Fallait pas l’inviter !

pièce montée

Fallait pas l’inviter !

Agathe a 30 ans et un caractère bien trempé. Si elle se plaît dans son célibat, sa famille désespère qu’elle trouve un jour quelqu’un de bien. Alors lorsque son frère Philippe réunit ses proches pour préparer son mariage, la fameuse question tombe : « Agathe, viendras-tu accompagnée ? » Comme pour clouer le bec à ses parents, la jeune femme affirme qu’elle viendra avec son fiancé, Bertrand, un publicitaire en vogue. Le seul hic, c’est que Bertrand n’existe que dans son imagination, et qu’il va vite falloir lui donner vie !

Au début de ma lecture du roman « Fallait pas l’inviter ! », j’étais bien sceptique. Agathe me semblait lourde ; je trouvais qu’elle en faisait des caisses tant dans son comportement que dans ses réparties et je me suis dit : « Ça semble mal parti ». Et puis retournement de situation au bout d’une cinquantaine de pages (d’où l’intérêt de dépasser parfois la cinquantième page), j’ai commencé à accroché, à rire, à m’amuser des situations, et c’est peut-être grâce au fameux Bertrand justement. Si le scénario est totalement prévisible et le contexte un peu loufoque, Aloyssius Chabossot nous divertit grandement grâce à son humour féroce. Merci aux éditions Eyrolles pour cette parenthèse comique dans mon quotidien.

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Une position inconfortable

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Une position inconfortable

Fabio a toujours rêvé de devenir un grand réalisateur de films. Pour ce faire, il a mis toutes les chances de son côté en effectuant les études qu’il fallait. Mais le jeune rêveur a laissé passer des occasions en or de se faire connaître en Italie. Aujourd’hui, pour subvenir à ses besoins, Fabio est devenu scénariste, mais de films X. C’est ainsi qu’il a écrit « Quand Harry ramone Sally », « Vingt mille queues sous les mers » ou encore « Bitanic » et qu’il se retrouve primé à Cannes. Lui qui pensais rester discret vis-à-vis de sa famille et de ses anciens camarades de classe, c’est raté !

Cette comédie à l’italienne a été écrite par Francesco Muzzopappa et m’a été offerte par les éditions J’ai Lu. C’est l’originalité de l’histoire qui m’a séduite en premier. Voilà qu’un scénariste qui ne rêvait que de strass et de paillettes se retrouve propulsé sur le devant de la scène grâce à l’histoire d’un film pornographique. La catastrophe ! Tout le monde est désormais au courant de son job dans cette industrie, y compris Papa et Maman qui étaient si fiers de leur fils avant d’apprendre la vérité. Malgré ce coup d’état, Fabio va tenter le tout pour le tout pour que son propre film voie enfin le jour. Autant dire que ce n’est pas gagné d’avance et c’est ça qui nous fait rire et qui nous désole en même temps. J’ai beaucoup apprécié le style d’écriture très fluide de l’auteur et cette façon de mettre le personnage en auto-dérision. Je vous conseille vivement cette lecture si vous avez envie de quelque chose de léger, qui se situe à des années-lumière de votre quotidien.

Alice au pays des casseroles

foodtruck

Alice au pays des casseroles

Alice, 30 ans, célibataire et passionnée de cuisine, réside dans le Berry où elle tient un restaurant familial, en compagnie de sa maman, Constance, qui lui a passé la main. Les clients ne se bousculent pas au portillon mais cela pourrait être pire. En fait, c’est pire depuis qu’elle reçoit des lettres de menace et qu’un food-truck s’est installé juste en face de l’établissement. Et ce n’est pas parce que le propriétaire est à tomber que c’est une excuse valable pour marc sur es plates-bandes !

Mention spéciale pour commencer pour le titre du roman, « Alice au pays des casseroles » qui fait référence à « Alice au pays des merveilles » et à la couverture un peu vintage que j’ai adorée ! Mention ensuite pour la palette de personnages tous plus sympathiques les uns que les autres. On a de l’empathie en premier lieu pour Alice, qui a du mal à s’affirmer, et on apprécie Gabriel, le propriétaire du food-truck qui s’avère tout sauf un concurrent.

A la différence de bon nombre de comédies, le roman de Maud Brunaud se démarque par le côté un peu polar qui lui est conféré de par les menaces que reçoit Alice. Ajoutez à ce petit suspense une pointe de romantisme, une bonne dose de famille et vous obtiendrez « Alice au pays des casseroles », ou le roman qui vous donnera envie de tenir une auberge à la campagne. Merci aux éditions Marivole pour leur confiance et surtout pour cette lecture.

Nous danserons encore sous la pluie

Nous danserons encore sous la pluie

1983 : Marie a 30 ans et mène une vie heureuse en compagnie de Damien, avec lequel elle projette de se marier et d’avoir des enfants. Mais du jour au lendemain, le quotidien de la jeune femme bascule : Damien est victime d’un accident de voiture et se retrouve amnésique. S’il n’a pas oublié son enfance, il ne se souvient guère de Marie, ni de son passé le plus proche. Marie va donc devoir mener un combat de taille : aider son amoureux à se souvenir d’eux, de celui qu’il a été et de ce qu’ils ont été.

Il arrive parfois qu’en voyant certains livres, on sait qu’on va avoir un coup de cœur pour eux. C’est ce qui est arrivé avec « Nous danserons encore sous la pluie » de Valérie Bel. Dès que je l’ai découvert, j’ai su, en lisant le titre et en observant la couverture, qu’il allait me plaire. Imaginez, comme Marie, vous êtes une personne comblée, vous avez des rêves plein la tête, l’homme de votre vie à vos côtés et du jour au lendemain, pouf, tout disparaît. Cruel, n’est-ce pas ? Mais tout comme Marie, vous débordez d’optimisme, vous aidez votre compagnon à se rappeler de tout, de votre histoire, votre première rencontre, ce qui vous a amené jusque-là, mais rien ne se passe, les souvenirs ne refont pas surface. Et puis l’homme de votre vie change brusquement de comportement, ne vous regarde plus, ne vous aime plus, va voir ailleurs. C’est l’hécatombe. Le gouffre. J’ai eu beaucoup de peine pour Marie car malgré tous ses efforts, Damien reste de marbre pendant un long moment. Il faudra du temps, il faudra réapprendre à se connaître, à s’apprivoiser pour faire renaître l’amour. La seule chose qui m’a déplu dans ce roman, c’est la vitesse à laquelle Marie a tourné le dos à ses valeurs et notamment à la fidélité. Je peux comprendre son désarroi face à la situation, mais tomber aussitôt dans les bras d’un autre, ça fait mal. C’était ma minute « râleuse ». Excepté ce point, j’ai beaucoup accroché à l’ouvrage de Valérie Bel. Merci aux éditions Diva Romance pour la lecture. Quant à vous , chers lecteurs, dépêchez-vous de le lire !

Bandiya

Bandiya

A 14 ans, on peut dire que Zoé ne vit pas dans une famille ordinaire. Sa mère est en prison, tout comme sa tante et sa grand-mère. Celles-ci sont connues de tous pour avoir braqué plusieurs bijouteries. Comme si elle voulait se montrer à la hauteur d’une telle hérédité, l’adolescente va essayer à son tour de voler. Mais entre un père et un papy qui la surveillent, ainsi que la frousse, Zoé a du mal à passer à l’acte.

« Bandiya » écrit par Catherine Grive m’a été proposé en lecture par mon partenaire, la maison d’édition Fleurus. En découvrant le résumé très original, je me suis dit que j’allais me lancer dans l’aventure ! Le livre est une bonne comédie qui traite pourtant d’un sujet plutôt délicat. Rares sont les romans ados à évoquer l’emprisonnement d’un membre de la famille. En ce moment, la littérature jeunesse est plutôt axée sur le djihadisme ou le harcèlement scolaire. Mais revenons-en à « Bandiya ». Pas facile pour Zoé d’avoir sa mère en prison et de ne lui rendre visite que le samedi. Pas facile non plus d’en parler au collège ou avec les amis. Pas facile tout simplement d’être la fille qui a sa mère en prison. Et pourtant, Zoé n’a qu’une idée en tête : que sa famille soit fière d’elle. Et plutôt que de se préoccuper de ses notes, la jeune fille préfère voler pour faire « comme sa mère ». J’ai eu un peu de mal à comprendre comment Zoé a pu vouloir suivre le chemin de sa maman quand elle voit où cela l’a menée. Peut-être pour la rejoindre justement ou lui montrer tout simplement qu’elle aussi sait y faire, mystère !  Toujours est-il que ce roman ado sort plutôt du lot !