Le charme discret de l’intestin

Le charme discret de l’intestin

« Le charme discret de l’intestin » rend compte des dernières découvertes concernant un organe que l’on sous-estime trop. Ce dernier tient en effet souvent un rôle dans les allergies, la dépression, le surpoids, et même dans la maladie de Parkinson.

Le livre a été en tête des ventes lors de sa sortie en Allemagne, mais aussi en France en 2014. Depuis, il a été publié dans plus de 26 pays et continue à faire parler de lui. Ayant entendu beaucoup de bien sur le sujet, j’ai eu l’opportunité de l’acquérir sur un marché aux puces et de le lire enfin ! Giulia Enders, passionnée de gastroentérologie, confie avoir été motivée par la guérison de sa grave maladie de peau grâce à un changement radical de son alimentation, pour écrire ce livre. Sa sœur, Jill, illustre quant à elle ses travaux.

Avec humour, dérision, et parfois quelques mots barbares (il le faut bien, ça reste un documentaire scientifique), Giulia Enders tente de nous informer sur cet organe, considéré comme étant le second cerveau de notre corps.

De la visite guidée du tube digestif, à la description des mauvaises bactéries, en passant par la selle, l’auteure nous fait voyager dans notre corps, nous sensibilise à notre comportement alimentaire qui peut avoir des conséquences sur notre santé, et nous donne quelques conseils quant à l’utilisation des médicaments ou lorsqu’il s’agit de rendre tripes et boyaux. Instructif au possible « Le charme discret de l’intestin » est un ouvrage que je recommande fortement, que vous ayez des soucis de santé ou pas. Vous ne retiendrez pas tout de votre lecture, et vous ne comprendrez pas forcément tous les mots employés, même si les propos sont plutôt vulgarisés, mais vous dormirez moins bête… et vous ne verrez plus jamais votre caca de la même manière. Voilà, c’est dit.

La maison

La maison

« La maison » d’Emma Becker fut l’un des livres chocs de la dernière rentrée littéraire. Pourquoi ? Parce que l’auteure, pour l’écrire, s’est prostituée durant deux ans à Berlin, dans deux maisons closes. Si le premier endroit était plutôt sordide, le second était nettement plus bienveillant envers les femmes qui y travaillaient.

C’est en arrivant dans la capitale allemande en 2013, en passant devant un bordel et en se rendant compte que c’est tout à fait légal, que l’écrivaine a une illumination. Curieuse dès le départ, Emma Becker franchit le pas. Une démarche littéraire qui peut laisser bouchée bée mais qui, pour la jeune femme, était une manière de joindre l’utile à l’agréable : l’envie de découvrir l’envers du décor, tout en étant payée pour. Et elle assume.

Ainsi, on suit l’auteure dans son travail de tous les jours. On y découvre les femmes qui font partie de la maison, les diverses chambres, la Hausdame qui gère l’établissement, les clients, ce qu’il s’y passe…et la relation qu’elle a avec ses derniers. Il y a parfois des épisodes de violence ou d’humiliation. Certes, le « rythme de travail » est sans doute plus soutenu qu’ailleurs, mais Emma Becker avoue qu’il lui est arrivé de prendre du plaisir. Alors oui, on ne va pas se mentir, il y a beaucoup de sexe, mais en même temps, quoi de plus normal dans une maison remplie de prostituées ?!

Afin de mieux comprendre ce qui lui est passé par la tête, j’ai, après ma lecture, écouté plusieurs interviews où elle fait part de notre méconnaissance extrême du métier. Car, dans cet ouvrage, Emma Becker parle des femmes qui exercent cette profession parce qu’elles l’ont voulu, et non par contrainte.  Elle dresse ainsi une galerie de portraits et montre comment cela se passe réellement ailleurs. Objectif ? Repenser entre autres le débat sur la prostitution et sur sa légalisation.

Concernant ma propre lecture, j’ai trouvé le récit choquant, parfois étonnant, mais bizarrement intéressant à lire. Je comprends toutes les critiques que l’ouvrage a pu soulever, les bonnes comme les mauvaises, mais je pense qu’il mérite d’être lu, ne serait-ce que pour essayer de comprendre ce qui nous échappe et ce, même si on est totalement en désaccord.

Shooting Star

Shooting Star

Août 1932, Hollywood : Sur Sunset Boulevard, Norma Jeane vit une enfance loin d’être dorée. Sur le grand écran du Chinese Theater, celle que l’on appellera par la suite Marylin Monroe, regarde sa vie défiler. Dès le début, la petite fille qu’elle était voulait être remarquée. Mais on ne peut pas dire qu’elle puisse compter sur sa famille pour mener une vie sereine. Un père dont on ne connait pas l’identité, une mère folle, des placements en orphelinat puis en famille d’accueil,  Marylin connait de nombreux déboires. A l’adolescence, la jeune fille séduit déjà les garçons de par son physique et aime en jouer. Elle se marie tôt, à l’âge de 16 ans, avec Jim Dougherty. Elle abandonne ses études et se met à travailler à l’ignifugation des ailes d’avions et l’inspection des parachutes dans l’usine de son mari. Elle y sera repérée par des photographes militaires qui verront en elle la mannequin de demain.

« Shooting Star » c’est un roman de Fabrice Colin que j’ai repéré sur le stand des éditions Albin Michel, au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse à Montreuil.  Pour être honnête, je ne suis pas spécialement fan de Marylin Monroe, je n’ai même vu aucun film à ce jour mais je dois dire que ce biopic m’intriguait. Car, contre toute attente, l’actrice n’est pas née avec une cuillère d’argent dans la bouche, bien au contraire. Elle a vécu énormément de choses au cours de son enfance, qui auraient très bien pu lui donner envie de sombrer. Mais Marylin a su garder la tête haute et ses rêves en vue. Fabrice Colin m’a emportée dans ce récit et je ne serai pas contre qu’il poursuive le biopic. Un ouvrage enrichissant pour sa culture personnelle et qui mérite largement d’être connu pour nous dévoiler la face cachée de l’un des visages les plus marquants du XXe siècle.

Peurs bleues

Peurs bleues

Avez-vous des phobies ? Des peurs au quotidien ? Mathou, l’illustratrice, en a un paquet. A travers « Peurs bleues », elle nous livre ses peurs les plus secrètes, les petites comme les grandes, les réelles comme les plus délirantes. Objectif ? Apprendre à rire de ses angoisses et de cette maladie des gens qui paniquent.

Mathou a organisé son ouvrage en douze chapitres :

  • « Je vois des monstres partout » : Alors on croit que les monstres sous le lit, ça existe juste quand on est petit, mais il arrive qu’une fois grand, on ne soit pas serein seul(e) dans sa maison ;
  • « J’ai peur d’être enfermée » : Pas forcément besoin d’être claustrophobe pour ne pas aimer les ascenseurs par exemple ;
  • « J’ai peur des avions » : Et elle n’est pas la seule. Certains sont d’ailleurs prêts à se mettre une mine pour se détendre ;
  • « J’ai peur de la voiture » : Car, oui, les accidents les plus fréquents ont lieu en voiture ;
  • « J’ai peur de mourir » : Une peur qui concerne beaucoup de gens car, contrairement aux chats, nous n’avons qu’une vie ;
  • « J’ai peur de dire non » : Il faut se forcer, parfois prendre sur soi pour arriver à dire ces trois petites lettres. Ça s’apprend et Mathou nous donne des conseils ;
  • « J’ai peur des miroirs » : Mathou ne supporte pas de se voir dans un miroir et évite à tout prix de les regarder ;
  • « J’ai peur que ma fille me quitte » : Comme de nombreux parents, l’idée que les enfants quittent un jour le nid a beau sembler normale, elle reste terrifiante ;
  • « J’ai peur de la surchauffe » : Difficile d’évacuer parfois ses pensées, de ne pas lister toutes les choses à faire et de s’accorder du temps pour soi. Si certains font facilement un burn-out, Mathou essaie de son côté de faire la part des choses.
  • « J’ai peur du regard des autres » : Lorsqu’elle est invitée quelque part, Mathou a du mal à faire avec le regard des autres et évidemment, elle ne peut pas s’empêcher de se comparer à autrui, chose à ne surtout pas faire ;
  • « Je suis une imposteuse » : Alors qu’elle possède une belle carrière d’illustratrice et qu’elle a déjà plusieurs livres à son actif, Mathou se sent parfois comme une imposteuse dans le monde de l’édition. Heureusement, ses fans sont là pour lui rappeler que ce qu’elle fait, c’est tout simplement génial ! ;
  • « J’ai peur de déranger » : C’est la dernière peur de Mathou et elle n’est pas la seule dans ce cas. On a parfois du mal à s’affirmer, à prendre les devants et à intervenir. Il faut parfois oser.

En somme, « Peurs bleues » regroupe des peurs qui peuvent tous nous concerner. Les mettre en lumière peut parfois démontrer à quel point certaines n’ont pas lieu d’être. Pour d’autres, il est possible d’apprendre à les maîtriser. Cela demande de l’exercice, de la confiance en soi et parfois d’être tout simplement aidé. Un ouvrage très agréable à lire avec des couleurs qui collent parfaitement avec la frousse qui peut se glisser en nous.

I love you so mochi

I love you so mochi

Kimiko est une lycéenne californienne aux origines japonaises, qui prépare sa prochaine admission dans une université d’arts. Poussée par ses parents, et plus particulièrement par sa mère qui est artiste, Kimiko est pourtant incapable de dessiner quoi que ce soit depuis des mois ; sa toile reste désespérément blanche. Alors quand ses grands-parents, qu’elle n’a jamais vus, l’invitent à passer des vacances au Japon, l’adolescente saute sur l’occasion pour s’oxygéner et mieux réfléchir. A Kyoto, Kimiko s’intègre parfaitement et profite pleinement de chaque journée. Sa rencontre avec un jeune étudiant, Akira, va d’ailleurs lui donner des ailes.

Avec « I love you mochi », la lecture est totalement dépaysante ! L’auteure, Sarah Kuhn, nous fait découvrir le Japon, dans toute sa splendeur, au moment du printemps. Des cerisiers en fleurs, aux havres de méditation, en passant par les mochis, pâtisseries renommées, c’est un nouvel univers qui s’offre au lecteur, bien loin du quotidien morose actuel.

Sur place, l’héroïne fait non seulement la connaissance de ses grands-parents fâchés jusqu’à présent avec sa mère, mais aussi d’Akira, un jeune homme qui ne la laisse pas insensible. On y suit son cheminement personnel et notamment sa passion pour la création de vêtements, qui s’accentue au fil des jours et qui lui permet de tisser des liens avec sa obaasan  (« grand-mère » en japonais).  L’ouvrage est justement propice à la découverte de la langue et l’auteure n’hésite pas à glisser par-ci, par-là, de nombreux mots en japonais pour nous familiariser avec la culture.

« I love you so mochi » est une lecture divertissante, sucrée, pleine de douceur, qui ravira tous ceux qui vouent un culte au Pays du Soleil levant. Merci aux éditions Fleurus pour ce voyage à des milliers de kilomètres de chez moi !