Adèle et les noces de la Reine Margot

Adèle et les noces de la reine Margot

Nombreux sont les enfants qui n’aiment pas lire. Alors lorsque leur professeur leur donne pour devoir de vacances de lire un livre, ce n’est pas de bon cœur qu’ils se mettent à l’ouvrage. Et pourtant Adèle va bel et bien devoir lire « La Reine Margot » si elle veut remonter sa moyenne. Un peu perdue depuis le décès de sa grand-mère il y a 6 mois et beaucoup plus intéressée par les histoires de garçons, l’adolescente se plonge pourtant dans le roman d’Alexandre Dumas. Et l’incroyable va se produire : chaque nuit, Adèle devient un personnage du roman. Ses rêves sont d’une telle intensité qu’elle va peu à peu perdre pied pour ne plus avoir envie de se réveiller.

Alors que les noces de la Reine Margot battent leur plein, les tensions entre les Catholiques et les Protestants sont de plus en plus fortes. La nuit de la Saint-Barthélemy approche. En pleine période de la Renaissance, Adèle va découvrir que la lecture est un loisir loin d’être ennuyeux. Avec son livre, elle peut désormais remonter le temps, revivre une autre époque et se glisser dans la peau d’un personnage de la vie courante. Paru aux éditions Castelmore, « Adèle et les noces de la Reine Margot » est un petit bijou signé Silène Edgar. Cette dernière, spécialisée dans l’écriture de romans jeunesse, s’est vu décerner en 2014 le prix Gulli, aux côtés de Paul Beorn pour « 14-14 ». Avec son nouvel ouvrage, il ne fait aucun doute qu’elle maîtrise l’art et la manière de faire aimer l’Histoire aux plus jeunes.

 

14-14

14-14

14-14

Hadrien et Adrien ont chacun 13 ans. Ils vivent tous les deux en Picardie, à une vingtaine de kilomètres l’un de l’autre. Comme tout adolescent qui se respecte, ils ont des soucis avec les filles, parfois leurs parents et l’école. Ils pensent tous deux être des cousins éloignés mais en fait, un siècle les sépare. Adrien vit en 2014, et Hadrien en 1914, à l’aube de la Première Guerre Mondiale. Le hasard fait que les deux garçons vont se mettre à correspondre grâce à une mystérieuse boîte aux lettres située au coin de la rue. Plusieurs fois par semaine, ils s’envoient des missives pour se donner des nouvelles et se soutenir mutuellement. Et puis un jour, les deux « cousins » découvrent la vérité. Adrien décide de tout dévoiler à Hadrien sur la guerre qui se prépare pour qu’il puisse se mettre à l’abri. Le temps est compté.

Cette année, nous célébrons le Centenaire de la Première Guerre Mondiale et « 14-14 » sonnait donc comme une lecture évidente. L’histoire d’une correspondance entre deux personnages de 1914 et 2014 nous est proposée par Silène Edgar et Paul Beorn, qui signent un récit original. Si la guerre est peu présente au début du livre, elle en devient le sujet principal vers les dernières pages. J’ai tout de suite accroché à l’histoire ; j’avoue que j’ai un penchant pour ces livres qui jouent avec le temps, donc j’étais persuadée avant même de démarrer ma lecture que j’allais l’apprécier. Contrairement à certains ouvrages, on ne se perd absolument pas dans le déroulement de l’histoire, notamment grâce aux dates omniprésentes. Le récit est par ailleurs agrémenté de photos d’époques (villes détruites, affiches, etc.) La plume n’a rien d’extraordinaire et l’on remarque facilement que le livre s’adresse plutôt à un public jeune, mais cela permet en parallèle de se plonger rapidement entre deux époques. On a beau être enfant ou adulte, quand la magie s’empare de la réalité, l’âge ne compte plus.