Le libraire de Wigtown

Wigtown, sud de l’Ecosse : Shaun Bythell est propriétaire de la plus grande librairie d’occasion du pays, « The Book Shop ». Bible reliée datant du XVIe siècle, dernier volume d’Harry Potter, ouvrages savants, livres d’art coûteux, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Avec un humour décapant, Shaun Bythell, passionné dans l’âme et quelque peu désabusé par sa profession nous invite à découvrir l’envers du décor. Chaque jour, à la manière de Bridget Jones, l’Ecossais annonce la couleur : nombre de commandes en ligne / nombre de livres trouvés ; intitulés éventuels des ouvrages demandés ; collègues qui travaillent ce jour-là, etc. Durant un an, Shaun Bythell nous invite à découvrir sa clientèle, les avantages et les déconvenues de la profession, et tout un univers.

Dès les premières pages, « Le libraire de Wigtown », paru aux éditions J’ai Lu, a été un coup de cœur. Malgré des répétitions, il faut le dire (500 pages de carnet de bord, forcément il y a des jours qui se ressemblent), l’ouvrage est très plaisant à lire. Personnellement, j’ai toujours apprécié les histoires qui se passaient dans les librairies, probablement à cause ma bibliophilie aigüe. Ce qui est d’autant plus prenant dans ce roman, c’est le nombre de références littéraires qui y figurent. Cela donne plein d’idées de lecture, comme ce texte de George Orwell, « Quand j’étais libraire », dont des extraits servent à ouvrir un nouveau chapitre. Et puis il y a tous ces clients, autant de personnages hauts en couleurs, tels que Dave la Banane qui doit son surnom au fait de porter au moins deux sacs bananes sur lui, ou Sandy, le païen tatoué qui amène des bâtons de randonnée pour que la librairie les vende. Bref, un petit endroit où l’on aimerait bien s’immiscer à notre tour l’espace de quelques heures pour musarder entre les rayons ou endosser le rôle de libraire, même si Shaun nous prévient dès le départ que l’on est loin du rêve et des clichés, à l’instar de celle tenue par Hugh Grant dans Notting Hill.