Le couteau

Salman Rushdie est écrivain. Il a plus d’une vingtaine de livres à son actif, parmi lesquels « La Cité de la victoire », « Le sourire du jaguar » ou encore « La maison Golden ». Il a également rédigé des essais, des recueils de nouvelles. Connu pour mêler le mythe à la fantaisie, Salman Rushdie voit sa vie basculer en 1988, suite à la parution de son livre « Les versets sataniques ». Ce dernier fait scandale au sein de la communauté musulmane en raison de la description que l’auteur fait du prophète. L’ouvrage est banni de plusieurs pays, dont l’Inde, le Soudan, le Pakistan, etc. En 1989, une fatwa est émise par l’ayatollah Rouhollah Khomeini. En résumé : il condamne Salman Rushdie pour apostasie et précise que c’est la responsabilité de tout musulman d’exécuter l’écrivain comme les éditeurs. Une récompense est même offerte à celui qui le tuera. S’en suivront des manifestations et des morts, comme celle du traducteur japonais de Salman Rushdie. Suite au décès de Khomeini, l’écrivain publie « De bonne foi » pour apaiser les tensions et s’excuser. Si l’Iran annonce son renoncement à accomplir la fatwa, il n’en est pas de même pour la loi islamique.

Le 12 août 2022, lors d’une conférence à Chautauqua aux Etats-Unis, Salman Rushie est poignardé d’une quinzaine de coups de couteau. Opéré en urgence, l’auteur perdra l’usage d’une main et d’un oeil, en plus de souffrir d’un syndrome post-traumatique. Et c’est dans ce livre, « Le couteau : Réflexions suite à une tentative d’assassinat » que l’écrivain raconte l’attaque qui a duré au total 27 secondes. L’auteur des faits, qui a été immédiatement interpellé, se nomme Hadi Matar, et son procès devrait avoir lieu prochainement.

Je vais vous faire une confidence : avant l’attaque au couteau, je n’avais jamais entendu parler de Salman Rushdie. Ce n’est pas pour autant que j’ai eu spécialement envie de lire ce qu’il avait écrit, mais lorsque a paru « Le couteau : Réflexions suite à une tentative d’assassinat », j’ai voulu m’intéresser à son témoignage et essayer de comprendre. Comme le titre l’indique, « Le couteau » n’est pas une fiction, mais un récit, une sorte de témoignage. Et ce témoignage, Salman Rushdie avait besoin de le faire, ne serait-ce que pour se reconstruire. Non seulement, il imagine au cours de son récit, un dialogue avec son attaquant, mais il revient aussi sur les faits et sur sa réaction ou plutôt son absence de réaction lorsque l’agresseur a foncé droit sur lui. Salman Rushdie raconte ensuite son séjour à l’hôpital, sa longue rééducation et son retour à la « vie normale », le tout dans un phrasé ponctué d’auto-dérision, d’amour et d’espoir.

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