Juste puni

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Juste puni

A 17 ans, Mathieu est convaincu qu’il n’a pas le droit au bonheur et qu’il ne mérite pas de vivre. Tous les jours, il encaisse les coups de son père, les crachats et les insultes qu’il essaie de cacher au lycée. Selon lui, il n’est pas du tout un enfant battu, il est « Juste puni ». Puni d’avoir détruit l’existence de son père, puni d’avoir tué sa maman. Même si Mathieu n’a aucun souvenir au-delà de ses 7 ans, il est persuadé d’être le seul et l’unique coupable.

« Juste puni » est un petit pavé d’Anaïs W. Un pavé que j’ai eu la chance de voir dédicacé et une auteure avec laquelle j’ai eu le privilège de communiquer par mail pour réaliser une interview pour Roster Con. Dans « Juste puni », le personnage de Mathieu peut choquer. L’adolescent est en effet persuadé qu’il mérite chaque coup que lui assène son père. Chaque bleu, chaque poing lui rappelle à quel point il est coupable de la mort de sa mère. Au lycée, bien qu’il soit plutôt solitaire et peu sociable, Mathieu se fait quelques amis parmi lesquels Amaury. Dès le premier jour, le jeune homme s’attache à lui et cherche à savoir la vérité. Si au début, l’adolescent se retrouve face à un mur, il va parvenir, à l’aide de sa famille, à briser la carapace que s’est construite Mathieu. Pour le meilleur et pour le pire.

Le roman d’Anaïs W. est assez prenant dans la mesure où le lecteur se demande jusqu’où la maltraitance va aller. La haine du père de Mathieu est telle qu’on peut facilement s’imaginer ce dernier passer à l’acte. On s’interroge également sur le comportement de Mathieu. Comment comprendre qu’un adolescent encaisse les coups sans rien dire, en se sentant coupable alors qu’il n’a aucune preuve sous les yeux ? Il faut du temps pour comprendre la manière de pensée de l’adolescent et pour tenter de se mettre à sa place. Le roman place également l’amitié au centre de l’intrigue. Jusqu’où peut-on aller par amitié pour quelqu’un et comment définit-on une amitié sincère ? Un beau roman, bien que très dur.

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