Nos 14 novembre

attentats 13 novembre

Nos 14 novembre

Le vendredi 13 novembre 2015 est une date qui est malheureusement restée dans les mémoires. Ce soir-là, Paris est victime d’une série d’attentats, sur des terrasses, aux abords du Stade de France et au Bataclan, lors du concert d’Eagles of Death Metal. Le nombre de morts s’élève à 137. Parmi eux, Matthieu, un jeune papa, qui pensait rentrer tôt après le concert. Sa femme, Aurélie, est seule avec leur petit garçon, et enceinte. A 21h46, il lui envoie un dernier SMS lui disant « Ça, c’est du rock ». Puis plus rien. La suite, nous la connaissons. Les terroristes entreront dans le Bataclan et feront un massacre. Mathieu ne reviendra jamais de sa soirée.

« Nos 14 novembre » fait référence bien évidemment au lendemain des attentats de Paris. Aurélie en est une victime collatérale. Elle a perdu Mathieu, son époux et raconte à sa façon le drame et la manière dont elle a appris la terrible nouvelle. Aurélie n’est pas en colère, elle est triste. Elle doit faire le deuil, tout en s’apprêtant à vivre une seconde naissance. Elle raconte son combat, la façon dont ses proches s’occupent d’elle, son histoire d’amour qui vient de s’éteindre.

Dans cette lignée, j’avais déjà lu l’ouvrage d’Antoine Leiris, « Vous n’aurez pas ma haine » qui était déjà bien prenant et bien triste, mais j’ai trouvé qu’Aurélie Silvestre avait, malgré elle, mis la barre beaucoup plus haute. Dès les premières pages, l’émotion m’a submergée et j’avais les larmes aux yeux. Cette jeune femme, déjà maman d’un petit garçon, qui attend un autre enfant pour le printemps, voit son mari disparaître dans l’attentat du Bataclan. Quelle atrocité ! L’événement en lui-même est dramatique, mais la façon dont Aurélie raconte les choses, nous prend directement aux tripes. Elle évoque les poèmes que lui écrivait son mari, leur rencontre, mais aussi et surtout leur dernière journée. Elle se la remémore parfaitement bien, comme si elle avait su à l’avance que ces heures passées ensemble seraient les dernières. Ses mots sont bouleversants. Elle évoque ainsi tout ce qui disparaît avec lui. Son odeur, ses habitudes, ses paroles. Amputée de sa moitié, Aurélie raconte son combat, celui de continuer à vivre sans Mathieu.

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Bonjour, c’est l’infirmière !

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Bonjour, c’est l’infirmière !

Charline est infirmière libérale en pleine campagne. Chaque jour, elle prend sa voiture pour se rendre chez ses patients, qu’ils soient bien connus de ses services ou totalement nouveaux. Il y a ceux qui vivent en famille, d’autres qui cohabitent avec la solitude ; il y a ceux qui ont juste un pansement à changer, d’autres dont il faut s’occuper pendant des heures. Il y a ceux qui vous accueillent avec le café et le sourire, et ceux qui râlent parce que vous avez cinq minutes de retard. Entre coups de cœur et coups de gueule, Charline dépeint ses tournées et ses journées.

Avant de publier ce livre, il était possible de lire le quotidien de Charline à travers son blog « C’est l’infirmière ! » Le titre de ce dernier sera finalement celui de son premier ouvrage « Bonjour, c’est l’infirmière ! », où elle dépeint le métier d’infirmière libérale avec brio. Dans ce récit de vie, nous découvrons de nombreuses anecdotes de patients, mais aussi et surtout l’envers du décor du métier d’infirmière libérale. De nombreuses infirmières se mettent à leur compte après avoir frôlé le burn-out en milieu hospitalier. Ce que l’on ignore, c’est qu’une fois installées pour elles, certaines finissent par laisser tomber. Il faut dire que la profession fait face à des aberrations administratives. A cela, s’ajoutent les heures perdues dans les transports, le paiement des soins en différé, et quand on s’aperçoit du prix d’un soin, on se demande comme l’infirmière peut rentrer dans ses frais. Comme le démontre Charline, c’est avant tout un métier que l’on exerce par passion, où l’humain est au centre des priorités. Et si on n’a pas compris cela, c’est que l’on n’est tout simplement pas fait pour.

L’enfermement

L’enfermement

Océane n’est pas une enfant ordinaire. Elle est autiste. Il faudra plusieurs années et moult examens pour que Florence, la maman, sache que sa fille est atteinte de ce mal. Qu’il s’agisse des instituteurs ou des professionnels de santé, tous s’accordent à dire dès le début qu’Océane n’évoluera pas, qu’il ne faut attendre aucune amélioration. Mais Florence a décidé de prendre le taureau par les cornes, de se battre. Elle descolarise sa fille et essaie chaque jour de lui apprendre à lire, à parler, à écrire et à exprimer ses émotions.

« L’enfermement » est un témoignage poignant signé Florence Henry, et qui m’a été offert par les éditions XO. Durant six ans, cette maman se battra contre les préjugés et les obstacles, ne lâchant rien pour faire progresser sa fille. Elle obtiendra gain de cause. En 2013, Océane retournera à l’école, en classe de 5e. Aujourd’hui, elle prépare son Bac S, rêvant de devenir astronome.

Ce qui est désolant dans cet ouvrage, c’est l’injustice à laquelle doit faire face cette famille. Comment ne pas ressentir de la tristesse ou de la colère quand on lit tout ce que fait cette maman pour son enfant, tout ce qu’elle doit endurer chaque jour ?! Ce qui est intéressant, c’est de voir comment Florence ruse pour stimuler sa fille, à l’aide de jeux, de métaphores et de mises en scène. Ce qui aurait été intéressant, c’est d’avoir un aperçu du vécu d’Océane aujourd’hui, à l’heure où elle termine le lycée. Voilà en tout cas un livre qui donne de l’espoir, qui est rempli d’amour, et qui met en lumière les failles du système lorsqu’il s’agit de déficience mentale.

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Chroniques burlesques d’une journaliste

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Chroniques burlesques d’une journaliste

J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une bande dessinée, à cause des illustrations de Catel, mais il s’agit bel et bien d’un documentaire que l’on peut classer dans les témoignages. Stéphanie Janicot est journaliste. En 2004, elle a participé à la création du magazine culturel féminin Muze, dont l’aventure a dû malheureusement s’arrêter en 2017.

Dans « Chroniques burlesques d’une journaliste », l’auteure raconte son métier au quotidien, à travers 12 chroniques réparties dans l’année. En janvier, elle se voit contrainte de regarder l’intégralité de la sélection du Festival du film fantastique de Morzine. En février, elle couvre avec un autre collègue Les Victoires de la Musique et raconte sa rencontre avec son idole Benjamin Biolay. En mars, elle rédige un papier sur l’art du rangement à la japonaise, quitte à devoir mettre en pratique tout cela au bureau. Au mois d’avril, grâce à ses contacts, elle parvient à décrocher un entretien avec Francis Ford Coppola. En mai, elle doit réaliser un reportage sur la chatmania et en juin, faire un papier sur un musée mobile un peu étrange. En juillet, elle doit s’attaquer à ces hommes et ces femmes qui passent de la culture…à l’agriculture. En août, elle fait la connaissance de la personne chargée de rédiger toutes les nécrologies au Ministère de la Culture. En septembre, elle s’attaque à une pile de livres du Festival New Romance et en octobre, à la troisième saison des Champs de l’amour. En novembre, c’est la consécration, elle se déplace au Salon du Livre à Brive et en décembre, enfin, elle assiste au spectacle musical de Noël, au Grand Théâtre, à Paris.

Toutes ses chroniques, toutes ses anecdotes sont intéressantes, même si certaines s’avèrent plus plaisantes à lire (j’ai beaucoup aimé celles de mars et de novembre). Toutes ont également un côté cocasse et chacune possède une fin qui nous fait sourire. Vous savez la fin un peu originale, inattendue. C’est un ouvrage qui se lit vite et qui nous plonge irrémédiablement dans la peau d’une pigiste au sein d’un journal culturel. Et si on peut avoir un peu de la peine pour la rédactrice quant à certains sujets qui lui sont confiés, on observe qu’elle prend un malin plaisir à couvrir les événements à sa façon.

Merci Stéphanie Janicot. Pour avoir baigné dans l’univers du journalisme, je me suis régalée !

Maman dit que c’est ma faute

petite fille recroquevillée

Maman dit que c’est ma faute

Cathy est une femme divorcée, mère de deux enfants, mais aussi mère d’accueil. Un jour, elle se voit confier Donna, une petite fille métissée, âgée de 10 ans. Battue et humiliée, elle a été réduite à l’esclavage par sa mère et ses frères, d’où son placement. Lorsqu’elle dépose ses affaires chez Cathy, Donna ne prononce pas un mot pendant plusieurs jours. Et puis petit à petit, la coquille se brise et l’enfant se met à parler. Mais il va falloir beaucoup de patience à sa nouvelle famille pour l’aider à se libérer de ses cauchemars.

« Maman dit que c’est ma faute » est une histoire vraie, racontée justement par la mère d’accueil, Cathy Glass. Donna est une enfant qui a été traumatisée et qui continue à l’être puisqu’elle voit encore sa famille régulièrement, en compagnie de l’assistante sociale. Sa mère la renie, l’insulte, tout comme sa grande sœur. Ses frères quant à eux, n’ont pas hésité à la frapper plusieurs fois. Aussi, lorsque Donna arrive dans sa nouvelle maison, elle adopte un comportement étrange : mutisme, domination, agressivité, la petite fille passe par différentes phases. Cathy, ses enfants, mais aussi ses instituteurs, vont essayer de l’aider à rattraper son retard à l’école, mais aussi et surtout à lui apprendre à être une enfant comme les autres.

C’est un très beau témoignage que nous offre Cathy Glass. A plusieurs reprises, j’ai été estomaquée en apprenant ce qu’avait pu vivre Donna. Je me suis aussi souvent dit que les choses allaient aller plus loin, que Donna n’arriverait plus à se contrôler et qu’elle ne parviendrait pas à maîtriser ses émotions. Mais comme le souligne si bien certaines quatrièmes de couverture de l’ouvrage selon les éditions, « Aucune vie n’est sans espoir ».