Ecumes

bateau femme

Ecumes

« Écumes », c’est l’histoire de deux femmes qui s’aiment. Leur souhait ? Avoir un enfant. Les jours passent, puis les mois, et le bébé se fait désirer. Puis la nouvelle finit par tomber : la vie s’est nichée au creux du ventre. Le ventre s’arrondit, la joie est partout. La femme consigne chaque jour dans un carnet l’histoire qui se crée. Et puis c’est le drame, le sang, les nuits d’hôpital. Le rêve s’écroule et la mécanique du deuil se met en marche.

Je connaissais déjà Carole Maurel grâce à sa BD « L’apocalypse selon Magda » que j’avais beaucoup aimée. Je découvre ici sa binômette, Ingrid Chabbert, et avec elle, un récit bien émouvant. L’histoire est douloureuse, prend aux tripes. L’enfant qui était tant voulu s’évapore du jour au lendemain et le couple est mis à mal. L’amour se mêle à la tristesse et à la douleur. Heureusement, l’écriture aide un petit peu à guérir et à prendre un nouveau départ.

« Écumes » est une bande dessinée intime, tout en sobriété, qui nous dévoile une histoire touchante face à laquelle on ne peut rester de marbre.

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Luisa : ici et là

jeune fille au téléphone

Luisa : ici et là

Luisa, 15 ans, prend le bus comme chaque soir pour rentrer chez elle. Mais arrivée à l’arrêt, l’adolescente ne reconnait absolument pas les lieux. Où est-elle ?

Luisa, 33 ans, est une célibataire endurcie, vivant en ville et œuvrant comme photographe culinaire.

Lorsque les deux Luisa se rencontrent par le biais d’une voisine, c’est le choc. Luisa l’adolescente, fait face à son moi adulte, et on ne peut pas dire qu’elle soit satisfaite. Où est passé son rêve de devenir une grande photographe ? Et qu’est devenue Lucie, sa copine homosexuelle de l’époque, qui remettait en cause sa sexualité. Entre la petite et la grande, il est devenu temps de mettre les points sur les « i » et d’assumer les envies et les sentiments trop longtemps inassouvis.

Quelle belle surprise j’ai eu en lisant « Luisa : ici et là » de Carole Maurel. Cette bande dessinée correspond totalement au genre d’histoires que j’aime, vous savez, celles où les aiguilles d’une montre tournent dans tous les sens, où le passé a un impact sur le futur et vice-versa. Ici, c’est un récit intime et initiatique qui nous embarque dans la vie de Luisa, une femme qui ne semble pas encore s’être épanouie. D’abord hostile à la rencontre avec celle qu’elle était adolescente, Luisa va prendre sur elle pour écouter le moi du passé et apprendre à se reconstruire, à écouter ses rêves et ses besoins.

La BD est énorme, autant en termes de contenu que de contenant (272 pages, mais qui filent à la vitesse de l’éclair). Et si le prix peut rebuter (32€, ouais…ouais…), sachez qu’elle vaut vraiment le coup d’être lue.

L’apocalypse selon Magda

Femme inquiète, dos au port

L’apocalypse selon Magda

Magda, 14 ans, est une lycéenne presque sans histoire. Comme tout adolescente de son âge, elle connaît ses premiers émois, et se dispute régulièrement avec sa famille. Mais l’année qui attend Magda ne ressemblera à aucune autre car l’apocalypse a été annoncée. Elle aura lieu dans un an jour pour jour. Comme certains de ses camarades, Magda décide de vivre les derniers 365 jours intensément pour ne pas mourir pleine de regrets. Sous le compte à rebours des saisons, elle se découvre, grandit, devient une femme, mais reste souvent dépassée par les événements.

« L’apocalypse selon Magda » est une bande dessinée que l’on peut classer dans le genre science-fiction pour ados/jeunes adultes. Ecrite et illustrée par Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel, elle démarre à un moment précis : le jour où tout le monde fait la fête parce que l’apocalypse n’a finalement pas eu lieu. Rassurez-vous, je ne vous spoile pas (j’évite toujours de le faire), vous l’apprendrez dès la première page. Magda, qui est le personnage principal, est une fille haute en couleurs. A l’instar de beaucoup d’adolescents, elle vit la vie au jour le jour, mais encore plus lorsqu’elle apprend qu’il ne lui reste plus qu’un an à vivre. Elle n’hésite pas à brûler les étapes malgré son jeune âge, quitte à être déçue.

J’ai beaucoup aimé le dessin de Carole Maurel et la structure du récit, ce dernier étant découpé par les quatre saisons. Chloé Vollmer-Lo ne nous gâche pas la fin de l’histoire en commençant par évoquer le dernier jour, mais je pensais que le récit serait plus creusé du point de vue scientifique. C’est le seul point un peu négatif de la bande dessinée selon moi (et ça n’engage que moi). Je vous conseille donc vivement de vous pencher sur « L’apocalypse selon Magda » qui sort un peu du lot par rapport à tout ce qu’on peut voir en BD science-fiction…