Carnets d’aventures ordinaires

Carnets d’aventures ordinaires

Dans sa nouvelle saga baptisée « Carnets d’aventures ordinaires », Mademoiselle Caroline a décidé de s’attaquer à l’homme pour son premier volume. Ici, l’homme est viril, cinglant. Il a la réplique facile. Il fait son gros dur, mais en grattant un peu l’écorce, on se rend compte qu’en dessous, c’est un nounours tout gentil.

J’ai déjà lu pas mal de bandes dessinées de Mademoiselle Caroline. Il y en a certaines que j’ai aimées, d’autres moins. Pour « L’homme », c’est d’abord le format qui m’a attiré. Puis en l’ouvrant, je n’étais plus si sûre de mon coup, j’avais l’impression que le dessin était un peu bâclé, mais je me suis dit : « Allons, c’est Mademoiselle Caroline, il faut la lire ». Et c’est ce que j’ai fait. Et je me suis amusée ; j’ai ri. Beaucoup. Si vous n’aimez pas l’humour noir ou que vous prenez tout au premier degré, passez votre chemin, mais autrement, jetez-vous dessus ! C’est drôle, piquant, très sarcastique, bref, ça m’a beaucoup plu et je me demande bien quel sera le sujet du second volet !

Chute libre – carnets du gouffre

chute

Chute libre – carnets du gouffre

Après la naissance de son premier enfant, Caroline sombre peu à peu dans la dépression. La maladie s’installera à trois reprises dans sa vie. Au début, Caroline ne comprend pas son mal-être, car tout va bien dans sa vie, elle a vraiment tout pour être heureuse. Et pourtant, elle broie du noir, pleure tout le temps. Pour se sortir de là, la jeune femme va avoir recours à des spécialistes et bien entendu, à un traitement. A travers ses planches, Caroline exprime ses émotions, et donne aussi des clés à son entourage pour être mieux comprise.

Je n’avais pas l’habitude de voir une Mademoiselle Caroline aussi sombre. A travers « Chute libre – carnets du gouffre », l’illustratrice démontre que la dépression est une maladie à part entière, qu’il faut prendre au sérieux, sous peine de ne jamais arriver à remonter la pente. Et même avec un traitement médicamenteux, cela peut être très lourd. De plus, la dépression n’est pas forcément visible. Mademoiselle Caroline le prouve à travers ses dessins : de nombreuses personnes de son entourage la trouvent rayonnante, splendide, amincie. La vérité est toute autre : Caroline ne va pas bien, elle ne s’alimente plus et elle a déjà perdu plusieurs kilos. Seulement, elle garde un sourire de façade pour que personne ne s’en aperçoive, pour ne pas inquiéter sa famille aussi. Elle nous livre là un bel album graphique sur un mal qui touche tous les âges et environ une personne sur cinq en France.

La différence invisible

femme au milieu de la foule

La différence invisible

A 27 ans, Marguerite est une jeune femme somme toute ordinaire. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Mais derrière les apparences se cache une personne timide, maniaque, différente. En partant à la découverte d’elle-même, Marguerite se rend compte qu’elle est autiste Asperger. Une révélation qui va changer sa vie littéralement.

« La différence invisible » est signée Mademoiselle Caroline et Julie Danchez. La bande dessinée est autobiographique puisqu’elle raconte le quotidien de Julie Danchez, qui a été diagnostiquée autiste tardivement.

Le récit est très prenant. Le lecteur se rend compte dès les premières pages qu’il y a quelque chose « qui cloche » chez Marguerite. Elle est enfermée dans son cocon, fuit la foule, les collègues, les imprévus et le pire dans tout ça, c’est que même son petit-ami ne la comprend pas. Personne ne décèle les signes pourtant bien présents. Marguerite n’a pas d’autres moyens que de se découvrir par elle-même et là encore, elle fait face à des obstacles, à des médecins qui ne la prennent pas au sérieux. Le jour où le verdict tombe, la jeune femme est soulagée. Soulagée de pouvoir mettre un mot sur ce mal qui la ronge. Soulagée de pouvoir rencontrer d’autres personnes dans le même cas, de partager son expérience. Grâce au diagnostic c’est simple, Marguerite revit.

La BD est touchante, les dessins sont très très chouettes. J’ai adoré les tons, les formes, l’univers. Bref, c’est un coup de cœur ! Cette bande dessinée s’adresse à tous, que vous soyez autistes ou non. Elle permet d’en apprendre plus sur le syndrome d’Asperger, encore bien méconnu par beaucoup.

Maman ?! Quoi encore ?

Maman ?! Quoi encore ?

La vie de maman, c’est tantôt le bonheur, tantôt l’enfer. Il faut tenir le choc, surtout lorsqu’on a trois marmots dans les pattes qui ne nous laissent pas une seule seconde. Entre les maladies infantiles, le refus de manger à table ou d’aller à l’école, sans oublier les pleurs du plus jeune la nuit, c’est simple, on ne sait plus où donner la tête. Et en plus d’être débordée, on se prend à repenser à sa vie d’avant, vous saviez celle où l’on avait le temps d’aller au cinéma, de se faire un petit repas en amoureux, bref d’avoir du temps pour soi. Oui mais ça c’était avant, avant les fameux neuf mois et avant le début de la maternité. Là, vous ne vous êtes pas engagée pour quelques jours, mais pour une bonne vingtaine d’années. Courage, vous n’êtes pas la seule dans cette situation…

« Maman ?! Quoi encore ? » n’est autre que la suite de la bande dessinée « Enceinte, c’est pas une mince affaire » écrite par Mademoiselle Caroline. J’avais donc vu juste la première fois ! Alors, je vous l’accorde, c’est une BD plutôt girly, même si les papas peuvent très bien se reconnaître dans certaines des planches de l’illustratrice. C’est drôle, c’est léger, mais c’est empreint de réalisme. Le trait n’est pas toujours très propre, il y a en effet parfois un effet brouillon et une absence de cases, mais c’est propre au style de Mademoiselle Caroline, en tout cas pour cette bande dessinée et ça ne gêne en aucun cas la lecture. Que dire de plus ? A première vue, on a l’impression que c’est une grosse BD, qui prend du temps à être lue, mais là encore, dépassez vos préjugés. Les minutes seront vite passées avec « Maman ?! Quoi encore ? » entre les mains. Y aura-t-il un tome 3 ? Je ne sais pas, j’en doute un peu car après la femme enceinte, nous avons droit à la vie de maman. Les enfants ayant des âges très différents, je ne vois pas trop comment le récit pourrait évoluer. Mais l’auteure peut nous surprendre, qui sait ?! 

Enceinte ! C’est pas une mince affaire

Enceinte ! C’est pas une mince affaire

Être enceinte, ce n’est pas le bonheur total comme certaines pourraient l’imaginer, et Mademoiselle Caroline, l’auteure-illustratrice de « Enceinte ! C’est pas une mince affaire » tend bien à nous le prouver. Dans sa bande dessinée, elle va décrypter les 9 mois de grossesse, en accentuant davantage sur les mauvais côtés : les nausées, la prise de poids, l’interdiction de consommer certains aliments et d’approcher divers animaux, les envies pressantes, pour n’en citer que quelques-uns. Bien sûr, elle va évoquer aussi le conjoint, alias « le responsable », les amies qu’on a envie d’étrangler et toutes les pensées (positives ou pas) qui passent par la tête d’une femme enceinte. Tout cela sur un ton cynique mais qui reste humoristique.

Après avoir lu « Touriste » qu’elle avait illustré, j’ai donc eu envie de découvrir davantage l’univers de Mademoiselle Caroline. Je me suis donc lancée naturellement dans « Enceinte ! C’est pas une mince affaire ». Même si le sujet ne me touche pas directement, je savais d’avance qu’il s’agirait d’une bande dessinée humoristique, alors ni une, ni deux, je me suis plongée dedans.

Bon, je dois vous avouer au début, j’étais perplexe : une illustration par page, peu de texte, je me suis dit : « Si c’est comme d’autres BD girly, ça va être vite réglé ». Puis, finalement, je me suis prise au jeu. C’est vrai que Mademoiselle Caroline est réaliste dans ses propos. Elle m’a d’ailleurs fait penser à Florence Foresti lorsqu’elle évoque le fait d’être enceinte dans ses sketches, en un peu moins drôle certes. Je pense que c’est une bande dessinée qui plaira aux futures mamans, à celles qui ont envie d’être enceinte dans les mois à venir, à celles qui souhaitent se préparer au meilleur comme au pire. Une suite à « Enceinte ! C’est pas une mince affaire » ? Mademoiselle Caroline pourrait bien nous dépeindre les joies de la maternité dans un prochain opus, qui sait ?!