J’avais 15 ans

J’avais 15 ans

Lodz, Pologne, août 1944 : Elie Buzyn est un adolescent heureux jusqu’à ce que sa famille et lui soient confinés dans le ghetto. Après avoir assisté à l’assassinat de son frère, le jeune homme est embarqué, à 15 ans, avec les siens à Auschwitz. Ses parents seront rapidement exterminés. Figurant parmi les rares survivants de la marche de la mort jusqu’à Buchenwald, Elie Buzyn s’est tu un bon nombre d’années avant de prendre la parole et de témoigner autour de lui.

Elie Buzyn fait partie de ces hommes qui ont eu une vie hors-normes. Après avoir échappé au pire et multiplié les voyages en Algérie et en Palestine, il est devenu chirurgien-orthopédiste. Elie n’a pas voulu tout de suite témoigner de l’horreur des camps nazis. Il est finalement parvenu à surmonter ses séquelles, notamment grâce à ses proches, et à son premier fils qui, en 1993, a voulu visiter le camp d’Auschwitz. Depuis, Elie Buzyn y intervient régulièrement pour raconter toute la misère de cette époque. Il est aussi à l’origine de deux livres. Le premier, présenté ici et qui s’intitule « J’avais 15 ans – Vivre, survivre et revivre » et s’apparente à un roman. Il y décrit son adolescence, les chambres à gaz, les mauvais traitements, les maladies, l’absence d’hygiène, bref toute la barbarie nazie. Le second, « Ce que je voudrais transmettre aux jeunes générations » est un entretien sur des sujets d’actualité. Privé de sa jeunesse, l’écrivain est aujourd’hui un témoin important de la Shoah. Merci aux éditions Alisio d’avoir publié son histoire et de me l’avoir fait découvrir.

Vol MH370 – une vie détournée

Vol MH370 – une vie détournée

8 mars 2014 : le vol MH370 de la Malaysia Airlines reliant Kuala-Lumpur à Pékin disparaît des radars pour ne plus jamais réapparaître. A bord, se trouvaient 239 personnes, parmi lesquelles la femme et les deux enfants de Ghyslain Wattrelos, l’auteur de cet ouvrage. Que s’est-il réellement passé ? L’homme s’est engagé à trouver des réponses, persuadé que certains savent des choses mais que rien n’est dit. L’avion a-t-il été détourné par des terroristes ? Abattu par des militaires ? Est-ce qu’il a explosé en plein vol ? Peut-on réellement parler d’un accident ? L’écrivain démontre durant son enquête les nombreuses incohérences, les mensonges et les silences autour de cette sombre affaire.

Nous avons tous entendu parler du Vol MH370, qui figure aujourd’hui parmi les plus grands mystères de l’aviation civile. Dans son ouvrage baptisé « Vol MH370 – Une vie détournée », Ghyslain Wattrelos, victime collatérale, et Gaëlle Legenne, journaliste, évoquent le drame qui s’est joué dans les airs en 2014. Ghyslain y a perdu sa femme, Laurence, et de deux de ses enfants, Hadrien et Ambre. Ne reste qu’Alexandre, son aîné, et lui. Après l’annonce tragique, c’est l’incompréhension. Où est l’avion ? Entre les mails journaliers de la compagnie, les victimes qui cherchent à se regrouper pour faire avancer les recherches, l’embauche de détectives privés ou encore le silence du Président de la République Française, Ghyslain Wattrelos dresse un constat accablant. Malgré un combat obstiné, il restera quasiment sans réponses. Son témoignage est à la fois poignant et glaçant. Gageons qu’un jour la lumière soit faite sur cet épisode tragique. Merci aux éditions J’ai Lu pour cette lecture.

Alors voilà : Les 1001 vies aux Urgences

Alors voilà : Les 1001 vies aux Urgences

Baptiste Beaulieu est apprenti médecin et jongle entre les différents services, allant de celui des Urgences aux soins palliatifs du cinquième étage. Durant sept jours, il décrit son quotidien dans cette véritable fourmilière : les patients au stade terminal, ceux qui attendent leur tour, ce qui se passe dans les couloirs et aussi parfois sous les blouses. Situations cocasses ou émouvantes, de nombreuses anecdotes sont passées au scanner pour le plus grand bonheur du lecteur.

Pour écrire « Alors voilà : Les 1001 vies des Urgences », Baptiste Beaulieu s’est inspiré de situations bien réelles, vécues par lui ou par ses collègues. Le médecin a pris le soin de modifier les noms et les descriptifs pour ne pas que d’éventuels patients se reconnaissent. Tantôt drôles, tantôt tristes, les souvenirs de l’urgentiste ne manquent pas de pep’s. Dans tous les cas, il use d’un ton léger, tendre et humoristique pour rendre le récit moins dur. Du simple bobo au cancer incurable, l’hôpital regorge d’histoires, d’humanité. C’est un récit qui fait du bien, même s’il ne se termine pas toujours de la façon que l’on voudrait. Si vous souhaitez prolonger le plaisir de cette lecture, sachez que Baptiste Beaulieu officie également sur RTL le lundi, dans l’émission « Alors voilà », titre qui fait référence aussi bien à son ouvrage qu’à son blog.

 

Nos 14 novembre

attentats 13 novembre

Nos 14 novembre

Le vendredi 13 novembre 2015 est une date qui est malheureusement restée dans les mémoires. Ce soir-là, Paris est victime d’une série d’attentats, sur des terrasses, aux abords du Stade de France et au Bataclan, lors du concert d’Eagles of Death Metal. Le nombre de morts s’élève à 137. Parmi eux, Matthieu, un jeune papa, qui pensait rentrer tôt après le concert. Sa femme, Aurélie, est seule avec leur petit garçon, et enceinte. A 21h46, il lui envoie un dernier SMS lui disant « Ça, c’est du rock ». Puis plus rien. La suite, nous la connaissons. Les terroristes entreront dans le Bataclan et feront un massacre. Mathieu ne reviendra jamais de sa soirée.

« Nos 14 novembre » fait référence bien évidemment au lendemain des attentats de Paris. Aurélie en est une victime collatérale. Elle a perdu Mathieu, son époux et raconte à sa façon le drame et la manière dont elle a appris la terrible nouvelle. Aurélie n’est pas en colère, elle est triste. Elle doit faire le deuil, tout en s’apprêtant à vivre une seconde naissance. Elle raconte son combat, la façon dont ses proches s’occupent d’elle, son histoire d’amour qui vient de s’éteindre.

Dans cette lignée, j’avais déjà lu l’ouvrage d’Antoine Leiris, « Vous n’aurez pas ma haine » qui était déjà bien prenant et bien triste, mais j’ai trouvé qu’Aurélie Silvestre avait, malgré elle, mis la barre beaucoup plus haute. Dès les premières pages, l’émotion m’a submergée et j’avais les larmes aux yeux. Cette jeune femme, déjà maman d’un petit garçon, qui attend un autre enfant pour le printemps, voit son mari disparaître dans l’attentat du Bataclan. Quelle atrocité ! L’événement en lui-même est dramatique, mais la façon dont Aurélie raconte les choses, nous prend directement aux tripes. Elle évoque les poèmes que lui écrivait son mari, leur rencontre, mais aussi et surtout leur dernière journée. Elle se la remémore parfaitement bien, comme si elle avait su à l’avance que ces heures passées ensemble seraient les dernières. Ses mots sont bouleversants. Elle évoque ainsi tout ce qui disparaît avec lui. Son odeur, ses habitudes, ses paroles. Amputée de sa moitié, Aurélie raconte son combat, celui de continuer à vivre sans Mathieu.

Bonjour, c’est l’infirmière !

patients

Bonjour, c’est l’infirmière !

Charline est infirmière libérale en pleine campagne. Chaque jour, elle prend sa voiture pour se rendre chez ses patients, qu’ils soient bien connus de ses services ou totalement nouveaux. Il y a ceux qui vivent en famille, d’autres qui cohabitent avec la solitude ; il y a ceux qui ont juste un pansement à changer, d’autres dont il faut s’occuper pendant des heures. Il y a ceux qui vous accueillent avec le café et le sourire, et ceux qui râlent parce que vous avez cinq minutes de retard. Entre coups de cœur et coups de gueule, Charline dépeint ses tournées et ses journées.

Avant de publier ce livre, il était possible de lire le quotidien de Charline à travers son blog « C’est l’infirmière ! » Le titre de ce dernier sera finalement celui de son premier ouvrage « Bonjour, c’est l’infirmière ! », où elle dépeint le métier d’infirmière libérale avec brio. Dans ce récit de vie, nous découvrons de nombreuses anecdotes de patients, mais aussi et surtout l’envers du décor du métier d’infirmière libérale. De nombreuses infirmières se mettent à leur compte après avoir frôlé le burn-out en milieu hospitalier. Ce que l’on ignore, c’est qu’une fois installées pour elles, certaines finissent par laisser tomber. Il faut dire que la profession fait face à des aberrations administratives. A cela, s’ajoutent les heures perdues dans les transports, le paiement des soins en différé, et quand on s’aperçoit du prix d’un soin, on se demande comme l’infirmière peut rentrer dans ses frais. Comme le démontre Charline, c’est avant tout un métier que l’on exerce par passion, où l’humain est au centre des priorités. Et si on n’a pas compris cela, c’est que l’on n’est tout simplement pas fait pour.