La cote 400

plein de livres roses, verts et noirsC’est l’histoire d’une jeune femme qui rêvait de devenir enseignante. Malheureusement, elle a échoué, et se retrouve bibliothécaire dans une petite ville. Entre les multiples rangées de livres, elle nous confie ses états d’âme, son quotidien, ses angoisses, mais aussi son petit béguin pour un usager, alors qu’elle avait renoncé aux hommes.

« La cote 400 » de Sophie Divry n’est pas un ouvrage autobiographique comme on pourrait le croire, puisque l’auteure n’est pas bibliothécaire mais journaliste. Il s’agit d’un petit livre qui ne fait même pas 90 pages, et qui se dévore donc en quelques bouchées. Pourquoi celui-ci s’appelle-t-il d’ailleurs la cote 400 ? Eh bien, il faut savoir qu’en bibliothèque, les documents sont classés en fonction de la classification Dewey. Pour vous donner un exemple, la cote 700 regroupe les arts, tandis que les 300 réunissent les documents portant sur les sciences sociales. Il n’y a encore pas si longtemps, la cote 400 contenait les langues, mais celle-ci a été finalement supprimée de la classification. Voilà, ça c’est pour la culture générale.

« La cote 400 » est un monologue cinglant, loin d’être ennuyeux, qui oscille entre gros clichés (la bibliothécaire invisible, complètement solitaire, cachée derrière ses lunettes et son chignon) et profondes vérités (la volonté que tout soit impeccable et bien classé, les plus démunis qui viennent en hiver à la bibliothèque pour se réchauffer).

Pour un premier roman, j’avoue avoir eu quelques frayeurs en lisant la 4e de couverture. Bien que celle-ci soit séduisante elle laissait penser que « bon, voilà, comme je n’ai pas réussi ma vie, je vais aller travailler dans une bibliothèque », ce qui est une formule assez péjorative.  Qui plus est, dans l’histoire, nous avons affaire à une bibliothécaire quelque peu frustrée. Ce métier lui plaît, d’ailleurs elle le dit (« cela me calme d’être ici », etc.) mais la jeune femme reste retranchée sur elle-même. Elle pense ne pas être reconnue, n’avoir qu’un tout petit rôle, ne servir qu’à ranger les rayons au fin fond d’une cave.  Si elle tombe sous le charme d’un usager, et bien qu’elle observe ses moindres faits et gestes, elle n’ose l’aborder, trop timide pour faire le premier pas, mais aussi peu sûre d’elle, elle qui avait fait une croix sur les hommes.

Cela reste tout de même un roman charmant, qui permet de passer du temps dans une bibliothèque et de découvrir (un peu) l’envers du décor.  Ma seule angoisse : que ceux et celles qui lisent ce roman de Sophie Divry sans connaître l’univers des médiathèques n’aient point envie de franchir leur porte après avoir tourné la dernière page. Les bibliothèques ne sont plus ce qu’elles étaient autrefois, c’est-à-dire austères, avec peu de lumière, et dans lesquelles un simple bruit donnait droit à un « chut ! » magistral. Aujourd’hui, ce sont des lieux culturels à part entière, où le savoir et le divertissement sont intimement liés.

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4 réflexions sur “La cote 400

  1. Ca me laisse mitigée ! J’en ai entendu parler à plusieurs reprises, et j’hésite toujours à le lire ou non ! Bon peut-être parce que je suis bibliothécaire haha !

  2. Je ne connaissais pas du tout ce roman mais je le note, j’aime beaucoup aller à la médiathèque, cela ne devrait pas changer après, mais je suis curieuse de lire ce tout petit roman, merci pour la découverte !

  3. je suis intriguée et je note (je ne suis pas bibliothécaire mais je fais partie de la famille) et comme je suis bien persuadée que les biblis sont loin de n’être que des boites à livres poussiéreuses, je en risque pas d’avoir une fausse image!! 😉

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