Entrez et fermez la porte

Entrez et fermez la porte

Sur scène, onze jeunes filles âgées entre 16 et 20 ans viennent passer un casting pour jouer le personnage principal dans un long-métrage. Face à elles, un réalisateur invisible, qui a tous les pouvoirs, et qui n’hésite pas à les harceler de questions personnelles. L’épreuve est physique, mais aussi psychologique. Bien que les filles soient jolies, l’homme reste odieux. D’elles, il veut tout savoir : leur enfance, leur vie amoureuse et familiale, tout, dans les moindres détails, quitte à les mettre mal à l’aise.

Avec « Entrez et fermez la porte », Marie Billedoux nous propose une pièce de théâtre très actuelle. A l’heure où la télé-réalité bat son plein, où le physique prime sur l’intellect, cette histoire de casting est plus que parlante. Souvent drôles, parfois crus, les propos tenus par les divers protagonistes sont amusants, même si on ne sait pas toujours où le cinéaste veut en venir. Les lecteurs les plus prudes pourront  peut-être être choqués par certaines répliques portés sur le sexe  ou un peu trop crues. Mais que cela vous rassure : cette pièce de théâtre de Marie Billetdoux n’a rien de superficielle, bien au contraire. En creusant un peu on se rend compte que « Entrez et fermez la porte », est une histoire qui va bien au-delà du simple casting, et la fille recherchée n’est pas toujours celle que l’on croit.

Cendrillon

une petite fille avec un cadeau entre les mains

Cendrillon

C’est l’histoire de Cendrillon, enfin pas celle de Disney, non, celle mise en scène par un des grands auteurs français de pièces de théâtre contemporaines : Joël Pommerat. Cendrillon voit sa mère mourir et pourtant elle ne comprend pas ce qui se passe. Elle se répète inlassablement cette dernière parole prononcée par sa maman : « Tant que tu penseras à moi tout le temps, sans jamais m’oublier plus de cinq minutes, je ne mourrai pas tout à fait ». Alors Cendrillon y pense très fort, toujours. Son père se remarie. Cendrillon déménage dans une immense maison. Naïve et encore empreinte de tristesse, la jeune fille doit faire face à la méprise de sa belle-mère et de ses deux nouvelles sœurs. Cendrillon vit alors recluse dans une chambre sans fenêtre, qui ressemble surtout à une cave, dans laquelle elle ne parvient à s’endormir qu’en la présence de la robe de sa mère. Et puis vient le jour où est organisé un bal en l’honneur du prince. Les filles de la famille se précipitent sur place. Cendrillon s’y rend quant à elle, par ses propres moyens, et tombe par inadvertance sur le beau jeune homme. Les deux jeunes gens s’entendent à merveille mais Cendrillon disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Le prince va alors tout mettre en oeuvre pour la retrouver…

Après avoir lu (et joué) « Pinnochio » de Joël Pommerat, j’avais envie de poursuivre mes lectures « théâtro-féériques » (je sais, ce terme n’existe pas) avec l’adaptation de « Cendrillon ». Cette pièce se dévore d’une traite ! C’est drôle, c’est triste, on a aussi bien de l’empathie pour Cendrillon que l’envie de se moquer d’elle. Il faut avouer que contrairement à la version magique de Walt Disney, celle de Joël Pommerat prête davantage à sourire, car oui, il faut l’admettre, Cendrillon est légèrement tarée sur les bords, très très naïve, et parfois même casse-pieds. C’est donc une pièce vraiment plaisante à lire. Le père n’est pas du tout inconsolable, il semble même se remettre assez vite de la mort de sa femme, et même s’il s’entend au départ à merveille avec sa nouvelle épouse, les nuages noirs vont arriver plus rapidement que prévu. Mais ce qui m’a encore plus plu dans cette pièce signée Pommerat, c’est le final. Point de carrosse, de fée, et de souris joyeuses qui tournent autour de la mariée. Point de happy end avec la phrase choc : « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », non. Pour « Cendrillon », Joël Pommerat fait dans l’originalité. Et il a bien raison.

Les sorcières de Salem

une femme apeurée

Les sorcières de Salem

« Les sorcières de Salem » est une pièce de théâtre écrite par Arthur Miller, et qui figure parmi les plus grandes œuvres américaines.

1692, Salem, Massachusetts : Abigaïl est servante dans une famille de fermiers, les Proctor. Très vite, elle tombe amoureuse de son patron, et devient sa maîtresse. Elisabeth Proctor découvre cette relation cachée et chasse alors la jeune femme. Pour se venger, Abigaïl et Tituba, une servante noire, vont se livrer à un rituel de sorcellerie dans la forêt, en pleine nuit.  Les rumeurs vont rapidement se propager dans tout le village, mettant ainsi en place un procès qui sera irréversible.

Cette pièce de théâtre, j’avais souhaité la lire au lycée, mais je ne l’avais pas dénichée à l’époque. Il faut dire qu’elle m’aurait été bien utile, car je réalisais mon TPE justement sur les sorcières de Salem, une histoire qui me passionnait, et qui m’intéresse toujours. Une histoire où la raison et la folie font rage, et dans laquelle le fanatisme n’a plus de limites. Alors vous pensez que lorsque je suis tombée sur cet ouvrage par le plus grand des hasards, je n’ai pas hésité une seule seconde ! « Les sorcières de Salem » dénonce les dérives puritaines aux Etats-Unis à un moment donné, et notamment le maccarthysme. Une période sombre de l’histoire marqua à jamais les esprits et qui fit de nombreuses victimes.