
2020, en Allemagne, en plein confinement : Christiane K., âgée alors de 27 ans, tue cinq de ces six enfants en les étouffant : Mélina 19 mois, Léonie 2 ans, Sophie 3 ans, Timo 6 ans et Luca 8 ans. Elle tente ensuite de se jeter sous un train mais en réchappera. Condamnée à la perpétuité, la mère de famille plaide non coupable. Ce n’est pas elle qui a tué ses enfants, dit-elle, mais un homme masqué venu chez elle ce jour-là. Prune Antoine, journaliste indépendante et récemment maman, commence à s’intéresser à ce fait divers et à le couvrir pour le Nouvel Observateur.
Dans le cadre du Book Club sur les faits divers, j’ai lu cette enquête intitulée « La mère diabolique », qui figurait sur ma wish-list. Outre la reconstitution des faits, Prune Antoine fait le parallèle avec la maternité et toutes les ambivalences qui y sont liées. Elle rencontre Christiane K. en prison, partage avec nous des pièces du dossier, des témoignages et en vient à la triste conclusion : lorsqu’il y a infanticide, la mère est forcément mise en cause, même lorsque l’enquête n’est pas encore menée. Prune Antoine en profite ici pour dénoncer le système pénal et psychiatrique, sans pour autant excuser la mère. Qu’est-ce qui l’a poussée à tuer ? Etait-elle malade mentalement ? Le drame aurait-il pu être évité ? On ne le saura vraiment jamais et c’est peut-être le seul point noir. Le mystère reste entier, si on laisse une infime place à l’homme masqué qui ne serait pas sorti directement de l’imagination de la protagoniste…
