
Années 1980, en France : Camille est amoureuse d’une femme, Julie. Ensemble, elles rêvent de fonder une famille. Alors, elles en émettent le souhait auprès d’un autre couple d’amis proches : Gabriel et Antoine. Deux hommes, deux femmes ; deux pères, deux mères, une famille. Mais à une époque où le Sida fait rage et où le mariage pour tous n’existe pas encore, un tel projet va demander beaucoup d’efforts, de la détermination et quelques sacrifices.
C’est dans le cadre de l’opération Mass Critique de Babelio que j’ai découvert la plume de Catherine Laurent et son roman « La possibilité d’un enfant ». Lu en une heure top chrono, ce récit contemporain revient sur des années très complexes pour les couples homosexuels. Le SIDA, comme énoncé précédemment, arrive en Europe et on en sait encore très peu sur cette maladie dévastatrice. Qui plus est, l’homosexualité est encore perçue par beaucoup comme une maladie mentale, qui ne sera retirée de la fameuse liste par l’OMS qu’en 1990. Les deux couples sont donc confrontés au regard des autres, de leurs familles respectives qui n’approuvent parfois ni leur projet, ni ce qu’ils sont, et de celui des institutions qui freinent leur désir d’adoption.
L’histoire est racontée du point de vue que Camille à l’heure où elle est grand-mère. Elle revient sur ce parcours semé d’embûches qui a finalement fait plus de mal que de bien au sein de cette famille si particulière mais si désireuse d’en former une. Si aujourd’hui, les « choses sont un peu plus simples » qu’auparavant, l’ouvrage démontre que certains tabous subsistent encore. Une lecture simple mais très belle, qui éclaire le lecteur sur les mœurs dans les années 1980.
