
C’est une correspondance pas comme les autres, celle de deux écrivaines qui ne se connaissent pas. Louise est une enfant la première fois qu’elle écrit à Madeleine. Elle lui fait part de son envie de devenir autrice alors qu’elle n’a que 10 ans ; elle a même déjà rédigé une première histoire. Vingt années passent. Madeleine n’écrit plus, elle vit recluse sur une petite île bretonne avec ses animaux, et Louise n’a pas réalisé son rêve. Pourtant elle a écrit un roman, mais elle a peur de se faire lire. Alors elle prend la plume, fait part à Madeleine de ses doutes, de ses espoirs, avant de se lancer dans le grand bain. Entre les deux femmes, une amitié se lie et le lecteur assiste à la naissance d’une écrivaine.
Bien différent des précédents romans d’Aurélie Valognes, « La lignée » est un ouvrage épistolaire qui parle de l’écriture comme d’une passion, d’un besoin vital, d’une création. L’écriture a perdu nos deux héroïnes d’une certaine manière : l’une est devenue très solitaire ; l’autre est tellement prise par sa plume qu’elle délaisse tout le reste.
Véritable correspondance intime ou mise à nu, « La lignée » nous met face aux différents rôles des personnages, tour à tour femme, mère, écrivaine. Il y est aussi question du regard des autres, ici plus particulièrement de la famille et des lecteurs. Et puis, Aurélie Valognes aborde la quête de soi : peut-on encore être soi-même lorsqu’on est en couple/marié/parent ? Peut-on s’émanciper ? En pleine lecture, on a envie à notre tour de prendre la plume, tant l’autrice nous parle avec brio de l’écriture et de ce qu’elle peut représenter.

Il faut que je lise.
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