Mon vieux toutou

Mon vieux toutou

Entre Ninon et son chien Hector, c’est une grande amitié. Inséparables, ils font tout ensemble : courir, sauter, jouer, manger, dormir. Mais à la suite d’une grosse journée, la maman de Ninon constate que le toutou commence à être fatigué. Elle explique alors à sa fille que son ami à quatre pattes est âgé et qu’il ne pourra plus s’amuser avec elle. Même si elle reste inquiète, Ninon a bien compris le message. Alors pour leur ultime journée, elle va offrir à Hector les 24h les plus merveilleuses de sa vie, en réalisant des choses extraordinaires.

Quel touchant album que « Mon vieux toutou » de Nadine Brun-Cosme et Marion Piffaretti. Le dessin est trop choupinou (oui, c’est une histoire pour enfant, donc j’ai le droit de mettre « choupinou » dans mon avis !) Le récit parlera sans aucun doute à tous ceux qui ont/ qui ont eu un chien comme animal de compagnie. Il arrive un moment où le temps nous rattrape et où les jours sont comptés. Alors plutôt que de se morfondre, c’est l’heure ou jamais pour créer des souvenirs et ça, notre héroïne l’a bien compris. Une histoire charmante, douce, qui aborde aussi bien l’amitié que la mort, du bout des doigts. Un album à retrouver aux éditions ABC Mélody.

Midnight Sun

Midnight sun

« Midnight Sun » a été écrit il y a quelques années par Stephenie Meyer. Il s’agit en fait du tome 1 de la saga Twilight, c’est-à-dire « Fascination », mais rédigé du point de vue d’Edward (dans la version originale, nous sommes en effet dans la peau de Bella). « Midnight Sun » reprend donc les mêmes événements en donnant au lecteur une toute autre vision des choses.

Rappel des faits : Bella Swan, une adolescente ordinaire mais quand même assez maladroite, vient vivre chez son père à Forks, bourgade pluvieuse des Etats-Unis. Sur place, au lycée, elle se fait rapidement des amis et tombe sous le charme d’Edward Cullen. Une attirance réciproque mais qui n’est pas sans danger. Le jeune homme cache en effet un profond secret (pour ne pas en dire davantage, même si la saga est aujourd’hui bien connue).

Avec « Midnight Sun », les mystères sont donc levés et on en sait un peu plus sur Edward, qui se montre si discret durant les premiers chapitres de Twilight.

Ce que l’on sait moins, c’est que « Midnight Sun » a failli ne jamais voir le jour. En plein succès, alors qu’elle s’attelait à l’écriture de ce nouvel ouvrage, Stephenie Meyer s’est fait dérober son travail et les 12 premiers chapitres ont été dévoilés sur Internet sans son consentement. L’auteure a alors stoppé net et n’a repris la plume que très récemment. Au final, le roman est paru cet été, soit 15 ans après le premier volet.

A l’époque, lorsque le début de l’histoire avait fuité, j’avais décidé de ne pas la lire ; j’espérais qu’elle terminerait l’ouvrage. Et puis les mois et les années sont passés ; le livre semblait avoir été mis aux oubliettes et j’ai fini par me pencher sur le sujet. Au printemps 2020, Hachette annonçait la sortie imminente du roman que j’attendais comme des millions de fans. Lors de la parution, je suis vite allée me procurer mon exemplaire en librairie et je peux vous dire que je n’ai pas boudé mon plaisir. Quel régal de pouvoir retourner à Forks ! Et même si l’on connait l’histoire, il y a certains éléments, certaines scènes que l’on découvre sous un angle inédit. Les quelques 800 pages n’ont pas été dévorées en une nuit ; j’ai bien entendu fait durer la lecture exprès. Car, même si j’apprécie la saga, et même s’il est question d’autres projets autour de Twilight, j’aimerais bien m’arrêter là. Il faut savoir mettre un point final aux histoires. C’est là qu’elles sont les plus belles.

Radium Girls

Radium Girls

New Jersey, 1918. Edna est ouvrière à l’United State Radium Corporation, une usine qui fournit l’armée en montres. Son job consiste à peindre des cadrans lumineux à l’aide de la peinture Undark, une substance luminescente, à la fois chère et précieuse. Malgré une charge de travail assez volumineuse, Edna peut être contente d’œuvrer dans une bonne ambiance. Elle s’est même faite des amies en les personnes de Mollie, Albina, Quinta et Katherine, qu’elles voient en dehors du boulot. Entre elles, elles se surnomment les « Ghost Girls », à cause du radium. Il suffit d’avoir un peu de peinture sur soi pour se retrouver ébloui à la nuit tombée. Ce qu’elles ignorent, c’est que la substance qu’elles manipulent tout au long de la journée, est mortelle.

« Radium Girls », c’est une histoire vraie, racontée et illustrée en un seul volume par Cy. C’est aussi le surnom qu’a donné la presse aux filles de l’United State Radium Corporation. Nombreuses sont les ouvrières qui ont commencé à souffrir d’anémie, de fractures, de nécrose de la mâchoire et de tumeurs après leur embauche. Plusieurs ont assigné l’employeur en justice et quelques-unes sont malheureusement décédées au cours de la procédure judiciaire.

Pour réaliser cette bande dessinée, Cy s’est longuement documentée sur le sujet. Ce fait historique est en effet peu connu. Il a pourtant permis de faire avancer les droits des ouvriers aux Etats-Unis. C’est suite à un article paru sur Internet que l’illustratrice a décidé, avec le soutien de Guy Delisle, d’imaginer cette bande dessinée. Un joli travail qui permet de mettre en lumière une lutte féminine historique. Mention spéciale à la couverture fluorescente qui donne dès le départ une ambiance particulière à l’album.

C’est quoi un terroriste ?

C’est quoi, un terroriste ?

Il y a quelques années, j’avais vu la bande dessinée « C’est quoi un terroriste ? – Le procès Merah et nous » de Doan Bui et Leslie Plée en librairie, mais je me disais que ce serait sûrement trop anecdotique pour aller dans mon fonds BD à la Médiathèque.

Il y a quelques jours, je suis tombée sur ce même ouvrage, en secteur jeunesse dans les sciences sociales et je l’ai empruntée. Et je l’ai apprécié. Beaucoup.

A l’époque des faits, Doan Bui est journaliste à l’Obs. Elle est chargée de couvrir le procès Merah, ce qui inclut aussi bien les plaidoiries que les réquisitoires et moins de place pour la vie privée. Au-delà du journal du procès, la jeune femme évoque aussi ses propres émotions, que ce soit face aux survivants ou à la classe judiciaire.

L’auteure et l’illustratrice ne parlent pas seulement de l’affaire Merah. Elles s’expriment également sur le métier de journaliste, sur les derniers attentats et les terroristes. Avec beaucoup de pédagogie, Leslie Plée et Doan Bui tentent de faire connaitre les affaires terroristes les plus récentes. Elles apportent par ailleurs des éléments informatifs sur le radicalisme en prison et les techniques de certains avocats, parfois pas très reluisantes.

Cette bande dessinée peut servir pour expliquer certaines choses aux enfants, que ce soit à table en famille, ou à l’école. Si elle est en dense, elle est aussi très instructive. J’ai aimé passer du temps à la lire. Qui plus est, le coup de crayon de Leslie Plée est vraiment joli, agréable. Il a l’avantage de rendre le récit assez fluide.

L’ogre des Ardennes

L’ogre des Ardennes

Michel Fourniret est connu depuis de nombreuses années pour avoir enlevé, violé et tué plusieurs femmes. C’est en juin 2003 qu’il est arrêté dans les Ardennes alors que des soupçons de séquestration d’une jeune fille pèsent sur lui. Après plusieurs enquêtes et aveux du prévenu, sept meurtres seront finalement mis sur son compte. Des crimes qu’il n’a pas toujours commis seul, et qui incluent notamment son ex-femme : Monique Olivier.

Affublé du pseudonyme « L’ogre des Ardennes », Michel Fourniret n’en a toujours pas fini avec la justice à l’heure actuelle. A travers cette bande dessinée, Jean-David Morvan, Arnaud Locquet, Damien Geffroy et Facundo Percio retracent le parcours de l’un des serial killers les plus célèbres de France. De ses premiers crimes, à l’origine de sa relation avec Monique Olivier, en passant par son mode opératoire, la bande dessinée révèle bien des choses sur le personnage. Stéphane Bourgoin a été le conseiller historique de cet ouvrage qui s’inscrit dans une série baptisée : « Stéphane Bourgoin présente les serial killers ». Si l’écrivain s’avère expert en la matière, ses propos sont tout de même à prendre avec des pincettes. En effet, lors d’un entretien accordé au Parisien et à une enquête de Paris Match datés de cette année, l’homme avoue avoir menti sur son passé, notamment sur sa compagne qui s’est révélée inexistante, ou le fait d’avoir été déjà expert devant un tribunal.

On appréciera tout de même le récit parfaitement documenté, bien que choquant qui pourra amener le lecteur, s’il est intéressé, à approfondir ses connaissances sur ce criminel monstrueux.