Si je reviens un jour…

Si je reviens un jour…

2010, dans le 16e arrondissement de Paris : au sein du lycée Jean de La Fontaine, l’heure est au déménagement. Des professeurs retrouvent au fin fond d’une armoire des lettres et des photos qui appartenaient à une ancienne élève, Louise Pikovsky. Durant plusieurs mois, cette dernière a correspondu avec sa prof de lettres. Le courrier le plus récent remonte au 22 janvier 1944, date à laquelle Louise et toute sa famille furent arrêtés par la Gestapo parce qu’ils étaient juifs.

La bande dessinée « Si je reviens un jour… » est une histoire vraie. Stéphanie Trouillard et Thibaut Lambert y racontent l’histoire d’une jeune fille, Louise Pikovsky, qui a écrit, au cours de l’été 1942, à sa professeur Anne-Marie Malingrey. Au total, ce sont six lettres qui ont été retrouvées. Louise était une élève douée et intelligente, toujours prête à aider les autres. Mais il ne fait pas bon d’être juif dans les années 1940. Petit à petit, les juifs sont isolés du reste de la population. Outre le fait de devoir porter l’étoile jaune, leurs magasins sont pillés et fermés, des classes à part se mettent en place, et leur déportation vers des camps de travail est programmée. La jeune fille n’échappera pas à la règle.

L’ouvrage comporte non seulement le récit d’une rare correspondance, mais aussi un dossier comprenant les fameuses lettres, ainsi que des photos de classe, de famille et un glossaire. Il s’agit d’un véritable outil pédagogique pour ceux qui étudient cette période sombre de l’Histoire. C’est un témoignage beau et bouleversant, celui d’une prof qui se remémore avec beaucoup d’émotions, de l’une de ses meilleures élèves.

 

L’amour n’a pas d’âge

L’amour n’a pas d’âge

Après s’être cassée le col du fémur, Colette est inscrite dans un EPHAD pour rassurer notamment sa famille. Mais cette étape de vie marque le début de la fin. Dans cet établissement, les premiers jours pour Colette sont difficiles. Loin de sa famille, elle se sent seule, ne se rapproche pas des autres et manque d’appétit. Jusqu’à ce qu’elle tombe sur Jean, un homme de son âge qui lui semble familier. Après discussion, il s’avère qu’il est le frère d’une de ses amies d’enfance, Ginette. Ensemble, ils refont le monde et se racontent leurs souvenirs. Une amitié qui va rapidement se transformer en une jolie histoire d’amour.

Comme le souligne si bien le personnage principal : atterrir dans un EPHAD nous fait nous rapprocher de la mort, et il s’avère difficile de franchir le cap. Ce qui arrive moins souvent, c’est de vivre une histoire d’amour dans ce type de structure, et c’est ce qui attend Colette. Le titre de la bande dessinée, « L’amour n’a pas d’âge » résume plutôt bien la chose. Thibaut Lambert, l’auteur, ne nous réserve pas de grande surprise quant au scénario, et pourtant, quelle histoire mignonne j’ai envie de dire !! Cette BD aux accents de chronique sociale, ne tombe pas dans le cliché. On y voit la personne âgée dans toute sa splendeur, à travers les différents pensionnaires de l’EPHAD. Et si le récit semble réaliste, ce n’est pas dû au hasard : Thibaut Lambert s’est glissé dans la peau d’une personne du troisième âge et s’est inspiré de témoignages pour faire ses bulles. L’histoire est drôle, belle, touchante et pleine d’émotions. Les illustrations sont colorées et l’album, agréable à feuilleter. Une jolie comédie bienveillante.