Jamais à court d’idées quand il s’agit d’écrire, Marjorie Levasseur a eu un parcours atypique avant de devenir autrice à temps plein. Aujourd’hui, elle a déjà publié près d’une quinzaines de romans, quasiment tous en auto-édition. Rencontre avec une écrivaine passionnée et passionnante.

Avant de devenir écrivaine, vous étiez aide-soignante. Qu’est-ce qui a déclenché cette reconversion ? En fait, j’ai eu un parcours professionnel très éclectique. Aide-soignante était déjà une reconversion pour moi après la naissance de mon troisième enfant : j’ai exercé un peu plus d’un an le métier d’assistante juridique après l’obtention de mon diplôme en droit. Je ne suis plus aide-soignante depuis 2017. J’ai exercé un an en tant qu’accompagnante d’élève en situation de handicap en école avant d’arrêter pour me consacrer entièrement à l’écriture en octobre 2018. J’ai écrit mon premier roman quand j’étais aide-soignante à domicile. Je lisais beaucoup à cette époque (je lis toujours énormément) et j’échangeais sur mes lectures avec le mari d’une patiente qui est devenu mon alpha-lecteur/correcteur d’ailleurs. J’avais de plus en plus envie de raconter mes propres histoires. L’idée de mon premier personnage m’est venue en discutant avec une autre patiente de son enfance sous l’Occupation. Madeleine, nonagénaire résidente des Lilas dans « Une parenthèse dans ta vie », a ainsi pris vie dans mon imagination.
En grande partie, vous recourez à l’autoédition pour diffuser vos livres. Était-ce un choix personnel dès le départ ou plutôt une manière de faire qui s’est imposée ? Ce n’était pas un choix puisqu’à l’époque où j’ai terminé mon premier roman, je n’avais jamais entendu parler de l’autoédition. Je me suis penchée sur les moyens alternatifs de publication en attendant les réponses des maisons d’édition auxquelles j’avais envoyé « Une parenthèse dans ta vie ». Comme je n’avais pas envie d’attendre des mois et des mois les hypothétiques retours des éditeurs, je me suis lancée, en janvier 2017.
Vous avez plus d’une quinzaine de livres à votre actif. Avez-vous un rythme de parution ou cela se fait-il en fonction de votre inspiration ? Non, je n’ai pas de rythme de parution. Il y a une année où j’en ai sorti 4, d’autres 3, 2 ou 1. Je ne suis pas très régulière. C’est vraiment selon l’inspiration. Mais, j’en sors au minimum un par an, quoi qu’il arrive. Les idées de romans fusent régulièrement, j’ai pas mal d’idées de projets que je note, mais je les creuse selon l’envie du moment et une idée récente peut prendre le dessus sur une autre très ancienne.
Dans vos ouvrages, la famille tient toujours un grand rôle. Est-ce qu’il s’agit là d’une source inépuisable ? Ma source d’inspiration majeure et inépuisable, c’est la vie. La famille faisant partie intégrante de la vie, elle revient souvent dans mes histoires, explorée sous des angles différents, c’est vrai. Une histoire peut me venir brusquement dans la rue, lors d’un salon ou en regardant les infos… J’aborde toujours des thématiques qui me tiennent à cœur, la famille en fait partie, mais ce n’est pas toujours le thème central. J’aime aborder des sujets qui m’interrogent, me bouleversent ou me choquent.
Y a-t-il eu un livre qui a changé votre vie ? Changé ma vie, peut-être pas, mais L’Alchimiste, de Paulo Coelho, m’a fait prendre conscience, à un certain moment de mon existence, que je n’avais pas encore trouvé ma Légende personnelle, celle que Santiago passe son temps à chercher dans le roman. Je crois que je l’ai trouvée dans l’écriture.
Avez-vous des rituels lorsque vous écrivez ? Non, pas vraiment, si ce n’est que j’écris assise sur mon lit, un coussin calé dans le dos. Mes deux minettes, qui ont rejoint la famille en juin 2022, me tiennent compagnie, en général. Je peux écrire en écoutant de la musique ou dans le silence le plus complet, le matin et/ou l’après-midi. Mes séances n’ont pas une durée précise, j’ai même tendance à procrastiner parfois et, dans ce cas, je me fixe un objectif de 1000 mots minimum à chaque séance journalière pour relancer la machine.
