Des mains et des lèvres

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Des mains et des lèvres

Alors qu’elle n’a que 6 ans, Françoise devient sourde. Les premiers moments sont difficiles ; elle est emmurée dans le silence. Il n’y a plus de paroles, plus de chants d’oiseaux, de musique, de bruit tout simplement.  Le langage des signes n’est pas encore reconnu officiellement et les classes spécialisées sont rares.

Autobiographique, « Des mains et des lèvres » permet aux lecteurs de suivre le quotidien d’une personne sourde, depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Françoise Chastel raconte sa jeunesse, son adolescence, sa difficulté à communiquer, à s’intégrer, mais aussi ses voyages, ses amitiés et ses rencontres avec des hommes. A aucun moment l’auteure ne baisse les bras face à son handicap. Courageuse et combative, elle nous fait part tout au long de son roman d’anecdotes amusantes et d’autres beaucoup plus dérangeantes. Elle ira même jusqu’à enseigner à des jeunes sourds dans des classes spéciales.

« Des mains et des lèvres » est un témoignage intéressant, utile. Ce livre permet en effet de mieux comprendre la surdité et d’imaginer à quel point le quotidien d’une personne sourde est différent. La surdité fait partie de ces handicaps que l’on dit invisibles ; on ne les perçoit pas immédiatement lorsqu’on est face à quelqu’un, d’autant plus lorsque la personne n’est pas sourde de naissance.

Il est important de noter que l’écriture du manuscrit avait été vivement encouragée par le cinéaste François Truffaut, mais ce dernier étant décédé entre-temps, le livre était tombé aux oubliettes. Heureusement, il est revenu dans la lumière ! On y apprend plein de choses ; on fait la rencontre d’une écrivaine qui respire la joie de vivre et qui nous enrichit. Un grand merci aux éditions Publishroom pour cette belle découverte !

Jamais assez maigre

top model

Jamais assez maigre

Alors qu’elle révise pour son Bac et se projette déjà à Science-Pô, Victoire est repérée par un chasseur de mannequins. Engagée par l’agence Elite, l’adolescente doit pourtant faire des efforts. Alors qu’elle mesure 1m78 pour 56kg, les professionnels la jugent trop grosse. Victoire se donne pour défi de passer sous la barre des 50kg, grâce à un régime drastique : manger trois pommes par jour. Quelques mois plus tard, la nouvelle mannequin a atteint la taille 32 avec ses 47kg tout mouillés. A New York, les agences lui font les yeux doux. Les castings se multiplient et Victoire participe à ses premières fashion-weeks. Elle défile ainsi pour les grands : Céline, Alexander McQueen, ou encore Miu Miu, et entre dans le top 20 des mannequins les plus demandés à l’international. Mais derrière les strass, les paillettes et le luxe, Victoria déchante face au système et au monde très fermé de la mode.

« Pas assez maigre » est un témoignage brut de décoffrage. On y suit Victoire, une adolescente très jolie, qui se fait repérer par hasard par un chasseur de têtes lors d’une séance de shopping. Elle délaisse ses projets de Fac pour s’envoler vers New York, où une nouvelle vie l’attend. Mais sur place, sa famille et sa vie d’avant lui manquent. Le monde de la mode est cruel. Victoire doit attendre des heures pour passer un casting qui dure à peine 10 secondes, partager un appartement avec d’autres filles qui la haïssent, et être traitée comme un vulgaire objet. Et ce n’est pas tout : en devenant mannequin, Victoire n’est plus que l’ombre d’elle-même et se retrouve emportée par la spirale de l’anorexie.
Je savais que le monde de la mode était dur, que de nombreuses adolescentes étaient traitées comme de vulgaires petits morceaux de viandes et que beaucoup de filles devenaient anorexiques pour espérer un jour défiler sur les plus grands podiums, mais c’est encore pire que ce que j’imaginais. Victoire Maçon Dauxerre démontre à travers son témoignage baptisé « Jamais assez maigre » comment une jeune fille passe du rêve au cauchemar, des podiums des grandes marques à un lit d’hôpital. Ce livre est tout simplement bouleversant et pourrait bien en faire réfléchir plus d’une sur cet univers peu scrupuleux. Merci aux éditions J’ai lu pour cette lecture qui nous ouvre les yeux.

Marche après marche

jeune homme souriant

Marche après marche

Après avoir fait la fête avec ses potes, Geoffrey et l’un de ses amis prennent la route. Malheureusement, Geoffrey s’endort au volant et l’accident est inévitable. La voiture est quasi-épave. Le jeune homme se retrouve dans le coma et passe plusieurs mois à l’hôpital. A travers cet ouvrage, il raconte son accident et comment il s’en est sorti.

« Marche après marche » est le premier livre que je lis suite à mon partenariat avec les éditions Baudelaire. Ce récit n’est pas un roman mais une histoire vécue, un témoignage, l’envie d’un jeune homme de raconter ce qui lui est arrivé, de décrire le douloureux parcours pour s’en sortir et reprendre une vie normale. « Marche après marche » est un hymne à la vie, une histoire prenante qui se lit comme un journal intime. Tout au long du récit, Geoffrey semble mettre le lecteur dans la confidence en racontant ses souvenirs, mais aussi ceux de ses proches à travers un intitulé original : « Mécanique(s) ». Avec ce livre, Geoffrey Agostiniano espère donner de l’espoir aux malades, aux accidentés de la route, à tous ceux qui souffrent, qui sont sur un lit d’hôpital ou qui ont vécu la même chose. Soutenu en permanence par ses proches, Geoffrey aura même la chance de pouvoir compter sur l’appui de Michel Delpech, une épaule loin d’être anodine.

Marion 13 ans pour toujours

marion

Marion 13 ans pour toujours

Le 13 février 2013, Marion, 13 ans, s’est suicidée. C’est dans sa chambre, pendue à un foulard que sa mère l’a retrouvée. Elle qui pensait que sa fille était juste malade et avait besoin de repos, l’avait laissée seule quelques instants seulement… Si Marion a décidé de quitter ce monde, ce n’est pas à cause d’un chagrin d’amour d’adolescente ; c’est parce qu’elle était victime d’harcèlement scolaire et ce, depuis plusieurs mois. A sa mort, la jeune fille a laissé deux lettres. Une intitulée « Mes meilleures souvenirs avec vous » et qui n’est autre qu’une page blanche. Et une seconde, dans laquelle elle explique son geste et dénonce ses harceleurs. Afin de lui rendre hommage, Nora Fraisse, sa mère, a écrit ce livre, sobrement baptisé « Marion 13 ans pour toujours ».

J’avais déjà vu ce livre dans la Médiathèque où je travaille mais je ne m’étais jamais attardée dessus. Et puis il y a eu cette soirée, sur France 3, sur le harcèlement scolaire,  avec la diffusion du film inspiré du livre. Ce soir-là, je me suis installée devant mon poste de télévision et pendant 1h30, j’ai été happée par l’histoire de l’adolescente. J’ai ensuite suivi le débat sur le harcèlement scolaire qui, lui aussi, fut très prenant.
 
L’histoire de Marion m’a touchée. Comme elle, je n’étais pas très appréciée au collège. Comme elle, j’ai dû faire face à des camarades qui me harcelaient, notamment pour mes devoirs, parce que j’étais l’intello de la classe. Mais passons cet épisode personnel… Ce qui m’a laissée sans voix ici, c’est l’administration scolaire qui n’a pas bougé le petit doigt. Ces profs qui ont peur des élèves, qui ferment les yeux. Ce proviseur qui, à la mort de Marion, n’a même pas été fichu de présenter ses condoléances à la famille. Et surtout, ces jeunes, harceleurs, qui ne se sentent même pas coupables et qui continuent à profiter de la vie.
J’ai envie d’écrire à Marion, de lui dire que je suis désolée de ce qui lui est arrivé. Désolée que personne ne l’ait défendue dans la cour de l’école. Désolée que les professeurs qui auraient pu changer la donne aient décidé de faire comme si de rien n’était. Désolée que malgré les suicides d’autres jeunes de son âge, le harcèlement scolaire persiste.
J’aimerais dire à tous ceux qui harcèlent les autres à l’école, qu’ils n’auront pas une belle vie. Que s’ils sont populaires dans l’instant, ce n’est qu’éphémère. Que les intellos qui malmènent autour d’eux finiront par s’en sortir dans la vie.
J’aimerais dire à ceux qui se font harceler de ne pas garder ça pour eux. D’en parler. Aux parents, aux professeurs, à un psy. De se faire aider. De se dire que ça ne va pas durer. Que c’est un mauvais moment mais qu’on peut s’en sortir. Et qu’on s’en sortira.

Hep, taxi !

taxi

Hep, taxi !

Pendant près de 40 ans, Armand Valenzi a exercé le métier de chauffeur de taxi. Pour partager son expérience et sa vie professionnelle, il s’est décidé à écrire un livre. Car, un chauffeur de taxi n’est pas un simple conducteur qui vous mène d’un point A à un point B. Pour certains clients, il s’agit d’un confident, pour d’autres d’un psy. A travers ce petit ouvrage, l’écrivain nous livre ses meilleures anecdotes. Entre personnages célèbres et demandes farfelues, le lecteur découvrira l’enfer, euh pardon l’envers du décor des taxis parisiens.

Les taxis parisiens ont souvent mauvaise réputation en province et à l’étranger. On dit que les chauffeurs ne sont pas aimables, ou qu’ils sont malhonnêtes. Alors, si cela peut s’avérer vrai dans certains cas, il ne faut cependant pas mettre tous les chauffeurs dans le même panier. Car, parfois, c’est du côté du client que ça coince, comme en témoignent les nombreuses expériences d’Armand Valenzi. Ce dernier a eu droit à des propositions incongrues, comme ce couple qui voulait que le chauffeur les attende pendant qu’ils faisaient leur petite affaire dans les bois… Ou à ces stars qui sont montées dans son taxi, à l’instar de Dalida ou d’Eric Cantona…
Merci aux éditions Publishroom pour m’avoir permise de lire ce livre dans le cadre de notre partenariat. Je regrette juste que l’ouvrage ne soit pas plus long. En effet, j’aurais bien aimé me mettre davantage d’anecdotes croustillantes sous la dent !