54 minutes

Lycée Opportunity School, en Alabama. Les élèves sont réunis pour écouter le discours de leur directrice, qui ne change pas d’un iota d’année en année. Lorsque la cérémonie se termine, Tyler Browne, un élève qui ne mettait plus que très rarement les pieds à l’école ces derniers temps, se met à verrouiller les portes et à tirer dans la foule. Un massacre qui va durer 54 minutes.

Ecrit par Marieke Nijkamp, « 54 minutes » est un roman ado qui n’est pas sans rappeler les nombreuses tueries du genre qui ont déjà eu lieu aux USA. Pour raconter l’histoire, et notamment le déroulement du massacre, l’auteure fait parler tour à tour plusieurs adolescents du lycée. Des récits qui sont entrecoupés de temps en temps par des SMS venant de l’extérieur et qui s’interrogent sur la situation. Au total, Tyler assassinera 39 personnes et ce n’est pas parce que des membres de sa famille sont présents sur les lieux qu’il les écartera pour autant du danger.

Lorsque j’ai démarré ma lecture, au vu des enchainements entre les différents personnages, j’avais vraiment peur de ne pas accrocher et surtout, de ne pas pouvoir me repérer. Au final, on s’attache davantage à certains individus et l’on découvre que tous ont un rôle à jouer. Un roman facile à lire, qui pourra permettre d’aborder avec les plus jeunes les attentats et les tueries de masse.

Le petit livre bleu

On connait tous les Schtroumpfs, ces lutins hauts comme trois pommes, totalement inoffensifs et vivant aux abords d’une forêt enchantée. Nous sommes nombreux à avoir lu les BD ou regardé les dessins animés durant notre enfance. Nés en 1958, les Schtroumpfs ont même débarqué au cinéma il y a quelques années, en 3D. J’ai beau adoré les Schtroumpfs, je n’ai pas du tout accroché aux longs-métrages, mais passons…

Antoine Bueno a sorti « Le petit livre bleu » en 2011, une « analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs » comme le vend la première de couverture. L’auteur a décortiqué l’univers des Schtroumpfs sous plusieurs angles : culturel, économique, historique, psychanalytique et même pédagogique.

Voici les différentes théories présentes dans l’ouvrage, en résumé :

  • Le fait de s’adresser en priorité aux enfants explique sans doute l’absence de sexualité.
  • La société des Schtroumpfs est utopique : ils sont heureux, vivent en harmonie et l’argent n’existe pas.
  • L’auteur évoque aussi le stalinisme. En cause : un Grand Schtroumpf paternaliste, un Schtroumpf à Lunettes aux allures de Trotski ; l’action collective prévaut sur tout le reste et les travaux menés pourraient faire penser au Kolkhoze ou encore au Goulag. En parallèle, il y est question d’un état totalitaire car là encore le Grand Schtroumpf cumule tous les pouvoirs et les petits lutins parlent le schtroumpf, ce qui n’est pas sans rappeler une certaine novlangue (cf : « 1984 » de George Orwell).
  • Les Schtroumpfs sont des nazis. Sont évoqués pour cette théorie, le racisme (et notamment le premier album « Les Schtroumpfs Noirs ») et l’idéalisation de la blondeur aryenne avec la création de la Schtroumpfette.
  • Les Schtroumpfs seraient misogynes car dans ce monde, l’homme préexiste à la femme et cette dernière relève du véritable stéréotype : elle n’est douée que pour s’occuper du bébé et du linge.

De bien belles théories qui, j’en suis certaine, raviront là encore tous les amateurs du complot, mais qui restent à prendre très à la légère. Voyons en « Le petit livre bleu » un ouvrage divertissant, qui porte un regard différent sur ces petits êtres qui nous accompagnent depuis maintenant plus de 60 ans !

Histoire du petit cœur au grand cœur

Diego s’est fait larguer du jour au lendemain. Ce n’est pas la première fois et il sait qu’il s’en remettra. Pour son cœur, c’est différent, il est brisé, déprimé, anéanti…Alors pour lui redonner de l’espoir, le garçon se met en quête d’une nouvelle histoire en prospectant sur les sites de rencontres. Mais Diego et son cœur n’ont définitivement pas les mêmes goûts lorsqu’il s’agit de la gent féminine. Quand l’un craque sur le physique, l’autre s’appuie sur la personnalité. Et dans la vie, lorsque les deux protagonistes tombent sur une femme susceptible de leur plaire, c’est la pagaille ! Alors que Diego se montre plutôt discret, son cœur, lui, s’attache instantanément un peu trop…

« Histoire du p’tit cœur au grand cœur » est une très chouette bande dessinée, dans laquelle le cœur brisé d’un homme prend tout simplement vie à ses côtés. On y découvre deux personnages distincts avec d’un côté Diego et son envie de reconquête ; de l’autre, un cœur larmoyant qui n’arrive pas à se remettre d’un chagrin d’amour.

Sur le coup, le dessin de Marc Chalvin ne m’a pas emballée plus que cela mais au fur et à mesure de ma lecture, j’ai vraiment craqué pour cette BD qui met en avant nos émotions et le sentiment amoureux de façon plus général. « Histoire du p’tit cœur au grand cœur » illustre parfaitement le combat qui peut parfois avoir lieu entre le cœur et la raison. Difficile de ne pas succomber au charme du p’tit cœur qui en fait voir de toutes les couleurs à Diego !

Un jour de plus de ton absence

Depuis qu’ils sont ensemble, Jade rêve de fonder une famille avec Antoine. Tous deux ont la trentaine, une situation plutôt stable. Il est avocat, elle est instit, et ils disposent de toute la place nécessaire pour accueillir un nouveau membre dans leur famille. Mais lorsque Jade apprend qu’elle est enceinte, elle est loin de se montrer enthousiaste. Pis, elle est mélancolique, limite dépressive et le cache à Antoine. Car, derrière cette grossesse, se cache un mensonge, une souffrance.

« Un jour de plus de ton absence » est le tout premier roman de Mélusine Huguet, jeune auteure et aussi détentrice du blog « Carnet Parisien », que vous pouvez retrouver aux éditions Charleston. Et on peut dire qu’elle démarre sur les chapeaux de roues ! Ecriture agréable, histoire touchante, voire bouleversante, Mélusine Huguet place la barre très haut avec cette histoire. Une histoire qui devrait sans doute parler à des milliers de femmes, qui se reconnaitront forcément dans le portrait de Jade.

Les chapitres courts et l’alternance entre récit et journal intime rendent la lecture dynamique, si bien que lorsque nous arrivons à la fin, nous sommes étonnés de tourner déjà la dernière page. L’auteure parvient par ailleurs à plusieurs reprises à nous induire en erreur, ce qui rend l’histoire encore plus captivante et plaisante à découvrir. Il ne fait nul doute qu’une belle carrière d’écrivaine attend cette jeune femme.

Les enfants sont rois

Mélanie ne rêve que d’une chose : devenir célèbre. Elle est bien apparue dans une émission de télé-réalité récemment, mais ce fut un fiasco. Aujourd’hui mariée et mère de famille, elle tient la chaîne « Happy Récré » sur YouTube, sur laquelle ses deux enfants, Sammy et Kimmy, testent des jouets et des produits au quotidien. Suivie par un million d’abonnés, Mélanie déchante le jour où Kimmy est kidnappée. Elle croise alors la route de Clara, procédurière dans la brigade criminelle.

Delphine de Vigan m’a replongé dans mes souvenirs d’adolescence, en commençant par évoquer la jeunesse de Mélanie, l’attrait de millions de téléspectateurs pour « Loft Story », première émission de télé-réalité, que j’ai moi aussi suivi à l’époque.

Avec « Les enfants sont rois », l’auteure s’intéresse à un phénomène de société : les enfants stars YouTubeurs. Ils sont de plus en plus nombreux à être mis sous le feu des projecteurs, parfois contraints et forcés par des parents qui rêvent de strass et de paillettes. Dans le cas du roman, Delphine de Vigan montre aussi les dérives, les conséquences que cela peut engendrer à dévoiler toute sa vie sur Internet. Il y a par ailleurs le culte de l’égo, le narcissisme 2.0 et une certaine forme de voyeurisme de la part des internautes à regarder ce genre de vidéos.

C’est l’occasion pour les lecteurs de découvrir également l’univers des influenceurs, et plus particulièrement l’envers du décor. L’intérêt de l’ouvrage réside dans tous ces éléments et permettra peut-être à certains d’ouvrir les yeux sur le bon comportement à adopter sur les réseaux sociaux.