Matilda

Matilda

A 5 ans, Matilda est une petite fille intelligente, très intelligente. Elle sait lire, écrire, compter. A son actif, figurent déjà les plus grands chefs-d’œuvre de la littérature classique. Mais le fait d’être un génie ne plait pas du tout à ses parents, deux abrutis qui passent leur journée devant la télévision. Pour sa mère, « une gamine doit penser à se faire belle pour décrocher plus tard un bon mari. C’est plus important que les livres. » Heureusement à l’école, ce n’est pas tout à fait pareil. Matilda peut en effet compter sur le soutien de son institutrice, Mademoiselle Candy, qui a décelé le potentiel de la petite fille. Reste que la directrice de l’établissement, Mademoiselle Legourdin, est sans pitié pour les élèves et les professeurs.

Matilda est un roman phare de la littérature jeunesse. Il suffit de traverser la Manche pour découvrir une ribambelle de produits dérivés à son effigie. Normal vous me direz, quand il s’agit d’un livre sur les livres. Car la littérature, Matilda n’en fait qu’une bouchée ! Charles Dickens, Jane Austen, Ernest Hemingway, personne ne lui résiste !

Ce conte de fées moderne a été écrit par le grand Roald Dahl, à qui l’on doit notamment « Charlie et la chocolaterie », « Fantastique Maître Renard » ou encore « Le Bon Gros Géant ». La maîtresse fait office de fée, la directrice, de vilaine sorcière et Matilda, d’héroïne avec ses superpouvoirs !  Idéal pour les enfants de 10 ans, ce petit roman sera tout autant apprécié par les plus grands !

L’estafette

L’estafette

1914 : La Première Guerre mondiale vient de démarrer. Au nord de la France, un jeune Allemand d’origine autrichienne est estafette dans la Deutsches Heer. « Estafette » est le nom donné aux soldats chargés de faire passer des messages entre différents camps ou lignes de fronts. C’est le cas d’un certain Adolf Hitler, un homme très conservateur, qui déteste les juifs, et qui a pour seule ambition de servir ses supérieurs. Bourré d’ambition, il compte bien gravir rapidement les échelons.

Le roman de Philippe Pivion, « L’estafette », raconte avec brio comme Adolf est devenu Hitler. De 1914 à 1918, nous suivons les traces de ce soldat pas comme les autres. Recalé aux Beaux-Arts, l’Allemand décide de s’engager dans l’armée pour servir son pays. Sa soif de pouvoir, son dégoût pour les idées libérales montre d’ores et déjà aux lecteurs son manque d’empathie pour les autres. Avec une enfance compliquée et un rêve jeté à la poubelle, Hitler a soif de vengeance. Petit à petit, le soldat se transforme en véritable monstre. Et ce n’est pas pour rien qu’il sera redirigé en unité psychiatrique, après avoir été aveuglé par du gaz toxique. La suite, nous la connaissons malheureusement mieux.

Malgré quelques lenteurs dans le récit, Philippe Pivion nous donne des clés pour mieux comprendre le personnage qu’est Hitler, ce qui a pu le pousser à tant détester les Juifs, et sa manière bien à lui de prendre le pouvoir. Le roman démontre également que tout ne se joue pas durant l’enfance et que de nombreux événements peuvent amener quelqu’un à changer radicalement de personnalité.  Un ouvrage somme toute intéressant qui ravira les passionnés d’histoire. Merci à Ramsay Editions pour cette découverte.

Puisqu’il faut des hommes

Puisqu’il faut des hommes

1961 : Joseph revient de la guerre d’Algérie, mais n’est plus vraiment le bienvenu dans son village. Pour beaucoup, y compris pour sa famille, ce n’est qu’un planqué, coincé dans un bureau et non en train de combattre sur le terrain. C’est un lâche aussi, parce qu’il est parti « à la guerre » plutôt que d’aider sa famille à la ferme. En son absence, son frère fut victime d’un accident de tracteur, qui l’a cloué sur une chaise roulante. Sa carrière de cycliste est fichue.

Pelaez et Pinel ont imaginé une nouvelle série, « Puisqu’il faut des hommes », dont le premier tome s’intitule sobrement « Joseph » en hommage au personnage mis en avant dans cet album. Le récit évoque la guerre d’Algérie, les préjugés vis-à-vis de la guerre et de certains corps de métiers, et le retour aux sources. Car, si Joseph est très mal accueilli par les siens, il n’en est pas de même pour le fils du cafetier qui s’est, lui aussi battu en Algérie. Mais les paroles vont se délier et des secrets bien gardés vont éclater au grand jour.

« Puisqu’il faut des hommes » est une belle bande dessinée, qui met en avant la famille et l’engagement pour le pays. Le récit est touchant, les émotions sont palpables et le trait est soigné. Reste à voir ce que nous réserve la suite…

Cupidon a des ailes en carton

Cupidon a des ailes en carton

Entre Meredith et Antoine, c’est l’amour fou. Mais (eh oui il y a un « mais ») la jeune femme ne se sent pas prête à s’investir à fond dans cette relation. Comédienne de profession, elle va profiter de sa nouvelle tournée avec son amie Rose, pour entreprendre ce qu’elle appelle le « Love Tour ». En clair, un tour d’elle-même, de sa relation avec Antoine, de l’amour en général. Meredith veut d’abord apprendre à s’aimer, et pour ce faire, elle doit s’éloigner. Prendre de la distance, tout en prenant le risque de le perdre… Le décompte est lancé : les retrouvailles auront lieu dans 6 mois et un 1 jour. Reste à savoir ce que Cupidon leur réserve.

Je n’en suis pas à mon premier essai en ce qui concerne les ouvrages de Raphaëlle Giordano. J’avais déjà lu par le passé « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une », mais je n’avais pas accroché des masses, je trouvais le récit un peu trop moralisateur. C’est d’ailleurs ce que je reproche souvent aux livres axés « développement personnel ».
C’est lors du SWAP St-Valentin que l’on m’a offert « Cupidon a des ailes en carton ». Je trouvais le résumé attractif et je l’avais donc mis tout naturellement sur ma wish-list. A l’occasion du Book Club du mois de janvier consacré à « la quête de soi », j’ai choisi ce livre dans ma PAL. Hormis de le concept de « L’amourability » imaginé par le personnage principal (et que l’on peut réaliser pour soi d’ailleurs à la fin du roman), qui était beaucoup trop abstrait à mon goût, j’ai bien aimé cette histoire. Meredith manque de confiance en elle quand il s’agit de l’amour, et cela peut se comprendre de par son expérience. Faire le point avant de s’engager peut être, pour certains, une bonne manière d’appréhender une relation que l’on veut sérieuse et durable dans le temps. Antoine, lui, n’est pas du tout comme ça. Malgré la distance, il continue, dans l’anonymat le plus profond, à prouver son amour à Meredith. Et c’est beau. Bien que le Happy End est attendu, la lecture reste somme toute agréable.

A la vie !

A la vie !

Xavier est infirmier en soins palliatifs. Un service loin d’être drôle, puisque c’est dans ce dernier que se retrouvent les patients en fin de vie. Le lecteur suit le quotidien du jeune homme aux allures de viking, raconté avec douceur, pudeur et pas mal d’humour. Tour à tour, il dresse le portrait de ses patients les plus marquants. Il y a Roger, avec lequel il chante à tue-tête les tubes de Queen, Mathilde qui lui apprend le suédois, Nanie, sa mamie d’adoption, ou encore Edmond qui lui fait découvrir la dame blanche à la vodka.

Préfacée par Charline, l’auteure de « Bonjour, c’est l’infirmière ! », « A la vie ! » est mon premier coup de cœur bullesque de l’année. J’ai trouvé ce roman graphique bourré d’humanité, tantôt drôle, tantôt émouvant. On a la larme à l’œil devant cet infirmier qui met de la gaieté dans les ultimes journées de ses patients. Toujours avec bienveillance, il essaie tant bien que mal de rendre le séjour hospitalier plus agréable. Et puis le dessin est juste fabuleux ; les portraits sont à croquer !

C’est à travers ses strips sur Instagram que « l’Homme étoilé » a su conquérir le public et se faire remarquer par la maison d’édition Calmann Levy. Le « Marshmallow coincé dans une armoire à glace » comme on l’a déjà surnommé, compte aujourd’hui plus de 110 000 abonnés. Je lui souhaite longue vie et espère bien pouvoir le rencontrer un jour vu qu’il est dans la région…