Entretien avec Adeline Dieudonné

Invitée d’honneur au 41e Forum du Livre, Adeline Dieudonné rencontre un nouveau succès avec son dernier roman baptisé « Reste ». Rencontre avec une écrivaine qui a la musique dans la peau et des projets plein la tête.

Vous figurez cette année parmi les invités d’honneur au 41e Forum du Livre. Est-ce votre première fois à Saint-Louis ? Oui c’est ma première fois. 


Après « La vraie vie » et « Kérozène », vous revenez avec « Reste », un nouveau roman plus axé sur l’amour. C’était important pour vous de changer de registre ? Non, ce n’était pas une volonté de ma part, chaque histoire impose sa forme. J’avais cette situation de départ en tête, une femme au bord d’un lac avec le corps de son amant décédé accidentellement. C’était le moment pour moi de parler d’amour, de questionner cette créature bizarre qui prend tant de place dans nos vies, d’observer son ancrage social. J’avais envie de voir cette femme de quarante ans se pencher sur son passé amoureux, les différents hommes qui ont partagé sa vie et d’écouter ce qu’elle avait à en dire aujourd’hui, à la lumière de la révolution #metoo. Mais donc la question du registre ne se pose jamais.

Dans une vidéo réalisée par votre maison d’édition, vous dites que vous écrivez pour apprivoiser vos peurs. Est-ce que la mort en fait partie ? Oui bien sûr. La mienne et surtout celle de mes proches. 

A la fin du livre, vous indiquez votre playlist avec des titres classiques mais aussi axés « métal ». En quoi la musique est-elle importante dans votre façon d’écrire ? Au départ, j’ai appris à écrire sur du métal. Pour écrire j’ai besoin de briser la couche de vernis social sous laquelle je dissimule mes émotions. Et étant issue de la bourgeoisie, la couche est épaisse chez moi. Je dois descendre dans les geôles où sont enfermés tous mes monstres, faire sauter les verrous et leur dire « allez-y, c’est votre moment » Le métal, toutes influences confondues, le punk rock, le hard rock produisent cet effet cathartique. Pour Reste, j’ai travaillé avec un tout autre registre musical, parce que j’avais besoin d’aller convoquer d’autres émotions chez moi, plus douces, plus mélancoliques. Mais la musique est extrêmement importante dans mon processus d’écriture. Par contre toute la phase de relecture se fait en silence car j’ai besoin d’entendre la métrique du texte. 

Les adaptations littéraires ont le vent en poupe. Suite à la parution de « Reste », avez-vous reçu des propositions d’adaptation pour le petit ou le grand écran ? Oui, c’est signé, mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant. 

Interview réalisée dans le cadre du 41e Forum du Livre

Crédits photo : L’Iconoclaste

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