Entretien avec Stéphanie Hochet

Dans son dernier livre intitulé « William », Stéphanie Hochet imagine la vie de Shakespeare entre 1585 et 1592. Entretien avec une autrice passionnée et passionnante.

Dans votre dernier roman, « William », vous revenez sur la période durant laquelle Shakespeare disparaît dans la nature. Comment vous est-venu cet intérêt pour le dramaturge ? Je suis tombée dans les œuvres du barde dès l’âge de 18 ans. M’étant inscrite en fac d’anglais à la Sorbonne, Shakespeare était au programme dès la première année. Nous passions une année entière sur une pièce, puis je me suis spécialisée dans le corpus des œuvres élisabéthaines pour la maîtrise. Mon mémoire comparait une œuvre de Shakespeare (La mégère apprivoisée, The taming of the shrew) à une pièce de Ben Jonson (Epicoene or the silent woman).

Durant ce corpus, nous n’abordions jamais la vie des auteurs. Plus tard, vers 2013, en lisant une biographie du barde intitulée Shakespeare, L’Antibiographie par Bill Bryson, j’ai été frappée par le mystère de cet homme appelé William Shakespeare. Son mariage à l’âge de 18 ans avec une femme de 26 et sa « fugue » de 7 ou 8 années (« les années perdues ») alors qu’il venait d’être père pour la deuxième fois. Il était, selon moi, un personnage de roman.

Comment arrive-t-on à se mettre à la place de Shakespeare ? De la même manière qu’on se met à la place d’un ouvrier ou d’une travailleuse du sexe. C’est l’empathie artistique.

Encore aujourd’hui, la paternité des œuvres de Shakespeare est remise en cause. Quelle est votre opinion ? Non, elle n’est pas remise en question. Cette théorie est une fumisterie qui date du 19ème siècle et qui ne se base sur aucune preuve. Nous avons les témoignages des contemporains de Shakespeare et les traces de son existence (baptême, testament etc.) et le folio réunissant toutes ses pièces a été consigné par un de ses proches.

Certains ont probablement répandu cette méchante rumeur pour reprocher au barde son génie – lui qui n’avait pas fréquenté l’université. Aucune personne sérieuse ne remet en cause sa paternité.

Y a-t-il d’autres auteurs dont l’œuvre ou la vie vous passionne ? Oui : Virginia Woolf, Colette, Kafka.

A plusieurs reprises, vous mettez un peu de vous dans cette histoire. Etait-ce nécessaire pour parfaire votre travail d’écriture ? A vous de juger.

Interview réalisée dans le cadre du 41e Forum du livre de Saint-Louis

Copyright : éditions Rivages

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