal. En l’occurrence ici, il y en a deux. D’une part, Emma, une adorable petite peste peu appréciée par les autres enfants, et Mylène, une instit mal dans sa peau, qui a parfois des difficultés à maîtriser ses émotions.

La 4e de couverture du roman « Je sais pas » en dévoile en fait très peu sur le récit. Le lecteur sait juste qu’une fillette disparaît dans les bois, or ce n’est que le tout début de l’aventure. L’éducatrice va être en effet une victime collatérale de ladite disparation et les heures seront comptées. Je ne vous spoile pas davantage, cela risquerait de gâcher un peu votre lecture. Sachez juste, comme le souligne le résumé, que derrière un visage d’ange peut parfois se cacher un démon…

Ecumes

bateau femme

Ecumes

« Écumes », c’est l’histoire de deux femmes qui s’aiment. Leur souhait ? Avoir un enfant. Les jours passent, puis les mois, et le bébé se fait désirer. Puis la nouvelle finit par tomber : la vie s’est nichée au creux du ventre. Le ventre s’arrondit, la joie est partout. La femme consigne chaque jour dans un carnet l’histoire qui se crée. Et puis c’est le drame, le sang, les nuits d’hôpital. Le rêve s’écroule et la mécanique du deuil se met en marche.

Je connaissais déjà Carole Maurel grâce à sa BD « L’apocalypse selon Magda » que j’avais beaucoup aimée. Je découvre ici sa binômette, Ingrid Chabbert, et avec elle, un récit bien émouvant. L’histoire est douloureuse, prend aux tripes. L’enfant qui était tant voulu s’évapore du jour au lendemain et le couple est mis à mal. L’amour se mêle à la tristesse et à la douleur. Heureusement, l’écriture aide un petit peu à guérir et à prendre un nouveau départ.

« Écumes » est une bande dessinée intime, tout en sobriété, qui nous dévoile une histoire touchante face à laquelle on ne peut rester de marbre.

Des mains et des lèvres

peinture

Des mains et des lèvres

Alors qu’elle n’a que 6 ans, Françoise devient sourde. Les premiers moments sont difficiles ; elle est emmurée dans le silence. Il n’y a plus de paroles, plus de chants d’oiseaux, de musique, de bruit tout simplement.  Le langage des signes n’est pas encore reconnu officiellement et les classes spécialisées sont rares.

Autobiographique, « Des mains et des lèvres » permet aux lecteurs de suivre le quotidien d’une personne sourde, depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Françoise Chastel raconte sa jeunesse, son adolescence, sa difficulté à communiquer, à s’intégrer, mais aussi ses voyages, ses amitiés et ses rencontres avec des hommes. A aucun moment l’auteure ne baisse les bras face à son handicap. Courageuse et combative, elle nous fait part tout au long de son roman d’anecdotes amusantes et d’autres beaucoup plus dérangeantes. Elle ira même jusqu’à enseigner à des jeunes sourds dans des classes spéciales.

« Des mains et des lèvres » est un témoignage intéressant, utile. Ce livre permet en effet de mieux comprendre la surdité et d’imaginer à quel point le quotidien d’une personne sourde est différent. La surdité fait partie de ces handicaps que l’on dit invisibles ; on ne les perçoit pas immédiatement lorsqu’on est face à quelqu’un, d’autant plus lorsque la personne n’est pas sourde de naissance.

Il est important de noter que l’écriture du manuscrit avait été vivement encouragée par le cinéaste François Truffaut, mais ce dernier étant décédé entre-temps, le livre était tombé aux oubliettes. Heureusement, il est revenu dans la lumière ! On y apprend plein de choses ; on fait la rencontre d’une écrivaine qui respire la joie de vivre et qui nous enrichit. Un grand merci aux éditions Publishroom pour cette belle découverte !

Chanson douce

Chanson douce

Mère de deux enfants, Myriam travaille au sein d’un cabinet d’avocats et ce, malgré les réticences de son mari. Pour faire face au nouvel emploi du temps de la famille, le couple se met en quête d’une nounou. Après un grand casting,  les deux amoureux posent leur regard sur Louise. C’est un coup de cœur. La nounou a de bonnes références et elle semble sérieuse. Dès le départ, Louise conquiert le cœur des enfants et va prendre une grande place au sein du foyer. La nounou ne s’occupe pas seulement des petits ; elle prépare également des plats délicieux pour toute la famille, fait le ménage, ou encore la couture. Au fil du temps, Louise devient dépendante de la petite famille et inversement. Une relation qui finira par devenir malsaine et qui se soldera par un drame.

Je n’ai pas pour habitude de lire des ouvrages primés, encore moins quand il s’agit du Goncourt. Récemment, j’ai lu « Au-revoir là-haut » et même si je dois dire que l’histoire est originale, je n’ai pas accrochée plus que cela au récit, peut-être à cause de l’écriture, des longueurs, je ne sais pas. Pour « Chanson douce » de Leïla Slimani, ce fut différent. D’abord parce que bon nombre de mes collègues en ont chanté les louanges et ensuite parce que le résumé me plaisait bien. Cette histoire de famille qui embauche une nounou qui s’impose de plus en plus dans leur vie jusqu’à ce que cela devienne malsain avait l’air prenant…

« Chanson douce » fait partie de ces livres que l’on pourrait dévorer d’une traite si l’on en avait le temps. Les personnages et la situation sont fascinants. On y aborde des thèmes d’actualité tels que le travail, les rapports de domination, le personnel sans-papiers. On remet en cause le comportement de chacun : la nounou trop prévenante, qui prend une place trop importante, et le couple qui, tantôt  s’accommode de la situation, tantôt culpabilise. Le récit est dérangeant, le contexte assez inconfortable. Je ne vous spoilerai pas en vous disant que les deux enfants sont tués, vous le saurez dès la première page du roman et c’est ce qui fait de l’ouvrage de Leïla Slimani un véritable roman noir. Malgré le fait de connaître déjà l’issue de l’histoire, le suspense reste à son comble. On voit défiler sous nos yeux l’ensemble des événements qui amènent doucement mais sûrement au drame. C’est glaçant, drôlement bien fichu et ça mérite amplement le Goncourt 2016.

Gamma

alcool

Gamma

« Gamma », c’est l’histoire de deux sœurs, Abigaëlle et Ambroise, qui vivent seules avec leur mère. Cela fait quatre ans que leur père a quitté le foyer. Ce qui ne devait être au début qu’une situation temporaire s’est transformé en quelque chose de définitif. Et puis un jour, Abi reprend contact avec son père d’une drôle de manière. Ce dernier lui avoue que sa meilleure amie est menacée d’être kidnappée par une organisation secrète. Des retrouvailles bien bizarres qui plongent Abigaëlle et ses amis dans une course contre la montre.

Le nouveau roman d’Enora Duvivier m’a été gentiment proposé par les Editions Baudelaire qui figurent parmi les nouveaux partenaires du blog. L’auteure est une jeune fille de 16 ans, qui en est déjà à la publication de son second ouvrage. « Gamma » est un drame contemporain. Le personnage principal qu’est Abigaëlle est plongé dans une spirale infernale pour venir au secours de sa meilleure amie, prise dans les filets d’une société secrète, dont on ne sait pas grand-chose si ce n’est qu’elle utilise des cobayes pour mieux vendre ses cosmétiques. Si vous m’aviez questionnée à mi-chemin dans ma lecture, je vous aurais dit que je suis en plein récit de science-fiction où des ados sont dépassés par les événements et où l’on nous cache beaucoup de choses. Et puis c’est la claque. Ce n’est pas le bouquet final mais c’est tout comme. Tout ce qu’on avait pu imaginer n’est qu’illusion, y compris pour Abigaëlle elle-même. L’histoire prend un tournant surprenant qu’on ne voit pas venir, à moins de bien relire l’incipit, d’observer la première de couverture, et encore… En somme « Gamma » est un roman que je vous conseille si vous avez envie d’une histoire, courte, percutante et qui vous prend au dépourvu.