A la lumière du petit matin

femme en terrasse

A la lumière du petit matin

Hortense est une brillante professeur de danse parisienne, âgée d’une quarantaine d’années. A la tête d’une grande école qu’elle partage avec deux autres amis danseurs, Sandro et Bertille, Hortense pense être heureuse dans la vie. Mais sa liaison avec un homme marié lui met tantôt du baume au cœur, tantôt la submerge. Et puis un jour, le destin va trancher pour elle. La danseuse est mise au repos d’office pour l’été, suite à une foulure à la cheville. C’est l’occasion pour elle de retrouver sa maison d’enfance et de faire enfin le point sur sa vie.

J’attendais avec impatience le nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand et, encore une fois, je n’ai pas été déçue du résultat.

« A la lumière du petit matin » nous plonge dans le monde de la danse. Un univers fascinant, passionnant, mais qui demande parfois beaucoup de sacrifices. Cela n’est pas un souci pour Hortense qui a la danse dans la peau. La seconde étoile qui fait briller sa vie, c’est Aymeric. Mais c’est un homme marié, un père de famille qui ne semble toujours pas prêt, malgré les années, à divorcer. On a de la peine pour Hortense qui s’attache malgré tout à cette relation. Et puis, ce n’est pas tout. La danseuse étoile a du mal à se remettre du décès de ses parents, partis il y a 4 ans. Avec l’été qui arrive et sa foulure à la cheville, c’est l’occasion idéale pour faire le tri dans la maison familiale. Sur place, Hortense retrouve sa meilleure amie, mais aussi tout un tas de souvenirs. Et pour rompre avec la solitude, mais aussi avec Aymeric une bonne fois pour toutes, Hortense décide de faire chambre d’hôtes. De quoi redonner vie à la Bastide et prendre un nouveau départ.

Bien que je ne sois pas en accord avec le personnage principal, la plume d’Agnès Martin-Lugand m’a tout de même permis de m’attacher à Hortense et aussi et surtout, à la Bastide, un lieu nostalgique, qui ne demandait qu’à être habité à nouveau. Voilà un roman qui nous donnerait presque envie de repartir de zéro et d’ouvrir un gîte ! Avec ce sixième ouvrage, l’auteure nous prouve une nouvelle fois qu’elle peut nous aider à nous évader du quotidien en à peine quelques lignes. Un livre quatre étoiles, à savourer sur un banc, sous un saule-pleureur par exemple !

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Dépêche-toi, ta vie n’attend que toi !

femme sur divan

Dépêche-toi, ta vie n’attend que toi !

Stella a 43 ans, elle est maman de deux enfants et vit à Montpellier dans un très bel appartement. Elle a pour manie de jouer les psychologues sur les forums en ligne à défaut de vivre de ce métier, et d’être une pro du shopping en ligne. Mais Stella est aussi une grande maniaque qui souffre d’agoraphobie. Impossible pour elle d’aller à l’extérieur, ne serait-ce que pour faire les courses à la supérette au bout de la rue. Alors lorsque César, son mari, se volatilise du jour au lendemain en ne lui laissant que très peu d’argent, Stella se retrouve au bord du gouffre. Lâchée aussi par sa meilleure amie mais soutenue par ses enfants, la quadragénaire va devoir faire face à ses angoisses pour survivre.

C’est la première fois que je lis un roman dans lequel l’un des personnages est agoraphobe. J’avais déjà pu lire des témoignages sur Internet mais jamais me plonger dans le quotidien de quelqu’un qui en souffre. C’est désormais chose faite avec le roman de Sandrine Catalan-Massé, « Dépêche-toi, ta vie n’attend que toi ! » et j’en profite pour remercier les éditions Eyrolles pour m’avoir permise de lire son livre.

L’ouvrage peut se découper en plusieurs parties. Dans la première, le lecteur découvre Stella, ses tocs et sa façon de vivre. Il se rend compte que malgré la maladie, la femme au foyer semble plutôt bien vivre sa vie et parvient, grâce à son entourage, à ne pas faire face à ses phobies. Dans la seconde partie, la vie de Stella bascule du jour au lendemain : son mari quitte l’appartement, sa meilleure amie la laisse tomber et elle se retrouve presque sans le sou. Ses enfants la mettent face au mur : il va falloir sortir pour acheter à manger, voire même travailler pour gagner de l’argent. Enfin, dans la dernière partie, Stella lutte contre son agoraphobie et ses angoisses.

J’ai trouvé le roman vraiment intéressant car c’est un mal dont on parle peu et qui touche pourtant 2% de la population française. Cela permet d’avoir de l’empathie pour les personnes qui en souffrent, car si vous trouvez que c’est une phobie qui n’a pas lieu d’être, elle est tout de même difficile à vaincre, et handicape énormément au quotidien. Le fait de se retrouver dans de grands espaces, dans des lieux publics ou de quitter le domicile peut causer des douleurs, des crises de panique, des nausées ou encore des palpitations.

Le seul point négatif du roman réside dans le fait que j’ai trouvé que Stella arrivait « trop facilement » à combattre son agoraphobie. Il ne lui faut que quelques pages pour arriver à sortir de chez elle, faire des courses, trouver un job, s’éclater, tomber amoureuse… Cela me semblait un peu irréaliste la vitesse à laquelle elle parvenait à changer. Peut-être est-ce possible lorsqu’un événement soudain a lieu… Je laisse le soin aux personnes souffrant de ce mal d’y répondre…

Le goût d’Emma

Le goût d’Emma

Emma a toujours été passionnée de cuisine. Non pas « faire de la cuisine » mais déguster des plats. Depuis toujours, elle rêve de rejoindre l’équipe du guide Michelin. Et c’est avec une candidature spontanée à l’âge de 30 ans, et beaucoup de persévérance qu’elle devient inspectrice. C’est d’ailleurs la toute première femme à rejoindre le cercle très prestigieux des inspecteurs du guide Michelin. Emma va d’abord être formée par trois maîtres en la matière avant de sillonner seule les routes et de découvrir des hôtels et des restaurants pas toujours sublimes.

« Le goût d’Emma » est une très chouette découverte ! C’est une bande dessinée signée Takahama, Maisonneuve et Pavlowitch qui nous plonge dans l’envers du décor du Guide Michelin. Sans lire l’ouvrage, on peut se dire qu’inspecteur est un job plaisant : on teste des hôtels, des restaurants, et en plus, on est payé pour le faire ! Oui mais le métier a aussi ses inconvénients : on n’est pas toujours attablé à un quatre étoiles et il y a peu de place pour la vie privée. Qui plus est, lorsqu’on inspecte un endroit, on évite de prendre des notes pour se faire remarquer. Aussi, faut-il avoir bonne mémoire et devoir travailler quelques heures plus tard notre critique si l’on veut se montrer irréprochable.

En bref, la bande dessinée est tout simplement passionnante. Le dessin s’apparente au style manga et le vocabulaire est extrêmement précis lorsqu’il s’agit d’évoquer la gastronomie. Et si vous lisez la BD peu de temps avant de passer à table, vous risquez d’avoir rapidement l’eau à la bouche !

Chroniques burlesques d’une journaliste

journalisme

Chroniques burlesques d’une journaliste

J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une bande dessinée, à cause des illustrations de Catel, mais il s’agit bel et bien d’un documentaire que l’on peut classer dans les témoignages. Stéphanie Janicot est journaliste. En 2004, elle a participé à la création du magazine culturel féminin Muze, dont l’aventure a dû malheureusement s’arrêter en 2017.

Dans « Chroniques burlesques d’une journaliste », l’auteure raconte son métier au quotidien, à travers 12 chroniques réparties dans l’année. En janvier, elle se voit contrainte de regarder l’intégralité de la sélection du Festival du film fantastique de Morzine. En février, elle couvre avec un autre collègue Les Victoires de la Musique et raconte sa rencontre avec son idole Benjamin Biolay. En mars, elle rédige un papier sur l’art du rangement à la japonaise, quitte à devoir mettre en pratique tout cela au bureau. Au mois d’avril, grâce à ses contacts, elle parvient à décrocher un entretien avec Francis Ford Coppola. En mai, elle doit réaliser un reportage sur la chatmania et en juin, faire un papier sur un musée mobile un peu étrange. En juillet, elle doit s’attaquer à ces hommes et ces femmes qui passent de la culture…à l’agriculture. En août, elle fait la connaissance de la personne chargée de rédiger toutes les nécrologies au Ministère de la Culture. En septembre, elle s’attaque à une pile de livres du Festival New Romance et en octobre, à la troisième saison des Champs de l’amour. En novembre, c’est la consécration, elle se déplace au Salon du Livre à Brive et en décembre, enfin, elle assiste au spectacle musical de Noël, au Grand Théâtre, à Paris.

Toutes ses chroniques, toutes ses anecdotes sont intéressantes, même si certaines s’avèrent plus plaisantes à lire (j’ai beaucoup aimé celles de mars et de novembre). Toutes ont également un côté cocasse et chacune possède une fin qui nous fait sourire. Vous savez la fin un peu originale, inattendue. C’est un ouvrage qui se lit vite et qui nous plonge irrémédiablement dans la peau d’une pigiste au sein d’un journal culturel. Et si on peut avoir un peu de la peine pour la rédactrice quant à certains sujets qui lui sont confiés, on observe qu’elle prend un malin plaisir à couvrir les événements à sa façon.

Merci Stéphanie Janicot. Pour avoir baigné dans l’univers du journalisme, je me suis régalée !

La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane

La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane

Viviane tient depuis toujours une boutique de glaces au bord de la mer, à Brighton. A son décès, ce sont Imogen et Anna, ses deux petites filles qui héritent de la boutique. Une annonce qui va chambouler leur vie. Les sœurs n’ont jamais fait de commerce et vont devoir se lancer dans l’aventure, pour faire honneur à leur grand-mère. Anna se met alors à la cuisine, un rêve de petite fille, tandis qu’Imogen se voit contrainte de quitter son paradis en Thaïlande.  Et comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’une partie de la famille met en doute leur manière de travailler.

J’ai lu ce livre dans le cadre de la lecture de juillet du Book Club du blog. « La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane » est le feel-good book idéal pour l’été. Imaginez un peu : une boutique de glaces en front de mer, rien de tel pour avoir l’impression d’être déjà en vacances, surtout si comme moi, vous vous installez dehors pour bouquiner.

On est dans la feel good littérature, car il s’agit d’une lecture légère et d’un nouveau départ pour les personnages. Abby Clements dépeint à merveille la boutique de crèmes glacées et tous les efforts des protagonistes pour faire fonctionner le commerce. Cela passe de la décoration, à l’achat d’une camionnette, en passant par la création de nouveaux parfums, et c’est limite si cela ne nous met pas en appétit. Si tel n’est pas le cas, l’auteure a pensé à tout, y compris à achever le roman avec quelques idées de recettes si l’on possède une sorbetière.  Alors bien entendu, l’histoire n’est pas surprenante. Nous savons à l’avance, au fur et à mesure de notre lecture, comment tout cela va se finir. Mais cela ne gâche en rien l’histoire et le roman est idéal si on ne veut pas se prendre la tête avec une lecture trop sérieuse.

Et sinon, quel est votre parfum de glace favori ?