Les délices de Tokyo

Les délices de Tokyo

Sentarô gère une échoppe dans laquelle il vend à emporter des dorayaki, des pâtisseries japonaises. Un jour, Tokue, une dame âgée aux doigts déformés, lui propose son aide, elle qui sait faire la pâte de haricots rouges comme personne. D’abord réticent, Sentarô se laisse finalement convaincre. Du jour au lendemain, il voit sa clientèle doubler ; une clientèle conquise par la nouvelle recette et la personnalité de Tokue.

« Les délices de Tokyo », c’est un livre que je n’avais pas prévu de lire à la base ! J’en avais entendu beaucoup de bien sur les blogs et je comptais l’offrir. Et puis ça n’a plus été possible et j’ai conservé l’exemplaire. C’est une lecture savoureuse, facile, qui nous plonger dans l’univers culinaire japonais. L’ouvrage au format poche n’est vraiment pas épais (je crois qu’on n’atteint pas les 200 pages) et il s’avère vite lu. Au-delà de la simple échoppe, on découvre des personnages attachants, au passé parfois très sombre. Derrière les drôles de mains de Tokue se cache en fait une maladie connue de tous et qui, une fois révélée, va tout faire basculer.

Le roman de Durian Sukegawa a par ailleurs été adapté au cinéma par le Naomi Kawase et a été primé à Cannes. Il ne fait nul doute qu’à l’occasion je le regarderai !

 

Prends ma main

Prends ma main

Céleste et Danaé sont sœurs. Proches lorsqu’elles étaient enfants, les deux femmes ne se parlent quasiment plus aujourd’hui. La jalousie et la rancœur les ont éloignées l’une de l’autre. Et puis un jour, Danaé appelle Céleste pour lui annoncer son cancer, lui dire qu’elle a besoin d’elle. Les anciennes disputes s’envolent. Céleste va prendre la vie de sa sœur en main, en accomplissant une liste de rêves jamais réalisés jusqu’à présent, comme passer une nuit sur une île déserte ou s’inviter dans un mariage sélect.

« Prends ma main » est le tout premier roman de Virginie Gouchet, professeur des écoles. Beaucoup d’émotions dans ce récit à travers des séquences de rires et de larmes. Le lecteur découvre les deux sœurs à travers leurs journaux intimes respectifs, ce qui aide à bien les connaître et à comprend comment elles en sont arrivées à ne plus faire partie de la vie de l’autre. L’histoire du cancer invasif et du diagnostic « plus que quelques mois à vivre » n’est pas nouveau en littérature, pas plus que la Bucket List, mais les personnages sont novateurs. L’une est infirmière, l’autre reporter ; et chacune a eu son lot d’aventures et de blessures. « Prends ma main » n’est pas seulement axé sur la famille et la maladie. Il y est aussi question d’indépendance et de procréation médicalement assistée. A aucun moment nous ne tombons dans le pathos ou dans le larmoyant. Virginie Gouchet a bien dosé son écriture. On regrettera peut-être les allers et venues dans le passé et le présent qui peuvent nous faire perdre un peu nos repères, mais cela reste anecdotique.

Le doudou qui n’aimait pas les enfants

Le doudou qui n’aimait pas les enfants

Lucette est un doudou coloré un peu spécial : elle n’aime pas les enfants. Et pourtant, elle est la peluche chouchou de Camille, une adorable petite fille qui ne peut se séparer d’elle. Lucette est là quand Camille lit des histoires (et lui bave dessus accessoirement), fait des travaux manuels, se promène sous la pluie… Il arrive parfois des malheurs à Lucette ; elle se retrouve ultra-sale et doit faire un tour dans la machine à laver. Elle a par ailleurs été déjà coincée dans une porte, eu ses oreilles emmêlées, sa queue arrachée et ça, c’est quand Yvan, le grand frère, n’est pas dans les parages… Marre de tout ça, Lucette a décidé de fuguer. Mais ce n’est pas gagné.

Je suis une grande fan de cette collection « Qui n’aimait pas » dont fait partie « Le doudou qui n’aimait pas les enfants ». Ecrite et illustrée par Séverine de la Croix et Pauline Roland, elle est pour le moins originale du fait que le personnage principal a en horreur sa situation : le poisson qui n’aime pas l’eau, le Père Noël qui n’aime pas les cadeaux, le chat qui n’aime pas les poils, etc.

Les dessins sont colorés, les histoires super chouettes et le format très malléable. Difficile de ne pas succomber à ces récits humoristiques qui mettent également en avant des valeurs, des règles de vie et des traits de caractère. A utiliser en classe comme à la maison pour passer un doux moment et quelques messages de bienveillance…

Briser le silence

Briser le silence

Murielle Bolle, c’est qui ? Je vais répondre à cette première question pour ceux qui n’ont jamais entendu le nom de cette personne. En 1984, Grégory Villemin alors âgé de 4 ans est retrouvé noyé dans la Vologne. Sa mort n’a jamais été élucidée. En 36 ans d’enquête, des suspects furent inculpés avant d’être libérés, certains ont été mis en examen. A l’époque des faits, Murielle Bolle a 15 ans. Lors de son premier témoignage, l’adolescente explique que son beau-frère, Bernard Laroche, est venu la récupérer à l’école avant d’enlever Grégory. Mais quelques jours plus tard, rebondissements : la jeune fille change de version : personne n’est allé la chercher au collège. Elle s’est arrêtée chez la tante Louisette, où elle a vu Bernard accompagné de son fils Sébastien. Les gendarmes l’auraient menacée de maison de correction entre autres. Elle a été traitée de menteuse, de complice, d’idiote…Aujourd’hui, elle revient sous le feu des projecteurs avec un livre, « Briser le silence » pour raconter son histoire.

J’ai commencé à m’intéresser à l’affaire Grégory en début d’année, en lisant notamment l’ouvrage de Denis Robert, puis en regardant la série sur Netflix. Et puis j’ai lu ce livre que Murielle Bolle a écrit avec Pauline Guéna. Elle raconte ce par quoi elle est passée, la vie d’après, la prison aussi. Alors bien sûr, le mystère reste entier et quiconque lira ce témoignage pourra se faire sa propre opinion. L’affaire n’est toujours pas résolue. Le sera-t-elle un jour ? Les secrets seront-ils emportés sous terre ? J’en ai bien peur. Toujours est-il que cet ouvrage a le mérite de mettre en avant le point de vue de l’une des icônes de l’affaire Grégory. Et à défaut de savoir si elle dit ou non la vérité, une chose est sûre : Murielle Bolle n’a pas eu une belle vie.

Le mangeur d’espoir

Le mangeur d’espoir

Sur la butte de Montmartre, il se passe des choses étranges. Des esprits maléfiques semblent s’être emparés des lieux. A 16 ans, Rachel est tout sauf une ado insouciante. Elle vient de perdre son papa, décédé d’un cancer, et sa mère est tombée en dépression. Lorsque le Docteur Adrian Stern sonne à son domicile pour lui faire savoir qu’une entité démoniaque a envahi l’esprit de sa maman, Rachel ne veut pas y croire. Et pourtant, elle va devoir revoir son point de vue si elle veut la sauver.

Ce n’était pas du tout prévu que je lise cette bande dessinée, mais ma collègue voulait avoir mon avis dessus. Je ne suis vraiment pas branchée fantastique, donc allais-je être objective ? Finalement, « Le mangeur d’espoir » fut une très bonne surprise. J’ai trouvé le récit original, le dessin agréable. Je vous avoue n’avoir pas saisi les premières pages de la BD, que j’ai trouvées assez abstraites, mais passées celle-ci, le récit est saisissant. Karim Friha s’adresse ici plutôt aux adolescents qu’aux enfants, à qui la bande dessinée pourrait faire peur. Si l’album semble être un one-shot à la vue du titre, il n’est pas impossible qu’il finisse par se transformer en série. En effet, tous les éléments sont réunis pour pouvoir prolonger l’histoire. Affaire à suivre…