Mamma Maria

Mamma Maria

« Mamma Maria », c’est l’adresse incontournable de ce petit village italien, où les habitants se retrouvent pour manger ou boire un verre. Il est tenu par Maria, une dame de 65 ans, qui sait dorloter ses clients comme il faut. La patronne est notamment amie avec Sofia, une jeune femme au cœur brisé, de retour dans sa région natale après avoir vécu à Paris. Leur quotidien est secoué par l’arrivée de Souma, une Lybienne et son fils qui ont fui la misère de leur pays. Echouée dans un poulailler, cette petite famille va être cachée, nourrie et logée. Mais tous les villageois ne voient pas d’un bon œil la venue de ces migrants sur leurs terres.

Après avoir entendu énormément de bien du second roman de Serena Giuliano, je me suis lancée de façon très optimiste dans « Mamma Maria » paru aux éditions du Cherche Midi. Cette lecture est parfaite pour l’été ! Elle a une saveur de caliente, c’est une morceau d’Italie que l’on a entre nos mains. Il suffit de fermer les yeux pour se retrouver sur la terrasse de Maria, en train de savourer l’un de ses cafés inimitables.

Serena Giuliano nous embarque dans l’histoire de deux femmes au caractère à la fois lumineux et bien trempé, amoureuses de leurs contrées et qui en parlent si joliment. Le récit, plutôt feel good, nous propose néanmoins une réflexion sur la cause migratoire, à travers les personnages de Souma et Franco, ainsi que sur le racisme en Italie. Le pays est en effet connu pour avoir notamment interdit à certains bateaux humanitaires d’accoster, mais aussi pour l’île de Lampedusa, où se situe un centre d’hébergement pour les migrants. Au final, le roman est très doux et rempli la plupart du temps de bons sentiments. De quoi véritablement se détendre à défaut d’être en vacances.

Amour

Amour

A travers l’album pour enfants « Amour » disponible aux éditions d’Eux, Matt De La Pena, l’auteur, et Loren Long, le dessinateur, évoquent l’amour sous toutes ses formes. Que ce soit la voix de nos parents qui nous berce pour nous endormir, du réconfort d’un proche, d’éclats de rire d’amis ou encore dans la musique, l’amour est partout autour de nous. Il suffit de lever les yeux, d’écouter, d’aimer.

Si certaines pages m’ont tout de même laissée perplexe car je ne pense pas avoir saisi forcément le message, la plupart m’ont enchantée. Je vous livre ma favorite en espérant de pas me faire taper sur les doigts par l’auteur, mais c’est pour vous mettre l’eau à la bouche. C’est d’ailleurs la toute première de l’album :

«  Au commencement, il y a la lumière puis, au pied de ton lit, deux personnes aux yeux écarquillés. Et, ce que tu entends dans leur voix, c’est l’amour. »

Avec cet album poétique, il est ainsi possible d’évoquer avec l’enfant les émotions de façon générale, mais aussi la famille, les valeurs qui nous sont chères et la société dans laquelle on vit.

Mille Sabords

Mille Sabords

Capitaine Haddock

Mille Sabords est une boutique unique en France dédiée à l’univers de Tintin. Elle se situe à Saint Martin de Ré, sur l’île de Ré. Tout tintinophile qui se respecte doit obligatoirement passer par cet endroit pour trouver satisfaction. On y trouve les bandes dessinées d’Hergé bien sûr, mais aussi pléthore de figurines, des vêtements, des peluches, et j’en passe !

Mille Sabords

Dans quelques vitrines, on peut apercevoir des pièces uniques, des objets de collection, comme des planches dédicacées de l’auteur, des tableaux et des reproductions. Moi qui ne suis pas une grande fan de Tintin, j’ai apprécié le lieu, les décors. A l’extérieur, on remarque que le capitaine Haddock nous observe avec ses jumelles, que Dupont et Dupond se racontent une énième blague et que Tintin est en train de courir, probablement après un nouveau scoop.

Tintin

Mille Sabords, c’est aussi le revendeur officiel de Moulinsart et libraire expert ! Vous pouvez profiter en parallèle chaque 7 août du festival BD de l’île de Ré. Personnellement, je l’ai raté de quelques jours… Et si vous êtes plutôt de passage à la Rochelle, rassurez-vous, vous trouverez également Mille Sabords , rue du Palais, mais en tant que librairie spécialisée BD.

Mille Sabords

Nos résiliences

Nos résiliences

Ava et Xavier, amoureux depuis longtemps, sont les heureux parents de deux enfants. Mais leur quotidien vire au drame le jour où Xavier est victime d’un accident de voiture. A l’hôpital, Ava ne le reconnait pas. Son mari est aigri, dépressif et ne semble pas vouloir s’en remettre. Pis, il ne pense même plus à sa clinique vétérinaire. Dans la salle d’attente, Ava fait la connaissance de Sacha, qui n’est autre que le conjoint de la femme renversée par Xavier. La colère est palpable. Les mois passent et Sacha baisse sa garde pour se rapprocher d’Ava.

Comme chaque année, je me lance plus ou moins aveuglément dans la lecture du dernier roman d’Agnès Martin-Lugand. Intitulé « Nos résiliences », il se lit aussi aisément que ses prédécesseurs. Le résumé de la quatrième de couverture ne dévoile absolument rien de l’histoire et c’est bien dommage, si l’on veut mettre l’eau à la bouche aux lecteurs.

La force du livre réside ici dans la première partie, où l’on suit la lente évolution de Xavier et les sentiments par lesquels passe Ava. C’est extrêmement triste et très bien décrit. On ne s’attachera pas forcément aux personnages, en tout cas, cela n’a pas été mon cas, car j’ai trouvé certaines réactions étonnantes, voire bizarres. Et même si l’on sait ce qui se trame depuis le départ, on prend tout de même plaisir à lire ce nouvel ouvrage !

Les fleurs de l’ombre

Les fleurs de l’ombre

Clarissa Katsef est une romancière reconnue. Suite à sa séparation brutale d’avec son mari, elle met tout en oeuvre pour trouver au plus vite un nouveau toit. Après un entretien peu ordinaire, la voilà qui intègre la résidence pour artistes CASA, et plus exactement un appartement de rêve. Situé au huitième étage dans un immeuble neuf, celui-ci n’est pourtant pas au goût de Clarissa, qui a l’impression d’être observée en permanence. Mrs Dalloway, son interlocutrice virtuelle et assistante, est parfois très insistante, trop intrusive peut-être. Ce sentiment est-il réel ou s’agit-il de traumatismes passés qui reviennent hanter l’écrivaine ?

Après avoir été déçue par « Sentinelle de la pluie » et entendu que Tatiana de Rosnay revenait à ses premiers amours, à savoir le suspense, c’est avec un grand plaisir que me suis plongée dans « Les fleurs de l’ombre ». Embarquée dans l’histoire dès le départ, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un des autres romans de l’auteure, « Le voisin », qui reste l’un de mes favoris. « Les fleurs de l’ombre » lui ressemblent beaucoup, de par sa dimension psychologique. Dans les deux cas, nous suivons une femme qui se sent épiée et, bien qu’elle semble lucide, nous devons nous demander si les faits s’avèrent bien réels ou s’ils sortent tout droit de son imagination.

L’ouvrage fait également la part belle à la littérature, le personnage principal vouant une véritable admiration à Romain Gary et Virginia Woolf. Enfin, comme dans bon nombre d’ouvrages de Tatiana de Rosnay, les lieux et leur histoire ont une place privilégiée.

Cette uchronie, qui évoque par ailleurs le changement climatique, le Brexit, le manque d’intimité ou encore la nature qui devient totalement artificielle, semble réaliste. Mon seul regret est d’être restée sur ma faim, les dernières pages n’apportant pas toutes les réponses aux lecteurs.