Ancienne journaliste, Marjolaine Solaro est aujourd’hui romancière et autrice de guides pratiques de puériculture. Son dernier livre, « La cadette de mes soucis », fait partie de ses histoires les plus personnelles.

« La cadette de mes soucis » n’est pas votre premier roman et pourtant, il est tout droit issu de votre vécu. Comment en vient-on à écrire une histoire si personnelle ? Depuis la naissance de ma fille il y a quinze ans, je savais que je raconterai un jour cette histoire familiale dans un roman. Pourtant, il m’a fallu du temps avant d’être capable de mettre ce récit sur papier. J’avais besoin de mettre une distance, de digérer tout ce qu’il s’est passé à l’époque avant de partager. Il y a eu plusieurs essais que j’ai abandonnés. Quand j’en ai parlé à mon éditrice, Virginie Fuertes, elle a tout de suite compris ce texte. Grâce à ses conseils avisés, j’ai pu voir clairement ce que je voulais transmettre et laisser de côté les éléments qui venaient alourdir la narration.
Comment vos proches ont réagi lorsque vous avez émis le souhait d’en faire un livre ? Après seize ans de blog personnel, mes proches savent que je prends soin de l’intimité de chacun. Ma famille attendait ce livre depuis longtemps… J’ai trouvé le titre La cadette de mes soucis il y a plusieurs années, alors on en parlait régulièrement. Un jour, alors que je butais sur un passage, je suis passée voir ma maman, qui est aussi ma voisine. Sans que je lui demande, elle m’a confié un souvenir qui venait très exactement dénouer le point qui me posait problème, comme si elle l’avait deviné. Raconter cette histoire, c’est permettre la guérison à tous les niveaux de la famille.
Serez-vous présente cette année dans des festivals ou des salons littéraires pour en faire la promotion ? Pour le moment, je n’ai pas d’actualité en salons littéraires, avis aux organisateurs !
Vous êtes également autrice de guides pratiques dans le domaine de la puériculture. Quelles sont les différences en termes d’écriture par rapport à la rédaction d’une fiction ? J’ai été journaliste pendant dix ans, l’écriture des guides pratiques se rapproche de cet exercice car il y a un gros travail de recherche. Il y a une certaine pression à vérifier les choses pour que les lectrices soient bien conseillées. Pour les romans, c’est très différent. J’ai toujours beaucoup de mal à me mettre derrière l’ordinateur, comme un cheval qui ralentit avant de passer un obstacle qui lui paraît trop haut. Et tout à coup, je me retrouve happée par mon histoire. Les images viennent, le livre s’écrit presque sans que je m’en rende compte. Parfois je me relis avec étonnement car je ne me souviens pas d’avoir écrit telle ou telle chose !
Outre votre métier d’autrice, vous êtes aussi blogueuse. A l’ère des réseaux sociaux, comment faites-vous pour ne pas délaisser votre blog, qui pourrait paraître désuet auprès des nouvelles générations ? Le blog, c’est chez moi, je ne dépends pas d’un algorithme. Malgré le foisonnement de réseaux sociaux, il y a toujours des femmes qui aiment lire et qui apprécient le format blog avec de longs textes. Certaines femmes me lisent depuis les débuts, d’autres sont arrivées plus tardivement, mais ont lu tous les billets de blog. On évolue ensemble, on discute, on se soutient. Ces échanges sont précieux. Même si je publie moins qu’avant, je sais que le blog reste comme un phare dans la nuit pour certaines.
Crédits photo : Ed. L’Archipel

Une réflexion sur “5 questions à Marjolaine Solaro”