Celle qui a dit Fuck

Celle qui a dit Fuck

« Celle qui a dit Fuck » est un journal un peu particulier : celui d’une jeune femme, Alice, qui a décidé d’en finir avec les prises de tête. Cette dernière se met en effet facilement la pression, à culpabiliser pour peu et à tenter d’être parfaite. Pour cela, elle enchaîne les listes et les réflexions, de quoi friser le burn-out.

Dans son journal, Alice consigne ses journées et des conseils pour apprendre à être zen, mais aussi pour sortir de sa zone de confort. Tantôt drôles, parfois cocasses, les histoires s’enchaînent  et prennent la forme d’un véritable récit intime, tant du point de vue de l’écriture que de la mise en scène : gribouillis, ratures et petits dessins sont présents pour donner à ce carnet tout le réalisme possible. Chacun peut y piocher des idées, des sources pour essayer de moins se prendre la tête et apprendre à mieux se connaître, et à penser un peu plus à soi.

A mi-chemin entre le développement personnel et la chick-lit, « Celle qui a dit Fuck » a été écrit à quatre mains, par Anne-Sophie et Fanny Lesage, et illustré par Léna Piroux. Les deux frangines ont d’ailleurs créé une newsletter dédiée au développement personnel et à laquelle je me suis abonnée pour pousser l’expérience. Il s’agit de de « Holi Me ». Merci aux éditions J’ai Lu pour ce livre bourré d’idées et très divertissant.

Dans la maison

Dans la maison

On les surnomme les Huit. Eux, ce sont huit lycéens en Arts Appliqués, soudés comme les doigts de la main. Chaque samedi soir, l’heure est à la fête dans une maison de campagne isolée. Pour la prochaine fiesta, il a été décidé d’organiser une soirée frissons. Chaque membre doit effrayer les autres. Si cela fonctionne, ces derniers sont invités à boire une ou plusieurs gorgées d’alcool. Au fur et à mesure que les heures passent, les blagues laissent peu à peu place à l’effroi. Dans la maison, des bruits étranges retentissent, des pierres surgissent de nulle part et les invités disparaissent les uns après les autres.

Autant je n’aime pas regarder de films d’horreur car je sursaute pour un rien, autant un roman horrifique reste plaisant ! « Dans la maison » est un huis-clos saisissant, écrit par Philip Le Roy. Les adolescents ne manquent pas d’idées lorsqu’il s’agit de faire bondir leurs amis et tous ont des idées très farfelues. A chaque disparition ou phénomène étrange, on est en droit de se demander s’il est question à nouveau d’un coup monté ou si les lieux sont véritablement hantés. Car, la maison est en effet située dans un secteur où l’on aurait vu des années auparavant des soucoupes volantes… Difficile de ne pas se plonger dans l’ambiance, tant le scénario est bien ficelé. On regrettera quelque peu le panel d’ados un peu caricatural, mais l’ensemble reste bien construit, d’autant que l’auteur n’hésite pas à rendre l’intrigue plus forte à la fin de chaque chapitre. Un bon roman en somme, à lire le soir, seul(e) juste avant d’aller se coucher pour faire de jolis rêves !

Si je reviens un jour…

Si je reviens un jour…

2010, dans le 16e arrondissement de Paris : au sein du lycée Jean de La Fontaine, l’heure est au déménagement. Des professeurs retrouvent au fin fond d’une armoire des lettres et des photos qui appartenaient à une ancienne élève, Louise Pikovsky. Durant plusieurs mois, cette dernière a correspondu avec sa prof de lettres. Le courrier le plus récent remonte au 22 janvier 1944, date à laquelle Louise et toute sa famille furent arrêtés par la Gestapo parce qu’ils étaient juifs.

La bande dessinée « Si je reviens un jour… » est une histoire vraie. Stéphanie Trouillard et Thibaut Lambert y racontent l’histoire d’une jeune fille, Louise Pikovsky, qui a écrit, au cours de l’été 1942, à sa professeur Anne-Marie Malingrey. Au total, ce sont six lettres qui ont été retrouvées. Louise était une élève douée et intelligente, toujours prête à aider les autres. Mais il ne fait pas bon d’être juif dans les années 1940. Petit à petit, les juifs sont isolés du reste de la population. Outre le fait de devoir porter l’étoile jaune, leurs magasins sont pillés et fermés, des classes à part se mettent en place, et leur déportation vers des camps de travail est programmée. La jeune fille n’échappera pas à la règle.

L’ouvrage comporte non seulement le récit d’une rare correspondance, mais aussi un dossier comprenant les fameuses lettres, ainsi que des photos de classe, de famille et un glossaire. Il s’agit d’un véritable outil pédagogique pour ceux qui étudient cette période sombre de l’Histoire. C’est un témoignage beau et bouleversant, celui d’une prof qui se remémore avec beaucoup d’émotions, de l’une de ses meilleures élèves.

 

Le charme discret de l’intestin

Le charme discret de l’intestin

« Le charme discret de l’intestin » rend compte des dernières découvertes concernant un organe que l’on sous-estime trop. Ce dernier tient en effet souvent un rôle dans les allergies, la dépression, le surpoids, et même dans la maladie de Parkinson.

Le livre a été en tête des ventes lors de sa sortie en Allemagne, mais aussi en France en 2014. Depuis, il a été publié dans plus de 26 pays et continue à faire parler de lui. Ayant entendu beaucoup de bien sur le sujet, j’ai eu l’opportunité de l’acquérir sur un marché aux puces et de le lire enfin ! Giulia Enders, passionnée de gastroentérologie, confie avoir été motivée par la guérison de sa grave maladie de peau grâce à un changement radical de son alimentation, pour écrire ce livre. Sa sœur, Jill, illustre quant à elle ses travaux.

Avec humour, dérision, et parfois quelques mots barbares (il le faut bien, ça reste un documentaire scientifique), Giulia Enders tente de nous informer sur cet organe, considéré comme étant le second cerveau de notre corps.

De la visite guidée du tube digestif, à la description des mauvaises bactéries, en passant par la selle, l’auteure nous fait voyager dans notre corps, nous sensibilise à notre comportement alimentaire qui peut avoir des conséquences sur notre santé, et nous donne quelques conseils quant à l’utilisation des médicaments ou lorsqu’il s’agit de rendre tripes et boyaux. Instructif au possible « Le charme discret de l’intestin » est un ouvrage que je recommande fortement, que vous ayez des soucis de santé ou pas. Vous ne retiendrez pas tout de votre lecture, et vous ne comprendrez pas forcément tous les mots employés, même si les propos sont plutôt vulgarisés, mais vous dormirez moins bête… et vous ne verrez plus jamais votre caca de la même manière. Voilà, c’est dit.

La maison

La maison

« La maison » d’Emma Becker fut l’un des livres chocs de la dernière rentrée littéraire. Pourquoi ? Parce que l’auteure, pour l’écrire, s’est prostituée durant deux ans à Berlin, dans deux maisons closes. Si le premier endroit était plutôt sordide, le second était nettement plus bienveillant envers les femmes qui y travaillaient.

C’est en arrivant dans la capitale allemande en 2013, en passant devant un bordel et en se rendant compte que c’est tout à fait légal, que l’écrivaine a une illumination. Curieuse dès le départ, Emma Becker franchit le pas. Une démarche littéraire qui peut laisser bouchée bée mais qui, pour la jeune femme, était une manière de joindre l’utile à l’agréable : l’envie de découvrir l’envers du décor, tout en étant payée pour. Et elle assume.

Ainsi, on suit l’auteure dans son travail de tous les jours. On y découvre les femmes qui font partie de la maison, les diverses chambres, la Hausdame qui gère l’établissement, les clients, ce qu’il s’y passe…et la relation qu’elle a avec ses derniers. Il y a parfois des épisodes de violence ou d’humiliation. Certes, le « rythme de travail » est sans doute plus soutenu qu’ailleurs, mais Emma Becker avoue qu’il lui est arrivé de prendre du plaisir. Alors oui, on ne va pas se mentir, il y a beaucoup de sexe, mais en même temps, quoi de plus normal dans une maison remplie de prostituées ?!

Afin de mieux comprendre ce qui lui est passé par la tête, j’ai, après ma lecture, écouté plusieurs interviews où elle fait part de notre méconnaissance extrême du métier. Car, dans cet ouvrage, Emma Becker parle des femmes qui exercent cette profession parce qu’elles l’ont voulu, et non par contrainte.  Elle dresse ainsi une galerie de portraits et montre comment cela se passe réellement ailleurs. Objectif ? Repenser entre autres le débat sur la prostitution et sur sa légalisation.

Concernant ma propre lecture, j’ai trouvé le récit choquant, parfois étonnant, mais bizarrement intéressant à lire. Je comprends toutes les critiques que l’ouvrage a pu soulever, les bonnes comme les mauvaises, mais je pense qu’il mérite d’être lu, ne serait-ce que pour essayer de comprendre ce qui nous échappe et ce, même si on est totalement en désaccord.