
En Iran, selon la loi islamique, le père est propriétaire du sang de ses enfants ; aussi il ne risque quasiment rien au niveau pénal s’il s’en prend à eux. L’homme a donc les pleins pouvoirs. Quant aux femmes, si elles s’affranchissent légèrement depuis la mort de Mahsa Amini il y a trois ans, leur liberté reste tout de même très limitée.
Ici, Mansoureh Kamari revient sur son enfance et son adolescence sous la puissance du joug masculin. Alors qu’elle se souvient avec émotion des moments de jeux avec son frère lorsqu’elle était petite, elle évoque une ribambelle d’interdictions qui vont très vite la faire déchanter : pas le droit de danser, de rire ou encore d’aimer. A 9 ans, elle prend conscience qu’on peut désormais la marier. Viennent alors les agressions sexuelles de plus en plus nombreuses et la peur de ne plus rien maîtriser. Mais Mansoureh ne se laisse pas abattre et prend son destin en main une bonne fois pour toutes.
On peut s’estimer heureuse de vivre en France et d’avoir tant de liberté lorsque l’on voit la condition des femmes dans d’autres pays. Avec sa bande dessinée intitulée « Ces lignes qui tracent mon corps, Mansoureh Kamari raconte l’histoire de son passé et celle de sa métamorphose. Avec peu de mots parfois mais des dessins qui en disent long, la jeune femme montre à quel point sa vie était insoutenable. Aujourd’hui, alors qu’elle pose nue dans des cours de peinture, elle témoigne du douloureux chemin parcouru, pas toujours avec les réponses que l’on attend mais suffisamment pour percevoir toute la tristesse lorsqu’elle regarde en arrière. Un récit poignant, dérangeant mais nécessaire.
