La saveur du printemps

La saveur du printemps

Alors que sa sœur vient tout juste de se marier, Ari désespère de pouvoir quitter un jour la maison familiale. Heureusement, il a un projet : emménager dans un appartement situé dans une grande ville avec ses amis pour se consacrer à sa passion : son groupe musique. Mais avant de pouvoir réaliser son rêve, Ari a une dernière tâche à effectuer : trouver quelqu’un pour aider son père à la boulangerie, qui connait quelques difficultés. Après plusieurs entretiens d’embauche, il fait la connaissance d’Hector, qui semble être le candidat idéal… et qui ne laisse pas Ari insensible.

« La saveur du printemps » est une bande dessinée écrite et illustrée par Kevin Panetta et Savanna Ganucheau, qui nous embarque dans l’envers du décor de la boulangerie Kyrkos & Fils, où les petits pains au levain font la fierté de la famille, et dont on peut retrouver la recette à la fin de l’ouvrage. Le charme du récit réside dans le personnage naïf et impulsif qu’est Ari, la passion que voue Hector à la confection du pain et des viennoiseries, et à leur relation. Une relation qui prend certes du temps à évoluer mais qui n’est pas sans conséquence pour la vie des deux héros. Construction de soi, identité, désir, ces thèmes chers aux adolescents devraient forcément les toucher au cours de cette belle tendre lecture. Une BD à écouter d’ailleurs en musique, grâce à la playlist ajoutée par les auteurs à l’intérieur.

La part des anges

La part des anges

Suite à la mort accidentelle de son fils, Lisa, son mari et sa fille quittent Paris pour s’installer dans le Périgord. C’est dans une ferme isolée, répondant au nom de « La Part des Anges » qu’ils déposent leurs valises. Mais sur place, alors que son époux devient le médecin du village et que sa fille se fait rapidement des amis, Lisa peine à se reconstruire. En rangeant ses affaires, elle tombe dans le grenier sur le journal intime d’Alice, l’une des anciennes propriétaires des lieux. Page après page, cette dernière y raconte ses souvenirs et ses souffrances datant de la Seconde Guerre mondiale.

Avant de vous dévoiler mon avis, savez-vous à quoi fait référence « La part des anges » ? C’est une expression qui est surtout connue par ceux qui côtoient l’univers du vin. « La part des anges », c’est une manière poétique pour parler du phénomène d’évaporation qui se produit lorsque l’alcool vieillit dans un fut. La partie du spiritueux qui s’évapore est donc celle attribuée aux anges.  Voilà pour le savoir inutile du jour ! Passons maintenant aux choses sérieuses : « La part des anges » est sans doute mon roman chouchou de Bruno Combes. J’ai été véritablement embarquée par cette histoire qui se trame au fin fond de la campagne, par le deuil qu’a du mal à faire Lisa, et par la découverte d’une correspondance datant des années 1940. Un échange de lettres assez succinct mais qui a l’avantage de changer les idées à l’héroïne.

J’ai dévoré le livre en deux jours tellement j’avais du mal à le lâcher. Ce voyage entre deux époques constitue un aller-simple pour s’évader de sa routine. Avec Gilles Legardinier, Bruno Combes fait partie de ces écrivains qui parviennent parfaitement à se glisser dans la peau d’une femme pour exprimer des émotions qui lui sont propres. Une belle histoire aux tons dramatiques et porteuse d’espoir.

Et ne durent que les moments doux

Et ne durent que les moments doux

Lily est à l’hôpital. Elle vient de donner la vie prématurément à une petite fille. Le personnel, comme la maman, est sur le qui-vive. Sa survie ne tient qu’à un fil. De son côté, Elise, 50 ans, se retrouve seule dans son appartement, en tête-à-tête avec Edouard le chien, alors que son dernier enfant vient de quitter le nid.

Ce roman autour de la parentalité parlera aussi bien à ceux dont les enfants viennent de quitter le domicile qu’à ceux qui s’apprêtent ou qui viennent de devenir parents. Un rôle pour le moins pas évident à tenir et que chacun découvre sur le tas.

« Et ne durant que les moments doux » est un roman que Virginie Grimaldi n’avait pas prévu d’écrire à la base. Et puis les aléas de la vie, la venue d’un enfant dans la tribu a changé la donne. Avec cet ouvrage, l’auteure remercie le personnel soignant de manière générale pour leur dévouement. Elle fait également connaître aux lecteurs ces bénévoles qui œuvrent dans l’ombre et qui ont en charge de dorloter les nouveaux-nés hospitalisés. A travers le personnage de Lili, Virginie Grimaldi raconte son propre combat, celui d’une mère qui a peur pour son enfant venu un peu trop tôt au monde. Avec beaucoup d’émotions, elle dépeint les longues heures de stress, la culpabilité et la tristesse. Elle évoque aussi la solitude et le renouveau. Difficile de ne pas ressortir bouleversée de cette lecture, tant les héroïnes sont de belles personnes. Un roman tout doux, un coup de cœur, une belle leçon de vie à mettre entre toutes les mains

Amours solitaires

Amours solitaires

Autrefois, les amoureux s’échangeaient des lettres. Aujourd’hui, les relations épistolaires ont laissé place aux textos et autres commentaires en ligne. Cela n’a pas signé pour autant la disparition de la poésie. Morgane Ortin, une chroniqueuse parisienne, a créé le compte Instagram « Amours solitaires », sur lequel elle regroupe des conversations intimes de couples anonymes. On y trouve des mots doux, des déclarations enflammées, quelques phrases piquantes, drôles et érotiques. Au total, l’éditrice en a sélectionné 278 pour composer cet ouvrage qui semble raconter une histoire d’amour unique.

Depuis, « Amours solitaires » dispose aussi de son site Internet et même d’un nouveau livre. J’ai succombé aux paroles très romantiques de cet échange collaboratif. Avant cette lecture, je n’avais pas eu connaissance de ce projet et me suis abonnée de ce pas au compte Instagram pour suivre les publications inédites. Et s’il s’agit la plupart du temps de SMS, que le lecteur se rassure, c’est écrit en « bon français » et non en phonétique… Merci aux éditions J’ai Lu et à l’auteure qui prouve qu’au XXIe siècle, les messages d’amour existent toujours.

Mamma Maria

Mamma Maria

« Mamma Maria », c’est l’adresse incontournable de ce petit village italien, où les habitants se retrouvent pour manger ou boire un verre. Il est tenu par Maria, une dame de 65 ans, qui sait dorloter ses clients comme il faut. La patronne est notamment amie avec Sofia, une jeune femme au cœur brisé, de retour dans sa région natale après avoir vécu à Paris. Leur quotidien est secoué par l’arrivée de Souma, une Lybienne et son fils qui ont fui la misère de leur pays. Echouée dans un poulailler, cette petite famille va être cachée, nourrie et logée. Mais tous les villageois ne voient pas d’un bon œil la venue de ces migrants sur leurs terres.

Après avoir entendu énormément de bien du second roman de Serena Giuliano, je me suis lancée de façon très optimiste dans « Mamma Maria » paru aux éditions du Cherche Midi. Cette lecture est parfaite pour l’été ! Elle a une saveur de caliente, c’est une morceau d’Italie que l’on a entre nos mains. Il suffit de fermer les yeux pour se retrouver sur la terrasse de Maria, en train de savourer l’un de ses cafés inimitables.

Serena Giuliano nous embarque dans l’histoire de deux femmes au caractère à la fois lumineux et bien trempé, amoureuses de leurs contrées et qui en parlent si joliment. Le récit, plutôt feel good, nous propose néanmoins une réflexion sur la cause migratoire, à travers les personnages de Souma et Franco, ainsi que sur le racisme en Italie. Le pays est en effet connu pour avoir notamment interdit à certains bateaux humanitaires d’accoster, mais aussi pour l’île de Lampedusa, où se situe un centre d’hébergement pour les migrants. Au final, le roman est très doux et rempli la plupart du temps de bons sentiments. De quoi véritablement se détendre à défaut d’être en vacances.