Briser le silence

Briser le silence

Murielle Bolle, c’est qui ? Je vais répondre à cette première question pour ceux qui n’ont jamais entendu le nom de cette personne. En 1984, Grégory Villemin alors âgé de 4 ans est retrouvé noyé dans la Vologne. Sa mort n’a jamais été élucidée. En 36 ans d’enquête, des suspects furent inculpés avant d’être libérés, certains ont été mis en examen. A l’époque des faits, Murielle Bolle a 15 ans. Lors de son premier témoignage, l’adolescente explique que son beau-frère, Bernard Laroche, est venu la récupérer à l’école avant d’enlever Grégory. Mais quelques jours plus tard, rebondissements : la jeune fille change de version : personne n’est allé la chercher au collège. Elle s’est arrêtée chez la tante Louisette, où elle a vu Bernard accompagné de son fils Sébastien. Les gendarmes l’auraient menacée de maison de correction entre autres. Elle a été traitée de menteuse, de complice, d’idiote…Aujourd’hui, elle revient sous le feu des projecteurs avec un livre, « Briser le silence » pour raconter son histoire.

J’ai commencé à m’intéresser à l’affaire Grégory en début d’année, en lisant notamment l’ouvrage de Denis Robert, puis en regardant la série sur Netflix. Et puis j’ai lu ce livre que Murielle Bolle a écrit avec Pauline Guéna. Elle raconte ce par quoi elle est passée, la vie d’après, la prison aussi. Alors bien sûr, le mystère reste entier et quiconque lira ce témoignage pourra se faire sa propre opinion. L’affaire n’est toujours pas résolue. Le sera-t-elle un jour ? Les secrets seront-ils emportés sous terre ? J’en ai bien peur. Toujours est-il que cet ouvrage a le mérite de mettre en avant le point de vue de l’une des icônes de l’affaire Grégory. Et à défaut de savoir si elle dit ou non la vérité, une chose est sûre : Murielle Bolle n’a pas eu une belle vie.

Le mangeur d’espoir

Le mangeur d’espoir

Sur la butte de Montmartre, il se passe des choses étranges. Des esprits maléfiques semblent s’être emparés des lieux. A 16 ans, Rachel est tout sauf une ado insouciante. Elle vient de perdre son papa, décédé d’un cancer, et sa mère est tombée en dépression. Lorsque le Docteur Adrian Stern sonne à son domicile pour lui faire savoir qu’une entité démoniaque a envahi l’esprit de sa maman, Rachel ne veut pas y croire. Et pourtant, elle va devoir revoir son point de vue si elle veut la sauver.

Ce n’était pas du tout prévu que je lise cette bande dessinée, mais ma collègue voulait avoir mon avis dessus. Je ne suis vraiment pas branchée fantastique, donc allais-je être objective ? Finalement, « Le mangeur d’espoir » fut une très bonne surprise. J’ai trouvé le récit original, le dessin agréable. Je vous avoue n’avoir pas saisi les premières pages de la BD, que j’ai trouvées assez abstraites, mais passées celle-ci, le récit est saisissant. Karim Friha s’adresse ici plutôt aux adolescents qu’aux enfants, à qui la bande dessinée pourrait faire peur. Si l’album semble être un one-shot à la vue du titre, il n’est pas impossible qu’il finisse par se transformer en série. En effet, tous les éléments sont réunis pour pouvoir prolonger l’histoire. Affaire à suivre…

L’accro du shopping fête Noël

L’accro du shopping fête Noël

Noël, c’est bientôt ! Et cette année, les festivités se dérouleront chez Becky. Si toute la famille semble plutôt sceptique quant à son organisation, la jeune femme ne s’avoue pas vaincue pour autant. Reste à convaincre les parents qui viennent d’emménager dans le quartier branché de Shoreditch à Londres de venir à la campagne, à trouver un repas vegan pour sa demi-sœur et à faire en sorte que Luke s’investisse davantage dans les préparatifs.

L’accro du shopping, c’est une saga que je suis depuis le début ! Il y a eu d’excellents tomes, à mourir de rire (comme « L’accro du shopping dit oui »), d’autres moins rigolos. Toujours est-il qu’avec « L’accro du shopping fête Noël », Sophie Kinsella revient en force, avec une fête qui dépote. Bien avant d’ouvrir le roman, on imagine déjà la galère pour l’héroïne à préparer Noël, elle qui dépense facilement et qui a tant de mal à choisir…

Cette nouvelle aventure nous plonge en plein dans la magie des fêtes de fin d’année avec la préparation du repas, l’achat du sapin, les invités à réunir, mais aussi dans des thèmes encore inédits dans la série, tels que l’adoption, les parents retraités qui changent de vie, le divorce, la pauvreté, etc. L’histoire est en elle-même le cadeau de Noël pour les fans de la saga, car on y retrouve tous nos personnages préférés dans des situations aussi bien embarrassantes qu’amusantes. On se demande même comment Sophie Kinsella a fait pour ne pas penser plus tôt à immerger Becky dans toute cette féérie ! Voilà un roman qui nous permet de tout oublier et qui fait travailler nos zygomatiques. A consommer sans modération, avec un chocolat chaud, des marshmallows… et des biscuits de Noël bien évidemment !

Maison ronde

Maison ronde

Au printemps 2019, Charlie Zanello, auteur et illustrateur de BD, se rend à la Maison de la Radio pour réaliser un reportage immersif. Véritable monument architectural, la structure accueille pas moins de sept stations de radio (France Info, France Inter, France Bleu, Mouv’, France Musique, FIP et France Culture), un auditorium, un restaurant et un bar. Haut-lieu du journalisme, elle emploie près de 4500 personnes, parmi lesquels on retrouve des techniciens, des animateurs et des documentalistes. Le dessinateur se balade au gré des étages et des services pour raconter son fonctionnement et l’envers du décor.

Ayant toujours été intéressée par l’univers du journalisme et m’étant moi-même mise à la radio depuis quelques mois, c’est avec beaucoup de curiosité que je suis partie à la découverte de la bande dessinée « Maison Ronde ». Et c’est une petite ville qui se cache avenue du Président-Kennedy. Avec humour et dérision, Charlie Zanello nous fait rencontrer les stars de la maison de la radio, ceux qui œuvrent en coulisses, tous les endroits auxquels nous n’avons pas accès et même ceux qui sont en train d’être rénovés. Nous devenons témoins de la venue d’un ministre à la radio, des conférences de rédaction, des sondages Médiamétrie, de la création d’une fiction sur les ondes et des aléas du direct. L’illustrateur se permet par ailleurs quelques expéditions en dehors des murs, notamment pour l’enregistrement d’un jeu culte et le suivi du Tour de France. Une véritable encyclopédie sur Radio France ; un gros coup de cœur pour ma part.

Tu m’as laissée en vie

Tu m’as laissée en vie

A 15 ans, Camille fait la rencontre d’Augustin, un peu plus âgé qu’elle. Entre les deux jeunes gens, c’est le coup de foudre. Camille part s’installer dans la ferme d’Augustin, où il élève des porcs. Trois ans plus tard, ils se marient et essaient dans la foulée de faire un bébé. Mais la vie au sein de l’exploitation familiale est loin d’être paisible. Entre les imprévus, le travail aux champs et avec les bêtes, le couple se retrouve en difficulté, jusqu’à crouler sous les dettes. Après une première tentative de suicide, Augustin finit par se donner la mort à 31 ans. Camille devient veuve à 24 ans et témoigne de la misère des campagnes.

On le sait, on ne fait pas le métier d’agriculteur pour l’argent mais bien par passion. Pourtant, il est de plus en plus difficile pour cette profession de s’en sortir ; de nombreux films en attestent, comme « Petit Paysan » de Hubert Charuel et « Au nom de la terre » de Guillaume Canet. Avec son récit baptisé « Tu m’as laissée en vie », Camille Beaurain décrit le monde paysan sans filtre, avec notamment les coopératives et les banques qui ont au final les pleins-pouvoirs. Courageuse, combative, Camille Beaurain parviendra peut-être avec son livre, à ouvrir les yeux à ceux qui profitent des agriculteurs. Rappelons qu’un agriculteur se suicide chaque jour d’après les chiffres rapportés par la Mutualité sociale agricole (MSA).