Le col de Py

Le col de Py

Camille et Bastien attendent leur second enfant. Un moment de pur bonheur pour le couple. Mais à la naissance de Louis, le diagnostic est mauvais : le bébé est atteint de graves malformations cardiaques qui ne vont pas aller en s’arrangeant. L’objectif est de gagner du temps et de retarder au maximum des opérations qui pourraient lui être fatales. Durant des mois, Camille pourra compter sur le soutien de son père, malgré le cancer qui le ronge petit à petit. Mais avec Louis, celui-ci revit.

Après avoir été charmée par la bande dessinée « Le Perroquet », je n’ai pas pu résister au nouveau récit d’Espe. « Le col de Py » est une histoire poignante sur une famille désarçonnée face à la maladie. Chaque jour, chaque mois a son importance. L’auteur/illustrateur livre un récit authentique, autobiographique, où les victoires sont comparées à l’ascension du Col de Py (un petit relief dans les Pyrénées). Un col qu’il espère, dans la bande dessinée, gravir un jour en compagnie de son fils, si sa santé le permet. Les personnages sont tous bienveillants et comme eux, on a envie d’être optimiste quand il s’agit de l’avenir. Un bien joli ouvrage, dans lequel les soignants sont également mis à l’honneur.

Miss France

Miss France

Depuis 1920, on élit des Miss dans notre pays. Sur le petit écran, c’est devenu un rituel au mois de décembre de regarder l’élection Miss France. En quelques secondes, le destin d’une jeune femme bascule à tout jamais. Durant un an, elle représente l’Hexagone aux quatre coins du monde et va à la rencontre des Français. Pour célébrer le centenaire, Sylvie Tellier (Miss France 2002 et directrice de la société générale Miss France) a créé un livre dans lequel elle retrace les moments forts de ce concours pas comme les autres.

Miss France, c’est une émission que je regarde depuis toute petite et quand j’en ai l’occasion. Chacun pensera ce qu’il voudra de ce concours, mais pour moi, c’est un peu comme admirer les princesses de Disney.

Cet ouvrage est une mine d’anecdotes historiques. On découvre le début des concours de beauté en France, d’abord réservés à une élite (jusqu’à ce qu’une agricultrice remporte la couronne) ; de magnifiques photos d’anciennes Miss, de sacres et de spectacles. D’Agnès Souret (Miss France 1920) à Clémence Botino (Miss France 2020), Sylvie Tellier nous invite à remarquer tous les changements subis par le concours. Alors qu’auparavant seul le physique comptait, aujourd’hui, Miss France, c’est aussi un cerveau ! Les Miss de ces dernières années sont des femmes accomplies et indépendantes, comme en témoignent les nombreuses interviews de Vaimalama Chaves, Camille Cerf, Sonia Rolland ou encore Mareva Galanter. On apprend aussi de nombreuses choses sur Geneviève de Fontenay, sans qui le concours ne serait pas le même. Et puis il y a aussi l’après-concours, ce que les Miss sont devenues. Au final, on se rend compte que derrière ce titre se cache une véritable famille, un conte de fées avec ses bons mais aussi ses mauvais côtés. Un très bel ouvrage que l’on peut retrouver chez Hors-Collection.

Un été d’enfer

Un été d’enfer

Vera est une enfant de 10 ans, originaire de Russie et qui vient d’emménager à New York avec sa maman. Pas facile de s’intégrer à l’école et de se faire de nouvelles amies. Contrairement à ces dernières, Vera ne vit pas dans une maison luxueuse et ne peut pas se permettre beaucoup de choses. Pour se sociabiliser, la petite fille décide de partir durant 15 jours dans une colonie de vacances russe. Avec des personnes ayant les mêmes origines qu’elle, cela devrait passer comme une lettre à la poste. Non ?

« Un été d’enfer » est un one-shot qui raconte les péripéties d’une petite fille russe au sein de sa toute première colonie de vacances. Vera Brosgol y transpose une partie de ses souvenirs, ainsi que ceux de sa sœur et de son frère, de plusieurs séjours de colo. Contrairement aux colos plus traditionnelles, le camp russe est ce que l’on pourrait appeler un camp à la dure tant au niveau du confort que de l’hygiène. Mais il y a aussi des similitudes avec les colos d’aujourd’hui, telles que les veillées, les randonnées, les défis. Il y est question d’isolement, de harcèlement, d’amitié, de différences. On constate encore une fois à quel point les enfants peuvent se montrer cruels entre eux et que l’on a beau parfois avoir les mêmes origines, cela peut devenir un véritable casse-tête quand il s’agit de s’intégrer.

Cette BD semi-autobiographique fut très plaisante à lire ! J’ai aimé le scénario, mais aussi le coup de crayon et la palette de couleurs de Vera Brosgol, et cela m’a également permis de découvrir ces camps de scouts destinés aux jeunesses immigrées. Quant à ceux qui ont déjà passé des vacances en colo, cela ne pourra que leur rappeler des souvenirs.

Le tatoueur d’Auschwitz

Le tatoueur d’Auschwitz

C’est l’histoire vraie d’un homme, Lale Sokolow. En 1942, du fait de sa confession juive, ce slovaque est dans la ligne de mire des Nazis. Chaque famille doit donner l’un des siens afin qu’il travaille pour le gouvernement allemand. Le jeune homme se “sacrifie” et est envoyé au camp de concentration de Birkenau. Sur place, il se distingue rapidement des autres, en se rendant indispensable et devient alors le tatoueur. Il est chargé de graver le matricule sur le bras des femmes arrivant à Auschwitz. C’est ainsi qu’il fait la rencontre de Gina, et en tombe amoureux. Au cœur de l’horreur, le couple partage quelques rares instants de bonheur, espérant plus que jamais être réuni lorsque la guerre sera terminée.

Sans jamais tomber dans le pathos, le témoignage de Ludwig Einseberg (alias Lale Sokolow) rédigé par Heather Morris est une belle histoire d’amour en plein effroi. Durant trois ans, nous suivons le parcours d’un homme empreint de générosité, qui fera tout son possible pour améliorer les conditions de ses camarades, notamment en apportant dans son baraquement plus de nourriture et en sauvant quelques peaux du four crématoire. Grâce à son statut de membre de la “Politische Abteilung”, il peut également circuler librement dans le camp. Ce rôle ambigu lui offre ainsi les meilleures chances de rester en vie, malgré le fait que certains le perçoivent comme un traître en train de pactiser avec le diable. Un récit historique à découvrir au format poche aux “éditions J’ai Lu”, et qui pourrait bien se retrouver sur grand écran…

Portables : la face cachée des ados

Portables : la face cachée des ados

C’est un fait incontestable : les ados passent un temps fou chaque jour sur leur smartphone. Et les parents se demandent : « Mais que font-ils ? » Pour répondre à cette grande question, Céline Cabourg et Boris Manenti ont élaboré une enquête baptisée : « Portables : La face cachée des ados ». Pour la réaliser, ils ont mené leur investigation auprès d’un large panels d’adolescents et de professionnels pour mieux comprendre ce phénomène de société.

Qu’apprenons-nous grâce à ce livre ? Constamment connectée, la génération actuelle ne regarde presque plus la télévision. C’est sur son portable qu’elle visionne YouTube ou les programmes Netflix. Le smartphone, et plus particulièrement les réseaux sociaux sont un peu devenus les nouveaux journaux intimes. S’il n’y a encore pas si longtemps, chacun avait son Skyblog, aujourd’hui, tous ne jurent que par Snapchat. Pour y faire quoi ? Des selfies, draguer, utiliser des filtres et bien sûr envoyer des photos éphémères. Ephémères, vraiment ? Non, gare à ce que l’on envoie et surtout à qui, car si les photos ont eu une durée de vie très courte, les captures d’écran existent toujours.

Certains adolescents sont sur Twitter, mais pas la majorité. Ils y voient une sorte de BFM avec juste ce qu’il faut d’infos. Ils sont sur Facebook aussi, mais là encore, s’en servent très peu. Messenger reste plébiscité, tout comme Instagram. Nombreux sont même ceux qui se créent deux comptes : un compte public avec des photos de voyage, du quotidien, etc. ; un autre avec des photos plus personnelles, avec un accès restreint. Cela s’appelle le « finstagram ». Quant à l’e-mail, ils en ont presque tous un, mais pas pour les raisons que nous croyons. Jugé vieux et lent, ce dernier ne sert qu’à pouvoir créer des comptes sur les réseaux sociaux et faire son shopping en ligne.

Qu’apprenons-nous d’autres ? Que souvent, les ados ont d’abord récupéré les vieux téléphones des parents, à l’instar du Nokia 3310, avant de recevoir le smartphone dernier cri. C’est à Free que l’on doit l’explosion de l’usage du portable chez les ados, grâce à l’abonnement à 2€. Par ailleurs, beaucoup sont atteints de ce que l’on appelle le syndrome « FOMO » (traduisez par Fear of Missing Out ») d’où le fait d’avoir les yeux rivés en permanence dessus, même parfois toute la nuit. On s’en sert pour ne pas s’ennuyer, pour tricher en cours, pour s’appeler le matin et savoir comment on va s’habiller. On donne l’excuse du réveil programmé pour ne pas l’éteindre la nuit et tant pis si le sommeil en est affecté, pour mesurer sa popularité, pour jouer ou encore pour visionner des contenus pornographiques. Quelques ados ne possèdent pas de smartphone ou sont absents volontairement des réseaux sociaux pour ne pas faire comme tout le monde justement. Quant aux parents, ils sont plus nombreux qu’on ne le pense à s’en servir comme d’un mouchard.

Comme vous l’aurez sans doute constaté au vu de ma chronique, l’enquête fut forte intéressante et m’a rappelé mon mémoire de recherche. Il peut ainsi inviter parents et professeurs à échanger avec les ados sur le sujet. C’est instructif, assez exhaustif bien que flippant sur certains points. Les auteurs pourraient publier une suite aisément avec l’utilisation désormais d’un autre réseau social populaire au collège et au lycée : Tik Tok.