5 questions à Laurent Chiambretto

Ecrivain, coach, mais aussi directeur d’un club de tennis, Laurent Chiambretto a plusieurs cordes à sa raquette. Avec la parution de « Belle de match », l’auteur se met à la comédie romantique. Pour notre plus grand plaisir et nos zygomatiques.

Crédits photo : Gaëlle Chiambretto

Vous êtes directeur d’un club de tennis, vous avez été chroniqueur tennis, vous avez écrit plusieurs livres sur le sujet ; êtes-vous tombé sur le court lorsque vous étiez petit ? Ah ah, oui, on peut dire ça. Je suis un peu la version Obélix — en plus fit, j’espère — tombé très tôt dans la marmite tennistique et incapable d’en sortir depuis. Le tennis m’a accompagné partout : sur le court bien sûr, mais aussi dans l’enseignement, la direction de club, l’écriture, les voyages et les médias. Ce n’est pas qu’un sport pour moi, c’est un terrain de jeu permanent. Et manifestement, je n’ai toujours pas trouvé la sortie.

Jusqu’à présent, vos livres prenaient l’aspect d’ouvrages pédagogiques ou de fictions sportives. Comment est venue l’idée du roman, « Belle de match » ? J’avais envie de changer de terrain. Après des ouvrages pédagogiques, des formes plus hybrides et des fictions très ancrées dans ce sport, j’avais besoin d’aller vers la comédie, la vraie, celle qui fait rire mais qui regarde aussi l’humain avec tendresse. J’avais en tête l’esprit de Pierre Richard, les atmosphères de films comme Un éléphant ça trompe énormément. Or un club de tennis, c’est un formidable laboratoire social à taille humaine : on y croise les egos, les maladresses, les solitudes, les espoirs…
C’était le décor idéal pour une comédie qui regarde ses personnages avec tendresse, jamais avec condescendance.

Roger est un personnage déterminé, maladroit, drôle malgré lui. Y a-t-il un peu de Roger en vous ?Pas totalement — et heureusement pour moi ! Je ne partage ni ses maladresses sentimentales ni certaines situations lunaires dans lesquelles il se met. En revanche, je reconnais chez lui ce dialogue intérieur permanent, ce léger décalage avec le monde, cette façon d’observer les choses un pas à côté. Roger est surtout un cousin contemporain de François Pignon, parachuté dans les années 2020 avec ses codes absurdes et parfois cruels.

« Belle de match » aura-t-il une suite ? Ce n’est pas prévu pour l’instant. D’autres projets sont en cours, dans des registres différents, et l’écriture demande du temps et de la maturation. Après, la littérature a ceci de particulier qu’elle aime parfois contredire les plans les mieux établis… mais disons que Roger peut dormir tranquille pour le moment.

En ce moment, a lieu l’Open d’Australie. Qui supportez-vous ? Comme souvent, je soutiens les Français… jusqu’à ce qu’ils ne soient plus très nombreux. À l’heure où je vous réponds, je choisis donc Carlos Alcaraz pour son talent évident, mais aussi pour son humilité et son sourire. Une combinaison rare, sur un court comme dans la vie, et qui me touche particulièrement.

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