Pyongyang

corée du nord

Pyongyang

Guy Delisle pose ses valises à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Nous sommes alors en 2003 et l’auteur s’apprête à y passer un séjour de deux mois pour travailler sur des dessins animés. Comme tout étranger qui pénètre en Corée du Nord, Guy Delisle se voit attribuer un guide-interprète, qui observera chacun de ses faits et gestes. L’auteur loge dans un hôtel quasi-désert, où la restauration et le manque d’hygiène sont à déplorer. Malgré la présence de collègues sympathiques, Guy Delisle semble mal vivre son séjour dans ce pays où tout est verrouillé et dans lequel chaque habitant est soigneusement manipulé.

Que retrouve-t-on à l’intérieur de ce carnet de voyage pour le moins inhabituel ? Des habitants polis, en ordre, toujours volontaires, mais aussi très pauvres, qui manquent constamment de nourriture et surtout de liberté…Des musées et des monuments à la gloire du leader. Gare à celui qui aura un discours à l’encontre de ce dernier…

« Pyongyang » n’est pas la première bande dessinée qui traite de la Corée du Nord, que je vous présente sur ce blog. Il faut dire ce qui est : ce pays me fascine quelque peu, et attire ma curiosité. Il y a cette dictature mise en place depuis tant d’années et devant laquelle les habitants se prosternent.  Il y a cette pauvreté et cette famine contre lesquelles certaines ONG ne peuvent plus rien (certaines ont même quitté le navire). Et puis il y a ces touristes, ces travailleurs venus de l’étranger qui, malgré une sécurité assez tenace, arrivent à nous livrer des éléments du quotidien des habitants de Corée du Nord. A quand la liberté, la vraie, pour les Nord-Coréens ?

S’enfuir

homme menotté à un radiateur

S’enfuir

En 1997, Christophe André se lance dans l’humanitaire en devenant responsable d’une ONG médicale dans le Caucase. Une nuit, alors qu’il dort paisiblement, il se fait enlever. Cagoulé, il est emmené vers une destination inconnue par un groupe de Tchétchènes. Il est ensuite enfermé dans une pièce qui contient pour unique mobilier un matelas, et se retrouve menotté à un radiateur. Sa captivité durera 111 jours.

Guy Delisle a toujours ou presque publié des récits bullesques autobiographiques. Ce fut le cas pour « Pyongyang », mais aussi « Chroniques birmanes » ou « Chroniques de Jérusalem ». « S’enfuir » est né d’une rencontre avec Christophe André. En entendant les mésaventures de ce dernier, il a décidé de s’entretenir plus en profondeur avec l’ancien otage pour pouvoir raconter son histoire.
A aucun moment, durant ces 111 longues journées, Christophe André n’a su ce qui l’attendait. N’ayant aucune nouvelle de l’extérieur et ne comprenant pas la langue de ses ravisseurs, il est resté prostré, imaginant d’abord que l’enfer ne durerait quelques heures…Les jours passent et se ressemblent. Il devient dur de tenir quand on nous sert la même bouillie et qu’on ne nous donne qu’un petit quart d’heure pour nous balader dans la pièce ou pour faire nos besoins. Avec le temps, les espoirs s’amenuisent malgré certains signes et Christophe André en vient à imaginer sa propre évasion…
Mes amis, quel récit ! Quand on voit le pavé qu’est « S’enfuir », on imagine mal comment Guy Delisle peut remplir autant de pages avec une histoire dans laquelle il ne se passe à-priori pas grand-chose. Eh bien, détrompez-vous ! On est happé tout du long par cette séquestration qui dure plus de trois mois. Comment ne pas compatir au sort de Christophe André ? Comment ne pas se poser les mêmes questions que lui quant à son futur ou sur ce qu’ont ses ravisseurs en tête ? Et puis, pourquoi lui ? Toutes ces interrogations ne trouveront pas forcément réponse mais une chose est sûre : le quasi huis-clos de Guy Delisle est trépidant !

Le guide du mauvais père

un papa en train de lire pendant que sa fille fait des bêtises

Le guide du mauvais père

Dans son rôle de père, Guy Delisle n’est pas aussi doué que lorsqu’il dessine des bandes dessinées.  Parfois caustique, souvent de mauvaise foi et plutôt farceur, le papa qu’on nous présente ici n’est sans doute pas celui qu’aimeraient avoir tous les enfants. Entre l’oubli du passage de la petite souris, le maniement de la tronçonneuse, ou les cadeaux offerts au gamin, le père a encore des efforts à faire. Sauf pour nous faire rire, car sur ce coup, c’est réussi. Vivement le second tome !