Les fossoyeurs

A moins d’avoir vécu dans une cave ce printemps, vous avez forcément entendu parler de l’ouvrage de Victor Castanet, « Les fossoyeurs ». Ce journaliste a enquêté durant trois ans sur le groupe Orpéa, leader mondial des Ehpad et des cliniques. Et son résultat est tout bonnement alarmant. Le récit démarre à Neuilly, dans l’un des plus beaux établissements du groupe, « Les bords de Seine ». Meubles rococo, piano, seau à champagne, on se croirait dans un palace. Et puis, on arrive au cinquième étage et là, c’est le drame. Le parfum des orchidées a laissé la place à celui de l’urine. La véritable image de l’endroit se dévoile et elle fait froid dans le dos.

Au total, Victor Castanet a recueilli quelques 250 témoignages à travers toute la France, parmi lesquels on retrouve aussi bien des infirmiers, des aides-soignants, que d’anciens directeurs ou familles. 

Alors, certes, ce n’est pas la première fois que des maisons de retraite sont épinglées par des journalistes. Des cas de maltraitance, il y en a déjà eu beaucoup ; des conditions de travail déplorables aussi ; des enquêtes en caméra cachée également. Mais ici, c’est tout de même un poil différent. Victor Castanet ne s’est pas planqué pour réaliser son reportage ; il a même contacté à plusieurs reprises Orpéa, sans succès. Et puis il y a les chiffres, les rapports alarmants, les nombreux dysfonctionnements en matière de gestion du personnel et de rationnement de produits. Les résidents ont en effet un nombre de couches limitées par jour. L’argent public est détourné : les fournisseurs doivent gonfler les factures et reverser l’argent « restant » au groupe ; les familles déboursent des sommes hallucinantes, jusqu’à 7000€ par mois, pensant que leurs proches vivent dans un cadre agréable… Des exemples parmi tant d’autres qui font froid dans le dos, et qui nous touchent, car nous sommes tous concernés par les problèmes de vieillesse.

L’ouvrage a battu des records de vente, avec 225 000 exemplaires vendus fin mars, selon France Inter, et douze rééditions. L’objectif pour Victor Castanet était bien entendu de dénoncer, mais aussi et surtout de faire réagir. Aujourd’hui, plus de trois mois après la parution du livre, où en sommes-nous ? Un nouveau directeur général vient d’être nommé en la personne de Laurent Guillot. Après un rapport des inspections générales des finances et des affaires sociales, une nouvelle enquête a été ouverte. Le groupe Orpéa quant à lui, serait en pleine rédemption et a déposé une plainte contre X pour « des faits et opérations passés ». 

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