A la découverte du métier de conseiller littéraire

Parmi les métiers du livre, en figure un méconnu du grand public : celui de conseiller littéraire. Rencontre avec Louis-Xavier Babin-Lachaud, qui met son expérience au service des auteurs depuis une dizaine d’années.

Comment en êtes-vous venu à exercer la profession de conseiller littéraire ? Il y a plus de trente ans que je travaille dans le domaine de l’écrit. Après avoir produit en qualité de prête-plume plusieurs dizaines d’ouvrages dans les domaines les plus divers, j’ai décidé depuis une dizaine d’années de mettre au service des auteurs, débutants ou non, l’expérience engrangée tout au long de ce parcours d’écriture.

Pouvez-vous nous expliquer le cheminement lorsqu’un auteur vous contacte jusqu’à la « fin » ? Lorsqu’un auteur me contacte, il n’a bien souvent qu’une idée relativement imprécise de ce qu’il attend de moi. Il ou elle « sent » qu’il y a quelque chose qui cloche dans son texte, ou a le sentiment que celui-ci n’est pas abouti, qu’il lui manque quelque chose, à moins qu’il ne soit simplement en quête d’un avis objectif et un tant soit peu professionnel sur son travail. Après avoir lu attentivement son manuscrit, je reviens vers lui et j’établis un « diagnostic », détaillant aussi bien les points forts que les éventuelles faiblesses et proposant des pistes d’amélioration. À partir de là, l’auteur peut décider de retravailler seul son texte à partir de mes indications, quitte à me le soumettre à nouveau une fois qu’il l’a repris, ou décider que nous effectuerons ensemble ce travail. Dans ce cas, je procède à une nouvelle lecture qui donne lieu à des annotations en marge dans lesquelles je m’attache aussi bien au fond qu’à la forme en expliquant ce qui ne va pas et en proposant des solutions pour y remédier. Lorsque le travail d’écriture, de réécriture, de correction est terminé et que le manuscrit est prêt à voler de ses propres ailes, je guide l’auteur, s’il le souhaite, dans les méandres de l’édition, à moins qu’il n’opte pour l’autoédition.

Quels sont les conseils que vous donneriez à une personne qui se lance dans l’écriture d’un livre ? S’agissant d’une œuvre de fiction, quel qu’en soit le genre, il me paraît indispensable d’avoir une idée relativement claire de l’histoire que l’on souhaite raconter. Écrire au fil de l’eau à partir d’une vague idée en se laissant porter et quelquefois surprendre par son inspiration ? Cela ne fonctionne pas, à plus forte raison lorsque l’on est un auteur débutant. Le travail préparatoire est au moins aussi important que l’écriture proprement dite. Cela n’interdit nullement d’être à l’affût de toutes les bonnes idées qui surgiraient en cours d’écriture. Ça et une bonne dose d’assiduité, le meilleur moyen d’y parvenir consistant à s’imposer une routine de travail. Un dernier conseil : lisez ! La lecture stimule l’imagination et permet l’appréhension des techniques de construction narrative, mais aussi, de manière plus subtile, la compréhension des niveaux de lecture.

En moyenne, à combien reviennent les services d’un conseiller littéraire ? Comme vous pouvez l’imaginer, chaque situation est différente, certains manuscrits nécessitant un travail en profondeur qui s’étendra sur plusieurs mois, tandis que pour d’autres, mon intervention sera davantage de l’ordre de la cosmétique et ne nécessitera que quelques semaines*. Je profite de cette occasion pour rappeler aux auteurs que la qualité d’un manuscrit n’est pas proportionnelle à son nombre de pages et que la concision a également des vertus

(*NDLR : les tarifs varient entre 800 et 1500€ selon les prestations)

Laisser un p'tit mot

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.