Parfaite

femme couchée

Parfaite

Joe est libraire à New York. Le jour où Beck, une étudiante, pousse la porte de son magasin, il tombe immédiatement sous le charme. Et quand Joe aime, il est prêt à tout pour parvenir à ses fins. En quelques semaines, elle n’a plus aucun secret pour lui. Il connaît son nom, son adresse, arrive à accéder à sa boîte mail et à ses comptes sur les réseaux sociaux. Forcément, Beck a du mal à résister à ce garçon qui devance ses moindres désirs. Et lorsque ses amis les plus proches sont victimes d’accidents macabres, la jeune femme se réfugie dans les bras de Joe.

Je n’ai pas lu « Parfaite » de Caroline Kepnes au hasard. En fait, j’ai découvert la série télévisée « You », série qui m’a interpellée parce que la scène de départ se déroule dans une librairie (je sais, il m’en faut peu). A la fin du premier épisode, j’ai découvert que « You » était en fait adapté d’un roman, je vous le donne en mille, celui de Caroline Kepnes. J’ai donc jeté mon dévolu sur ce thriller psychologique, dont la série y reste assez fidèle je dois dire. Je n’ai pas encore terminé la première saison, mais mis à part des personnages absents ou modifiés, il n’y a pas grand-chose à redire. Le début s’apparente à une véritable comédie romantique, jusqu’à ce que nous nous rendions compte que ni Joe, ni Beck ne sont parfaits.

Je ne vous spoilerai pas en disant que Joe est un malade mental, un psychopathe. Obsédé par Beck, il va la suivre, l’espionner et avoir des pensées très crues pour elle. L’histoire est captivante ! L’auteure apporte non seulement une réflexion sur les limites entre l’amour, la passion et la folie, mais aussi vis-à-vis de notre mode de vie actuel : nous déballons toute notre vie sur les réseaux sociaux et il devient facile pour un détraqué d’avoir accès à tout un tas d’informations nous concernant. Ce roman est totalement immoral mais c’est sans doute ça qui plait. Aussi addictif que la série, je ne peux que vous conseiller la lecture ET le visionnage. Caroline Kepnes a déjà publié le tome 2, intitulé « Hidden Bodies » mais introuvable pour le moment en français. La saison 2 de « You » s’en inspirera.

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Les jours qui restent

fille recroquevillée sur son lit

Les jours qui restent

Daniel, Catherine et Charlotte sont les trois personnages principaux de cette bande dessinée chorale autour de la maladie. Le premier a la cinquantaine grisonnante et a appris à vivre avec sa maladie sanguine. Problème : il a la fâcheuse manie de boire pour noyer sa solitude. La seconde est plus jeune, introvertie et ne vit plus vraiment depuis le décès de sa mère. La troisième enfin, est étudiante en art. Mais à l’annonce de la maladie, c’est tout son monde qui s’écroule.

« Les jours qui restent » est une chronique sociale qui montre comment chacun vit la maladie, plus particulièrement lorsque cette dernière est taboue. Écrite et illustrée par Eric Derian et Magalie Foutrier (dont je kiffe le dessin) la BD est d’une certaine légèreté malgré la thématique qui est traitée. Impossible de ne pas s’attacher aux personnages qui rythment ces pages. Entre l’étudiante désarçonnée, la vieille fille touchante et le quinqua séduisant, les auteurs nous touchent et nous donnent une belle leçon de vie. Tous ont besoin d’avancer, tous ont besoin que leur maladie soit reconnue, tous ont besoin d’être soutenu. Le récit, plein d’espoir, souligne que l’amour seul guérit les maux ou tout du moins, parvient à les soulager.

La fille dans l’écran

2 filles qui s'embrassent

La fille dans l’écran

D’un côté, il y a Coline, 22 ans, Française, illustratrice et souffrant de troubles anxieux qui l’ont un peu isolée. De l’autre, il y a Marley, 28 ans, photographe et Québécoise d’adoption. Ces deux filles que tout oppose vont prendre contact par Internet. Coline est en effet tombée en admiration devant les photos de Marley et souhaite s’en servir de supports pour son nouveau projet. Après quelques échanges plutôt banals, les jeunes femmes vont apprendre à se connaître. La distance et le décalage horaire sont loin d’être des obstacles dans leur amitié naissante, et l’envie de faire connaissance « dans la vraie vie » va devenir obsessionnelle. Et puis un jour, la rencontre a lieu.

« La fille dans l’écran » est une bande dessinée qui a été réalisée à quatre mains par Manon Desveaux et Lou Lubie. D’une certaine épaisseur, elle pourrait rebuter à priori le lecteur, mais la lecture est tellement prenante qu’on ne voit pas les pages défiler sous nos yeux.

Avant l’histoire, c’est le concept de la BD lui-même qui est intéressant : on a deux auteures, deux univers pour deux personnages principaux ; chacun a donc ses planches et son personnage à réaliser et une chose est sûre : l’une complète très bien le travail de l’autre. Le récit quant à lui, qui est d’abord axé sur une relation épistolaire 2.0 est très réussi. Coline et Marley ne sont pas épanouies dans leurs quotidiens respectifs. Si Coline rêve de devenir une illustratrice connue, elle n’en est pour l’instant qu’à ses premiers dessins, et cohabite avec ses grands-parents, faute de moyens. Marley quant à elle, a beau être en couple, elle n’est pas heureuse. Leur rencontre va donner à l’une comme à l’autre du baume au cœur et bien plus encore.

J’ai adoré cette bande dessinée pleine de bonnes intentions, remplie de sentiments, d’espoir. Et même s’il n’y a pas vraiment de suspense quant au final de l’album, on apprécie grandement cette rencontre à l’heure du numérique. Une rencontre qui permet justement de s’interroger sur les relations 2.0, et qui porte par ailleurs une réflexion sur l’homosexualité et le coming-out.

Reste avec moi

Nigéria

Reste avec moi

Entre Yejide et Akin, ce fut le coup de foudre au premier regard. Et puis une fois mariés, tout s’est enchaîné. Quatre ans après leur union, il n’y a toujours pas d’enfant en vue, ce qui déplait fort à la famille d’Akin. En tant que fils aîné, ce dernier doit absolument offrir un héritier à ses parents. Aussi, c’est une seconde épouse qui va franchir la porte de la maison familiale pour assurer la succession. Yejide sait que si elle veut sauver son mariage, elle doit tomber enceinte. Démarre alors un véritable parcours du combattant.

Paru aux éditions Charleston, « Reste avec moi » est le tout premier ouvrage d’Ayobami Adebayo. Il relate une histoire d’amour forte entre un homme et une femme, leur parcours pour devenir parents, avec pour toile de fond les bouleversements politiques et les traditions familiales du Nigeria des années 1980.

Nous voilà plongés dans une toute autre culture, où la famille, mais aussi les apparences sont au centre des préoccupations. Au Nigeria, être marié, c’est bien, mais donner une succession, c’est mieux, quitte à ce que le mari ait plusieurs épouses, et quitte à ce que l’amour se transforme en une tragédie grecque. Aussi, la polygamie est acceptée. Si la plupart des femmes ne discute pas cette règle, ce n’est pas le cas de Yejide, notre héroïne, qui va faire de nombreux sacrifices pour donner un enfant à Akin. Son parcours est semé d’embûches. Yejide va devoir faire face à de nombreux mensonges, y compris au sein de sa famille, et combattre la maladie.

Avec cette histoire éprouvante, le lecteur sort indéniablement des sentiers battus. On nous dresse le portrait d’une couple fou amoureux depuis ses débuts, mais aussi d’un pays qui nous est peu connu.

Mais « Reste avec moi », c’est avant tout l’histoire d’une femme forte, sensible, qui se veut libre. Libre de pouvoir être enceinte quand ça lui chante, libre de ses gestes, de ses choix, et surtout, être indépendante de sa belle-famille. Impossible de ne pas sortir indemne de notre lecture, voire offusquée face à ces traditions qui ne sont pas les nôtres, et de ne pas applaudir l’écriture engagée de l’auteure.

Le point négatif de l’œuvre ? La chronologie des événements, les dates, qui font que nous sommes parfois un peu perdus dans le déroulement des faits. Et puis les mots, parfois durs, qui ne collent pas toujours avec la douceur du texte.

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Sky High

escalade

Sky High

Gill est une adolescente londonienne, qui s’apprête à passer son diplôme pour pouvoir étudier ensuite la médecine. Elle a d’ailleurs un tuteur charmant pour l’aider dans cette tâche, du nom de Vinay. A côté des révisions, la jeune fille passe son temps avec sa meilleure amie Lindsay et se trouve une passion nouvelle pour l’escalade. A la salle, le séduisant Jared ne la laisse pas insensible. Et il semblerait bien que ce soit réciproque pour le grimpeur…

« Sky High » est clairement une histoire d’amour d’adolescents pour adolescents. Notre personnage principal, Gill, a le cœur qui balance. D’un côté, il y  a Vinay, un jeune homme beau et sérieux, qui se destine comme elle à devenir médecin. De l’autre, Jared, un séduisant garçon, plutôt casse-cou et qui vit à 100 à l’heure. C’est à la salle d’escalade qu’elle rencontre ce dernier. Et si elle n’apprécie guère sa façon de se mettre en danger en jouant les funambules dans Londres, elle tombe instantanément sous son charme.

Les chapitres courts et l’écriture d’Emma R. Lowell font que la lecture est à la fois fluide et rapide. L’originalité du roman réside dans la pratique de l’escalade, un sport qui reste très peu mis en avant en littérature. Le héros ne nous fait pas seulement voltiger en salle, mais aussi en plein cœur de Londres, ce qui nous amène à visiter la capitale anglais sous un angle inédit. L’autre point positif réside dans la tournure que prend le récit. Si au début, le lecteur a droit à une histoire d’amour saupoudrée de sensations fortes, il obtient aussi son lot de drames, aussi imprévus qu’ils soient.

Si grosso modo « Sky high » est une belle histoire, l’héroïne qu’est Gill peut devenir quelque peu insupportable. Nous avons face à nous une jeune fille intelligente quand il s’agit de penser aux études, mais terriblement naïve quand il est question de relations amicales et amoureuses. Indécise, agaçante et immature, difficile de s’attacher à ce personnage principal qui a tout du cliché de l’adolescente qu’on a envie de secouer. Heureusement, nous pouvons compter sur sa meilleure amie Lindsay qui a davantage de jugeote.

Si l’envie vous venait de prolonger la lecture, n’hésitez pas à écouter la playlist qui figure dans le roman et dont les morceaux sont écoutés par les personnages tout au long du récit.

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