Quand souffle le vent du nord

femme cheveux au vent

Quand souffle le vent du nord

Pour résilier l’abonnement à une revue, Emma Rothner s’empresse d’écrire un mail au service client. Sauf que le mail atterrit chez Leo Leike par erreur. Après de brèves excuses, les deux protagonistes se mettent à dialoguer. Au fil du temps, une relation se tisse. Alors qu’Emmi est mariée et mère de deux enfants, Leo se remet péniblement d’un chagrin d’amour. Les deux internautes s’écrivent plusieurs fois par jour, tentent de percer les secrets de l’autre, le tout avec beaucoup d’ironie et de sarcasme. Un jour, ils décident de se donner rendez-vous dans un café, mais s’imposent une règle : reconnaître l’autre mais ne pas aller lui parler.

« Quand souffle le vent du nord » est l’un des rares livres que j’ai lu deux fois ! J’aime tellement le sens de la répartie des deux personnages que sont Leo et Emmy que je ne me lasse pas de leur correspondance. La première fois que je l’ai lu, je l’ai dévoré en l’espace de quelques heures. J’avais l’impression d’être une petite souris pénétrant par effraction dans une boite mail, assistant à la naissance d’un amour qui ne devait pas avoir lieu. Car oui, cette passion naissante entre les deux personnages est plutôt malsaine quand on sait qu’Emmi est déjà prise, et heureuse qui plus est. On peut trouver cette dernière agaçante, du fait qu’elle prenne la mouche facilement, qu’elle essaie toujours de tout savoir et qu’elle tourne autour de Leo malgré sa situation. Mais ces caractéristiques font aussi le charme d’Emmi, et l’on peut comprendre que Leo ait du mal à s’en détacher.

En lisant « Quand souffle le vent du nord », vous allez rire, vous émouvoir, être étonné, peut-être même parfois sceptique. Il se peut aussi que vous ayez envie dans la foulée de vous mettre à écrire des lettres, mais ça c’est normal. Si vous aimez ce roman, sachez que Daniel Glattauer a écrit une suite. Ça s’appelle « La septième vague ». Mais si la fin de l’histoire vous convient, vous pouvez aussi en rester là.

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A toi pour l’éternité

une femme avec un lampadaire sur la tête

A toi pour l’éternité

Judith possède un magasin de lampes, digne héritage de ses parents, trop âgés pour pouvoir s’en occuper. Célibataire et solitaire, la trentenaire mène une vie plutôt tranquille. Un jour, au supermarché, elle fait la rencontre de Hànnes, qui lui a malencontreusement marché sur les pieds. Charmé par la jeune femme, Hànnes, architecte, se confond en excuses. Souhaitant à tout prix la revoir, il fait une halte quelques jours plus tard dans sa boutique. Peu habituée à être draguée, Judith est touchée. Entre les deux personnages, une relation s’installe. Alors qu’Hànnes clame sans cesse son amour à Judith, celle-ci reste plutôt sur la défensive. Bien qu’il plaise à ses amis et que ses parents voient en l’architecte le gendre idéal, Judith a du mal à se laisser aller dans cette relation qui prend de plus en plus d’ampleur…

« A toi pour l’éternité » est le nouveau roman de Daniel Glattauer. Moi qui avais a-do-ré (oui, vraiment), ses deux premiers ouvrages, « Quand souffle le vent du nord » et sa suite « La septième vague », je ne pouvais pas passer à côté du petit dernier, que j’ai finalement bien apprécié (moins que les autres mais apprécié tout de même).

Il faut dire qu’il est assez facile de se mettre dans la peau de Judith et de percevoir son quotidien. Comme elle, on a envie de mettre de la distance dès le départ dans cette relation. On sent qu’Hànnes n’est pas ordinaire ; il semble envahissant. D’accord il est amoureux, mais il est lourd. D’ailleurs, bien qu’elle soit craintive, Judith entame tout de même une relation avec lui, chose que je n’ai pas du tout comprise, mais bon. La relation amoureuse prend vite la forme d’une spirale infernale. On découvre un architecte à deux faces : l’éperdu amoureux qui fait très bonne figure aux proches de Judith, et un homme pressant, intrusif, possessif, voire obsédé lorsqu’il est avec sa petite-amie. Une petite-amie qui va vite perdre la raison et trouver peu de soutien auprès de ceux qui comptent pour elle.

« A toi pour l’éternité » de Daniel Glattauer est un mélange de roman contemporain et de thriller. L’histoire est dérangeante, on est mal à l’aise, on arrive rapidement à devenir parano tout comme le personnage, preuve que le roman est bien écrit. Seul bémol : j’ai trouvé la situation finale bâclée. En quelques paragraphes, tout est dit, réglé. Un chapitre de plus pour rendre la fin moins abrupte n’aurait pas été du luxe.