Johnny a tué mon père

Johnny a tué mon père

5 décembre 2017 : La France est en deuil, Johnny Hallyday vient de décéder. Au fin fond de l’Aquitaine, quelques heures plus tard, un proviseur de lycée du nom de Bernard Langlois, rend également l’âme. Alors que le premier fait la Une des médias, le second meurt dans l’indifférence la plus totale. Louise, sa fille, est dévastée, et ne supporte pas tout ce tapage médiatique autour du chanteur. Coincée dans les préparatifs de l’enterrement aux côtés de sa mère, Louise se replonge dans le passé pour mieux se délivrer.

« Johnny a tué mon père » aurait dû être publié par une grande maison d’édition. Mais quelques clauses dans le contrat apparemment non discutables ont fait que l’auteure a finalement été remerciée. Elsa Levy a alors profité du confinement pour auto-publier son livre, le promouvoir, et c’est une pépite qui mérite vraiment de voir le jour en librairie!  L’histoire est vraiment originale. L’écrivaine y évoque le deuil, compare la mort du père du personnage principal à celle de Johnny. D’abord dégoûtée par le rocker, Louise se met à l’apprécier, à suivre tous les reportages qui lui rendent hommage, jusqu’à se dépêcher pour assister à la télévision à son enterrement. Une nouvelle passion qui la déconnecte de la réalité, celle à laquelle elle doit faire face : elle n’a plus de père. Elle n’a plus besoin de lui plaire, d’être l’élève modèle qu’elle essayait d’être constamment. Contre toute attente, sa mort sonne comme une liberté et lui donne envie d’écrire son nouveau roman.

Dans ce récit, il y a du chagrin, mais aussi de l’humour. On se souvient que la mort de Johnny a en effet monopolisé tous les médias, au grand dam de celle de Jean d’Ormesson. Un peu comme la pauvre Farah Fawcett, décédée il y a quelques années, au même moment que… Michael Jackson. Et ce n’est pas normal. Or, c’est comme ça que cela fonctionne aujourd’hui et c’est souvent aux enterrements qu’on se rend compte si la personne était connue ou pas, appréciée ou non. C’est également à cet instant que l’on constate que nous sommes tous égaux face à la mort. Avec un ton décalé et un peu d’humour, Elsa Levy traite ce sujet plombant avec beaucoup de justesse et sans jamais tomber dans le pathos.

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