Je ne cours plus qu’après mes rêves

Je ne cours plus qu’après mes rêves

Alors qu’elle vient d’échouer au Bac, Louane, 18 ans, se retrouve contrainte de travailler à Strasbourg durant les vacances, dans un établissement spécialisé. A la demande de son père, l’adolescente côtoie des personnes fragiles, parmi lesquelles Louise, 77 ans, qui a la maladie d’Alzheimer. Malgré leur différence d’âge, les deux femmes se lient tout de suite d’amitié et vont réaliser ensemble les dernières volontés de la vieille dame.

Bruno Combes ne m’est pas inconnu puisque je n’en suis pas à son premier roman. Avec « Je ne cours plus qu’après mes rêves », il dresse le portrait de trois belles femmes (oui, je sais : je n’en ai cité que deux dans mon résumé, laissons un peu de suspense). Toutes trois perdues à leur manière, elles vont devoir affronter leur destin, quitte à faire des choix qui ne conviennent pas trop à leurs proches.

Moi qui ne suis pas une grande fan du roman choral en général (je préfère suivre un personnage que plusieurs, même s’ils vont se retrouver), mais ce livre m’a beaucoup plu. J’ai apprécié les personnages qui représentent trois générations différentes et autant de remises en question. L’auteur nous montre que ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on ne peut pas être fougueux et qu’il est trop tard pour vivre ses rêves. Un joli roman « pop littérature » comme on dit maintenant, rempli de bons sentiments, à découvrir aux éditions J’ai Lu.

Les 7 vies de Léo Belami

Les 7 vies de Léo Belami

A 17 ans, on peut dire que Léo est un lycéen solitaire sans histoires. L’établissement prépare actuellement la traditionnelle fête annuelle en proposant cette fois un hommage à Jessica Stein, une élève assassinée 30 ans auparavant. Pourtant peu soucieux de cette disparition, Leo va pourtant vivre des journées loin d’être ordinaires dans les temps à venir. Le lendemain matin, il se réveille dans le corps et dans une maison d’un autre, en 1988. Et ce ne sera pas anecdotique…

C’est lors du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil que j’ai fait l’acquisition du roman Young Adult de Nataël Trapp, « Les 7 vies de Léo Belami ». Dès la lecture de la quatrième de couverture, le livre m’a intriguée. Un ado qui fait des allers-retours entre 1988 et 2018 dans plusieurs corps, un assassinat à empêcher, tous les ingrédients était réunis pour passer un bon moment !

Mêlant thriller et science-fiction, Nataël Trapp réussit le pari de rendre l’enquête surnaturelle très intéressante. A cela s’ajoutent des thématiques bien connues de l’adolescence, comme la question de l’identité, de la relation avec les parents, de l’importance du groupe qui parleront forcément au lecteur. Voilà un chouette roman qui ravira sans doute les amateurs de « Retour vers le futur » de Robert Zéméckis ou encore du livre « Le dernier jour du reste de ma vie » de Lauren Oliver.

Le jardinier qui cultivait les livres

Le jardinier qui cultivait des livres

Il était une fois un jardinier solitaire, passionné par les livres, à tel point qu’il en plantait dans son jardin à côté des légumes. Aussi, dans son potager, on y trouvait des bandes dessinées, des romans et des albums. Un jour, il y découvrit une petite fille, elle aussi bien seule. Ensemble, ils se découvrent un amour commun pour les mots et s’apprivoisent pour ne plus se quitter.

Voilà, je me mets à la lecture d’albums pour la jeunesse ! Je me suis dit qu’une nouvelle catégorie destinée au très jeune public apportera un vent de fraîcheur sur le blog et sera susceptible d’intéresser les parents, comme les enseignants ou les professionnels de la petite enfance. Bref, une nouvelle catégorie pour conquérir de nouveaux lecteurs !

« Le jardinier qui cultivait des livres » écrit par Nadine Poirier et illustré par Claude K. Dubois est donc l’album qui ouvre le bal. L’histoire met sous le feu des projecteurs le pouvoir des livres et l’importance de la lecture de la plus belle des manières. Accompagné d’un dessin très doux, l’auteure évoque plusieurs sujets tels que la paternité, la solitude et l’empathie. Le vocabulaire étant assez riche, le récit s’adresse plutôt aux « grands enfants ». Pour moi, c’est un véritable coup de cœur, tant du point de vue des illustrations que de l’histoire. C’est touchant, poétique, tendre et rempli de bons sentiments.

La délicatesse des rêves

La délicatesse des rêves

Nathan est un jeune architecte, qui change de boulot comme de chemise. Son chemin croise celui de Lily, une comédienne au cœur sensible. Cette rencontre l’aide enfin à se poser. Le couple a des projets, parmi lesquels celui d’avoir un enfant. Mais les aléas de la vie vont passer par là et les amoureux vont être confrontés au pire des drames.

Après avoir lu « Opalescence », je découvre le nouveau roman d’Amaury Dreher, « La délicatesse des rêves ». Mélange de romance et d’aventure, l’ouvrage nous invite dans une multitude de villes que sont New York, Katmandou ou encore Istanbul. Sur place, Nathan fait des rencontres qui l’aiguille dans son voyage et qui nous permet de découvrir différents pays, parfois rarement sous le feu des projecteurs, comme la Roumanie par exemple. Un voyage loin d’être anodin puisque le jeune homme n’a qu’à but : retrouver la femme qu’il a perdue.

Un grand merci à Amaury Dreher pour sa confiance et pour m’avoir permis de lire ce second ouvrage. « La délicatesse des rêves » est un embarquement pour des contrées parfois lointaines, ponctué de personnages attachants. Si on peut reprocher quelques lenteurs, on saluera les descriptions des villes et pays par lesquels on passe, ainsi que les réflexions sur lesquelles l’auteur souhaite que nous nous attardions. Tout comme le personnage principal, le lecteur est amené à se questionner sur ses valeurs, ses ressources et ses expériences qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Le roman pourrait presque être estampillé « développement personnel » pour le coup !

Je tiendrai tout de même à préciser que je n’étais néanmoins pas « à fond dans cette lecture ». Point de reproche par rapport à l’écriture ou l’histoire, mais plutôt au contexte personnel assez difficile qui faisait parfois que je m’égarais dans le récit.

Mon cancer couillon

Mon cancer couillon

A 35 ans, Kazu, assistant de mangaka qui se rêve auteur, apprend qu’il a un cancer du testicule. Hospitalisé en soins de longue durée, il fréquente sur place des personnes beaucoup plus âgées que lui. Le jeune homme subit une opération appelée « orchidectomie », qui consiste à l’ablation du testicule. Malgré des traitements douloureux et une évolution plutôt dramatique, Kazu se relève pour mieux faire part de son expérience.

« Mon cancer couillon » est un one shot signé Kazuyoshi Takeda, qui a été publié au Japon en 2013. Dans ce premier ouvrage, le mangaka se livre sur son cancer du testicule et sur les rencontres qui ont ponctué sa lutte et sa convalescence. Grâce à des chapitres assez courts, l’auteur nous embarque dans un quotidien assez morne, bien que guindé d’espoir.  L’ensemble des personnages est touchant, chacun a son histoire, ses épreuves à surmonter. Mais Kazuyoshi Takeda lève aussi le voile sur un cancer qui touche les hommes jeunes (15-35 ans).

Dans une postface très bien documentée, l’auteur décrit la maladie et les effets secondaires de la chimiothérapie. Il met également en avant deux associations que sont CerHOm et la Movember Foundation, qui œuvrent pour la vulgarisation de cette maladie et les problèmes de santé auxquels sont confrontés les hommes. Ce joli témoignage permet au lecteur de découvrir un cancer méconnu, qui toucherait pourtant chaque année en France 2300 personnes. Un grand merci aux éditions Pika pour ce récit tout en finesse.