Marche après marche

jeune homme souriant

Marche après marche

Après avoir fait la fête avec ses potes, Geoffrey et l’un de ses amis prennent la route. Malheureusement, Geoffrey s’endort au volant et l’accident est inévitable. La voiture est quasi-épave. Le jeune homme se retrouve dans le coma et passe plusieurs mois à l’hôpital. A travers cet ouvrage, il raconte son accident et comment il s’en est sorti.

« Marche après marche » est le premier livre que je lis suite à mon partenariat avec les éditions Baudelaire. Ce récit n’est pas un roman mais une histoire vécue, un témoignage, l’envie d’un jeune homme de raconter ce qui lui est arrivé, de décrire le douloureux parcours pour s’en sortir et reprendre une vie normale. « Marche après marche » est un hymne à la vie, une histoire prenante qui se lit comme un journal intime. Tout au long du récit, Geoffrey semble mettre le lecteur dans la confidence en racontant ses souvenirs, mais aussi ceux de ses proches à travers un intitulé original : « Mécanique(s) ». Avec ce livre, Geoffrey Agostiniano espère donner de l’espoir aux malades, aux accidentés de la route, à tous ceux qui souffrent, qui sont sur un lit d’hôpital ou qui ont vécu la même chose. Soutenu en permanence par ses proches, Geoffrey aura même la chance de pouvoir compter sur l’appui de Michel Delpech, une épaule loin d’être anodine.

Marion 13 ans pour toujours

marion

Marion 13 ans pour toujours

Le 13 février 2013, Marion, 13 ans, s’est suicidée. C’est dans sa chambre, pendue à un foulard que sa mère l’a retrouvée. Elle qui pensait que sa fille était juste malade et avait besoin de repos, l’avait laissée seule quelques instants seulement… Si Marion a décidé de quitter ce monde, ce n’est pas à cause d’un chagrin d’amour d’adolescente ; c’est parce qu’elle était victime d’harcèlement scolaire et ce, depuis plusieurs mois. A sa mort, la jeune fille a laissé deux lettres. Une intitulée « Mes meilleures souvenirs avec vous » et qui n’est autre qu’une page blanche. Et une seconde, dans laquelle elle explique son geste et dénonce ses harceleurs. Afin de lui rendre hommage, Nora Fraisse, sa mère, a écrit ce livre, sobrement baptisé « Marion 13 ans pour toujours ».

J’avais déjà vu ce livre dans la Médiathèque où je travaille mais je ne m’étais jamais attardée dessus. Et puis il y a eu cette soirée, sur France 3, sur le harcèlement scolaire,  avec la diffusion du film inspiré du livre. Ce soir-là, je me suis installée devant mon poste de télévision et pendant 1h30, j’ai été happée par l’histoire de l’adolescente. J’ai ensuite suivi le débat sur le harcèlement scolaire qui, lui aussi, fut très prenant.
 
L’histoire de Marion m’a touchée. Comme elle, je n’étais pas très appréciée au collège. Comme elle, j’ai dû faire face à des camarades qui me harcelaient, notamment pour mes devoirs, parce que j’étais l’intello de la classe. Mais passons cet épisode personnel… Ce qui m’a laissée sans voix ici, c’est l’administration scolaire qui n’a pas bougé le petit doigt. Ces profs qui ont peur des élèves, qui ferment les yeux. Ce proviseur qui, à la mort de Marion, n’a même pas été fichu de présenter ses condoléances à la famille. Et surtout, ces jeunes, harceleurs, qui ne se sentent même pas coupables et qui continuent à profiter de la vie.
J’ai envie d’écrire à Marion, de lui dire que je suis désolée de ce qui lui est arrivé. Désolée que personne ne l’ait défendue dans la cour de l’école. Désolée que les professeurs qui auraient pu changer la donne aient décidé de faire comme si de rien n’était. Désolée que malgré les suicides d’autres jeunes de son âge, le harcèlement scolaire persiste.
J’aimerais dire à tous ceux qui harcèlent les autres à l’école, qu’ils n’auront pas une belle vie. Que s’ils sont populaires dans l’instant, ce n’est qu’éphémère. Que les intellos qui malmènent autour d’eux finiront par s’en sortir dans la vie.
J’aimerais dire à ceux qui se font harceler de ne pas garder ça pour eux. D’en parler. Aux parents, aux professeurs, à un psy. De se faire aider. De se dire que ça ne va pas durer. Que c’est un mauvais moment mais qu’on peut s’en sortir. Et qu’on s’en sortira.

Hep, taxi !

taxi

Hep, taxi !

Pendant près de 40 ans, Armand Valenzi a exercé le métier de chauffeur de taxi. Pour partager son expérience et sa vie professionnelle, il s’est décidé à écrire un livre. Car, un chauffeur de taxi n’est pas un simple conducteur qui vous mène d’un point A à un point B. Pour certains clients, il s’agit d’un confident, pour d’autres d’un psy. A travers ce petit ouvrage, l’écrivain nous livre ses meilleures anecdotes. Entre personnages célèbres et demandes farfelues, le lecteur découvrira l’enfer, euh pardon l’envers du décor des taxis parisiens.

Les taxis parisiens ont souvent mauvaise réputation en province et à l’étranger. On dit que les chauffeurs ne sont pas aimables, ou qu’ils sont malhonnêtes. Alors, si cela peut s’avérer vrai dans certains cas, il ne faut cependant pas mettre tous les chauffeurs dans le même panier. Car, parfois, c’est du côté du client que ça coince, comme en témoignent les nombreuses expériences d’Armand Valenzi. Ce dernier a eu droit à des propositions incongrues, comme ce couple qui voulait que le chauffeur les attende pendant qu’ils faisaient leur petite affaire dans les bois… Ou à ces stars qui sont montées dans son taxi, à l’instar de Dalida ou d’Eric Cantona…
Merci aux éditions Publishroom pour m’avoir permise de lire ce livre dans le cadre de notre partenariat. Je regrette juste que l’ouvrage ne soit pas plus long. En effet, j’aurais bien aimé me mettre davantage d’anecdotes croustillantes sous la dent !

Vous n’aurez pas ma haine

une petite coccinelle

Vous n’aurez pas ma haine

Le 13 novembre 2015, Antoine Leiris, journaliste, perd sa femme, Hélène, dans les attentats revendiqués par Daesh. Père d’un petit Melvil de 17 mois seulement, il rend hommage à l’être aimée, à celle qui a été sauvagement assassinée ce soir-là, lors d’un concert au Bataclan. Si le chagrin l’envahit, Antoine Leiris n’est pas haineux. La vie doit continuer malgré tout.

Antoine Leiris s’est d’abord fait connaître sur les réseaux sociaux, le 16 novembre 2015, à travers la publication du texte qui suit : « Vous n’aurez pas ma haine. Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore. Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès. Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus. »

Ces paroles sont likées, commentées et partagées tout autour du monde. A la suite de cette déclaration, Antoine Leiris publiera finalement un livre, son premier, intitulé justement « Vous n’aurez pas ma haine ». Un témoignage bouleversant, qui m’a mis la larme à l’oeil à plusieurs reprises. Dans cet ouvrage, l’auteur évoque tout d’abord le soir des attentats, l’attente insoutenable, les messages des proches et puis l’annonce de la sinistre nouvelle. Puis, en attendant l’enterrement, Antoine Leiris parle de son quotidien avec son fils, mais aussi de son amour pour Hélène, de sa façon prudente de faire comprendre à Melvil que sa maman n’est plus de ce monde. L’écrivain se mettra d’ailleurs à la place de son enfant le temps d’un instant, imaginant ce dernier prendre la plume pour parler à sa mère une toute dernière fois. Une lettre incroyablement touchante qui ne peut pas nous laisser de marbre, comme tous ces témoignages d’affection pour leur petite famille.

« Je pensais que si un jour la lune disparaissait, la mer se retirerait pour qu’on ne la voie pas pleurer. Que les vents cesseraient de danser. Que le soleil ne voudrait plus se lever. »

Il m’a volé ma vie

Il m’a volé ma vie

C’est l’histoire d’une femme, Morgane Seliman. Une femme amoureuse, maman d’un petit garçon. Une femme battue aussi. Durant quatre ans, Morgane est sous l’emprise totale de son compagnon, Yassine. Pourtant, leur histoire d’amour avait bien commencé. Le couple s’était d’abord installé dans un bel appartement, dans lequel Yassine prenait soin de s’occuper de tout, même s’il traînait derrière lui sa réputation de caïd. Mais au fur et à mesure des mois qui passent, Morgane découvre un homme différent, qui a des accès de colère de plus en plus fréquents. Et puis la jeune femme tombe enceinte, ce qui laisse Yassine pantois. Les premiers coups pleuvent. Lorsque Bilal naît, Yassine instaure un nouveau rituel pour ne pas frapper Morgane devant lui. Désormais, il met en place un compte à rebours avant de la battre. Souvent pour un rien. Des œufs trop cuits, une miette qui traîne par terre. Morgane devient une esclave qui doit obéir au doigt et à l’œil.  

Je ne vais pas vous raconter tout le témoignage de Morgane Seliman mais vous avez ici le début du récit. Dans un premier temps, je remercie les éditions XO qui m’ont offert ce livre qui m’a séduite d’emblée. Vous allez me dire que les témoignages sur les violences conjugales ne sont pas rares, mais je pense qu’il est important d’en lire. Saviez-vous qu’en France, chaque année, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences physiques, voire sexuelles ? C’est énorme. Et puis, ceux qui ne sont pas concernés se posent tous la même question : « Pourquoi elle ne le quitte pas ? » J’avoue que c’est la question que je me pose quand j’entends parler de femmes battues. Avec le témoignage de Morgane Seliman dans « Il m’a volé ma vie », je comprends mieux le pourquoi du comment. Il faut avoir du courage certes, ne pas avoir peur des représailles sur soi ou sur sa famille, être capable de tout quitter du jour au lendemain, Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde, surtout quand il y a encore en plus un enfant dans l’histoire…
Toujours est-il que ce témoignage m’a bouleversée. J’aurais presque pu le lire d’une traite, tellement c’était « prenant », bien écrit. Tout au long de ma lecture, j’ai eu de la peine pour cette femme qui n’aspirait qu’à une belle vie de famille, qui fait tout pour que les choses se passent au mieux et qui, au final, s’en prend plein la figure pour ne pas être vulgaire. C’est inouï la force et la brutalité de Yassine. Comment peut-on en arriver à battre celle qu’on aime, à la malmener, à la défigurer, à la couvrir de bleus, à la traiter de tous les noms… C’est une chose que je ne comprends pas et que je ne comprendrai sans doute jamais. Ce genre de type mérite tout simplement de pourrir en tôle et de ne plus jamais revoir la lumière du jour…
Je ne sais pas si cet ouvrage aidera les victimes mais je pense qu’il est de bon ton de ne pas passer à côté, même si nous ne sommes pas concernés par le sujet.