
Que dire à un enfant qui se retrouve face au deuil ou qui pose des questions sur la mort ? Pour nous aider dans cette tâche ô combien délicate, Delphine Horvilleur, rabbin, évoque son expérience, puisqu’elle a notamment comme tâche d’accompagner les familles endeuillées, fait référence aux textes traditionnels mais aussi à la nature. L’autrice est claire dès le départ : son ouvrage, qu’elle a baptisé « Euh… Comment parler de la mort aux enfants » n’apporte aucune réponse toute faite.
A travers des chapitres qu’elle a nommés avec des jeux d’enfants (« action ou vérité », « un, deux, trois, soleil »), elle démontre comment notre société fait du sujet de la mort un tabou. On n’en parle pas ou peu, et encore moins aux enfants. On utilise des métaphores et des expressions telles que : « il nous a quittés », « il est parti au ciel » qui sonnent faux. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Delphine Horvilleur nous explique qu’au début du XXe siècle, une des traditions françaises consistait à se prendre en photo avec les défunts. Mais surtout, elle nous rappelle que les enfants ne sont pas dupes et que la mort n’est pas le contraire de la vie. A ces exemples, s’ajoutent des observations et des traditions en fonction des religieux. Un essai court mais salvateur, qui nous ouvre les yeux sur notre langage et nous invite à profiter pleinement du présent.
« Imaginez un instant la lecture de La Belle au bois dormant qui finirait ainsi : « Le prince l’épousa, ils vécurent longtemps heureux et eurent beaucoup d’enfants. Plus tard, elle fit un AVC et lui fut diagnostiqué d’une maladie neurodégénérative puis d’un cancer de la prostate. Finalement, l’un puis l’autre moururent sur un brancard dans un couloir des Urgences parce qu’il n’y avait pas ce jour-là de lits disponibles au service gériatrie de l’hôpital public. » »
