Debout-payé

Debout-payé

« Debout-payé », c’est l’histoire d’Ossiri, un étudiant ivoirien, sans papier, qui débarque en France dans les années 1990. Ossiri devient vigile dans des enseignes connues, telles que Camaïeu, ou encore Sephora sur les Champs Elysées. Sur place, il observe la clientèle, surveille les potentiels voleurs, écoute de la musique qui lui sort par les oreilles, et se fait à la société de consommation de masse. En dehors du travail, Ossiri galère pour se trouver un logement digne de ce nom. En parallèle à sa nouvelle carrière, l’immigré raconte son épopée familiale, évoque les relations entre la France et l’Afrique, ainsi que ses autres camarades, qui sont devenus eux aussi vigiles. Il faut dire qu’avec les attentats de 2001, la sécurité a fait un bond en avant et il n’y a jamais eu autant d’offres d’emplois dans ce domaine.

Pourquoi « Debout-payé » a suscité mon attention ? Pour plusieurs choses. Déjà, il y a le cliché du vigile black, habillé en smoking avec l’oreillette qui dépasse, à observer tout ce qui bouge. Armand Patrick Gbaka Brédé, alias Gauz l’auteur du livre, en parle sur un ton caustique : « Les Noirs sont costauds…font peur ». Ensuite ce qui m’interpelle dans le métier de vigile, c’est le fait de devoir rester debout toute la journée à surveiller. A un moment donné, l’attention retombe non ? Et puis c’est ennuyeux comme boulot ? Là encore, Gauz met les points sur les « i » toujours avec brio et humour. Le vigile est un métier « debout-payé », d’où le titre du livre. Il décortique tout et observe les gens avec amusement. Entre ceux qui refusent d’avoir un sac où il est marqué « SALES » pour « soldes » et les acheteuses qui veulent « un mignon petit haut », il faut dire qu’il y a de quoi se régaler!
Outre les anecdotes, l’auteur raconte aussi l’envers du décor et les codes notamment utilisés entre vigiles. Ainsi, j’ai appris que chaque nationalité a ses petites habitudes : lorsque le portique sonne, le Français de base regarde dans tous les sens pour savoir si c’est bien lui qui a déclenché la petite alarme. A cela s’ajoutent des combinaisons de chiffres et de lettres. « J6 » par exemple désigne un asiatique. Dans son récit, Gauz n’oublie pas non plus toute la communauté ivoirienne. En effet, de nombreux ivoiriens sont actuellement vigiles. « Debout-payé » est un témoignage bien sympathique, qui met en lumière un métier, un homme, jugé trop souvent transparent par la clientèle, mais qui a toute sa place, aussi bien dans des enseignes que dans des salles de spectacles. Merci aux éditions Le Livre de Poche pour cette découverte.
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