Ça va être ta fête !

femme avec paquet cadeau

Ça va être ta fête !

A l’occasion de la journée de la femme (en l’occurrence aujourd’hui si cela vous a échappé), Cécile Delacroix a publié un recueil de nouvelles qui dépotent ! Drôles, grinçantes et surtout inattendues, ces petites histoires ont été publiées aux éditions Le Texte Vivant. Au total, l’auteur nous propose une quarantaine de nouvelles. Vie de famille, de couple ou de simple célibataire, si le sujet n’est jamais le même, les récits ont pourtant un point commun : le personne principal est une femme.

Avec beaucoup, mais alors beaucoup d’imagination, Cécile Delacroix a inventé des nouvelles qui nous laissent tout simplement babas ! J’ai été agréablement surprise, j’ai beaucoup ri et surtout je ne m’attendais presque jamais à la chute. Je signale tout de même qu’il y en a deux-trois où je n’ai malheureusement pas tout compris. Par ailleurs, il faut savoir que chaque nouvelle commence par une date et un saint. Si certaines ont un rapport direct avec l’histoire, cela n’est pas toujours le cas, et j’ai eu souvent du mal à faire le lien (s’il y en a un ?) Toujours est-il que si vous cherchez des nouvelles étonnantes, c’est sur « Ça va être ta fête ! » qu’il faut miser.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, je vous propose de télécharger une de mes nouvelles préférées, celle du 1er janvier tout simplement, baptisée « Nouvel An ».

Les vrais héros ne portent pas de slip rouge

Les vrais héros ne portent pas de slip rouge

Les vrais héros ne portent pas de slip rouge

« Les vrais héros ne portent pas de slip rouge » est un recueil de nouvelles écrit par Axel Sénéquier. Les premières tournent beaucoup autour de l’univers du cinéma et cela n’a pas été pour me déplaire ! Entre l’agent de sécurité qui se prend pour Schwarzenegger, la jeune actrice qui a du mal à séduire le public ou encore la gestion personnelle d’une salle de cinéma, les amateurs de 7e art sont servis. Les nouvelles suivantes sont beaucoup plus éclectiques. On en trouvera une par exemple qui tourne autour d’un héritage familial et d’un tableau dont personne ne veut, mais aussi une sur un écrivain trop heureux pour trouver l’inspiration pour son prochain livre…

Cet ouvrage rassemble au total 12 nouvelles. Comme dans tout recueil qui se respecte, certaines sont plus croustillantes que d’autres, et la première, intitulée « Avant-première » est sans doute ma préférée.

Axel Sénéquier ne m’est plus inconnu, puisqu’il m’avait déjà fait parvenir son « Manuel de mise en scène », un livre portant sur l’une de mes passions : le théâtre. Je remercie donc l’auteur de m’avoir accordé une nouvelle fois sa confiance, mais aussi de m’avoir divertie le temps d’un instant. Je suis d’ailleurs persuadée qu’avec un titre aussi accrocheur (je vous le rappelle au cas où vous l’aurez déjà oublié : « Les vrais héros ne portent pas de slip rouge »), le lectorat ne pourra pas passer à côté de ces multiples récits souvent humoristiques.

Ana-Chroniques de la nuit et du jour

covuerture bleu avec une femme devant un paysage

Ana-Chroniques de la nuit et du jour

Un personnage et plusieurs nouvelles ; c’est ainsi que l’on pourrait résumer le recueil de Françoise Cohen aux éditions L’Harmattan. Dans ses petites histoires, nous faisons la connaissance d’Ana au travers de plusieurs scènes, qui se déroulent aussi bien en France qu’à Buenos Aires.

Au total, dix nouvelles attendent le lecteur :
– Ana et la statue
– Dernières images avant la nuit
– Jour de pluie
– Ultime feuille de glycine
– Noces de soleil
– Le septième bourdon du grenadier
– De n’avoir pu te rencontrer
– 2040
– Le collier de l’île de Bora Bora
– Tempo
Alors mise à part une nouvelle que je n’ai pas du tout comprise, j’ai plutôt été conquise par ce recueil qui se lit facilement en une soirée ! Je vous avouerai même que j’aurai bien prolongé la lecture de certaines histoires si cela avait été possible. Le côté fantastique m’a beaucoup plu même s’il n’est pas présent dans toutes les nouvelles.
Maintenant que je vous ai présenté brièvement l’ouvrage, je vais m’attarder sur mes trois nouvelles préférées de Françoise Cohen. La première tout d’abord, qui s’intitule « Ana et la statue ». En revoyant une statue exposée dans un musée, Ana fait un voyage dans le passé. Cette statue, c’est elle, en 1977, à Buenos Aires. A l’époque, Ana était modèle dans un cours, mais un accident a ravagé les lieux. Tout le monde a été porté disparu et la jeune femme ne sait plus ce qui s’est réellement passé. C’est le genre de récit que j’affectionne de manière générale, donc autant vous dire qu’en ayant terminé la lecture de cette première nouvelle, je me suis dit que c’était bien parti !

En seconde position, je mettrai « Dernières images avant la nuit ». Ici, Ana est sur son lit, prête à recouvrir la vue grâce à une greffe. Mais cette dernière n’a pas été anodine. Ana a désormais des souvenirs qui ne lui appartiennent pas. Là encore, le fantastique a pointé le bout de son nez, et j’aime quand la fiction dépasse le réel !

Pour la dernière, j’opterai pour « De n’avoir pu te rencontrer ». Il s’agit grosso modo d’une rencontre qui ne s’est jamais faite. D’un homme qui, au détour d’un regard, s’éprend d’une femme qu’il ne va plus jamais croiser. C’est triste mais drôlement bien écrit.
Un grand merci à Françoise Cohen pour m’avoir fait découvrir son ouvrage. Je vous souhaite beaucoup de réussite !

Jamais sur les lèvres

Jamais sur les lèvres

Jamais sur les lèvres

Dans le train qui l’amène vers Paris, Annette, 23 ans, rêve d’un avenir meilleur. Pour ce faire, elle a décidé d’ouvrir son propre atelier de couture dans la capitale. Il ne lui manque que l’argent. Pour mener à bien son projet le plus rapidement possible, la jeune femme a trouvé, semble-t-il, l’endroit idéal : « le 12 », comprenez une maison close. Reçue par la tenancière, Annette ne semble pas très à l’aise. Elle doit se déshabiller pour montrer son corps, s’effeuiller, et jouer un rôle pour satisfaire tous les hommes qui passent par là. Nourrie, logée et blanchie, la nouvelle prend ses marques dans sa chambre de bonne, et tente de faire son travail du mieux qu’elle peut. Un jour, elle reçoit un homme pas comme les autres. Un client qui ne vient pas pour le sexe mais pour discuter. Plusieurs fois d’affilées. C’est un homme de passage. Lors de son dernier rendez-vous avec Annette, il se met à genoux et demande de l’épouser. D’abord hésitante, la jeune femme finit par lâcher le bordel pour convoler en justes noces.

« Jamais sur les lèvres » est une nouvelle écrite par Sonia Dron qui évoque l’univers très atypique des maisons closes dans les années 1930. Le titre fait bien évidemment référence à ce qui est demandé aux prostituées, à savoir ne jamais embrasser un client sur la bouche (mais le reste est permis…) La nouvelle est très courte (13 pages) et l’histoire ne se termine pas très bien pour Annette. Vous allez dire que je termine mon résumé par un mariage et que ce n’est pas une happy end ? Eh bien non, car je ne vous ai pas tout dévoilé. Le personnage principal va sombrer mais je ne vous en dirai pas plus. Toujours est-il que le décor est très intéressant. De mémoire, je n’ai jamais lu encore de livres dont l’histoire se déroule dans un bordel. Je suis tout de même restée sur ma faim, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur le mode de fonctionnement, sur la personnalité d’Annette, sur les hommes qui fréquentent ce genre d’endroit. Bravo (et merci) à Sonia Dron pour cette nouvelle qui pourrait facilement je pense se transformer en roman.

Extrasystoles

Extrasystoles

Extrasystoles, c’est le nom bizarroïde d’un recueil de nouvelles écrit par Carole-Anne Eschenazi. Alors pour ne pas mourir bête, j’ai quand même cherché dans le dictionnaire ce que voulait dire ce terme. En voici la définition si vous êtes un tout petit peu curieux : il s’agit d’une « contraction prématurée du cœur qui altère le rythme cardiaque normal ». Le choix du titre s’explique sans doute par le fait que la plupart des nouvelles sont axées sur des récits d’amour. Attention, ici on ne parle pas de belles romances ou de Happy End ; au contraire il s’agit plutôt d’histoires qui finissent mal. 

Au total, le lecteur découvre 17 nouvelles. Elles sont assez dures, parfois violentes, drôles de temps en temps. Les mots ne sont jamais choisis au hasard. Il n’est pas du tout question de bien faire passer la pilule ou la chose avec douceur. Le ton est direct, certaines phrases peuvent même choquer ; pour ma part, ça m’a plutôt amusée. Il faut comprendre le second degré. J’ai préféré les premières nouvelles aux dernières de l’ouvrage, mais je dois dire que l’écriture est originale, au même titre que les histoires qui changent un peu de ce que l’on a l’habitude de lire. 
Je vais maintenant évoquer les cinq nouvelles d’Extrasystoles de Carole-Anne Eschenazi qui m’ont le plus plu.
  •  « Looking for Eddie » : Emma tombe amoureuse d’un acteur en voyant l’un de ses films. C’est décidé, entre eux, il y aura une belle histoire d’amour. La jeune femme part à sa rencontre au Festival de Cannes mais tout ne se passe pas comme prévu. Le comédien s’avère accompagné et Emma n’obtient qu’une poignée de main. Autant dire que l’acteur ne va pas s’en tirer aussi facilement.
  • « Joyeux Noël » : Benjamin a 13 ans et il aime le piano. Mais ce qu’il adore par-dessus tout, c’est son professeur, Solange, qui lui donne des cours particuliers. Alors quelques jours avant Noël, l’adolescent tente le tout pour le tout. Solange sera sa première fois, il en est persuadé.
  • « Faute de frelons » : Julien est un crack. Les bonnes notes, il les collectionne depuis le primaire. Alors quand au dernier contrôle de maths, il n’obtient qu’un 10, l’adolescent tombe de haut. Les parents eux, n’en font pas toute une histoire, une mauvaise note ça peut arriver. Mais Julien est hors de lui, et compte bien faire payer cette correction à sa prof.
  • « Et la Saint-Crépin ne reviendra jamais » : Théodora veut devenir escargologue (oui ça existe), mais elle vient de rater ses examens pour accéder au niveau supérieur. Sa vie est fichue. Elle qui se passionnait depuis tant d’années pour les escargots. Théodora va se venger, mais pas sur n’importe qui…sa cible est toute choisie.
  • « A la sauce gribiche ». Armelle est une femme plus grande que la normale. Mais obèse aussi. Son mari, lui, est écrivain. Mais entre eux, l’amour s’est éteint. Il n’y a même plus de braises. Les disputes s’enchaînent. La dernière va laisser des traces, surtout dans la cuisine…
Un grand merci enfin aux Editions Cent Mille Milliards qui m’ont offert ce recueil de nouvelles.