On se reposera plus tard

On se reposera plus tard

Certains disent qu’une fois passée un certain âge, il serait raisonnable de rejoindre une maison de retraite ? Sous prétexte que l’on n’aurait plus tout sa tête, que cela deviendrait dangereux de vivre seul… Mais quid des personnes ayant encore toute leur autonomie et leur joie de vivre ? Et de celles qui sont introverties ? Timides ? Pour les personnes seules dans ce cas de figures, il existe une alternative : les « MARPA ». Derrière cet acronyme, se cachent les Maisons d’Accueil et de Résidence pour les Personnes Âgées.  Si beaucoup s’inscrivent en effet dans les EHPAD, les MARPA, elles, sont conçues pour des personnes d’un certain âge encore autonomes. Implantées un peu partout en France, elles offrent des lieux de résidence collectifs non médicalisés. Et c’est tout l’objet de la bande dessinée « On se reposera plus tard », écrite et illustrée par Claire Le Meil et Brigitte Luciani. Le duo a passé beaucoup de temps dans ces structures, notamment à celle de Monteaux, afin de restituer le quotidien des encadrants comme des résidents le plus clairement possible.

Mêlant fiction et éléments documentaires, la bande dessinée fait découvrir aux lecteurs un endroit à part, bien loin des préjugés. Ici, il est question d’accompagner les personnes âgées sans remettre en cause leur autonomie. On découvre ainsi des studios tout confort, des activités régulières, diverses et variées pour casser la routine, tisser du lien social et susciter de nouvelles passions. Avec une palette de couleurs limitée, les auteures-illustratrices dépeignent un univers douillet, sécurisant, qui symbolise tout sauf la fin de vie.

Flic

Flic

Valentin Gendrot est un journaliste spécialisé dans les reportages immersifs. Durant six mois, il a intégré le commissariat du 19e arrondissement de Paris. Objectif : infiltrer la police française dans un quartier populaire pour mieux comprendre l’envers du décor. Pour ce faire, Valentin a dû mettre sa vie entre parenthèses. Il a suivi une formation à l’école de police de Saint-Malo pour pouvoir ensuite officier dans un commissariat. Mais avant de pouvoir rejoindre l’équipe, il est passé par une autre case, celle de l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de Paris. Après cela, l’auteur nous raconte la vie du commissariat : ses membres, leurs comportements, la précarité des conditions de travail, les bavures, la violence…

« Flic » n’était pas à la base dans mon programme de lecture, mais j’étais tellement intriguée qu’il s’est inséré dans ma PAL. Le livre est avant tout un témoignage, assez percutant il faut le dire. Qu’est-ce qui est choquant dans ce récit ? Trois choses :

  • La formation très (-trop-) courte d’adjoint de sécurité à laquelle on peut adhérer facilement. C’est un peu la formule low-cost des policiers contractuels puisqu’elle ne dure que trois mois. Trois mois alors qu’ensuite, on peut très bien être envoyé sur le terrain avec d’autres policiers mieux gradés.
  • La violence et les propos racistes au sein de la police. Alors bien entendu, tout le monde n’est pas parfait et ce n’est pas parce que quelques personnes ne sont pas exemplaires qu’il faut mettre tout le monde dans le même sac.
  • Le corporatisme. Oui, on se soutient les coudes entre collègues, mais il faut savoir faire la part des choses, notamment lorsqu’il y a bavure.

J’apprécie beaucoup les reportages immersifs de ce genre. Il y a un côté détaché qui permet au lecteur de prendre la température et de découvrir un milieu souvent méconnu. Ici, s’il n’y a pas d’énormes scoops, on se rend bien compte que le milieu aurait bien besoin de renouveau. Plus de budget, des formations plus poussées, etc.

Le projet a duré deux ans. Deux années durant lesquelles l’éditeur a dû garder cela secret pour garantir sa publication. Aussi, le livre a été imprimé à l’étranger et les journalistes ont dû lire l’ouvrage à huis-clos dans le cabinet de l’avocat. Ne vous attendez pas à du sensationnel avec cet ouvrage, mais à un récit de vie qui donne envie de faire bouger les choses.

Les délices de Tokyo

Les délices de Tokyo

Sentarô gère une échoppe dans laquelle il vend à emporter des dorayaki, des pâtisseries japonaises. Un jour, Tokue, une dame âgée aux doigts déformés, lui propose son aide, elle qui sait faire la pâte de haricots rouges comme personne. D’abord réticent, Sentarô se laisse finalement convaincre. Du jour au lendemain, il voit sa clientèle doubler ; une clientèle conquise par la nouvelle recette et la personnalité de Tokue.

« Les délices de Tokyo », c’est un livre que je n’avais pas prévu de lire à la base ! J’en avais entendu beaucoup de bien sur les blogs et je comptais l’offrir. Et puis ça n’a plus été possible et j’ai conservé l’exemplaire. C’est une lecture savoureuse, facile, qui nous plonger dans l’univers culinaire japonais. L’ouvrage au format poche n’est vraiment pas épais (je crois qu’on n’atteint pas les 200 pages) et il s’avère vite lu. Au-delà de la simple échoppe, on découvre des personnages attachants, au passé parfois très sombre. Derrière les drôles de mains de Tokue se cache en fait une maladie connue de tous et qui, une fois révélée, va tout faire basculer.

Le roman de Durian Sukegawa a par ailleurs été adapté au cinéma par le Naomi Kawase et a été primé à Cannes. Il ne fait nul doute qu’à l’occasion je le regarderai !

 

Prends ma main

Prends ma main

Céleste et Danaé sont sœurs. Proches lorsqu’elles étaient enfants, les deux femmes ne se parlent quasiment plus aujourd’hui. La jalousie et la rancœur les ont éloignées l’une de l’autre. Et puis un jour, Danaé appelle Céleste pour lui annoncer son cancer, lui dire qu’elle a besoin d’elle. Les anciennes disputes s’envolent. Céleste va prendre la vie de sa sœur en main, en accomplissant une liste de rêves jamais réalisés jusqu’à présent, comme passer une nuit sur une île déserte ou s’inviter dans un mariage sélect.

« Prends ma main » est le tout premier roman de Virginie Gouchet, professeur des écoles. Beaucoup d’émotions dans ce récit à travers des séquences de rires et de larmes. Le lecteur découvre les deux sœurs à travers leurs journaux intimes respectifs, ce qui aide à bien les connaître et à comprend comment elles en sont arrivées à ne plus faire partie de la vie de l’autre. L’histoire du cancer invasif et du diagnostic « plus que quelques mois à vivre » n’est pas nouveau en littérature, pas plus que la Bucket List, mais les personnages sont novateurs. L’une est infirmière, l’autre reporter ; et chacune a eu son lot d’aventures et de blessures. « Prends ma main » n’est pas seulement axé sur la famille et la maladie. Il y est aussi question d’indépendance et de procréation médicalement assistée. A aucun moment nous ne tombons dans le pathos ou dans le larmoyant. Virginie Gouchet a bien dosé son écriture. On regrettera peut-être les allers et venues dans le passé et le présent qui peuvent nous faire perdre un peu nos repères, mais cela reste anecdotique.

Le doudou qui n’aimait pas les enfants

Le doudou qui n’aimait pas les enfants

Lucette est un doudou coloré un peu spécial : elle n’aime pas les enfants. Et pourtant, elle est la peluche chouchou de Camille, une adorable petite fille qui ne peut se séparer d’elle. Lucette est là quand Camille lit des histoires (et lui bave dessus accessoirement), fait des travaux manuels, se promène sous la pluie… Il arrive parfois des malheurs à Lucette ; elle se retrouve ultra-sale et doit faire un tour dans la machine à laver. Elle a par ailleurs été déjà coincée dans une porte, eu ses oreilles emmêlées, sa queue arrachée et ça, c’est quand Yvan, le grand frère, n’est pas dans les parages… Marre de tout ça, Lucette a décidé de fuguer. Mais ce n’est pas gagné.

Je suis une grande fan de cette collection « Qui n’aimait pas » dont fait partie « Le doudou qui n’aimait pas les enfants ». Ecrite et illustrée par Séverine de la Croix et Pauline Roland, elle est pour le moins originale du fait que le personnage principal a en horreur sa situation : le poisson qui n’aime pas l’eau, le Père Noël qui n’aime pas les cadeaux, le chat qui n’aime pas les poils, etc.

Les dessins sont colorés, les histoires super chouettes et le format très malléable. Difficile de ne pas succomber à ces récits humoristiques qui mettent également en avant des valeurs, des règles de vie et des traits de caractère. A utiliser en classe comme à la maison pour passer un doux moment et quelques messages de bienveillance…