De passage à Sarreguemines pour un apéro littéraire et un atelier d’écriture à la Médiathèque communautaire, Carène Ponte a pris le temps de répondre à mes questions ainsi qu’à celle des lectrices. Deux heures de rires, de confidences et de bonne humeur.

Votre dernier roman « Recherche Lily désespérément » raconte l’histoire d’une quadragénaire qui décide de prendre trois mois de congés pour s’isoler dans une bergerie. Pourquoi ce choix ? J’ai eu l’idée en revenant de vacances. Sur la route, nous alternions les tunnels et les montagnes, et parfois, on voyait une petite maison perdue dans les champs. Je me suis dit que ça pourrait être une idée de roman. Si nous n’avions pas pris ce chemin, « Recherche Lily » n’aurait jamais vu le jour !
Comment construisez-vous vos personnages ? Pour mon dernier roman, c’est un peu particulier ; Lily, le personnage principal, c’est un peu moi. Elle a mes travers. Comme elle, je suis des influenceuses et achète plein de trucs qui ne me serviront jamais, comme du maquillage ou des crèmes alors que je n’en mets pas ! Pour mes autres personnages, je fais des fiches. Je ne prends pas forcément de notes sur leur physique mais je leur pose plein de questions : quels sont leurs défauts ? Leurs rêves ? Quelle est la première chose à laquelle ils pensent le matin ? Etc.
On dit que les notes de bas de page sont un peu devenues votre marque de fabrique, car c’est une manière pour vous de vous adresser directement au lecteur. Comment l’idée est venue ? Normalement, les notes de bas de page ne sont pas faites pour cela ; elles servent à expliquer un texte. Quand j’ai eu l’idée, j’ai dit à mon éditrice : « Mais je ne peux pas faire ça ! » Ce à quoi elle a répondu : « C’est ton livre ! Tu fais ce que TU veux ! » Et c’est resté. Quand il s’agit de comédies, il y en a beaucoup. Et il y en a nettement moins lorsque c’est plus triste.
Depuis 2019, vous faites paraitre une comédie de Noël ; ça a commencé par « Vous faites quoi pour Noël ? » Est-ce qu’on peut dire que c’est désormais une tradition d’autant plus que l’an passé, ce n’est pas un mais deux livres qui ont été publiés avec pour personnage principal la Famille Praline ? Oui mais ça ne sera pas le cas cette année. L’an dernier, sortir deux comédies de Noël simultanément a été une sacrée organisation et cela m’a fait prendre du retard sur mon dernier roman. Si tout va bien, il y en aura à nouveau une en 2026. En tout cas, je n’exclus pas l’idée de refaire une double comédie ; j’ai été la première à réaliser ce projet.
Est-ce que vous lisez les avis de vos livres sur Internet ? Ou est-ce que vous vous préservez ? Je les lis les 15 premiers jours qui suivent la sortie du roman, après j’arrête. Il y a une personne qui s’acharne systématiquement à me mettre une étoile sur Amazon dès le départ. Forcément, ça se voit quand il n’y a pas beaucoup d’avis encore. Mais ça disparait après.
Depuis le confinement, de plus en plus de personnes ont eu envie de devenir écrivain et de se faire publier. Au vu de la quantité de manuscrits reçus par les maisons d’édition, pensez-vous qu’il soit incontournable aujourd’hui de recourir à l’autoédition pour y parvenir ? Je ne dirai pas que c’est incontournable mais cela peut permettre de se faire repérer. Les maisons d’édition reçoivent près de 300 manuscrits par mois et piochent aléatoirement dedans, donc ça peut aider. Personnellement, j’ai eu la chance de ne jamais essuyer de refus puisque je n’ai jamais envoyé mon manuscrit. C’est grâce à des concours de nouvelles que j’ai réussi à percer.
Vous êtes une autrice feel good, c’est un mot qu’on emploie déjà depuis un bon moment pour parler des histoires réconfortantes, qui font du bien. Est-ce que c’est une étiquette qui vous convient ou qui vous dérange ? Cela me convient très bien ! Au début, j’ai cherché un autre mot plus approprié que « feel good » qui provient du cinéma ; j’avais trouvé l’expression : « Mettre du beau sur du moche ». J’adore être une autrice feel good et j’aime être un livre de plage ! Si pendant deux heures on me lit et qu’on prend du plaisir, que ça nous a fait du bien, je ne demande pas mieux !
Qu’est-ce que vous répondez aux personnes qui disent que ce n’est pas de la vraie littérature ? Mais je n’ai pas envie de leur répondre ! Par le passé, je m’étais emportée en écoutant une chronique à la radio dans laquelle l’animateur disait que c’était : « La médiocrité de la création ». J’ignore s’il y a des critères pour dire que tel roman c’est de la littérature et tel roman, ce n’en est pas ! On est souvent pris de haut par les auteurs de littérature blanche mais finalement dans les salons et les festivals, notre file d’attente reste plus longue que la leur !
