Les fleurs de l’ombre

Les fleurs de l’ombre

Clarissa Katsef est une romancière reconnue. Suite à sa séparation brutale d’avec son mari, elle met tout en oeuvre pour trouver au plus vite un nouveau toit. Après un entretien peu ordinaire, la voilà qui intègre la résidence pour artistes CASA, et plus exactement un appartement de rêve. Situé au huitième étage dans un immeuble neuf, celui-ci n’est pourtant pas au goût de Clarissa, qui a l’impression d’être observée en permanence. Mrs Dalloway, son interlocutrice virtuelle et assistante, est parfois très insistante, trop intrusive peut-être. Ce sentiment est-il réel ou s’agit-il de traumatismes passés qui reviennent hanter l’écrivaine ?

Après avoir été déçue par « Sentinelle de la pluie » et entendu que Tatiana de Rosnay revenait à ses premiers amours, à savoir le suspense, c’est avec un grand plaisir que me suis plongée dans « Les fleurs de l’ombre ». Embarquée dans l’histoire dès le départ, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un des autres romans de l’auteure, « Le voisin », qui reste l’un de mes favoris. « Les fleurs de l’ombre » lui ressemblent beaucoup, de par sa dimension psychologique. Dans les deux cas, nous suivons une femme qui se sent épiée et, bien qu’elle semble lucide, nous devons nous demander si les faits s’avèrent bien réels ou s’ils sortent tout droit de son imagination.

L’ouvrage fait également la part belle à la littérature, le personnage principal vouant une véritable admiration à Romain Gary et Virginia Woolf. Enfin, comme dans bon nombre d’ouvrages de Tatiana de Rosnay, les lieux et leur histoire ont une place privilégiée.

Cette uchronie, qui évoque par ailleurs le changement climatique, le Brexit, le manque d’intimité ou encore la nature qui devient totalement artificielle, semble réaliste. Mon seul regret est d’être restée sur ma faim, les dernières pages n’apportant pas toutes les réponses aux lecteurs.