En quarantaine

En quarantaine

On le sait, le confinement en a inspiré beaucoup, et parmi les auteurs qui méritent le détour, il y a Lapuss’. Déjà connu pour sa série « Putain de chat », l’auteur-illustrateur s’est lié à Tartuff pour imaginer un petit album tout jaune portant le titre : « En quarantaine – journal d’un confinement ».

Sur un peu plus de 60 pages, le duo a imaginé des stripes tous plus drôles les uns que les autres, qui nous vont revivre le confinement depuis le premier jour, avec tout son lot d’inepties. Parmi les éléments qui ont marqué, on retrouve :

  • Le premier discours du Président, mal sous-titré ;
  • La ruée sur le papier toilettes dans les supermarchés ;
  • La prise de poids à force de passer son temps en cuisine (et à table) ;
  • Les devoirs à la maison ;
  • Le grand ménage de printemps ;
  • La baisse de la pollution dans le monde ;
  • Le port du masque

Et j’en passe…

Encore aujourd’hui, il serait possible d’écrire un tome 2, 3, 4…Car le virus n’a pas dit son dernier mot.

Beaucoup de dérision et d’humour noir, Lapuss’ et Tartuff démontrent à quel point l’être humain peut être… Bête, oui tout simplement, pour ne pas être vulgaire. Si « En quarantaine » reste avant tout une BD humoristique, elle est surtout criante de vérité quant à nos différents comportements. L’album ne vise pas seulement les fendus du bocal, tout le monde en prend pour son compte, que ce soit les politiciens, le gouvernement, les parents, mon voisin, et même toi ! Qui sait, peut-être que ce livre nous ouvrira les yeux sur ce qui est réellement important, ce dont on peut se passer, et ce qu’on doit éviter de faire.

Les règles de l’amitié

Les règles de l’amitié

Sasha est une adolescente qui fait les premiers pas dans sa nouvelle école. Plutôt discrète, elle est mise à son insu sous le feu des projecteurs et pour cause : elle vient d’avoir ses premières règles et son pantalon est tâché. Elle est soutenue par un groupe de trois copines qui lui viennent en aide. Ensemble, elles vont prôner la gratuité des protections hygiéniques à l’école grâce à de nombreux supports de communications, et notamment un blog. Mais le proviseur n’est pas vraiment de cet avis.

Grands bouleversements dans la vie d’une femme, les menstruations restent encore malheureusement trop souvent taboues. Avec « Les règles de l’amitié », Lily Williams et Karen Schneemann s’adressent aux adolescentes mal à l’aise avec le sujet. Armées de leurs crayons et leur palette de couleurs, elles ont imaginé une histoire sur fond d’amitié féministe. De l’initiation à la gestion de la douleur, en passant par non-dits et dans certains cas, la honte, la scénariste et l’illustratrice ont voulu aborder la santé menstruelle sous toutes ses formes. Ce roman graphique aide à en parler ouvertement et à mettre à l’aise les plus jeunes sur le sujet. Outre l’histoire, Karen Schneemann et Lily Williams ont agrémenté la BD avec un petit guide des règles et de l’activisme menstruel. Une belle idée pour s’informer facilement et faire disparaître le stigmate.

Un enfant à tout prix

Un enfant à tout prix

Isabelle est hôtesse de l’air à bord du Concorde. En quelques heures, elle peut rejoindre New York comme Rio de Janeiro. Sur l’un des vols, elle fait la connaissance d’Andrew, qui semble être l’homme parfait. Avec lui, Isabelle s’investit dans une relation sérieuse. Il veut un enfant tout de suite, pas elle. Au bout de quelques années, la jeune femme sent le désir de devenir maman l’envahir. Mais elle ne parvient pas à tomber enceinte et l’état du couple se dégrade.

« Un enfant à tout prix » est un « beau roman » comme diraient certaines. Ecrit par Pascale Rault-Delmas et publié aux éditions Charleston, il évoque le désir d’enfant, la maternité, la paternité, et le parcours parfois chaotique pour devenir parents. L’histoire d’Isabelle n’est pas la seule à rythmer ce livre. Au fur et à mesure de notre lecture, nous faisons la connaissance d’autres personnages, comme Agnès et Antoine. Tous ont en commun l’envie de fonder une famille. Les vies de chacun vont s’entremêler pour ne donner plus qu’une seule et même histoire racontée avec délicatesse. L’auteure aborde en effet différents niveaux de parentalité, toujours dans le respect des points de vue de chacun. Car s’il est question ici de concevoir un enfant, il est aussi décrit le portrait de femmes qui préfèrent s’épanouir sans devoir passer par la case « bébé ». Dans une société où l’on ne cesse de mettre la pression aux femmes, rappelant le tic-tac éternel de l’horloge biologique, ce roman démontre que l’on peut très bien être heureuse en choisissant de ne pas devenir mère. L’ouvrage met aussi en avant d’autres situations bien délicates comme l’adoption d’un enfant dans un pays étranger, ou les premiers rapports sexuels non protégés. En somme, un livre rempli de bienveillance qui conviendra aussi bien aux hommes qu’aux femmes !

Boy erased

Boy erased

Arkansas, 2004 : A 19 ans, Garrard annonce à ses parents son homosexualité. Mais pour ces baptistes ultraconservateurs, ce n’est pas concevable, leur fils doit être guéri. Garrard est alors conduit dans un centre de conversion pour participer au programme « Love In Action ». Ce dernier est fondé sur la Bible qui fait office de seule loi. De nombreuses choses du quotidien sont interdites, comme le fait d’écouter Beethoven ou de lire « Harry Potter ». Douze étapes constituent ledit programme censé rétablir tous les déviances sexuelles, telles que l’homosexualité ou encore la pédophilie.

Située entre le témoignage et le documentaire, « Boy Erased » est l’histoire vraie de son auteur, Garrard Conley, que vous pouvez retrouver aux éditions J’ai Lu. L’expérience vécue au sein du programme est traumatisante, mais le jeune homme n’a pas le choix s’il veut poursuivre ses études et être accepté au sein de sa famille. Le roman met en lumière les thérapies de conversion mises en place aux Etats-Unis. Bouleversant, le récit apporte aussi sur une réflexion sur l’amour (l’amour de soi, l’amour de l’autre), ainsi que sur l’acceptation, l’affirmation de notre identité.

« Boy Erased » a été adapté pour le grand écran, sous le même titre, par Joel Edgerton. Au casting, le spectateur retrouve entre autres Nicole Kidman et Russell Crowe. Après avoir lu et aimé le roman, c’est avec curiosité que je vais me lancer dans le visionnage du film.

Jeannot

Jeannot

Jeannot est devenu un homme solitaire. A la retraite, séparé de sa femme, il continue à s’occuper du jardin et des plantes, sa passion. Au parc, il ne peut s’empêcher de donner des conseils aux nouveaux employés communaux, comme s’il faisait encore partie des troupes. Ce qui est fou, c’est que Jeannot entend ce que disent les arbres. Un véritable don qui a pourtant l’air de l’agacer au plus haut point.

« Jeannot » fait partie de ce que l’on pourrait appeler une série, celle des « Contes des cœurs perdus », même si chaque histoire est indépendante. Avec Carole Maurel, Loïc Clément a imaginé la vie de Jeannot, un vieux bonhomme jardinier, triste, qui parle aux plantes. Cet ouvrage, pour le moins poétique, serait accessible dès l’âge de 9 ans, le texte n’étant pas trop dense et le sujet du deuil étant abordé. Néanmoins, je ne suis pas certaine qu’un enfant se dirigerait de son propre chef vers cette bande dessinée. Les illustrations bien que très jolies, sont plutôt travaillées et le personnage principal est un monsieur âgé. Après, si celui-ci parvient à sortir des sentiers battus, aucun problème, personnellement, je ne peux que conseiller cette BD, à la fois drôle et émouvante.